CONCLUSION
On peut conclure des expériences et des observations précédentes que l’albuniine est reconnue d’une manière certaine et infaillible seulement par la chaleur et l’acide azotique combinés ; que tous les autres réactifs peuvent corroborer les premiers mais sont incapables, à cause des nombreux précipités trompeurs qu’ils forment, de rendre affirmative la présence de l’albumine dans une humeur.
Quant au dosage, les moyens qui ont servi à reconnaître ce corps doivent sans crainte être utilisés à le doser.
Nous répétons qu’on a eu tort d’accuser l’acide azotique de dissoudre l’albumine. A-t-on jamais analysé avec soin les cas où les précipités albumineux se sont dissous dans cet acide ; s’est-on assuré que ces précipités étaient bien composés d’albumine que ce n’était pas tout bonnement des substances minérales que l’acide a transformées en sels solubles.
Avant d’avancer un fait on doit l’étudier, Panalyser; or, dans aucun livre on ne trouve cité des
expérinces prouvant que ces précipités ainsi redissous étaient formés d’albumine. Nous sommes dans l’erreur, car il est dit quelque part dans un mémoire de Scheele : Les acides coagulent tous l’albumine ; mais plusieurs d’entre eux ont la propriété de la redissoudre à l’aide de la chaleur. Du moins c’est l’effet que dans ce cas produit l’acide sulfurique. La dissolution est de couleur verte, et elle ne noircit pas promptement, lors môme qu’on la fait bouillir. 11 en est ainsi de l’acide nitrique et probablement de l’acide hydrochlorique. L’acide nitrique dégage d’abord du gaz azote alors l’albumine se dissout par degrés, il se dégage du dontôxide d’azote, il y a forrhation d’acide oxalique, d’acide malique et d’unematière huileuse épaisse qui se manifeste à la surface.
Ce n’est point là une dissolution de l’albumine, mais bien une destruction de ce corps. Les conditions dans lesquelles se mettait Scheele ne sont pas les conditions demandées pour la rechérche et le dosage de l’albumine.
Quelle est la substance organique qui, portée à une température de plus de cent degrés, en présence d’acides concentrés et aussi énergiques que les acides azotique et sulfurique pourrait résister à la décomposition.
Mais que l’albumine en dissolution dans l’eau soit portée à une température inférieure ou même égale à 100®, que l’action de l’acide azotique soit affaiblie par l’addition d’un peu d’eau distillée directement
ou indirectement, et nous affirmons que l’albumine ne sera ni détruite, ni dissoute par ce réactif.
Nos expériences quantitatives sont là pour appuyer ce que nous avançons.
Et nous finissons en disant que, de même que certains composés minéraux ont un réactif, qui les distingue des autres substances, l’acide sulfurique, l’eau de baryte, l’acide chlorhydrique, l’azotate d’argent, de même l’albumine a un réactif qui la caractérise, l’acide azotique.
Permis d'imprimer,
LeVice-Recteur de VAcadémie de Paris,
A. MOURIER.
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