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XXI. Dans la supposition de Descartes, que le mouvement

ne se perd point, on a prouvé ci-devant que, si deux corps infiniment durs, mus par des mouvements contraires, se choquent, le plus fort ne reçoit aucune force ou aucun effet du choc du phis faible, parce'que le plus fort ne peut recevoir du mouvement du plus faible, sans avoir en même temps deux mouvements contraires, ce qui n'est pas possible, et la force des corps, ou l'effet de leur choc ne peut être que du mouvement, ou du transport actuel. Mais il n'en est pas de même des corps à ressort quelque durs qu'on les suppose, dont la raison est que ces sortes de corps ne communiquent leur mouvement que successivement. Ainsi, quoique le plus faible ne puisse vaincre le plus fort, il peut vaincre une certaine quantité de petites parties qu'il choque dans le plus fort, lesquelles ne sont point suffisamment soutenues par celles qui sont éloignées de l'endroit où se faille choc, parce que ce corps n'est point dur par lui-même, mais par la matière subtile qui prête, pour ainsi dire, et qui cède toujours à l'effort du choc.

XXII. Pour expliquer ceci, et faire mieux comprendre ce que je viens de dire des corps qui font ressort, soient les deux corps m 2 et m, c'est-à-dire deux corps égaux, mais dont la vitesse de l'un soit double de la vitesse de l'autre, et qui se meuvent par des mouvements contraires; si ces corps sontin- Vuiiment durs, et qu'ils agissent immédiatement, et en un instant /'un sur l'autre, m 2 deviendra mo après le choc, et m deviendra m 3, parce que le plus faible m ne peut vaincre le plus fort m 2, et que son propre effort retombe sur lui avec l'effort de m 2, dans la supposition que le mouvement ne se perde point. Mais si l'on considère que ces deux corps sont composes d'une infinité de petites parties ou de petits corps, comme 1. 2. 3. 4. etc., a. b. c. d. etc., qui sont en repos les uns auprès des autres, et de ia matière subtile qui est entre eux, et qui les soutient et les comprime, on verra bien : premièrement, que les deux parties a et b ont autant de force que la partie 1, quoique de vitesse double. Secondement, que les trois a. b. c. la doivent T. n. 12

vaincre, et l'obliger à i-eculer jusqu'à ce que la partie 2. la soutienne. Troisièmement, que les parties 1. 2. doivent faire reculer a. b. c. et qu'ainsi les petits corps sont repoussés en arrière dans m 2, aussi bien que dans m, par cette raison encore un coup que m 2 n'agit point en un instant, et selon toute sa force sur w, à cause que la matière subtile qui est entre les petits corps a. b. c. i. 2. 3. cède jusqu'à un certain point, on l'effort du choc est en équilibre avec la résistance de la matière subtile, équilibre qui ne peut durer qu'un instant.

XXIIl. Or après cet équilibre, la matière subtile trop comprimée, c'est-à-dire trop contrainte dans son mouvement circulaire dans les pores des corps, que le choc avait changé les rétabhssant dans la même figure (si le ressort est parfait), repousse ^ également de part et d'autre les corps qui s'étaient choqués. Je dis également, parce que supposant ces corps de même nature, le plus fort n'a pu comprimer la matière subtile dans les pores du plus faible, que parce que le plus faible lui résistait par un mouvement contraire, et qu'il ne pouvait lui résister qu'il ne fit, dans une partie du plus fort égale à sa masse propre, la compression qu'il souffrait lui-même ; ou une compression d'autant plus grande que la partie de la masse comprimée était plus petite, car il ne peut y avoir équilibre sans égalité de forces contraires. Mais quoique les corps choqués soient repoussés également par la matière subtile, ils ne doivent pas rejaillir avec une égale vitesse, si ce n'est qu'étant égaux, ils se fussent choqués avec des vitesses égales; il est clair qu'ils doivent rejaiUir avec des vitesses qui soient en raison réciproque de leurs masses. Venons maintenant aux lois des mouvements fondées sur l'expérience.

' La preuve de ceci en esl dans le tG<= éclaircissement oii je prouve que la force centiifuse des; petits tourbillons de l'étlur e^t la cause de la dureté, ressort, pesanteur, etc., des corps. (Note de Mak'branche.)

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