TAPISSERIE
FABRICATION DE POUPÉES, leur permet de travailler un peu, et parfois même d’apprendre un métier qui pourra, dans la suite, apporter quelque amélioration à leur budget.
Il existe, en outre, pour les femmes comme pour les hommes, des cours de sténo-dactylographie, comptabilité, anglais, dont il est superflu de vanter l'utilité,
Plusieurs pensionnaires sont également initiées au: travail d’infirmières et les connaissances acquises à Bligny permettent à un certain nombre d’entre elles de remplir très honorablement les fonctions d’infirmière dans les sanatoriums où elles ont élé placées.
Nous venons de montrer l’organisation existant à Bligny pour la réadaptation au travail. Nous nous défendons d’en vouloir faire un modèle à prendre pour type. Nous avons voulu simplement montrer comment,. avec des installations peu coûteuses, puisque, nécessaires en grande partie à la bonne marche d’un sanalorium, ceux-ci les possèdent déjà, on pouvait redonner progressivement à des malades la capacité de travail dont ils ont besoin pour reprendre leur place dans la Société. |
Quelques sanatoriums possèdent déjà une organisa
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tion de ce genre. Tous doivent la posséder, quittes à commencer sur «des bases modestes. Un atelier, puis un autre s’ajouterait à l’organisation primitive et ainsi verrait-on se constituer, dans le sanalorium, où dans ses environs, un centre de réadaptation au travail où en plus, les malades pourraient apprendre un nouveau métier, et ce qui est très précieux, retrouveraient leur confiance en leur capital-travail que beaucoup pensaient: avoir perdu à jamais en entrant au sanatorium.
Les malades reprennent donc dans ces centres l’habitude du travail et la résistance physique nécessaires à leur sortie du sanatorium.
C’est à partir de ce moment que va jouer l'assistance post-sanatoriale « proprement dite ». Elle va s'appliquer à toutes les catégories de malades sortant du sanatorium, mais avec des modalités différentes, selon les possibilités de travail.
Nous conserverons la classification de M. Vos qui nous semble correspondre le mieux à la réalité. Rappelons-la briëvement :
1° Malades en état de reprendre leur place dans la So: ciété, sans aucune restriction ;
29 Malades partiellement aptes au travail, eux:mêmes divisés en deux groupes:
a) Malades susceptibles d'amélioration ou de guérison et pouvant passer, dans un avenir plus ou moins proche dans le groupe I ;
b) Malades dont la capacité de travail est partiellement mais définitivement diminuée ;
3° Malades gravement atteints auxquels aucun traitement ne pourra rendre leur capacité de travail.
GROUPE Î. — Les malades de ce groupe n’auront pour ainsi dire pas besoin d’assistance, sauf dans un cas particulier sur lequel nous reviendrons.
La plupart reprendront leur ancien métier, ou une branche de cet ancien métier, le plus souvent chez leur ancien employeur. Rappelons combien il serait utile aux malades que les employeurs fussent en rapport constant avec le Médecin Directeur du sanatorium où ils ont été soignés. afin qu'ils puissent donner à chaque malade, dans la mesure du possible, la place convenant le mieux à sa capacité de travail, tout au moins au début. ’
Les anciens malades eux-mêmes, instruits par leur séjour au sanalorium de toutes les règles d'hygiène, n’auront plus besoin que d’une surveillance médicale régulière, assurée par leur médecin traitant ou par le Dispensaire dont ils dépendent,
La reprise de leur ancien métier peut constituer, pour certains, un danger sérieux. Îls devront donc en changer et là encore l’assistance post-sanatoriale pourra leur être d’une aide précieuse, Auront-ils eu le témps, au cours de leur réadaptation au travail, d'apprendre un nouveau métier ? Il est probable que non, mais il est fort possible qu’ils en aient suffisamment appris pour pouvoir entrer dans une maison où ils achèveront leur
apprentissage, à salaire réduit évidemment, jusqu’au jour où leurs connaissances les autoriseront à demander une place et un salaire en rapport avec leurs capacités.
C’est pour ceux qui ne trouveraient pas de place à leur sortie du sanatorium que divers modes d’assistance ont été institués.
L'expérience des Américains avec les bureaux de placement pour tuberculeux guéris, en a montré le rendement très onéreux et l’inefficacité, logique d’ailleurs. [l est, en somme, peu d'organismes qui aient donné satisfaction, et, dans cet ordre d'idée, les œuvres privées ont prouvé leur plus grande utilité.
Citons en premier lieu :
1° La Ligue pour l'adaptation au Travail du diminué physique de Mile Suzanne Foucné.
2° Les sociélèés amicales de pensionnaires et anciens pensionnaires de sanatoriums, qui, par l’aide qu’elles apportent, peuvent faciliter, à beaucoup de malades, les moyens de chercher et de trouver une place.
Enfin, nous estimons que le service social du Dispensaire pourrait et devrait déléguer une assistante chargée plus spécialement du placement des tuberculeux guéris.
Nous avons dit plus haut que les malades de ce groupe n'auraient, pour ainsi dire, pas besoin d’assistance, sauf dans un cas particulier.
C'est le cas où ils seraient porteurs d’un pneumotho: rax artificiel. La question de la réinsufflation de leur pneumothorax est pour ces malades, une question vi-
tale à laquelle il n’est pas, pour l'instant, de réponse précise bien établie,
Ne revenons pas sur une discussion que nous avons déjà longuement exposée, Nous estimons que c’est un devoir pour les dispensaires antituberculeux que de réinsuffler les malades indigents ou de situation très modeste, porteurs de pneumothorax artificiel,
Nul n’ignore combien les hôpitaux sont actuellement débordés par le nombre toujours croissant de porteurs de pneumothorax ! En outre, combien d’hôpitaux de province sont outillés, tant au point deg vue médical qu'instrumental, pour faire des réinsufflations ? Nous connaissons nombre de malades peu fortunés, partis se reposer quelques jours en province, CR furent obligés de revenir à Paris, d’écourter leur séjour à la campagne parce que le dispensaire ne réinsufflait pas, l'hôpital non plus, et qu’ils ne pouvaient pas payer ce que demandait, d’ailleurs fort légitimement, le médecin-praticien de l’endroit.
Rien ne s'oppose légalement, nous l’avons montré,
à ce que le dispensaire fasse des réinsufflations,et, prali-
quement, il n’est pas, croyons-nous, de médecin de dispensaire qui ne puisse,en accord avec l'Office ou le Comité anti-tuberculeux de son département, accorder une heure ou deux par semaine à une séance de réinsufflations.
Il reste bien entendu que celte forme d'assistance post-sanatoriale est réservée aux seuls malades dépen-
dant de l'assistance médicale gratuite, totale ou parlielle, et par là nous entendons comprendre les malades
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à ressources très réduites.
. GROUPE IT. — Il comprend les malades qui ont besoin d’une assistance temporaire ou permanente.
Nous avons déjà passé en revue les moyens divers mis en œuvre dans différents pays pour leur veniren aide. Aucun ne s'impose véritablement au point de vue pratique. L'idéal, évidemment ce serait des colonies du genre Papworth... Mais c’est un idéal qui coûte cher, on l’a vu pour la cité sanitaire de Salagnac, et, lavenir nous dira si ces millions n'auraient pas pu être employés de façon aussi efficace pour un plus grand nombre de malades. En effet, c'est beaucoup d’argent dépensé pour apporter une aide, certaine il est vrai, à un nombre malgré tout restreint de malades.
Nous avons vu également qu'aucun atelier, aucune industrie, employant des tuberculeux à capacité de travail réduite, ne pouvait réussir à équilibrer son budget, Tous ont fait faillite, ont disparu, ou ne se maintiennent que grâce à de généreuses subventions.
Ceci nous autorise à affirmer que de tels malades seront toute leur vie, entièrement ou partiellement, à la charge de collectivités ou de particuliers.
Nous entendons par là que :
1° Ils ne pourront pas fournir un travail tel, que le salaire qui en résulte soit suffisant pour les faire vivre; |
2° Leur capacité de travail ne sera pas assez élevée pour que l'atelier qui les emploie puisse subsister sans appui d’un autre côté,
L’aide que devra apporter ces collectivités ou parti-
culiers à ces malades sera donc de deux sortes :
1° Aider les malades eux-mêmes à subsister avec le salaire réduit qu’ils toucheront ;
2° Combler financièrement le déficit budgétaire de l'atelier qui les utilise.
Nous avons employé à dessein le terme de «collectivités ou particuliers » pour désigner ceux qui s’occuperont de l’aide apportée aux malades de cette catégorie.
Nous savons, en effet, que l’État Français ne peut, dans l’état actuel de nos finances, assumer la lourde charge de venir complètement en aide à ces malades. Mais il devrait quand même y participer, par exemple, en affectant une parlie des fonds de la caisse des cercles à cet objet spécial et en inscrivant les ateliers de tuberculeux sur la liste des organisations et œuvres antituberculeuses qui peuvent participer à la répartition annuelle des fonds provenant de celte crise.
Par ailleurs, en raison de l'intérêt qu’il y a lieu d’accorder à cette importante question de l’assistance postsanatoriale et de l’avenir des tuberculeux qui, après une cure, sont encore hors d’état de fournir un travail normal, on pourrait demander el obtenir du Comité National de Défense contre la Tuberculose, qu'il veuille bien, lui aussi, comnrendre les ateliers de tuberculeux et les organisations similaires parmi les bénéficiaires des ressources provenant des campagnes du timbre, en signa lant, de plus, ces organisations aux Offices et Comités départementaux bénéficiaires des produits de la vente du timbre ou de subventions spéciales affectées aux défenses sociales contre la tuberculose. ce
Toute œuvre privée de bienfaisance, désirant s’inté.:
resser à la création d'ateliers de ce genre, serait donc encouragée par l'assurance qu’elle aurait de trouver d’abord du côté de l’Etat, une aide dans le genre de celle qu’il apporte à la création des Sanatoriums, des Préventoriums et des Dispensaires.
Assurées de ces concours financiers, les œuvres de bienfaisance pourraient envisager la réalisation du programme de l’aide aux tuberculeux à capacité de travail réduite, à l’instar de ce qui est actuellement en voie d'exécution en Italie, aux dires de M. Morelli : création d'ateliers fabriquant tout ce qui est nécessaire aux sanatoriums, d’où facile écoulement des produits.
Ce programme, malgré sa complexité plus grande qu’un examen superficiel ne pourrait le faire croire, serait le moyen qui, nous le pensons, s’avérerait comme le plus économique, tout en étant efficace.
Les besoins des sanatoriums sont connus de façon très précise, et il est facile de fixer exactement les quantités de chaque produit nécessaires à la consommation des sanatoriums, et, par là même, le nombre et l’importance des ateliers nécessaires, tant agricoles qu’industriels.
D'un autre côté, la multiplicité et la variété des besoins des sanatoriums, quoique nécessitant la création d'ateliers nombreux et variés, permettraient l’utilisation, à leur emploi habituel, de la plupart de nos sanatoriés : d’où meilleur rendement,
Il est évident que rien ne forcerait les sanatoriums à, se.servir à ces ateliers, mais, assurés de prix avantageux
et de bonne qualité, quelles raisons auraient-ils de ne point s’y fournir ?
D'autre part, les Départements qui, pour la plupart, possèdent un sanatorium, n’auraient-ils pas intérêt à la construction d’ateliers de ce genre, qui leur permettraient une grosse économie en fournissant leur sanatorium de produits fabriqués par eux ?
- Les ateliers, qui pourraient être disséminés à travers la France, au voisinage immédiat des grands centres, à leurs portes si possible, dans des climats variés (plaines, montagnes), seraient surveillés médicalement par le médecin du Dispensaire ou du sanatorium régional. Celui-ci devra s’assurer des débouchés rapides pour remettre, dans le minimum de temps possible, le malade au repos dans le sanalorium, en cas d’incident au cours du travail.
Toute latitude sera laissée au malade et à sa famille de se loger où bon lui semblera, mais, au cas où des difficultés surgiraient, il faudrait que ces malades eussent à leur disposition un local comprenant des logements-sanatoriums, dont nous avons étudié plus haut les modalités de location.
Le médecin, chargé de suivre ces malades, jugerait les progrès du malade ou de la maladie, et, en conséquence, aiguillerait le malade :
: Dans le premier cas, vers la vie normale, pour laisser sa place à un autre, et il serait alors justiciable de l’assistance aux malades du groupe I.
: Dans le deuxième cas, vers le service hospitalier, Phôpital-sanatorium, ou les logements-sanatoriums,. assis-: tance aux malades du Groupe IIT,
Groupe III. — Aux malades de ce groupe, rien ne rendra la santé ni la capacité de travail. En face d’eux la médecine est, le plus souvent, désarmée, et l’on ne peut que s’efforcer de les entourer du plus de réconfort moral et matériel possible, en s’efforçant aussi, de leur assurer les soins dont, peut-être, ils pourraient encore bénéficier.
Aux malades mariés, les logements-sanatoriums donnent la possibilité de vivre dans leur foyer, entourés de leur famille et sans danger pour elle, Il y aurait, nous le pensons, un gros intérêt à ce que celte forme d’assistance post-sanatoriale, qui s’est révélée excellente, efficace et économique, fut étendue davantage de façon à donner au plus grand nombre de malades possible la joie de rester dans leur foyer, tout en étant suivis médicalement de manière efficace.
. Pour les autres, l’hôpital-sanatorium, bien organisé et bien outillé, ou, à défaut, le service hospitalier, seront d'un utile secours puisqu'on y pourra soulager leurs maux, les faire profiter, si possible, des méthodes modernes de traitement et, dans Je cas contraire, adoucir leurs derniers moments, autant que peut le permettre la-thérapeutique actuelle.
Nous tenons à souligner une conséquence très importante de celte assistance aux malades pour lesquels la. médecine ne peut plus rien : elle permettra de récupérer un nombre relativement important de places dans les Sanatoriums, pour des malades susceptibles de guérison, de grande amélioration et de réadaptation complète au travail, | Motte réel