‹ Réadaptation des tuberculeux au travail et assistance post-sanatorialeChapitre 25 sur 27 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'étude précédente et l’ensemble des propositions et travaux qui y sont rapportés nous permetlent d’arriver aux conclusions suivantes :

I. — Dans les conditions actuelles de recherche et de recrutement des tuberculeux et avec les progrès réalisés par les nouvelles méthodes de traitement de la tuberculose pulmonaire, le plus grand nombre des malades ayant fait une cure et sortant des sanatoriums peut reprendre le travail, soit immédiatement, soil après une période d’entrainement progressif, plus ou moins pro-

longée,

1. — Les préparations et réadaptations progressives au travail trouvent leurs meilleures conditions de réalisation et de réussite dans les centres de traitement, sanatoriums et hôpitaux-sanatoriums, ou dans leurs annexes, sous la surveillance immédiate du médecin.

. En conséquence, il apparaît indispensable d’envisager et de généraliser, immédiatement, la création, à,côté ou dans les sanatoriums, et bôpitaux-sanatoriums, d'orgas

nisations de travail, agricoles ou industrielles, bien outillées et bien dirigées, permettant d'apprécier la capacité et la résistance des malades en les réadaptant à la vie normale.

En restant sur le terrain pratique des possibilités matérielles et financières actuelles, ces organisations de travail sont les plus facilement et les plus économiquement réalisables.

IIT. — Deux catégories de malades sont justiciables des méthodes de réadaptation au travail :

A) Les tuberculeux inactifs dont la durée de préparation peut être assez courte et qui, sauf incidents, exigeant une prolongation de soins, sont aptes à reprendre, sans restriction, leur place dans la société.

: B) Les tuberculeux encore actifs dont la réadaptation devra être plus prudente et plus prolongée, pouvant aboutir soit à une stabilisation définitive ou passagère, soit à une aggravation exigeant une assistance temporaire ou permanente en rapport avec leur état.

IV. — L'ASSISTANCE POST-SANATORIALE doil comprendre l’ensemble des moyens propres à faciliter aux tuberculéux la reprise de leur place dans la Société et l’utilisation de leur travail dans les limites et conditions où leur état leur permet de travailler, sans danger pour eux ni pour les autres.

Pour cela, cette assistance doit, tout d'abord, s'exercer par l’aide à leur donner dans le choix du travail qui éur convient le mieux et les ménagementsS de leur

effort ; par l'hygiène à leur assurer dans leurs occu pd: tions comme dans la famille ; par la surveillance médicale dont il est facile de les entourer, en faisant appel au Dispensaire.

V. — En s’efforçant de prévenir les difficultés que soulève trop souvent la phobie de la tuberculose, il importe de s'assurer le concours et la sympathie des milieux administratifs, industriels et commerciaux, ainsi que de tous les employeurs qu’il faut intéresser à la cause des tuberculeux pour obtenir qu’ils prennent ou reprennent ces malades quand ils reviennent rétablis, en leur attribuant ou rendant leur emploi, ou tout autre emploi reconnu plus convenable pour eux.

VI. — L'assistance aux malades sortant des centres de traitement, sanatoriums et hôpitaux-sanatoriums, particulièrement en ce qui concerne les secours dont ils ont besoin el la recherche d’un emploi, pourra utilement s'exercer :

A) Par les Dispensaires en relation permanente avec les Sanaloriums, avec les emploveurs et avec les Associations agréées d'hygiène sociale, comme celles qui existent dans le Département de la Seine.

B) Par les Associations amicales de pensionnaires et anciens pensionnaires de sanatoriums,

C) Par les Associations créées en vue de venir en aide aux malades, telles que la Ligue pour l’Adaptation au Travail du Diminué physique qui a déjà fait la preuve de l’efficacité de son effort,

M LE lee

VII. — L'assistance post-sanatoriale doit comprendre, encore, l’aide indispensable à apporter aux porteurs de pneumothorax artificiel, pour les réinsufflations et l’entrelien régulier de leur pneumothorax.

Les malades soumis à cette méthode de traitement sont de plus en plus nombreux et, en raison de l’insuffisance de leurs ressources, ils sont en majorité incapables d’assurer, par leurs moyens, l’entretien de la collapsothérapie qui garantit leur stabilisation et leur possibilité de travailler. Il y a donc là une organisation de secours qui, au point de vue médical et social, est de première importance. Aussi, étant données les directives nouvelles de nos moyens de défense prophylactiques et thérapeuliques contre la tuberculose qui obligent à élargir les attributions des Dispensaires, rien, par ailleurs, n’y meltant obstacle, on peut et on doitse servir de ces organismes pour créer et entretenir des postes d'entretien de pneumothorax artificiel, bien outillés et suffisamment nombreux pour satisfaire à un besoin qui devient de plus en plus impérieux.

VIII. — Pour les tuberculeux à capacité réduite, on peut envisager la création, à proximité des grands centres urbains, d’ateliers de travail et de colonies agricoles ét industrielles, par des Administrations publiques ou des œuvres privées, auxquelles devraient être assurées des subventions à prévoir, par exemple, sur les caisses alimentées par les Cercles et les jeux.

[y aurait grand avantage à ce que les produits de ces colonies et ateliers puissént trouver un écoulement

= 115 — facile du côté des sanatoriums, dont ils deviendraient les fournisseurs.

Malheureusement, la question des fonds nécessaires à la réalisation de ce genre d'établissements paraît être une difficulté avec laquelle il faut beaucoup compter.

IX. — Les Colonies, villages et cités sanitaires, genre Papworth ou Salagnac, représentent incontestablemeut un lype remarquable d'organisation, un idéal dans l’assistance complète aux tuberculeux de toutes catégories, mais, là encore, les dépenses considérables exigées pour la créalion et le fonctionnement normal de ces organismes soulèvent des questions financières qui, sur le terrain pratique des possibilités, constituent des obstacles sérieux à leur généralisation.

X. — Les grands malades, les tuberculeux hors d’état de travailler, recevront les soins qui leur sont nécessaires, dans les hôpitaux-sanatoriums, dans les services hospitaliers pour tuberculeux, où on devra pouvoir encore les faire bénéficier des méthodes les plus nouvellement introduites dans la thérapeutique de la tuberculose.

Quant aux logeménts-sanatoriums, ils s’offrent pour donner asile, dans les meilleures conditions, aux malades vivant avec leur famille, lesquels doivent être obligatoirement l’objet d’une surveillance particulière exercée par des infirmières ou des médecins,

a Le Er

Vu, le Doyen, Vu, le Président de la thèse BALTHAZARD. . LÉON BERNARD.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, CHARLÉTY.

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