REA
tal:sanatorium, un sanatorium, des ateliers de travail industriel, une annexe agricole, des logements en pavillons pour célibatàäires et des logements en villas familiales où les malades peuvent s'installer avec leur famille.
Les organisations de ce genre sont encore peu nombreuses, le prototype, créé par M. VARRIER-JONES, se trouve à Papworth, près Cambridge, en Angleterre, où il a servi de modèle aux colonies de Bourne et de Preston-Hall.
L'idée, d’ailleurs, n’est pas neuve, car, déjà en 1910, M. H. G. Ricurer, architecte, a dressé les plans et préparé un projet de village sanitaire qui comprenait des ateliers pour les hommes et des ateliers pour les femmes avec les aménagements et les dispositions d’une petite cité.
Papworth
Papworth, qui mérite une mention spéciale, a, aujourd’hui, une réputation mondiale, et, parmi ceux qui ont recherché et recherchent la solution du problème de l'assistance post-sanaloriale, M. VARRIER-JONES, son fondateur, a acquis une place de tout prernier rang, justement méritée par la volonté agissante, l’intelligence, l’esprit de suite, et le dévouement qu’il a dépensés pour réaliser une œuvre médico-sociale qui n’a pas encore son égale.
Bien qu’en maintes publications françaises et étrangères, on ait parlé avec détails de Papworth et de l’œuvre de M. VARRIER-JONES, nous croyons utile de rappeler, sommairement, son organisalion, d’après le
compte-rendu de la visite qu'y a faite M. Louis GuinaRp, en juillet 1922.
On pourra, d’ailleurs, trouver encore une excellente description de cette belle œuvre dans Particle publié par M. le P' Léon BEerNarD, dans la Presse médicale du 21 octobre 1922.
Papworth est une grande et belle propriété de 140 hectares, sur laquelle on a installé : un hôpital-sanatorium pour grands malades, un sanatorium pour tuberculeux curables ou améliorables, une colonie agricole et industrielle permanente et une cité pour familles de tuberculeux. |
Dans l’hôpital-sanatorium installé dans un bâtiment central, on reçoit tous les malades ; dès leur arrivée, on les met en observation pendant huit jours au lit, et, suivant leur état, on les répartit ensuite dans les sections qui leur conviennent.
Les malades en évolution, atteints de formes graves, restent à l’hôpital-sanatorium ; les améliorables porteurs de foyers peu actifs, font une cure de repos au sanalorium, puis sont dirigés sur les services d’entraînement où, suivant leur état et leur résistance, ils sont soumis à un travail progressivement renforcé.
Les sujets non bacillaires, les plus aptes au travail, ne restent à la Colonie que le temps nécessaire à leur cure et à leur préparation à la reprise d’une vie normale. Les bacillaires, ceux qui, pour le présent comme pour l’avenir, paraissent avoir une capacité de travail définitivement réduite, peuvent rester à la colonie autant
qu’ils le veulent, dans des pavillons en baraquemenis ou dans l’une des habitations familiales.
En effet, après six mois passés dans les sections d’entraînement, on propose au malade incurable, marié, de. s'installer avec sa famille dans l’un des cottages de la cité de tuberculeux, à proximité de son travail ; là, sous la surveillance immédiate des médecins de la colonie, il peut organiser sa vie familiale avec le mininum de danger d’aggravation pour lui et de contamination pour les autres. |
Dans le bâtiment central, dans les baraquemenis, dans les kiosques individuels et dans la cité familiale, Papworth compte plus de 500 places, ce qui représente un nombre imposant d'individus ainsi placés, à la campagne, avec la possibilité d'y vivre en travaillant dans les limites de leurs aptitudes et de leur résistance.
En visilant la Colonie, on est frappé de voir disséminés dans un grand parc, des petits châlets ou kiosques en bois, tous séparés les uns des autres, ayant des dimensions intérieures juste suffisantes pour recevoir une couchette, une petite table et une chaise. Les parois de ces kiosques sont mobiles et peuvent s'ouvrir d’un côté ou de lautre, suivant l’insolation, le sens du vent ou de la pluie.
Chaque kiosque dispose d’une sonnerie d'appel communiquant avec un grand baraquement central où sont installés les services généraux : lavabos, cuisine, salle à manger,salles de distractions,billard et infirmerie, etc.
Ce système de châlet individuel est un moyen d’augmenter. facilement le nombre des places dans le Sanato-
L'OMS
rium, Mais, si, comme on nous l’a dit, les malades an-. glais paraissent s'en accommoder facilement, nous ne savons pas s’il en serait de même avec nos tuberculeux français. De plus, la discipline n’est pas facile à assurer. et, pendant les mauvaises saisons, il n'y a aucun moyen de protection contre le froid et l'humidité.
A Papworth, on use au maximum de l’aération ; on trouve, par exemple, des malades couchés, dont les lits, portés au dehors, sont installés en rayons autour des arbres où ils passent le jour et la nuit.
A part les malades condamnés au repos, dans les services de l’hôpital-sanatorium et du sanatorium, les individus en état de travailler sont placés dans des ateliers où on leur confie divers ouvrages de petite industrie, car on pense, à Papworth, que tout travail stérile man- . que, à tous égards, d'intérêt et doit être abandonné.
La Colonie est en partie agricole, surtout industrielle el l’organisation des ateliers est telle que les gains qui: y sont réalisés doivent permettre de couvrir en partie les frais,en rémunérant convenablement les travailleurs. Le déficit de production doit être couvert par lAdministration et l'Etat. A Papworth, on ne fait que la petite : culture et du petit élevage, mais beaucoup d'industries y sont représentées, notamment : fabriques d'étiquettes, de pancartes-annonces, imprimerie, ébénisterie, menuiserie avec ateliers mécaniques, petite charpente, constructions de châlets et kiosques, de jardins, fabrique de malles, valises, articles de voyage, cordonnerie, etc.
Les travaux sont dirigés, dans chaque atelier, par des contre-maîlres, eux-mêmes anciens malades qui, servant :
en même temps de moniteurs,règlent le travail de leurs ouvriers d’après leur état de santé et leur résistance.
L'écoulement des’ produits et articles manufacturés est assuré par des marchés et accords passés avec des maisons de commerce et grands magasins de Londres, aussi les affaires de la Colonie sont-elles des plus prospères.
En somme Papworth est une organisation qui satisfait à la plupart des besoins de l’assistance aux tuberculeux. Autour du sanatorium, établissement de cure et de controle médical d’où tout part et où tout converge, on trouve la colonie temporaire, agricole et industrielle, la colonie mixte permanente, les cottages familiaux et la cité de tuberculeux ; enfin l’hôpita!-sanatorium qui recueille les grands malades et les phtisiques avancés et leur assure un asile jusqu’à leur dernier jour.
A part certaines installations et des méthodes de soins modifiables et adaptables, suivant les mœurs et coutumes de chaque pays, Papworth réalise un type d’organisalion antiluberculeuse, thérapeutique, prophylactique et sociale, qui nous parail intéressant, car il répond à la plupart des exigences auxquelles on doit satisfaire pour soigner les malades, les remettre en état de reprendre leur place dans la collectivité, préserver les familles, assister par le travail et utiliser avec le minimum de risques les tuberculeux incurables.
D’après M. Varrier-Jones, le principe de Papworth est l’isalement volontaire qui exige de l’habitant de la colonie la mentalité particulière d'un érmite vivant en famille, De son côté, le Directeur doit être, à la fois, bon
médecin, organisateur éclairé et commerçant au courant des affaires.
Comme le remarque M. ETieNNE BURNET, au point de vue médecine, Papworth est une réussite. La vie familiale et professionnelle du tuberculeux n’est pas brisée et s'écoule sous une surveillance médicale constante.
Détail important, et qui marque une différence essentielle entre la formule de Papworth et celle de la cité sanitaire en voie de création en France, c’est que les fondateurs anglais déclarent que la colonie ne peut être conçue séparée de l’hôpital-sanatorium et du sanatorium et que l’idée de créer une industrie qui, avec des ouvriers tuberculeux, se suffirait, est une illusion.
Comme les ateliers de travail dontil est question plus
haut, les villages sanitaires anglais, Papworth et Preston Hall, ne marchent qu'avec des déficits.
- Par conséquent, si l’idée médicale de ces colonies ou cités de tuberculeux, est des plus heureuses, si leur organisation est bonne, par contre leur base économique manque de stabilité et, soit pour la création, soit pour le fonctionnement, se présente avec des prévisions de dépenses considérables.
Nous admirons la belle œuvre de M. VARRIER JONES, et, pour ajouter à tout ce que nous venons d’en dire, nous croyons pouvoir reproduire, en son texte, la terminaison de l’article de M. le Professeur LÉON BERNARD que nous avons rappelé plus haut :
«A coup sûr, je crois que cette institution réalise la formule du relèvement moral et social des tuberculeux, Cette
formule, le village des tuberculeux, qui ne l’a caressée ? Elle a été bien souvent, déjà, envisagée, ébauchée même.
A Papworth, cette conception prospère dans la vie réelle. Qui, dans notre pays, à côtédes institutions dont le développement est si satisfaisant, qui élèvera le village des tuberculeux ? Qui dotera la France d'un Papworth, de plusieurs Papworth ? ».
C’est, en effet, un idéal souhaitable, mais un idéal très difficile à atteindre.
En effet, la principale et impérieuse objection que l’on oppose à ces institutions est d'ordre économique.
D'autre part, le Docteur Harzex Wirciams a fait remarquer que les villages sanitaires, même les mieux organisés, n’emploient qu’une proportion limitée des malades sortant des sanatoriums, 6, 9 %, sur une pé-. riode de 10 ans, à Papworth, 14,2 % sur une période de 3 ans à Preston-Hall.
Mais c’est incontestablement la question financière qui est l’obstacle le plus sérieux à la généralisation de celte formule et l’on ne peut pas la négliger. C’est elle qui limite l'extension des bienfaits de Papworth dont, comme l’a dit M VARRIER-JONES « la capacité d’absorption est entièrement subordonnée à son compte en banque D. |
Si Papworth a, cependant, remporté de beaux succès dans la solution du problème économique des tuberculeux, M. Varrier-Jones déclare que cela.n’est pas dû. aux capacités financières exceptionnelles qu’on lui attribue, mais ‘au fait:qu’il.a .seulement exploité les capacités, le zèle et l’adresse des malades. Ceux-ci ont.résolu ::
eux-mêmes leur problème économique, et ce qu’ils ont fait est également faisable pour d’autres tuberculeux, dans d’autres pays.
Nous ne croyons pas que cetle dernière opinion soit exacte, car suivant les nations et les peuples, le caractère, les habitudes, les mœurs, etc., sont infiniment variables et différents.
L'objection d’ordre financier que l’on oppose à l’emploi des villages de tuberculeux a été mise en évidence et soulevée par plusieurs auteurs, notamment par MM. Vos, C. Lorrmr et A. Campanr, Louis GUINARD, BLanco, KarL BLüÜMEL, etc.
D’après M. Vos, les sacrifices financiers à prévoir et qu’exigent de telles organisations sont considérables, trop réels et trop évidents; il est difficile d'admettre, surlout en ces temps de crise, qu’il sera possible de les consentir, de les couvrir et que l’on réussira aussi bien que M. VARRIER-JONES.
Si l’on devait accepter des propositions et directives de cet auteur, il faudrait créer des centaines de colonies industrielles et affronter toutes les difficultés, les accepter toutes, y compris celles qui dépendent des difficultés économiques.
Cest également l’opinion de M. KarL BLüMEL pour qui l’extension des colonies paraît impossible à l’heure actuelle, pour des raisons économiques et sociales.
La cité sanitaire de Salagnac.
Un projet de ce genre est, cependant, en voie d’achëvement en France,
PR Vra
Prochainement doit s'ouvrir la cité sanitaire pour
tuberculeux de Salagnac (Dordogne) créée par la Fédération des Blessés,du poumon.
Celle cité, après réalisation complète du programme en cours d'exécution, contiendra 3.000 habitants. Elle disposera de logements complets en villas jumelées, pour 600 familles, et 150 célibataires auront la possibilité de s'installer dans un pavillon-hôtel aménagé à leur intention. Elle comprendra aussi des ateliers mécaniques pour travaux d'imprimerie, maroquinerie, menuiserie, ébénisterie, vannerie, elc.., un groupe agricole pour culture maraïchère et élevage des animaux. On y trouvera des garages industriels, des coopératives de consommation, des magasins généraux et des magasins de vente; des bâtiments affectés à l'administration, au commerce, à l'hygiène sociale et trois groupes scolaires.
Il y aura une organisation médico-sociale avec dispensaire, hôpital, service familial et tout ce qui se rapporte aux soins de l’enfance. Enfin, des squares, jardins publics, terrains de jeux, salle de fêtes, théâtre, cinéma de 1.500 places, complèteront cet ensemble où sera réalisée l’organisation hygiénique d’une petite ville.
Pour la création de cette cité, un crédit de 60 millions volé par les Chambres, augmenté de 22 millions attribués par le Ministère de la Santé, a été mis à la dispotion de. ses promoteurs dont la confiance dans le succès et le bon fonctionnement de leur entreprise, repose sur les bénéfices à attendre du travail des habitants qui, détail à noter, doivent être des réformés à 100 %, jouis-
PT Dre
Sant chacun, annuellement, d’une pension et d’uné indemnité de soins, leur assurant, au total, une vingtaine de mille francs.
Ce sont là des conditions très particulières qui, probablement, ne se rencontreront pas souvent, pour renouveler un pareil effort.
Une autre question se pose, d’ailleurs, en ce qui concerne les habitants du village sanitaire de Salagnac. Chacun de ces habilants étant pourvu, comme nous venons de le voir, de pensions leur. permettant de vivre sans rien faire, l’indemnité spéciale de soins de 10.000 francs leur étant, de plus, assurée à cette condition, peut-on compter beaucoup sur les bénéfices à tirer de leur travail? c
Cette création d’une cité sanitaire pour tuberculeux qui a pu être entreprise grâce aux crédits exceptionnels accordés par l'Etat, représente un effort considérable qui mérite d’être suivi avec le plus grand intérêt.
Nous avons pu, récemment, parcourir les étapes de cette réalisation, dans un fascicule richement illustré, qu'a fait paraître la Fédération des Blessés du poumon, et ainsi nous nous sommes rendu compte de l’importance d’une œuvre qui, inspirée de Papwortbh, ne correspond pas, cependant, à la formule conçue et réalisée par M. VARRIER-JONES.
Sous la direction du D' HAzEManN, qui fut un des animateurs de la création, on peut espérer que les lourds sacrifices consentis conduiront à un succès.
De ce que nous venons de voir à propos des colonies,
cilés sanitaires et villages de tuberculeux, il ressort que, malgré le haut intérêt de ces organisations, et les services à en attendre pour certaines catégories de tuberculeux, il ne semble pas, pour les raisons d’ordre économique, exposées plus haut, qu’elles puissent permeltre de solulionner pratiquement le difficile problème de l’assisiance post-sanatoriale.
Le P' Léon BERNARD qui, dans l’organisation magnifique de Papworth, a vu une solution du problème social de la tuberculose a, plus récemment, écrit ce qui
suit :
Certes, il serait aventureux d’envisager la généralisation du système de Papworth pour assurer le sort de tous les tuberculeux guéris appartenant à la classe prolétarienne, mais il est nécessaire d'étudier la création d'institutions de rééducation professionnelle, ainsi que d'organes de placement pour les malades qui sortiront des centres de traitement.
Nous venons de passer en revue les divers moyens d’assistance apportés aux malades à capacité de travail réduite. L’impression qui se dégage de cet exposé est très nette, du moins nous le pensons: Tout atelier ñ“’employant que des tuberculeux à capacité de travail réduite est forcément déficitaire.
D'où il résulte qu’il faut le subventionner, puisqu'il ne peut pas disparaître et ceci nous autorise à dire que cette catégorie de malades sera toujours à la charge de quelqu'un, particulier ou collectivité,
LAN. t0Rs
L'intervention directe de l'Etat a été plusieurs fois réclamée, non pas seulement pour l’organisation sanatoriale telle que nous l’avons en France, par exemple, mais aussi pour les réadaptations au travail et pour l’aide aux tuberculeux rentrés dans le cadre familial et social,
Il existe en Amérique une Loi de réadaptation, (« Rehabilitation act ») qui donne, à chaque Etat, la . latitude d'examiner à son gré le problème de la réadaptation au travail des tuberculeux.
M. Branco demande que des cités ouvrières soient construites par l'Etat ou les Communes, et que ces cités soient exclusivement réservées aux anciens malades,
A la Conférence d'Amsterdam, M. Morezrt, faisant connaître ce qui a été réalisé par le Gouvernement italien, a déclaré que l'Œuvre d'assistance post-sanatoriale devait être développée et dirigée par la Nation, et Mme JEANNE WALKker a appuyé celle proposition.
M. CHAUSSIDIÈRE, dans sa thèse, a précisé les conditions de celte intervention des Gouvernements, en disant que c'était surtout à l’£lat qu’il appartenait de créer, sur une vaste échelle, des pelits centres ruraux, industriels et agricoles, où tous les tuberculeux pourraient êtré répartis.
A la Conférence d'Amsterdam, MM. PiecaaüuD et La- MOoTHE ont recommandé l’organisation par lPEtat de l’assistance post-sanatoriale, avec création d'ateliers et de cités modèles pour tubereculeux,
En Norvège, le budget de l'Etat dispose d’un crédit de 45.000 couronnes, distribué sous forme de subven-
AURIACOMBE 6
tions, soit par une association, soit par une municipalité, qui s'engage à verser, à chaque convalescent, une somme égale à celle qui est octroyée par l'Etat.
Nous avons en France, dans le même genre, les pensions et indemnités de soins accordées aux réformés à 100 % pour tuberculose, qui représente une large participation de l'Etat, dans l'assistance à des pensionnés qui, le fait est notoire, ne sont pas tous des tuberculeux avérés. |
Dans son rapport à la Conférence d'Amsterdam, M. Vos nous apprend qu’on a fondé, en Hollande, une association destinée à protéger les intérêts des tuberculeux. Cette association part du principe que l'Etat doit assurer les charges de l’assistance post-sanatoriale, mais, pratiquement, elle s’efforce de procurer, par ses propres moyens, un placement convenable aux anciens tuberculeux. Nous pouvons ajouter que, dans le même pays, il existe une Fédération qui réunit tous les organismes de cure de travail et d'assistance post-sanateriale.
Le rôle de cette Fédération pourrait être rempli chez nous, si elle y adaptait ses moyens d’action, par la Ligue pour PAdaptation au Travail du Diminué physique dont nous avons parlé plus haut.
En Grande-Bretagne, l’assistance post-sanatoriale est entre les mains des Comités d’assistance, associations à demi-indépendantes, à demi-légales, qui fonctionnent en liaison et accord avec les médecins spécialisés de la tuberculose, et s'occupent des malades, de leur famille, et de l'assistance proprement dite, Les Autorités locales versent une subvention partielle ou égale à la totalité
de la dépense, 1/3 dans le Lancashire, toute la dépense dans le Comté de Kent.
Nous estimons que lEtat doit participer à l’aidé apportée à ces malades. C’est un devoir social que de récupérer de ces malades la part de travail qu’ils doivent à la Société, en aidant des œuvres privées à leur donner les moyens de travailler dans la mesure de leurs forces, sous une surveillance médicale attentive, dans les meilleures conditions d'hygiène pour eux, el de préservation pour les autres.
Quant à la réalisation pratique de ce programme, c'est le point épineux de la question, surtout dans l’état actuel des finances gouvernementales.
Il ne faut donc pas songer à généraliser des créations du genre Papworth. C'est évidemment la réalisation idéale de l’aide apportée aux tuberculeux à tous les stades de leur maladie, mais c'est une réalisation qui coûte trop cher, et il ne nous est pas permis de l’envisager, du moins actuellement.
Mieux vaut essayer de se servir le plus possible des organisations existant déjà, et, dans cet ordre d'idée, voici Ce que nous proposons, en nous inspirant des déclarations faites par M. MoreLrx, à la Conférence d'Amsterdam,
Avec la collaboration de l'Etat, des œuvres privées pourraient louer ou acheter des locaux (étant donnée la crise actuelle, ii ne manque pas d’ateliers ou d’usines que l’on pourrait acheter à un prix très intéressant), dans lesquels on produirait tout ce qui pourrait être nécessaire aux besoins des sanatoriums, hôpitaux-sana-
— loriums, ou hôpitaux : lits de cure, chaises-longues, tables de salle-à-manger, tables de nuit, sommiers, matelas, pour lits et chaises-longues, toute la literie, etc.
D'autre part, des colonies agricoles seraient créées, dans la mesure du possible, aux environs d’un’ sanatorium, pour fournir une grande partie de ce qui serait nécessaire à la nourriture des malades.
Toute latitude serait laissée aux malades et à leur famille de se loger où bon leur semblerait, sous réserve d’une surveillance régulière et obligatoire. Mais, au cas où des difficultés seraient faites aux malades pour se loger, ils devraient être à même de pouvoir trouver, aux environs de l’endroit où ils seraient employés, des loge-
ments qui leur seraient réservés dans des immeubles
bon marché. Sans vouloir envisager la création de cités modèles, uniquement réservées aux tuberculeux, nous pensons qu’il suffirait de prévoir un nombre suffisant de LoGeMEenTs-SANATORIUMS, dont nous allons étudier le fonctionnement à propos de l’assistance aux malades du groupe III.
ASSISTANCE AUX MALADES DU GROUPE III
Nous rappelons que ce groupe comprend les malades dont la capacité de travail est nulle ou définitivement. diminuée à tel point qu’on peut la considérer comme telle.
L'assistance post-sanatoriale viendra en aide à ces malades en mettant à leur disposition :
Les services hospitaliers pour tuberculeux. Xs sont connus de tout le monde, et nous n’en parlerons pas dans ce travail ; :
* Les hôpitaux-sanatoriums dont nous allons montrer toute l'importance thérapeutique et sociale ;
Les logements-sanatoriums, œuvre créée il ya 12 ans environ el qui a pu montrer toute son utilité.
Ilest évident qu’à part quelques chroniques ayant encore certaines défenses, presque tous les malades de ce groupe sont destinés à une issue fatale, dans un avenir plus ou moins proche et qu’il ne peut être question pour eux de travail régulier. Ils seront donc,le reste de leur vie, à la charge complète ou partielle de la Société qui devra leur assurer une vie tranquille dans les meilleures conditions d'hygiène et avec le minimum de risques, de contagion pour leurs proches, a
Hôpitaux-Sanatoriums
Les hôpitaux-sanatoriums, s'ils s'adressent aux malades atteints de formes plus ou moins sévères exigeant des soins spéciaux, dans des services organisés pour faire de l'isolement quand c’est nécessaire, s'adressent également à tous les malades atteints de tuberculose, en attente de placement ou à mettre en observation. Comme les sanatoriums, ils doivent être des centres de traitement parfaitement organisés.
= L'aménagement de ces hôpilaux-sanatoriums et leur organisation correspondent aux conditions techniques et hygiéniques à prévoir pour un sanatorium et pour un hôpital. Avec les services généraux permettant d’appliquer la cure hygiéno-diététique et tous les traitements modernes de la tuberculose, on trouve les dortoirs, les chambres, les services d'isolement avec galerie de cure individuelle et les dispositions qui permettent de salisfaire aux besoins qu’imposent l’admission et les soins des malades avancés.
Si, avec quelques variantes, la plupart des règles exigées pour les sanaloriums sont applicables aux hôpitaux-sanaloriums, on admet que l’emplacement de ces derniers doit être choisi dans le département à desservir, très à proximité, mais de préférence hors des villes, autant que possible éloigné des agglomérations, dans les meilleures conditions d'orientation, d’ensoleillement
et de protection contre les vents régnants, qui sont particulièrement redoutables pour les tubercu-
leux.
A côté de ce qui a été fait et de ce qui peut encore
En, le
être fait pour les sanatoriums de cure, il y a lieu d’encourager beaucoup la création et la multiplication des hôpitaux-sanatoriums qui rendront les plus grands services à toute une catégorie importante de tuberculeux que l’on ne peut abandonner, dont le placement est difficile et auxquels il importe d'assurer, hors de l’hôpital qu’ils redoutent souvent, le réconfort et les soins auxquels ils ont droit.
Ce que nous venons de dire, à propos des hôpitauxsanatoriums, nous engage à élargir un peu le cadre de notre sujet et à faire état ici de l’orientation nouvelle de la lutte antituberculeuse telle qu’elle apparaît, à la suite. de la communication faite, le 3 mai 1930, par M. le Pr. F. BEzANÇON, à l’Académie de médecine, communication suivie d’une discussion à laquelle ont pris part MM. les Prs LÉON BERNARD, EMiLe SERGENT et LÉON LABBÉ.
M. le P' Bezançox rappelle que, si autrefois, il semblait inhumain de laisser les tuberculeux dans les villes et si tous les efforts tendaient à multiplier les moyens de les envoyer à la campagne, ou mieux dans les sanatoriums pour y suivre la cure d’air, de repos et d’alimentation, l'introduction des méthodes de collapsothérapie dans la thérapeutique de la tuberculose a changé l’orientation de la phtisiothérapie.
La question principale qui se pose actuellement est de savoir si le malade est justiciable d’un pneumothorax,
ou d’une autre méthode de collapsothérapie.
Dans l’affirmative, il y aura lieu de se préoccuper,
avant toute chose, de la réalisation de ce pneumothorax, dans les meilleures conditions, par un opérateur expérimenté, et suivant une technique impeccable,
Tu
Pour cela, point n’est besoin d’envoyer le malade à la
campagne, mais il faut pouvoir le diriger sur des services hospitaliers ou des centres urbains de thérapeutique antituberculeuse, très convenablement et complètement oulillés pour cette pratique.
- Pour les malades non justiciables des méthodes de collapsothérapie le sanatorium reste, comme par le passé, la meilleure méthode de traitement, mais il est indispensable de prévoir une liaison étroite entre lui et les centres antituberculeux urbains.
En ce qui concerne les sanatoriums populaires, M. le P: Bezançon considère qu’il ‘y a le plus grand intérêt à ce qu’ils ne soient pas trop éloignés des villes où se recrutent les malades et croit, également, qu’ils doivent être organisés plus dans l'esprit hôpital-sanatorium que dans celui du type sanatorial d’autrefois.
Ainsi le sanatorium devient un centre antituberculeux de seconde ligne qu’il y aura lieu d’outiller cependant, et organiser de telle manière qu'il puisse satisfaire complètement à toutes les exigences de la thérapeutique actuelle de la tuberculose.
Et voici, après le très court résumé que nous venons d’en donner, comment le P' B£zançoN termine sa communication :
. Tout en considérant que la cure d'air et de repos reste à la base de la thérapeutique de la tuberculose, tout en considérant que, toutes les fois qu'il sera possible de le faire, c'est encore dans les condilions du sanatorium ou de la cure sanatoriale que sera instaurée, de la façon la plus parfaite, la lutte antituberculeuse, il n’en reste pas moins qu'au point de
one
vue pratique, étant donné le nombre considérable de tuberculeur, il y a lieu de considérer qu'à côté du Dispensaire doivent se développer, de plus en plus, dans les grandes villes ou à leurs portes, des centres antituberculeux à la fois de diagnostic, de triage, mais aussi de thérapeutique où l'on pourra soigner non seulement le tuberculeux alité, mais le tuberculeux ambulant, et que ces centres doivent comporter, non seulement une installation matérielle parfaite, mais un outillage perfectionné. |
M. le Professeur LÉON BERNARD a approuvé les conclusions de M. le Pr BezançoN, en lui apportant des compléments de démonstrations à l’appui des faits et des idées qui y sont exposés. Et, à son tour, il conclut par la comparaison suivante, entre ce que l’on faisait autrefois et ce que l’on doit faire aujourd’hui :
Naguère, dit-il, on offrait aux tuberculeux deux ordres de secours : pour ceux qu’on appelait des initiaux et qui, en réalité, appartenait à des variétés non évolutives de tuberculose, la cure hygiéno-diétélique dans des sanato- riums ; pour les autres des lieux d'asile dans des établissements hospitaliers où, d’une manière plus ou moins avouée, on entourait de soins hypothétiques une évolution sur laquelle personne ne nourrissait d'illusions. Aujourd’hui, termine le P' Léon BERNARD, le Sanatorium comme l’hôpital-sanatorium doivent être dés centres de traitement, adaptés aux nouvelles méthodes de cure, c’est-à-dire aménagés, équipés et dirigés suivant ces directives. Fa
‘Dans la Revue de Paris du 1 février dernier, le. P* Léon BernarD revient sur cette nouvelle manière de
Drm Ne
concevoir la place du sanatorium et de l’hôpital-sanatorium, dans la,lütte antiluberculeuse et déclare que la division classique en sanatoriums de cure pour tuberculeux justiciables de la cure bygiéno-diététique et hôpitaux-sanatoriums pour cas avancés, abandonnés implicitement à leur funeste évolution, est, aujourd’hui, périmée de manière définitive et absolue ; les uns comme les autres doivent être organisés en vue de leur aptitude à appliquer la thérapeutique de la tuberculose.
Il estime que le terme d’incurable doit disparaitre en tant qu’étiquettes de catégories de malades, bien que certains tuberculeux puissent, soit par suite de la gravité exceptionnelle de leur maladie, soit par l'absence de soins rationnels el précoces, devenir des incurables.
Le Pr Léon BERNARD ajoute qu’à l’heure présente, il faut, dans tout établissement de tuberculeux quel qu’il soit, installer des locaux et prévoir le fonctionnement en vue d’y instiluer, à la fois : la cure hygiéno-diététique, la collapsothérapie, la thérapeutique chimique et les traitements chirurgicaux:
Ces centres de traitement seront les uns urbains, les” autres suburbains, d’autresenfin, plus éloignés, joignant aux précédentes méthodes des conditions climatiques adjuvantes.
Nous avons retenu ces conclusions parce qu’elles entrent assez bien dans le cadre de notre travail. Nous avons vu, en effet, en plus de ce que l’on peut déjà en attendre, quel rôle important peuvent encore jouer les sanatoriums dans la préparation et la réadaptation des tuberculeux à la reprise du travail . D'une façon géné-
rale, les centres de traitement de la tuberculose, tels que les comprennent MM. F. Bezançon et Léon Bernard, pourront être utilement employés dans l’organisation et l’assistance post-sanatoriales.
Mais, nous pensons aussi que,s’il y a avantage à choisir l'emplacement des hô pitaux-sanatoriumis à proximité des villes, il est nécessaire que les sanatoriums de cure proprement dits soient en pleine campagne afin que, comme l’a justement remarqué le P' Sergent, la cure hygiéno-diététique qui, dans bien des cas, donne encore à elle seule d’heureux résultats, puisse se poursuivre dans les meilleures conditions climatériques,
Les logements-sanatoriums.
L'idée des logements-sanatoriums, c’est-à-dire des logements dans lesquels les tuberculeux pourront recevoir les soins que nécessite leur état, sans être séparés de leur famille et sans faire courir à celle-ci le moindre risque de contamination, a été conçue, il y a 12 ans environ par l’Association des Infirmières-visiteuses de France, présidée par Mme la marquise de Ganay, sous les auspices de M. Léon BourGgois, avec le concours de l’Assistance publique et de M. Risr.
Actuellement, cette œuvre est dirigée par Mme DE Roussy DE SALLes. Elle a pour médecin M. HirSCHBERG et pour conseiller technique, M. Risr. L’infirmière-visiteuse est Mme FERACCI.
I est à la fois intéressant et important de préciser les conditions dans lesquelles l’idée des logements-sanato-
riums a pu être réalisée et l’importance des résultats obtenus. . «.
Cette mise au point est nécessaire pour permettre d’arrêter le programme de réalisation qui doit contribuer, de façon très efficace, à la lutte antituberculeuse, par un
mode spécial d'assistance aux malades.