XXXIX. — Ptomaphagus saburratus Goz. — Nov. sp
Ovale-oblong, convexe, très finement ej joyeusement pubescent, les étuis parés en outre d’une faible pruinosité un peu bleutée chez les individus frais. Noir ou noirâtre, avec les étuis parfois un peu plus clairs ou bruns ; antennes d’un brun rougeâtre, à massue rembrunie jusqu’au bout ou même noirâtre ; tibias et tarses d’un brun rougeâtre.
3 e article des antennes un peu plus long que le 2 e , très faiblement plus long que le 4 e , le 6 c oblong, très faiblement plus court que le 5 e , la massue peu marquée, très graduellement formée. Corselet densément et finement ponctué, transversal, mais moins de deux fois large comme il est long (çfetÇ), bien plus étroit que les étuis, arrondi latéralement et offrant sa plus grande largeur au milieu, ne continuant pas la courbe des étuis ; bord postérieur non sinué de chaque côté près de l’écusson, mais assez fortement près des angles, ce qui rend ceux-ci pointus et un peu saillants en arrière. Etuis en ovale allongé, densément et finement ponctués, avec des stries assez visibles en arrière, presque entièrement effacées en avant,
sauf la suturale. 4 e article des tarses postérieurs très peu moins long que le 3 e
(5 mm à 5 mm 1/2).
O* — Tarses antérieurs à quatre premiers articles fortement dilatés, cordiformes, le 1 er des intermédiaires dilaté allongé. Tibias antérieurs à peine sinués sur l’arête interne avant le milieu.
Confondu par M. Reitter avec le picipes', bien distinct par les angles postérieurs du corselet saillants en arrière, et par le caractère des tibias antérieurs du çf sans parler de la proportion différente des articles antennaires (4 = 3, 6=5, chez picipes ), des stries moins avancées, et du 4 e article des tarses postérieurs égal au plus aux deux tiers du précédent.
Distinct de marginicollis Luc (meridionalis A), par la massue antennaire tout entière rembrunie ou noirâtre, et par la proportion des articles 5 e à 8 e . Doit se rapprocher par ce dernier caractère du grusinus Reitter, du Caucase, que je ne connais pas, mais en diffère surabondamment par la couleur, les stries des étuis moins avancées, etc. — Au reste mes individus ont passé sous les yeux de M. Reitter, qui n’y a pas reconnu son espèce, mais les a au contraire classés comme picipes var., assimilation que je ne puis admettre, en présence de la forme si différente des angles postérieurs du corselet. Or chacun sait que ce caractère est spécifique dans le genre Ptomaphagus dont beaucoup d’espèces ne se diversifient pas autrement.
Allier {ma collection), aussi en Suisse.
XL. — Je ne puis comprendre pourquoi, depuis quelques années, le nom de Scarabœus a été appliqué au groupe des Ateuchus Web que Linné n’a jamais songé à mettre en tète de son genre. A moins que ce ne soit pour conserver au Scarabée sacré des Egyptiens son nom de Scarabée, mais la raison n’est pas suffisante en stricte nomenclature. Le type de Linné, si l’on en juge par le Systema Naturœ Ed. X, p. 345, est le Sc. Hercules , aujourd’hui Dynastes. C’est à cet insecte que quelques auteurs à la suite de Latreille ont longtemps conservé le nom linnéen .Mais pour mon compte j’aimerais mieux, je l’avoue, préférant l’autorité de la Fauna Suecica, p. 133, le donner au S. nasicornis, (aujourd’hui Oryctes).
Je dis que j’accorderais volontiers plus d’autorité à la Fauna Suecica : ceci demande un mot d’explication. Je n’entends pas en effet par là que cet ouvrage me paraisse plus estimable que le premier, mais simplement qu’il me semblerait regrettable, et même anormal ou peu conséquent, de faire disparaître des catalogues européens la plupart des noms linnéens, comme il arriverait dans beaucoup de cas, ( Scarabœus, Buprestis , Elater , Cerambyx, etc., etc.), si Ton n’usait du système interprétatif que je préconise. Il est incontestable à mon sens qu’en Linné lui-même existait cette idée fort juste, que ces genres devaient avant tout s’appliquer aux espèces de son pays, de sa faune, et qu’il avait bien plus songé dès l’abord à celles-ci qu’à toutes les exotiques que les découvertes successives des voyageurs l’amenaient peu à peu à y annexer. Les premiers matériaux sur lesquels il ait travaillé sont indubitablement ceux-ci. J’en donne pour preuve les anciennes éditions de ses ouvrages, éditions que nous ne visons plus dans nos catalogues parce qu’elles sont antérieures au système binaire, lequel ne remonte qu’à la 10 e édition du Systema Naturæ. C’est sur les espèces qu’il trouvait près de lui que le père de l’Entomologie moderne a basé originellement ses coupes, parce que ce sont celles qu’il a le plus anciennement connues et étudiées ; ses genres Scarabœus et autres existaient certainement dans sa pensée avant que, par accession, par surcroît si Ton veut, il y fit entrer les espèces exotiques qu’on lui envoyait de plusieurs parts.
D’où cette conclusion, qui me paraît forcée, qu’il faut préférer les ouvrages où il n’est question que des indigènes à ceux où la pensée du maître est souvent rendue moins distincte par l’entassement des matériaux, ou qu’il faut tout au moins savoir faire un choix intelligent, si l’on tient avant tout à respecter l’ordre chronologique, chose cependant de peu d’importance quand il s’agit de travaux du môme auteur, écrits sous la même inspiration, et qu’on peut pour ainsi dire ne considérer que comme des formes à peine diverses d’une même idée. Ajoutez du reste encore cette raison qu’en appliquant trop strictement la règle d’antériorité, il arriverait la plupart du temps ceci, que les genres linnéens, entièrement composés aujourd’hui d’espèces exotiques, ne comprendraient plus une seule des espèces que leur créateur y plaçait dans la moitié de ses ouvrages : les Scarabœus notamment ne comprendraient plus un seul des Scarabœus de la Fauna Suecica. Et ainsi de presque tous les autres. On avouera que ce serait étrange et passablement choquant.
Je n’hésiterai donc pas pour mon compte à laisser le nom de Scarabœus au groupe actuellement connu sous celui de Oryctes Illig, pas plus que je n’hésite à laisser le nom de Buprestis au B. octogultala , (V. plus loin une autre note à ce sujet). Mais de toute façon, le sacer n’a aucun droit à s’appeler ainsi, et le nom d ’Ateuchus Weber 1801 doit certainement prévaloir pour lui, à moins que celui à’ Actinophorus Greutz 11 e lui soit antérieur, ce que je crois, sans en être certain cependant.
XLI. — Le Gymnopleuras Gcoffroyi ou Mopsus de nos catalogues est-il, oui ou non, le véritable Scarabœus pilularius de Linné, et doit-il reprendre ce nom ? La question, souvent discutée, me parait cependant assez claire, si l’on lit avec attention la diagnose linnéenne. (Syst. nat. X e éd. p. 349).
Ce qui a, jusqu’à présent, fait répondre non est l’indication évidemment erronée, que l’insecte décrit vient d’Amérique. Je dis évidemment erronée, car à côté du nom de ce pays, Linné ajoute que Pline et Aristote ont connu son pilularius , ce qui ne saurait être, s’il fût en effet provenu d’Amérique. Donc, à mon sens, l’on doit supprimer cette patrie, mise sans doute par inadvertance ou confusion, et s’en tenir aux termes mêmes de la description :
« S. muticus, thorace postice rotundato, scutello nullo. Sisvphi instar volvit globum e stercore imprimés humano confectum. »
Ce sont exactement les mêmes termes que Linné emploie au numéro suivant pour décrire le S. Schœfferi (Sisyphus ), sauf que pour celui-ci il ajoute « clypeo emarginato, elytris triangulis. » Donc les deux insectes ne diffèrent que par ces deux derniers caractères. C’est exactement ce que l’on peut dire de notre Gymnojileurus que Linné avait sous les yeux, et je propose de lui restituer un nom dont l’application ne me paraît pas douteuse.
XLII. — Les types du genre Aphodius sont, d’après la déclaration expresse d’Illiger, son créateur, les fossor, oblongus , rufrpes et fimetarius. C’est en effet, dit-il, sur l’examen spécial fait par lui de ces espèces qu’il a décrit les caractères du genre, (Cf. Yerz. d. Kæf. Preuss. p. 17). — 11 est donc conforme aux principes de retenir pour type exact celui des quatre qui se trouve le premier décrit dans le cours du genre. C’est le oblongus Scop, actuellement connu sous le nom de rufipes L, (le rufipes 7 Illig étant notre luridus ). Le fossor vient après ; quant au fimetarius et espèces qui lui ressemblent le plus, ils 11 e sont décrits que tout près de la fin du genre. Et comme preuve secondaire de l’intention de l’auteur, on peut donner ce fait, que c’est en effet par les espèces affines que débute la série de ses descriptions. — Il en résulte que le nom (VAcrossus Mois est synonyme pur et simple de Aphodius, et que si l’on tient à diviser en sous-genres ce
genre si homogène, comme l’ont, fait Mulsant et Motsoliulsky, il faudra créer un nom pour le petit groupe des fnnetarius, scybalarius , etc., jusqu’ici faussement retenu pour Aphodins in sp.
XLIII. — Genre Oxyomus : lege (Eschz) Steph 1839, au lieu de Cast 1840.
XLIV. — Après d’assez longues hésitations, il paraît à peu près entendu aujourd’hui que le nom de Buprestis L reste au groupe dont Eschscholtz avait fait ses Ancylocheirci. Mais cela ne doit pas, à mon sens, faire disparaître le nom de Cucujus donné par Geoffroy à ceux de nos Buprestides qu’il connaissait. Sans doute, ce genre était primitivement synonyme pur et simple du genre Buprcslis L, dans l’idée de son créateur, mais comme, par suite de la division de celui-ci, il arrive maintenant que l’espèce typique de Geoffroy, (C. chrysostigma ), ne fait plus partie du même groupe que l’espèce typique de Linné, (octoguUata) (1), je crois devoir rétablir le nom de notre vieil auteur, ne fût-ce que pour éviter cette anomalie d’avoir à le mettre en synonyme du nom de Chrysobolhrys (qui en somme lui est postérieur), comme on serait forcé de le faire sans cela.
D’où j’établis ainsi qu’il suit la synonymie de ces deux genres :
1° Genre Buprestis L 1758 (syn. Ancylocheira Eschz 1829), (type: octoguttata L).
2° Genre Cucujus Geoffr 1762 (syn. Chrysobolhrys Eschz 1829), (type : chrysostigma L).
Je n’ai pas besoin d’ajouter que je proteste de toutes mes forces en effet contre l’opinion récemment imaginée par quelques entomologistes, qu’il faut supprimer les noms créés par Geoffroy, comme en dehors de la nomenclature binaire. Geoffroy écrivait un Généra, comme Jacquelin du Val etLacordairc l’ont fait depuis, et la forme môme de son travail montre qu’il reconnaissait fort bien au contraire le principe sur lequel est basée cette nomenclature. D’où je pense, comme on l’a toujours fait jusqu’à aujourd’hui, que ses noms doivent être maintenus au même titre que ceux des auteurs que je viens de citer, au même titre aussi que ceux créés par Latreille dans son Précis des caractères génériques des insectes , et que ceux de tant d’autres ouvrages où les genres seuls sont décrits. D’ailleurs la plupart de ces noms ont été confirmés peu après par différents auteurs, notamment par Fourcroy. Je citerai entre autres celui de Rhinomacer, que Laicharting en 1783 et Fourcroy en 1785 ont appliqué très correctement aux insectes que Herhst a postérieurement appelés Rhynchibes. J’ai déjà rectifié cette erreur autre part. Je suis heureux de constater du reste que l’idée des entomologistes dont je parle n’a eu de succès ni dans l’Allemagne où elle a pris naissance, ni en France. Espérons qu’il en sera toujours de môme à l’avenir.
La première conséquence du rétablissement du nom de Cucujus Geoffr, comme il est dit ci-dessus, sera de forcer à changer celui de Cucujus || F 1775 et auct. On pourra le remplacer par Porphyrus Goz 1886 (llopcpopoç pourpre).
(1) Cette espèce n’est pas, à vrai (lire, la première décrite dans le Systema naturæ, 1758, auquel remonte la classification binaire ou linnéenne, et par conséquent la véritable date du genre Buprestis , mais elle est la première citée parmi les européennes, et aussi la première nommée dans la Fauna Suécica. — Or, en outre de ce que je dis d’une façon générale à la note XL sur ma façon de comprendre les types linnéens, j’ajouterai que c’est ici ou jamais le cas de faire exception à la règle générale qui est de prendre pour type d’un genre la première espèce décrite, (sauf indication contraire), car sans cela il arriverait que le genre Buprestis, composé tout entier d’espèces exotiques, ne comprendrait plus une seule des espèces que son créateur y plaçait dans les ouvrages subséquents à sa création, ce qui serait, on l'avouera, fort anormal.
XLY. — Le type du genre Anlhaxia Esehz était la A. cyanicornis F. C’est donc à tort que Solier a cru pouvoir la détacher pour en faire son genre Cratomerus. C’est cette espèce au contraire qui doit conserver le nom original ; les autres espèces, si l’on persiste à en faire un sous-genre distinct, pourront prendre le nom de Paranthaxia Goz 188(3.
XLVI. — Le type du genre Agrilus Esehz (ncc Sol) étant le A. novemmaculalus, dont Solier a fait plus tard son genre Plosima , adopté par tous les auteurs subséquents, il devra être opéré ici encore un changement de nom. Les Plosima de nos catalogues devront reprendre le nom que leur avait donné Eschscholtz, et les Agrilus + de Solier et des auteurs modernes, perdant ainsi le leur, devront prendre celui de Anambus que Thomson a donné à quelquesunes do leurs espèces, (Pannonicus et affines). Si les auteurs à venir voulaient maintenant démembrer ce genre, comme le faisait Fauteur suédois, ils seraient obligés de créer un nouveau nom, ce qui me paraît, quant à moi, fort inutile, le genre étant des plus homogènes et des plus compacts.
XLYII. —Selon M. Fauvel, (Rev. d’Ent. 1885), le nom de Trixagus Kugelann serait peut-être synonyme de Èyturns , et non pas de Throscus ; il devrait en conséquence disparaître de la nomenclature. C’est la réédition d’une ancienne remarque de Kicsenwottcr, (Naturg. d. Ins. Deutschl. IV, p. 182), qui reconnaît bien la priorité du nom de Trixagus , mais ne l’adopte pas, parce que Kugelann, en y introduisant un élément aussi étranger que les Bylurus, a enlevé toute valeur au genre qu’il fondait. Ce raisonnement me paraît inacceptable: il conduirait tout droit à l’élimination de presque tous les noms anciens, pour peu que les créateurs y eussent mêlé plusieurs de nos genres actuels, ( Lyctus par exemple, qui comprenait au sens fabricien nos Rhizophagus, Tribolium, Botliryderes, Lyctus, etc., et tant d’autres). Si telle était l’idée de Kiesenwetter, à une époque où la loi de priorité était encore discutée, ce n’est pas, j’en suis certain, celle de M. Fauvel. Le nom de Trixagus doit donc être maintenu pour bon, mais il s’appliquera soit aux Throscus , soit aux Bylurus , selon l’espèce que Kugelann a inscrite en tète ou donnée pour type. Comme je n’ai pu, dans le fond de ma province, me procurer encore son ouvrage, je ne puis quant à présent fixer ce point. Un entomologiste plus près des centres et des bibliothèques y parviendra facilement. D’après quelques remarques d’Illiger, j’ai cru comprendre cependant que Kugelann avait plutôt en vue le T. dermesloldes que le tomcnlosus , ce qui donnerait raison à ceux qui font son genre synonyme des Throscus. En outre, il y a cette phrase dans la caractéristique de Kugelann, rapportée par Illiger (Verz. d. Kæf. Preuss. p. 324): « Halschild zu jeder Seite hinterwarts in eine Spitze verlangert. » Ce qui me paraît ne pouvoir s’appliquer en toute plénitude qu’au dermestoïdes.
XLVIII. — Les genres Nématodes Latr et Ilypocœlus Esehz ont tous les deux le même type, (N. fUmn F) ; ils sont donc exactement synonymes, et c’est à tort que l’on a repris le second de ces noms pour l’appliquer, en le détournant de son sens original, à un insecte tout différent des vrais Nematodes, (proccrulus Mannh). Ce dernier devra donc prendre un nom nouveau, et la synonymie s’établira de la sorte :
'1° Nematodes Latr 1825 (syn. Ilypocœlus Esehz 1836), (type fdum F).
2° Hylis Goz 1886 (syn. Ilypocœlus 1 Lacd 1857, nee Esehz — Nematodes + Esehz 1836, nec Latr), (type proccrulus Mannh).
XLIX. — Une remarque analogue est à faire sur les noms de genres Æolus Escliz et Heterodcrcs Latr ; tous deux étant exactement synonymes, on n’a pu valablement prendre le second pour l’appliquer à un démembrement du premier, surtout alors que le groupe démembré se compose uniquement d’espèces décrites postérieurement à la création du nom sous lequel on voudrait les réunir. Voici comment on devra les inscrire pour rester dans l’exactitude des dénominations primitives :
1° Æolus Escliz 1829 (syn. Heteroderes Latr 1834), (type crucifer Rossi).
2° Exæolus Goz 1886 (syn. Heteroderes + Cand. nec Latr), (type cdgirinus Luc).
Malgré l’opinion de plusieurs auteurs, j’estime que le caractère tiré du 4 e article des tarses, bilobé mais non lamelle en dessous chez les Æolus, lamellé mais non bilobé chez les Exæolus, suffit amplement à distinguer ces deux genres voisins.
L. — Les Elctter J, ont pour type, défalcation faite des espèces exotiques, (j’explique à la note XL pourquoi j’élimine celles-ci), le E. brunneus, décrit le quatrième dans le Systema naturæ, et le premier dans la Fauna suecica. C’est donc à cette espèce que doit rester le nom linnéen, au lieu de celui de Sericus créé pour elle par Eschscholtz, ou de celui de Sericosomus donné par W. Redtenbaclier.
Quant aux insectes auxquels les ouvrages modernes ont à tort conservé ce nom, ils ont pour le remplacer celui de Ampedus donné par Germar en 1844 (type sanguineus).
LI. — Le nom de Cryptohypmis Escliz 1836, créé pour remplacer celui de Hypolithus du môme auteur, préoccupé, est postérieur de six ans à celui de Hypnoïdus Stepli 1830. Il y a donc lieu de le remplacer par ce dernier. L’espèce typique de Stephens est le H. quadripustulcitus F ; celle d’Eschscholtz était le riparius F, mais je ne crois pas possible de distinguer génériquement ces deux formes, malgré les efforts qu’a tentés dans ce sens M. Thomson.
La seule espèce du genre Hypnoïdus qui me paraisse séparable est le minutissimus Germ, caractérisé: 1° par les carènes angulaires du corselet prolongé jusqu’au bord antérieur de ce segment ; 2° par l’effacement à peu près complet des stries élytrales, (exception unique chez nos Elaterides français) ; 3° par la mentonnière de son prosternum, dont le bord antérieur, au lieu de s’appliquer sur la bouche, se reploie un peu pour s’en éloigner, sans toutefois que le pli forme de sillon ni de strie, mais seulement un canal en pente douce, bien visible sur toute la largeur de la mentonnière, tandis que rien de semblable ne se présente chez les Hypnoïdus où le prosternum vu de profil forme une courbe régulière, à peine interrompue par un très léger bourrelet à l’extrême bord. Ajoutez à ces caractères un faciès un peu aberrant, des étuis plus solidement embrassés par les angles du corselet, ce qui donne assez bien la physionomie d’un Trixcigus , et surtout un genre de vie passablement différent. Le minutissimus vit en effet sur les arbustes au bord des ruisseaux, aulnes, vernes, etc., tandis que les Hypnoïdus vivent plus généralement à terre, sous les pierres, dans le sable humide, ou enfouis au pied des plantes, entre les racines.
Je donne à la coupe ainsi formée le nom de Quasimus Goz 1886.
LI bis. — Le nom de Corymbites Latr 1834 est postérieur à celui de Ctenicerus Stepli 1830, (type aulicus), et doit lui céder le pas. Il en est de même de
celui de Diaccinthus Latr 1834, que prime également le nom de Selatosomus Stepli 1830, (type œneusj.
LI ter. — Le genre Lcicon, fondé par Laporte de Castelnau en 1836, (Rev. Ent. de Silb. IV p. 30), est exactement synonyme du genre Adeloccm Latr de nos catalogues. 11 n’y a qu’à lire la phrase où Castelnau indique quelles espèces doivent rentrer dans sa coupe nouvelle pour en être convaincu : « On doit placer ici, dit-il, les Elatcr atomcirius, vendus, fasciatus , etc., de Fahricius. » Et rien de plus. Ces trois espèces sont les seules qu’indique l’auteur. Pas un mot, comme on voit, de marinas L, type erroné du genre Lcicon + des entomologistes subséquents.
Je propose en conséquence, pour ce dernier insecte, le nom de Archontas Goz 1886.
LIE — Je rappelle ici par occasion que le nom de Logesius que j’ai créé en 1875 dans mon catalogue pour un genre d’Elaterides doit primer ceux de Metopius et de Molus que M. Desbrochers des Loges a appliqués successivement à la même coupe. Metopius en effet existe déjà dans les Hyménoptères, et Idolus , (sous la forme incorrecte Eidolus ) a été donné par Candèze à un genre d’Elatérides même, originaires d’Amérique.
LUI. — Le genre Cyphon Payk a pour type dans la Fauna suecica, le C. pallidus, qui est synonyme de notre Microcara testacca actuelle. Le nom de Cyphon doit donc être appliqué régulièrement au groupe dont Thomson a fait ses Microcara , et celui qui le porte indûment dans nos catalogues pourra s’appeler à l’avenir Contacyphon Goz 1886, (type variabilis). (xovtx, près, Cyphon ).
ÇLe Cyphon pallidus de Paykhüll ne doit pas être confondu avec l’espèce du même nom décrite par Fahricius en 1775. Cette dernière est synonyme de VElodcs minuta L ; Paykhüll la confondait du reste avec son espèce à lui, sous le nom de var. (3).
LIV. — La première espèce décrite par Linné dans son genre Cantliciris 1758 est la C. noctiluca. 11 semblerait donc que ce nom devrait rester à nos Lampyris. Mais il convient de faire remarquer que le genre Lampyris créé par Geoffroy en 1762 a été adopté par Linné lui-même quelques années plus tard (1767). On doit donc retenir pour type la Cantliciris fuscci f (aujourd’hui Telcphorus ), qui vient immédiatement après. C’est du reste ce que font depuis longtemps les Allemands, et c’est à cette opinion que se rallie aussi M. Bourgeois dans la Faune Gallo-Rhénane. Je ne puis qu’en reconnaître la justesse, et, en tant qu’il m’appartient, la confirmer. (1)
LY. — Le genre Malthinus , créé par Latreille en 1806 dans son Généra Crustaceorum et Insectorum, a reçu pour types les M. rujicollis Latr ( minimus L) et margincitus Latr, tous deux types également du genre Mcilthodcs , établi beaucoup plus tard par Kiescnwetter. 11 doit donc s’opérer entre ces deux genres une confusion complète, et les espèces que Latreille avait spécialement en vue doivent conserver le nom créé par lui. Celles auxquelles Kiesenwetter l’a appliqué au contraire à tort restant ainsi sans nom, pourront prendre celui de Ymnis Goz 1886, (sans aucune étymologie).
(1) On pourrait faire une observation analogue au sujet du genre Dytiscus. que Linné avait tout d'abord basé sur notre Ilydrophilus piceus. détaché ensuite par Geoffroy, avec le consentement de Linné, (in Mss.. leste Marsh. Ent, Brit. p. X et p. iOl;.
LV bis. — Malachius rubidus : lege Cast 1836, au lieu de Er 1840. (1)
LVI. — Le genre Psilollirix Redt 1858 (Küst. sans caract.), est identique au genre Lasius Motsch 1845, et doit reprendre ce dernier nom.
LVII. — Le type du genre Limcxylon F est le L. clcrmcstoïdcs L, et non le navcilis comme on l’a voulu admettre plus tard. La preuve en est non seulement dans la place que Fahricius donne à ces deux espèces, dont la première a toujours le pas dans tous ses livres, (notamment dans l’Entomologia systematica et dans le Systema cleutlieratorum, les plus parfaits de ses ouvrages), mais encore dans les termes mêmes des caractères qu’il assigne à son genre Limc-
xylon , (Ent. Syst. L p. 1)1): « oculis rotiuidatis,. tîiorace brevi, transverso,.
elytris.longitudinc abdominis, etc., •> lesquels s’appliquent parfaitement au
dermcsloïdcs et point du tout au navaiis, qui a au contraire les yeux entaillés, le corselet plus long que large et les étuis plus courts que î’abdomen. La synonymie doit donc être rcctiiiée ainsi qu’il suit :
1° Limexylon F 1775 (nee auet.), (syn. Hylccœtus Latr 1806, —Elatcroïdcs Scliæff 1777), (type dermestoïdes L).
2° Pterophorus Ilerbst 1781, (syn. Limcxylon 1 Latr. et auct, — Calolymus Thunb 1787), (type navcilis L).
LVIII. — Le genre S'pluericus Wollaston 1854 a pour synonyme exact le nom de Tipnus J. du Val, et comprend en espèces françaises Se seul 8*. gibbdides Boïcld. Une espèce voisine, cxiguus Boïeîd, type des Tipnus + Mills, et Le y (nec J. du Val), est parfois comprise à tort depuis Boïeidieu dans les Trigonogenius , avec lesquels elle ne saurait en réalité rester. Le type du genre Trigonogenius de Solier est le Tr. globulum Sol du Chili, et cette espèce est certainement distincte par ses caractères génériques de notre espèce. Il en résulte que celle-ci doit être distinguée par un nom nouveau, soit genre propre, soit sous-genre des .S pluericus; on pourra lui donner celui de Outipnus Goz 1886. (Ou, non, Tipnus).
L1X. — Chacun sait déjà, depuis les derniers catalogues, que le nom du genre Pyrrhus Geotfr (nec L) prend la place d’Anobium F. Le type de Geoffroy est, on le sait aussi, le Pyrrhus domcsticus Fourcr ou Anobium domcsticum . Mais voici qui n’a pas encore été signalé, je crois. Le véritable type du genre Anobium de Fahricius n’est aucune des espèces qu’on avait en dernier lieu laissées sous ce nom, c’est le A. rufovülosum de Géer ou lessellcilum 01, le même pour lequel Motschulsky a créé en 1845 sa coupe Xestobium ; c’est donc à cette dernière que doit demeurer le nom créé par Fahricius, et cette obligation permet heureusement de conserver à la fois ce nom séculairernent connu, et celui de Pyrrhus qu’impose, ici la loi de priorité.
1° Anobium F 1775, (syn. Xestobium Motsch 1845, — Cnccas Tlioms 1859), (type riifovillosum de Géer).
2° Byrrhus Geoffr 1762, (syn. Anobium + auct. nec F), (type domcsticus Fourcr).
LX. — Le type des Ocliina Steph 1830, est O. ptinoides Marsh. ( hederæ Müll), et le sous-genre Citiobium Muls. et Rey 1865, basé sur cette espèce n’a pas de raison d’être. C’est Y Ocliina Laireillci Bon que l’on eût pu valablement
(1) Genre Attalus, au lieu de .1. Xourrichcli Cast 18I3Ü, lege ,1. Le Xuurricheli. Cette espèce n’appartient pas du reste à notre faune.
retrancher du genre ; on pourra donner à la coupe établie sur ce dernier insecte le nom de Dulgieris Goz 1886 (AouXytspjç, charpentier).
LXI. — Le genre Phthora t Mills '1854 n’a rien de commun, quoiqu’on ait pensé Mulsant, avec le genre Phthora Germ (Dcj. in Gat.), qui a pour synonyme Calaphronetis Lucas. 11 doit en conséquence changer de nom, et pourra se nommer Clamoris Goz 1886 (sans étym.).
Pour ta même cause, l’espèce décrite par Mulsant sous le nom de Phthora crcnala n’étant pas celle que Dcjean a signalée dans son catalogue, et Germar décrite dans sa Fauna Ins. Fur., devra aussi perdre ce nom entaché d’erreur originelle. On pourra la nommer Clamoris insurgens Goz 1886 (crcnala t Muls nec Germ).
LXII. — Genre Uloma : loge Stcpli 1839, au lieu de Gast 1840, ou Rcdt 1849.
LXIII.—D’après un renseignement donné verbalement par M. Abeille de Perrin, il y aurait lieu d’ajouter à la liste des Ifelops de France le II. hirlulus Ilciche, comme pris dans les Basses-Alpes par le B. P. Pestrc. Cette capture ne laisse pas que de m’étonner, l’insecte étant d’Andalousie, et peut-être veut-elle conlirmation avant d’être acceptée comme certaine. En tout cas, l’individu que m’a montré notre aimable collègue est bien Vhirlulus. — Il est facile à distinguer de tous les autres IIclops et même de tous les Helopidcs français par la pubescence bien distincte qui le revêt tout entier en dessus. Sa taille est très faible (4 ,n 1/2 à 5 m ), sa couleur d’un brun châtain uniforme. Il a, au surplus, tous les caractères du sous-genre Nalassus Muls, mais cette pubescence remarquable et unique doit le faire classer dans une section à part, que je propose de nommer Gunarus Goz 1886 (Fouva, fourrure).
LXIY. —Lorsque j’ai proposé (Ann. Soc. Ent. Fr. Bull. 1881), de remplacer le nom de Cleniopus Sol par Sarandonyx Goz, comme trop voisin do ceux de Ctenopns Fiscli et de Clenipus Dej, changement qui jusqu’à présent n’a pas été adopté, à ce qu’il semble, j’aurais pu ajouter aux raisons que je donnais et que je croyais alors suffisantes, celle-ci qui paraîtra sans doute décisive aux puristes. Ces trois noms en somme sont le môme , et malgré les différences de l’orthographe adoptée par leurs créateurs, ils doivent s’écrire absolument de même si l’on admet le système de correction, aujourd’hui si en faveur, système en vertu duquel on se croit le droit de rectifier tous les noms que l’on juge mal formés (1). Les deux mots grecs d’où ils sont tirés ne peuvent donner en effet qu’un seul composé correct, rrstç et rxuq ne peuvent jamais faire que Clenopus, et tout autre orthographe d’un mot tiré de ces deux mots, devra régulièrement être réduite à celle-ci. D’où la conclusion que le nom de Solicr, corrigé comme il doit l’être, étant bien pour le coup le même que celui de Fischer, doit disparaître comme je le disais alors déjà pour un autre motif, et celui que je proposais devra prévaloir.
LXV. — Le type du genre Antinous Payk 1798, est le A. monoccros L, type également des Noloxus Geoff. Ces deux noms sont exactement synonymes. Par suite les Antinous + auct. nec Payk, devront perdre ce nom indûment donné; ils pourront être appelés Liparoderus Laft 1848, nom du sous-genre que je crois le plus ancien parmi ceux assez nombreux que différents auteurs avaient créés à leurs dépens.
Avec ce changement de nom, le type du genre deviendra le Liparoderus Paykhülli Gy 11.
(!) Quitte à faire parfois de nouvelles fautes en corrigeant, comme j’en ai un bel exemple au bout de la langue.
LXYI. — Le Meloë floralis de Linné (1758-1761), comme l’ont fait remarquer déjàLaferté et Mulsant, n’a aucun rapport avec le Lijparodcrus (ex Anthicus) floralis F. La diagnose en fait foi : « Alatus, niger, elytris fasciis duabus ferrugineis obsoletis. » Ainsi que ces mots de la Fauna suecica : « Elytra fusca, maculis duabus ovatis, transversis, pallidis, altéra priore, altéra posteriore, neutrà marginem elytri tangente. » On l’a appliqué parfois à Yanthcrinas, mais à tort également, ainsi que le montre bien cette dernière phrase. Il est vrai que s’il est facile de dire ce que ce n’est point, il serait plus ardu de déterminer exactement ce que ce peut être. En tout cas, le floralis 7 F de nos catalogues devra perdre ce nom, et s’appellera formicoïdes Fourcr 1785.
LXVII. — 11 existe dans les Lépidoptères un genre Lita ( L . solanella , tabacella ), dont l’orthographe, à vrai dire un peu différente de celle du nom de genre Lytta F 1775, dans les Yésicants, ne saurait cependant le rendre acceptable. — Il devra être changé ; je signale ce fait aux lépidoptéristes.
Je leur signalerai de même les noms de Psilothrix, Liodcs et Mniophila, tous trois postérieurs à leurs homonymes de l’ordre des coléoptères.
LXVIII. — Les différents auteurs qui se sont occupés jusqu’à ce jour du genre Liophlœas Germ ont, suivant leurs tendances individuelles, ou exagéré d’une façon certainement abusive le nombre de ses espèces, ou réduit ce même nombre beaucoup plus qu’il n’eût dû l’être. La vérité se tient sans doute entre les deux extrêmes ; toutefois j’ai l’assurance dès aujourd’hui qu’il existe dans notre faune plus d’une espèce,comme certains auteurs l’ont prétendu; il me serait impossible, quant à présent, de fixer avec précision le nombre de celles que l’on doit admettre ; les descriptions de M. Tournier notamment sont si vagues et ses types si difficiles à obtenir que l’on ne peut se faire une idée exacte de ce qu’il a voulu dire. Cet obstacle m’a paru à ce point insurmontable (pie j’ai renoncé à achever un travail depuis longtemps commencé sur ces insectes mal connus, mais je n’en crois pas moins utile d’exposer ici les quelques résultats auxquels j’étais arrivé.
Avec le peu de matériaux que renferme ma collection et celles de quelques-uns de mes amis, je suis arrivé à reconnaître cinq espèces absolument distinctes ; ce qui est peu comparativement au nombre de celles qu’ont établies les auteurs; mais j’ai vu du moins de chacune un nombre d’individus assez considérable pour être aussi certain que possible de la fixité des caractères que j’indique. J’ai vu en outre quelques formes probablement distinctes, mais sur lesquelles je ne puis me prononcer sans réserve, faute de matériaux suffisants.
Yoici comment je différencie les espèces que j’ai vues :
A. — Trois premiers articles du funicule antennaire égaux. Cuisses postérieures vêtues même sur l’arête supérieure d’une simple pubescence légère et éparse, blanchâtre ou submétallisée. Impression antérieure du rostre remontant en forme de sillon jusqu’au milieu environ. nubilus F.
Forme oblongue-ovale. Squamulation, (quand elle existe), grisâtre, souvent submétallisée sous un reflet oblique, avec des taches cendrées un peu plus claires et plus denses que le fond sur les interstries alternes. Parfois les tâches claires sont réunies sur un même interstrie en linéoles presque entières, ou d’autres fois la squamulation est presque entièrement annihilée ou même tout à fait enlevée (v. opacus). Les trois premiers articles du funicule sont égaux, le 4 e un peu plus court que le 3e, les 5-6-7 courts et subégaux. Le corselet est médiocrement arrondi latéralement et non loin du bord antérieur, puis presque droit de là à la base, de telle sorte que son point de plus grande largeur est en avant du milieu. (7 mm à 10mm). Presque toute la France.
AA. — Trois premiers articles du funicule antennaire très visiblement inégaux, le 3 e au moins toujours sensiblement plus court que le 2°. Cuisses postérieures parées, au moins près de l’arête supérieure, de squamules très nettes quoique oblongues, (sauf chez les individus tout à fait nus). Impression antérieure du rostre ne remontant pas en forme de sillon.
B. — Squamulation nulle ou à peu près ; insecte presque nu et noir
en dessus. Aquisgranensis Forst.
Ovale, assez largo. A peu près nu, n’offrant que quelques poils cendrés rares sur les tibias et sur les cuisses. Deux premiers articles du funicule assez allongés, subégaux, ou le second très légèrement plus loug que le premier, le 3e d’un tiers ou d’un quart plus court que le 2e, le 4e plus court encore, les 5-6-7 les plus courts de tous, subégaux entre eux. Corselet régulièrement arrondi latéralement, offrant sa largeur maximum à peu près au milieu. (8mm 12 a 11mm). Suisse, Alpes françaises, Alsace, Bords du Rhin, montagnes d’Auvergne.
BB. — Squamulation toujours bien distincte, môme à l’œil nu, abondante et serrée, (au moins en dessous chez les individus accidentellement déflorés).
C. — Rangées striales toutes équidistantes. Etuis largement ovalaires.
D. — Premier article du funicule un peu plus court que le second, subégal au 3 e ou faiblement plus long. Corselet très fortement et régulièrement arrondi sur les côtés, sa plus grande largeur au milieu. Squamulation fauve avec des taches brunes assez nettes sur les interstries alternes. ovipennis Fairm.
Largement ovalaire, épais. Vêtu assez densément d’une squamulation fauve ou jaune brunâtre submétallisée, cà et là à reflet doré avec des taches brunes assez nettes sur les interstries alternes. Cuisses postérieures pubescentos, mais la pubescence mélangée près de l’arête supérieure et souvent sur un anneau médian de squamules oblongues très nettes. Funicule antennaire à article 2 e presque une fois et demie long comme le 3 e qui est subégal au 1er et légèrement plus long que le 4e, les 5-6-7 subégaux entre eux, un peu plus courts que le 4e. Corselet très fortement et régulièment arrondi sur les côtes, sa largeur maximum au milieu. (8mm 1,2 à IQmm 1/2).
Cette espèce est bien distincte du nubilus par sa forme beaucoup plus large et plus ample, surtout aux étuis. D'après la description, il m’est impossible d’imaginer en quoi le modestus Tourn en différerait. Je n’hésite pas non plus à y rapporter 1 ’alpestris Tourn qui semble avoir été décrit sur des exemplaires un peu frottés, à squamulation plus grise, et à taches brunes semblant par là-même moins distinctes. M. Tournier l’a décrit de Forclaz, dans les Alpes du Valais; je le possède de Vienne en Autriche (Reitter) et de Hongrie {Richter Lajos). Mes deux exemplaires paraissent avoir les étuis un peu moins courts que mes ovipennis français, mais ne s’en distinguent pas autrement. Peut-être est-ce une différence sexuelle, car j’ai cru remar quer des variations pareilles chez mes nubilus et mes pulvcrulentus.
Quant à Vovipennis, je l’ai pris à la Grande Chartreuse et à Pionsat (Puy-de-Dôme). Il me semble ainsi ne pas s’éloigner des régions montagneuses ou des plaines élevées qui les avoisinent. Il n’est pas commun. Sa description est à peu près la même que celle du chrysopterus Bohm, mais ce dernier aurait les côtés du corselet presque droits.
Une forme assez voisine de celle-ci, au moins parla proportion des articles antennaires, est constituée par un individu de ma collection, que je ne sais à quoi rapporter jusqu’à présent. Elle se distingue de V ovipennis lo par le corselet qui n'est plus régulièrement arrondi sur les côtés et qui offre sa plus grande largeur en avant du milieu , 2o par la couleur de la squamulation qui est grise ou gris bleuâtre. Elle se rapprocherait par là du pulverulcntus ci-après, mais la constitution du funicule l’en éloigne. Les écaillettes sont grises, avec quelques taches plus claires à peine distinctes sur les interstries alternes. Mon seul individu provient des Basses-Alpes. — Serait-ce le spcirsutus Tourn? — On comprend qu’il me serait difficile de me prononcer sur la valeur spécifique de cette forme tant que je n’en aurai pas vu davantage.
DD. — Premier article du funicule égal au 2°, le 3 e sensiblement plus court. Corselet faiblement arrondi latéralement, sa largeur maximum un peu en avant du milieu. pulverulentus Gyll.
Forme assez large, surtout aux étuis, épaisse. Vêtu assez densément d’une squamulation variant du gris fauve au fauve submétallique ou subcuivreux avec les interstries alternes parés de taches obscures sépaiant des taches claires plus ou moins développées, parfois presque unies en lignes. Cuisses postérieures pubescentes, ruais la pubescence mélangée près de l'arête supérieure et souvent sur un anneau médian de squamules oblongues assez brillantes. Funicule antennaire à deux premiers articles allongés, égaux, les 3-4 plus courts, subégaux entre eux, les 5-6-7 encore plus courts. Corselet médiocrement arrondi sur les côtés, sa largeur maximum un peu en avant du milieu. (7mm a 9mm).
Très voisin du nubilas , distinct par le funicule antennaire, l’impression du rostre non prolongée en sillon, la squamulation plus fauve et plus nettement cuivrée, les cuisses postérieures squamulées, etc.
Je ne possède qu’un seul exemplaire de cette espèce, venant de Paris, d’où Schœnherr la signale aussi: j’en ai vu deux autres sans localité précise, mais probablement du centre de la France.
Le L. ineclitus Tourn doit être très voisin, sinon même identique.
CG.—Rangées striai es rapprochées par paires, de telle façon que les interstries pairs sont bien moins larges que les autres. Premier article du funicule un peu moins long que le 2 e , le 3 e sensiblement plus court. Corselet assez arrondi latéralement, sa plus grande largeur au milieu. Squamulation grise,bleutée ou verdâtre ça et là. rotundicollis Tourn.
Oblong ovale, peu large. Squamulation grise, légèrement métallisée sous un reflet oblique, et mêlée, surtout latéralement, d’écaillettes d’un cendré verdâtre ou bleuâtre très pâles, mais généralement bien appréciables sous la loupe, interstries impairs offrant de petites taches vagues d'un cendré blanchâtre un peu plus denses que le fond, parfois presque unies en lignes. Cuisses postérieures ornées, au moins près de l’arête supérieure, de squamules très nettes, quoique oblongues. Funicule antennaire à deux premiers articles allongés, mais le second sensiblement plus long que le premier, les 3-4 égaux, plus courts chacun que le Rr, les 5-6-7 encore plus courts. Corselet faiblement arrondi latéralement, sa plus grande largeur un peu en avant du milieu. Rangées striales sensiblement géminées. (8mm à 10mm).
J’ai pris cette espèce à la Grande-Chartreuse. Elle est la plus étroite de celles que j’ai vues. Ce n’est qu’avec doute que je la rapporte au rotundicollis Tourn qui aurait, d’après son parrain, une squamulation d'un jaune doré. En revanche, je crois que ce doit être le cy ânes cens de M. Fairmaire, du Mont-Dore, dont la squamulation, d’après Tournier, « varie du bleuâtre au verdâtre très pâle, ou même au jaunâtre clair. » Le caractère des stries géminées pourrait bien avoir échappé à M. Fairmaire. Enfin, ce doit être, presque sans aucun doute le vrai geminatus de Boheman qu’on rapporte ordinairement à une variété du nnbihis.
Le minutus Tourn doit, d’après la forme que l'auteur lui assigne, n’être qu’une variété minor du rotundicollis.
Ici se rangerait encore le amplipennis Tourn. qui. si sa description est exacte, se distinguera facilement par ses antennes à articles 3-4-5-6-7 subégaux.
En somme, mes quelques observations n’élucideront qu’à moitié, je le crains, le problème que nous pose ce genre difficile, mais elles montreront à ceux qui disposent des matériaux nécessaires, combien il serait utile qu’ils les missent en œuvre et qu’ils nous donnassent enfin une monographie que tous les entomologistes amateurs de charançons appellent de leurs vœux depuis déjà bien des années.
LXXII. — C’est avec raison que Seidlitz (Faun. Balt.) a indiqué la nécessité qu’il y a d’enlever au genre Sciciphiliis Schœnh certaines espèces qui s’en
éloignent manifestement par leurs épaules marquées, bien que très ouvertes, (1) (viridis, setidosus, etc.). Elles sont en effet plus voisines des Polydrusus que du genre où on les rangeait jusqu’à ce jour, mais non toutefois tellement qu’il les y faille faire entrer, comme l’a cru l’auteur de la Faunci Baltica. Elles en diffèrent au contraire sensiblement par leurs étuis subglobuleux, (ce dernier caractère très marqué surtout chez nos espèces françaises) et par les épaules en angle très ouvert, non pas rectangulaire comme chez les Polydrusus. Je crois donc plus naturel de les réunir en un petit genre propre, sous le nom de Stasiodis Goz 1886. (Type viridis Bohm).
LXXIII. — Le genre Brcichyrrhinus Latr 1802 n’est point synonyme, comme l’indique M. Bedel, du genre Otiorrhynchus Germ, et ne doit nullement faire disparaître ce dernier nom. Latreille, (Hist. nat. d. Crust. et Ins. III p. 200) indique pourtypesles Cure, p y ri (PhyllobiusJ Jigustici (Otiorrhynchus), lineatus (SitonaJ, et niger (Otiorrhynchus). On voit d’ici l’extension considérable qu’il donnait à son genre nouveau. En somme il y comprenait tous nos Brcichyderidx , Otiorrhynchidx , Phyllobiidx , et plusieurs autres genres à rostre court et épais. Malgré ce vague qui le rend peu recommandable, si l’on veut toutefois que le nom créé par cet illustre entomologiste reste dans la nomenclature, c’est forcément à la première espèce citée par lui pour type qu’il devra s’appliquer, et alors ce sont nos Phyllobius qui deviendraient Brachyrrhinus ; mais je ne vois pas pourquoi l’on irait choisir la seconde ou la quatrième, alors qu’aucune indication n’y porte et qu’on n’en donne aucun motif. Bien au contraire, dans la partie spécifique de l’ouvrage cité plus haut, (XI p. 157 et seq.), les espèces formant actuellement les Otiorrhynchus de nos catalogues sont encore repoussées et elles ne commencent à apparaître qu’au n° 12, alors que Latreille a fait passer avant, outre plusieurs espèces exotiques, nos Chlorophanus viridis, Tcinymecus palliatus, Coniatus répandus , Brachydercs inccinus, etc., etc.
Il y a donc lieu de se demander sur quoi M. Bedel s’est basé pour appliquer le nom de Latreille aux Otiorrhynchus plutôt qu’à tout autre groupe : il ne le dit point, et je n’ai pu découvrir, je l’avoue, dans tout l’ouvrage cité, un seul passage qui l’y autorisât. En conséquence je ne puis souscrire pour cette fois à la rectification proposée par lui. Elle me parait arbitraire, et l’accepter serait détruire toute priorité dans la nomenclature, car alors où serait la règle ? Et pourquoi chacun n’irait-il pas choisir dans un genre l’espèce qui lui conviendrait pour lui réserver la qualité de type?(2).
(1) Ce caractère des épaules marquées, indiqué par tous les auteurs, équivaut exactement à celui que M. Bedel tire des épinières mesothoraciques, considérées dans leurs rapports avec les épisternes correspondants. En somme, c’est la même chose, dite de deux manières différentes. Mais je continuerai, je l’avoue, de préférence à me servir de l’ancienne formule, parce que, quelles que soient les exceptions qu’elle ait à subir, elle a l’avantage encore d’en souffrir un peu moins que la nouvelle. Il est à remarquer, en effet, que les épiméres dans certains genres de forme et de place ambiguë, tels que Metallites, Philopedon, etc., passent par tous les degrés entre un refoulement complet et un développement bien normal, et cela justement en proportion même de l’ouverture plus ou moins grande de l’angle huméral. Mais il y a mieux encore : chez les Barynotus et chez les Cneovhinus que M. Bedel range comme tous les genres à épaules marquées dans la section des « épinières non refoulées, prolongées jusqu'à la base des étuis, » on trouve, sans que les épaules cessent pour cela d’èlre angulées, toutes les formes et tous les jiassages désirables entre les épinières avancées comme elles doivent l’ètre le long du bord extérieur de l’épisterne jusqu'à la base des étuis, et ces mêmes pièces réduites à presque rien par le développement de leurs voisines, tout comme cola a lieu dans les genres à épaules annihilées.
(2) Cette remarque me parait d’autant plus utile que tout récemment M. Fanvel (Rev. d’Ent. 18b5 p. 288) a, sur la foi de M. Bedel, indiqué comme à insérer au catalogue d'Europe le changement contre lequel je m’élève. Ce qui prouve qu’il est toujours bon de recourir aux sources avant d’accepter les réformes proposées même par les auteurs les plus consciencieux. Tout le inonde peut se tromper,
LXXIV. — Le type du genre Bothynodcres Schœnh étant le affinis Schrk (albidus F), c’est à tort que Motschulsky a créé pour cet insecte son genre Chromoderns , et cette appellation doit être tenue pour exactement synonyme de la première. Quant aux Bothynodcres X Motsch nec Schœnlq (insectes dont le type est le punctivcntris Germ), on pourra les nommer Asproparthenis Goz 1886.
LXXV. —Si je ne pouvais m’expliquer plus haut que l’on fût allé prendre pour type des Scarabxus le sacer, auquel Linné n’a sûrement pas songé, mais qui a pour lui d’avoir porté ce nom dans l’antiquité, à plus forte raison ne puis-je comprendre comment on a réservé l’appellation de Curculio dans ces derniers temps au groupe des Hylobins de Schœnherr. Si l’on suit en effet les indications du Systema Naturæ, ce seront les énormes Sphenophorides asiatiques ( pcdmarum , etc.), qui le porteront. — Si l’on adopte au contraire mon opinion, telle que je l’ai développée il y a quelques pages, au sujet des Scarabœus — Oryctcs , ce seront nos Magdalis actuels. La première espèce citée par Linné dans sa Fauna suecica, la première aussi des européennes comprises dans le Systema, est le Curcidio violaceus L (Syst. nat. p. 378. — Fn. suec. p. 174).
Je ne répéterai pas ici ce que j’ai dit déjà : il faudrait retranscrire textuellement la note XL, le cas étant absolument le même. J’indiquerai seulement que pour les mêmes raisons, je crois juste de laisser aux Hylobins le nom que leur a donné Schœnherr, et de faire disparaître celui de Magdalis Germ pour le remplacer par celui de Curculio L (type violaceus).
Le type du genre Hylobins Germ est le piceus de Geer ( pineti F).
LXXVI. — Le Dorytomus pcctoralis Faust 1882 n’étant pas celui de Panzer, et n’ayant parmi les noms anciens qui lui sont fréquemment rapportés aucune appellation certaine, a reçu de M. Bedel (Soc. Ent. Fr. Bull. 1884), celle de rufulus. —Le principe en vertu duquel a eu lieu ce changement est, à mon sens, incontestable, et il devrait être adopté, si M. Faust dans son travail n’avait aussi décrit une variété de l’espèce en question sous le nom de simplex (Faust, Gr. Doryt. p. 169).
Cette dénomination, qui n’est entachée d’aucune erreur, doit, je crois, bien qu’appliquée à une simple variété de l’espèce, primer celle que M. Bedel a fait connaître deux ans plus tard, et la synonymie doit s’établir ainsi :
D. simplex Faust 1882.
Yar : Rufulus Bed 1884. — Syn : pectoralis X Gyll 1836, Faust 1882 (nec Panz). — Arcuatus X F (nec Panz). — ? Fructuum Marsh 1802. —? Rubclins Marsh 1802. — ? Plagiaius Gyll 1836.
Var : Fructuum 7 Faust 1882.
Var : Melanopiitiialmus X Faust 1882 (nec Payk).
Var : Arcuatus X Faust 1882 (1).
LXXVII. — Dans son travail sur les Tychiides (Ann. Soc. Fr. 1873), M. Tournier a décrit, à dix pages de distance, deux Tychius fort différents sous le même nom de sericatus, sans s’apercevoir de ce double emploi.—Dans mon catalogue (18/5),
(1) 11 y a, p. 113 du travail de M. Faust, un autre arcuatus (Sturm in litt.), indiqué comme variété du 1). nebulosus. Mais je ne crois pas que ce soit ici la peine de changer 1 un de ces noms, car ces variétés sont si inconstantes que mieux vaut ne pas les maintenir.
j’avais, en vue de réparer cette inadvertance, indiqué pour celle de ces espèces qui se trouve en France, le nom de sericcms Goz. Au jourd’hui je dois confesser que j’ai fait moi-mème erreur en agissant de la sorte : l’espèce que je débaptisais étant la première décrite, doitau contraire, conformément aux principe', conserver son nom, et c’est celle que je respectais qui doit le perdre. Je propose pour celleci l’appellation de junior Goz, et voici comment j’établis la synonymie :
1° T. sericatus Tourn 1874, loc. cit. p. 488 ( sérierais Goz 1875).
2° T. junior Goz 1886 ( sericatus || Tourn 1874, p. 498).
Gette dernière espèce est confinée jusqu’à ce jour en Algérie.
LXXVIII. — La Sibinici curtirostris Tourn 1874 devra changer de nom, M. Desbrochers des Loges ayant décrit dès 1873 (c’est-à-dire antérieurement à la publication des Annales de la société entomologique de France, qui portent à tort cette date), un Tychius curtirostris de Corse, et les deux genres Sibinici et Tychius étant fréquemment réunis. L’espèce de M. Tournier pourra se nommer à l’avenir S. rccrccita Goz 1885.
LXXIX. —Dans son Syst. nat., 1758, Linné décrit sous les noms de Ciirculio betulæ , p. 381, et de Attelcibus betulæ, p. 387, deux espèces absolument distinctes, dont la dernière seule figure encore dans nos catalogues sous le nom de Rhynchites betulæ (s. g. Deporciüs). — La première dont je ne trouve pas trace, est cependant décrite d’une façon on ne peut plus reconnaissable, c’est notre Rhinomaccr cilni Muller (alias Byctiscus bctuleti F) ; je crois qu’elle devra reprendre le nom linnéen. Les deux genres Rhinomaccr et Rhynchites, bien que fort voisins, semblent assez généralement admis pour qu’on puisse y laisser coexister une homonymie spécifique. En tout cos, si l’un des deux betulæ devait être débaptisé, ce serait plutôt le Deporciils , puis qu’il ne figure dans l’ouvrage ci-dessus cité que plusieurs pages après l’autre.
LXXX. — Le Ceutorhynchus niyroterminatus Wollst ( mixtus Mills et Rev), donné par tous les auteurs et tous les catalogues jusqu’à ce jour comme Ccutorhynchas in sp. est en réalité un Ceutorliynchidius, car son funicule antennaire est très nettement de six articles, et non de sept. C’est à cette circonstance que j’avais dû tout d’abord de ne point le reconnaître et le croyant nouveau, je l’avais envoyé alors à plusieurs de mes correspondants sous le nom inédit de Ceutorhynchidius moncicæensis. Gette gentille espèce, peu connue encore, ne semble pas bien rare cependant sur différents points de la Provence, et notamment à Monaco où j’en ai pris un assez bon nombre d’exemplaires en avril 1884.
LXXXI.—Le Cryphalus asperatus -f Ralz '1837, tout différent du Cryphalus (Glyptodci'cs) asperatus Gyll 1813, devra changer de nom, soit que l’on réunisse comme je l’ai proposé (Rev. d’Ent. 1885, p. 278), les deux genres Cryphalus et Glyptoderes , que rien ne sépare, si ce n’est le nombre des articles du funicule antennaire, soit môme qu’on les maintienne séparés, à cause de l’erreur primitive qui entache l’origine de ce nom. — Je propose donc pour cet insecte le nom de C. scriba Goz 1886.
LXXXII. — Le genre Ips a été fondé par deGéeren 1774 pour les insectes qui composent le genre Tomicus de nos catalogues actuels (nec Latr.), ce nom doit donc leur être réservé, avec le sex dentatus Bœrner (typogrciphus || de Géer nec L.), pour type.
Cette rectification a déjà été indiquée du reste par M. Bergroth et je ne l’eusse
pas rééditée ici, si je n’eusse voulu ajouter que le genre Tomicus Latr 1802 est en réalité bien différent de celui que nous nommions ainsi jusqu’à ce jour ( Ips de Géer).—Latreille (Hist. nat. des Crust. et Ins. III, p. 203), ne cite comme se rapportant à son genre qu’une seule espèce, T. piniperda L ; c’est donc à cet insecte que doit demeurer le nom créé par lui, et ceux de Myelophilus ou de Blastopliagus que lui a donnés successivement Eichlioff devront venir en synonymie pure et simple.
LXXXIII. —Le type du genre Callidium F 1775 est le C. bajulus L, dont on a fait depuis le genre llylotvupes , synonyme pur et simple, comme on voit.
Quant aux Callidium + Serv et auct., nec F (type violaceum ), on pourra les nommer Meridion Goz 1886. Ce nom, pour beaucoup d’entomologistes, ne sera sans doute que celui d’un sous-genre du grand ensemble dont les Phymatodes Muls 1839 seront, je crois, le groupe prépondérant ; mais pour d’autres, dont je suis, il pourra être genre propre, à aussi juste titre que les Rhopalopus et Semanotus, maintenus par M. Ganglbauer.
LXXXIV. — Le Clytus gazella F a été bien à tort identifié jusqu’ici au C. arietis L par tous les auteurs ou à peu près. Dans mon catalogue des coléoptères de France (1875) j’ai déjà indiqué sa vraie synonymie, mais personne n’y a pris garde, sans doute parce que je n’avais donné aucune raison à l’appui de mon opinion. En réalité cet insecte n’est autre que le Clytus rhamni Germ et le nom de gazella doit remplacer ce dernier nom. La description de Fabricius (Ent. syst. IL p. 333) ne laisse aucun doute à cet égard. Les mots : « pedibus ferrugineis , femoribus nigris » ne peuvent se rapporter qu’au rhamni, d’autant qu’il en distingue très bien Yarietis, qu’il décrit à côté, par ces mots : « pedibus totis ferrugineis. » Il est étonnant qu’aucun des nombreux auteurs qui ont traité de ce genre ne s’en soit encore aperçu.
LXXXV. — Le genre Molorchus F a pour type la même espèce que le genre Necydalis L, ( major L), et il en est par conséquent purement et simplement synonyme.—La coupe qui a pour type le M. minor L, et qui porte indûment dans nos catalogues le nom de Molorchus, détourné de son sens primitif, devra s’appeler Gymnopterion Schrank 1783. A défaut de ce nom, elle aurait du reste encore celui de Corn opter a Thomsl866, s’il était nécessaire.
LXXXVI. — Le type du genre Leptura L est (en défalquant la L. aquatica conformément au principe que j’expose un peu plus loin, (note XCIV), à propos du genre Coccinella ) la Leptura melanura L 1758. Mais quelle est exactement cette espèce?
Nos catalogues modernes ont conservé ce nom à l’une de nos Strangalia vulgaires, et tel est en effet certainement l’insecte que Linné a décrit dans sa Fauna Suecica, p. 195, ou plutôt c’est la principale des espèces qu’il confond sous ce nom, car dans l’ouvrage que je viens de nommer, l’auteur suédois, si précis d’ordinaire, colloque sous la même rubrique au moins trois de nos espèces : Strangalia melanura cf et 9, Leptura dubia çf, Grammoptera tabacicolor (var. p de Linné) (1); néanmoins sa phrase diagnostique ne laisse pas de doute qu’il n’ait eu tout d’abord en vue la première, et qu’il ne voie dans les autres que des variétés plus ou moins aberrantes: ce Elytris rubescentibus lividisve, sutura apiceque nigris, thorace postice mucronato. »
(1) C’est à tort, je crois, que le cat. Gennninger et Harold rapporte cette var. P à notre fulva. — Les termes dont se sert Linné « præcedente minor » me semblent tout à fait contraires à cette interprétation.
Je sais que le Systema naturæ, éd. de 1758, semble beaucoup moins clair. Linné dit simplement ceci : « nigra, elytris rubescentibus lividisve, apice nigris», ce qui peut bien s’appliquer au çf de notre mclanura moderne, mais qui pourrait bien signifier notre fulva ou notre maeulicornis , si j’en juge par les citations d’auteurs antérieurs qu’il relate à la suite de sa diagnose, comme celle-ci notamment, de Rajas, « Cerambyx niger, elytris fïavis, extremitatibus nigris, » et celle-ci « Lcptura tliorace nigro, elytris obsolète sordideque lïavescentibus. »
En face de cette incertitude, je crois qu’il serait néanmoins sage de ne pas attacher trop d’importance au vague des termes du Systema, et de considérer que la précision de la Fauna suecica suffit à leur donner une valeur qui sans cela leur manquerait peut-être.
Le type est donc bien, si l’on m’en croit, et comme je le disais en commençant, notre mclanura et le nom de Lcptura doit par conséquent rester au groupe qui la contient, c’est-à-dire à celui que Mulsant (nec Serv.) a nommé Strangalia, et Ganglbauer, après Le Conte et Thomson, Stcnura. Je dirai en passant que ce groupe me paraît absolument distinct génériquement du groupe des rubra , virons , fulva , etc., quoi qu’en pense le dernier auteur que je viens de nommer. La forme du corselet suffit amplement en effet à les séparer. Voici donc comment j’établirais leur état civil :
1° Genre Leptura L1758 ( Strangalia l Muls 1839), lequel se divise en deux sous-genres :
A) — Leptura in sp. (Stcnura Le G. 1850), (type : mclanura L).
B) — Strangalia Serv 1835, (type et unique espèce : attenuata L).
2° Genre Corymbia Goz 1886, (type rubra L).
Ce dernier nom est nouveau dans la nomenclature.
LXXXVII. — Le genre Lema F 1798 est exactement synonyme du genre Crioceris Geoffr 1762 ; il a le même type et doit lui être réuni. Ce n’est qu’en détournant ce nom de son acception primitive, chose toujours interdite, que Lacordaire a pu le donner au groupe qui le porte aujourd’hui et dont la melanopa L est le type. Je propose donc, pour le remplacer à ce dernier poste où il ne saurait être maintenu, l’appellation nouvelle de Ouléma Goz 1886, (Ou, non, Lema).
LXXXVIII. — Le premier entomologiste qui ait introduit dans notre nomenclature le nom de Melolontha est Geoffroy, en 1762 ; toutefois il l’appliquait, non pas aux insectes qui le portent aujourd’hui, mais à ceux que nous appelons Clgtra depuis Laicharting (1783). Ce choix de notre vieil auteur doit être maintenu, cela est de toute justice, et les Clgtra Laich reprendront leur appellation plus ancienne de Melolontha Geoffr. (type prima Scliæff).
Il en résulte que le genre Melolontha || F 1775, reste sans nom. Il pourra s’appeler Ludibrius Goz 1886, (type melolontha L — vulgaris F). Au reste le nom de Geoffroy n’existàt-il pas, que le Ludibrius vulgaris ne pourrait même alors se nommer Melolontha , le type des Melolontha de Fabricius étant vraiment le fullo , (Polgphglla) et non le vulgaris.
LXXXIX. — En étudiant les individus que je possède du Crgptocephalus bimaculatus F peu rare dans tout le midi de la France, j’ai pu me convaincre que cette espèce présente des différences assez considérables dans la ponctuation
de ses étuis pour qu’on y reconnaisse trois formes très tranchées, peut-être espèces distinctes. Je n’ose me prononcer irrévocablement là-dessus, n’ayant eu qu’une dizaine d’individus sous les yeux. En tout cas, voici les différences que j’y ai reconnues.
Je prends comme type de l’espèce les individus où les étuis sont marqués de rangées striales de points médiocres et médiocrement régulières, mais bien appréciables, un peu sulciformes en arrière, avec les interstries lisses. L’aspect général est légèrement brillant. En partant de cet état qui me semble l’état normal, on trouve une modification en plus et une en moins.
La première consiste en ceci, que les points deviennent plus gros, forts, bien enfoncés, égaux et assez serrés ; ils perdent toute tendance à l’ordre sérial et n’offrent plus trace de rangées, tout au plus peut-on distinguer quelques apparences de sillons sur la déclivité postérieure. Il résulte de cette densité de la ponctuation que les étuis sont presque mats. Je donne à cette forme le nom de C. agraphus Goz 1886.
Dans la seconde modification au contraire, les points deviennent extrêmement fins et superficiels, souvent même peu distincts ; ils sont très épars et forment tout au plus quelques lignes écartées peu appréciables; leurs intervalles sont très lisses, et il en résulte que les étuis ont un aspect brillant tout particulier, même vus à l’œil nu. — Cr. lissopterus Goz 1886.
La coloration de ces trois formes est du reste la même, sauf que le lissopterus m’a paru avoir les étuis d’un rouge plutôt brunâtre que testacé, et les deux autres tout au contraire d’un rouge testacé assez clair. La taille du lissopterus est aussi plus forte dans mes individus, mais peut-être n’est-ce là qu’un hasard.
M. de Marseul dans sa monographie ne dit pas mot de ces différences; il ne décrit que la forme typique. Je dois croire qu’il n’a vu qu’elle, car l’aspect des autres est si distinct qu’il n’eùt pu n’en pas faire mention si elles lui fussent venues sous les yeux.
XC. — Genre Entomoscelis : lege Steph 1839, au lieu de Chevl 1843.
XGI. — Genre Gonioctena : lege Steph 1839, au lieu de Redt 1849.
XCII. — Genre Plagiodera : lege Steph 1839, au lieu de Redt. 1849
XCIII. — Genre Phratora : lege Steph 1839, au lieu de Redt 1849.
XCIV. — Le type du genre Coccinella de Linné est l’insecte aujourd’hui connu sous le nom de Adalia bipunctata L. (Cf. Syst. nat. Ed. X p. 364 — Fn. Suec. p. 153). Il faut en effet éliminer la première espèce décrite, (C. unipunctata L, au jourd’hui Cercyon miipunctatumj, qui est manifestement hétéroclite dans le genre parfaitement homogène créé par Linné. Elle n’en réalise même pas les caractères. Ceux-ci, tels que les donne Linné, sont les suivants : « Antennæ clavà cordatà ; palpi semicordati. » Or on ne voit rien de pareil à beaucoup près dans le Cercyon en question, qui, s’il figure en tête du genre linnéen, n’y constitue cependant qu’une anomalie évidente, et n’a certainement pas été visé par le père de l’Entomologie moderne comme l’expression la plus parfaite du groupe où il est, au contraire, seul de sa physionomie et de sa manière. D’où la nécessité d’adopter plutôt l’espèce qui vient de suite après.
U en résulte que le nom de Coccinella suivant celle-ci, le nom de Adalia Muls en devra être considéré comme simple synonyme. Quant au groupe de la
èeptempunctata L et voisines, qui se trouve dépossédé, on pourra le nommer Theozoa Goz 1886, (Coccinella + Muls nec L).
XCV. — Le type des Scymaus Kugel 1794- est le pulchellus Herbst 1797 (quadrirnaculatus l Kugel 1794). Ils correspondent donc absolument aux Nephus Muls 1846.
Le sous-genre Scymnus * Muls in sp., nec Kugel, devra donc porter préférablement le nom de Anisoscymnas Crotcli 1874.
XCVI. — Je profite de l’occasion pour signaler les espèces suivantes, qu’il convient d’ajouter à la faune française où elles ne ligurent pas encore.
Apodistrus bracliypterus Kiesw 1863. —Pris par moi en nombre, à Cannes, en mai et juin 1885. La Q seule de ce curieux Malthinide aptère est connue jusqu’à ce jour. Le g? est peut-être ailé. Le Malthodes apterus Muls doit s’inscrire dans le même genre, récemment établi par M. Reitter, et sans doute aussi le M. meloïformis Linder.
Derelomus chcimxrropis F. — J’ai dit ailleurs (Rev. d’Ent. 1885, p. ‘254) quand et comment j’ai pris ce joli curculionide.
Acheniuni striatum Latr. — Son existence comme insecte français a été longtemps révoquée en doute, même par MM. Rev et Fauvel, les auteurs les plus compétents et les mieux informés de tout ce qui touche à nos Staphylins, mais elle doit être maintenant tenue pour assurée. J’ai eu le plaisir, en effet, d’en capturer un exemplaire à Cannes, fin mai 1885, au vol, dans des prés marécageux, mêlé avec le Scimbalium anale Nordm, auquel il ressemble singulièrement au premier coup d’œil.
Ptomaphagus longulus lvelln. — Un exemplaire d’Alsace, provenant de la collection Zuber-Hofer, et dont M. Ileitter a bien voulu me confirmer la détermination. Peut-être cet insecte est-il assez répandu dans notre région rhénane ou septentrionale, mais il est probablement confondu, par la plupart des collectionneurs, avec le tristis ou le chrysomeloides , dont il a assez bien, en effet, l’aspect général.
Bythinus (PycrogyneJ latebrosus Reitt. — Signalé seulement jusqu’ici des Alpes-Maritimes. J’y ai pris moi-même cette jolie espèce. J’en possède en outre deux exemplaires de l’Ailier, l’un récolté à Montluçon, l’autre à la forêt des Collettes, près de Bellenaves. Ces deux derniers forment toutefois une variété où le 3 e article des antennes est moins sensiblement renflé que dans le type, mais M. Ileitter qui les a vus et nommés ne pense pas qu’ils puissent s’en différencier.
Bythimis Ælistœ Reitt. — Décrit seulement de Corse. En réalité se trouve aussi en France. J’en ai pris un individu à Cannes, et M. Ileitter a bien voulu me le nommer, ainsi que le suivant.
Bythinus validas A. —Un exemplaire de Pionsat (Puy-de-Dôme). Je ne crois pas que cette espèce fût signalée de France.
Au reste, il est probable que le genre Bythinus , d’une étude si difficile, nous ménage encore bien d’autres surprises, et donnera, lorsqu’il sera mieux étudié, plusieurs espèces nouvelles à notre faune.
Euplectus brunneus Grimm. — Pris à Mornant (Rhône) par M. Bertholey, qui a bien voulu m’en donner un exemplaire. Cette belle espèce, la plus grande de nos Euplectus , a presque la taille et la forme de VAmauronyx Alærkeïi, dont elle diffère au reste surabondamment par ses caractères génériques, les proportions des arceaux de l’abdomen, l’absence de rebord latéral aux étuis, etc.
Meligethes parallelus Reitt. — Plusieurs exemplaires pris à Cannes, et nommés par M. Reitter. Indiqué seulement d’Autriche et d’Italie jusqu’à ce jour.
Tout ce qui précède était imprimé déjà, lorsqu'une lettre de M. Fauvel m’apporte le renseignement suivant: mon Achenium Striatum, ne serait pas encore cette espèce, mais bien le Acheniura basale Er, variété à pattes et sommet de l'abdomen clairs. J’accepte sans hésitation cette rectification synonymique, à laquelle la compétence de M. Fauvel donne toutes garanties. Le Striatum ne sera décidément pas français, mais le basale, qui n’était encore signalé que d’Italie, de Corse et de Sardaigne, le deviendrait de toutes façons nous y gagnons une espèce.
Montluçon. — Tvp. et lith. Herbin.