ADD
a adopté, dans l'espoir de rendre à l’industrie son ancienne prospérité, le programme suivant : élévation des salaires afin d’augmenter le pouvoir d'achat de la masse; et, pour que cette élévation n'ait pas comme conséquence immédiate la hausse des prix de vente et par contre-coup une diminution de la demande, fixation des prix, afin de les empêcher de croître, et large distribution de crédit aux industries étroitement réglementées, afin de leur permettre « de travailler temporairement à perte, de passer l'instant critique et d’amorcer la reprise ». (49).
Dans ce programme d'économie dirigée, l'Etat va intervenir sans cesse pour obliger les banques à ouvrir des crédits, pour imposer aux industriels l’observation des « codes » de réglementation des salaires, des prix derventereic:
Mais si le programme Roosevelt vise avant tout à réaliser la reprise des affaires, il prévoit seulement, en fait de mesures protectrices du consommateur, la création d’un certain nombre de « conseils de consommateurs », fonctionnant sous le nouveau « National Emergency Council » et sous la direction du « Consumers Council ».
Tout récemment, dans la Revue Economique Internationale, M. Paul-H. Doucras, le directeur du « Bureau of Economic Education », proposait, pour sauvegarder les intérêts des consommateurs, que, parmi les autorités chargées de l'élaboration des codes et de la surveillance de leur application, il y ait des représen-
(49) Louis BauniN: Le crédit, p. 208.
tants des acheteurs et il préconisait les mesures suivantes : « que le plus de codes possible. exigent le classement des produits suivant certains standards définis et que les produits soient ensuite étiquetés à leurs grades respectifs; que le « Bureau of Standards » et le « Bureau of Home Economies » rendent accessibles au grand public les informations qu’ils possèdent au sujet des produits variés et qu’ils fournissent le même genre de services que le « Consumers Research » rend à ses membres (50). enfin, ajoute-t-il, je crois qu’il devrait y avoir un département du conconsommateur. Ce département représenterait ce groupe de la même façon que le département du commerce représente maintenant le commerce et l’industrie, que le département du travail représente les intérêts des groupes d'employés, et le département de l’agriculture l'exploitation agricole. » (51).
Ces idées nouvelles de standards de qualité, de prix contrôlés par l'Etat et de ministère des consommateurs sont intéressantes. Les deux premières nous ramènent à un système plus sévère encore que celui qui existait à l’époque des corporations, et il serait à craindre qu’elles ne tuent l'initiative individuelle, qui est le propre du génie français.
Quant à croire que la création d’un nouveau ministère suffirait à faire disparaître les abus dont souffre le consommateur, ce serait avoir une confiance bien
(50) Revue Econ. Intern. avril 1934: « Le rôle du consommateur dans le programme Roosevelt », par Paul H. DouGras,
naïve dans la puissance, la compétence et l’impartialité du gouvernement.
Par contre, une représentation nationale des intérêts économiques serait une excellente chose, et les consommateurs trouveraient tout naturellement leur place dans le Conseil Economique ainsi créé, à côté des industriels, des commerçants, des ouvriers et des agriculteurs. Mais encore conviendrait-il de ne pas donner à cet organisme nouveau le pouvoir législatif, sans quoi les luttes stériles, les divergences incessantes entre intérêts opposés empêcheraient tout travail utile. Un pouvoir réglementaire vis-à-vis des organismes dont il émanerait, le pouvoir d’être leur porte-parole, seraient amplement suffisants.