SCÈNE VI
REBECCA , GIANINA , FÉDÉRIC , sortant de la porte à gauche.
FÉDÉRIC, vivement.
Ce cri que j'ai entendu!... Qu'y a-t-il ? quel danger ? Est-ce vous , Rebecca ?...
REBECCA
Non, monsieur... rassurez-vous, je n'ai rien...
FÉDÉRIC , d'un air affectueux.
Dites- vous vrai ?
REBECCA
Je vous remercie... de votre inquiétude et de
votre bonté!... C'est Gianina , ma compagne, ou
plutôt la signora Pepito , que je vous présente,
car elle est mariée à Pepito , votre ancien geôlier.
FÉDÉRIC, avec impatience.
Eh bien... Gianina?...
REBECCA
Prise de je ne sais quelle frayeur, s'est mise à crier lout à coup et sans motif.
gianina, à part.
Sans motif!... J'en tremble encore!...
(On entend dans la chambre à droite tomber un meuble.) GIANINA, avec effroi.
O ciel !
FÉDÉRIC
A.vez-vous entendu ?
REBECCA, d'un air indifférent.
Oui ! lu, dans ma chambre à coucher ! (à Gianina.) N'est-ce pas ?
GIANINA, effrayée.
Non, non, je n'ai rien entendu du tout.
REBECCA, de même.
Si, vraiment ! le bruit d'un meuble qu'on renversai t !
FÉDÉRIC, sans y faire attention.
Une de vos femmes sans doute !
gianina, vivement.
Oui... oui, c'est cela même... une de vos femmes !
REBECCA, tranquillement.
Non, aucune n'est entrée.
GIANINA, à part.
Est-elle maladroite!
En tous cas, nous allons voir...
GIANINA.
Mais... s'il y avait quelque danger... quelque conspirateur...
FÉDÉRIC
Allons donc!... rien à craindre!...
(Fédéric est eulré dans la chambre à droite.)