MÉTHODE DES VOLUMES
On a essayé d’appliquer la méthode des volumes au dosage de l’albumine. Malheureusement toutes" les tentatives que l’on a faites n’ont pas encore donné des résultats satisfaisants, il serait à souhai-' ter que cette méthode qui, datis d’aütres circonstances rend dè si grands services, qui, prompte bt facile peut être à la portée de tout le monde, même des personnes étrangères aux manipulations chimiques, fût rendue applicable au dosage de l’albumine. Il faut espérer que la nature et les combinaisons de ce'éorps étant de jour en jour mieux connues, oh parviendra à trouver des liquides
titrés pour des dosages faciles et d’une approximation suffisante.
Nous ne critiquerons point le procédé trop simple conseillé, au clinicien, qui consiste à doser d’une manière très-relative l’albumine, en comparant la hauteur du coagulum dans des tubes de même capacité.
Cette méthode consiste à précipiter, par l’acide azotique, à laisser reposer le liquide pendant un temps suffisant pour que le précipité se réunisse et se condense au fond du tube, et à comparer la hauteur du coagulum à la hauteur de la couche du liquide. En répétant cette expérience chez le même malade tous les matins, on peut saisir les grandes variations dans la proportion d’albumine éliminée; mais les changements peu prononcés échappent complètement à l’appréciation.
De cette manière on ne connaît que la quantité relative d’albumine perdue, la quantité absolue restq inconnue. Bien plus le tassement du coagulum peut, pour une même quantité d’albumine, varier dans des liquides ayant une composition c t une densité différentes.
Bodeker a proposé pour le dosoge de l’albumine une liqueur titrée . Cette méthode repose sur la pro^' priété que possède le cyanoferrure de potassium de précipiter complètement l’albumine de sa solution acétique. L’exécution d’une analyse par ce procédé demande d’abord plus de temps que la méthode des pesées, car il faut en moyenne cinq ou six essais
pour trouver par tâtonnement la quantité de cyanoferrure nécessaire pour précipiter toute l’albumine; ensuite il ne donne des résultats exacts que si la liqufeur contient 1 gramme 5 ou 2 grammes pour ÎOO d’albumine. D’après Bodeker 1 équivalent d’albumine exige pour se précipiter 1 gramme de cyanoferrure de potassium.
Pour préparer la solution titrée on dissout dans de l’eau distillée 1,309 grammes de prussiate jaune dé potasse, chimiquement pur, desséché à l’air et non effleuri, on étend la solution d’eau de manière à faire un litre de iiquéür.
Chaque centimètre cube de cette dissolution précipite 0,01 gramme d’albumine en solution acétique.
Voici comment l’auteur du procédé indique d’exécuter l’analyse : On mélange avec son volume d’acide acétique l’urine en question préalablement filtrée et l’on remplit une burette avec ce mélange. On fait ensuite six filtres avec du papier à filtrer de très-bonne qualité et choisi avec soin ; on les place sur des entonnoirs, on les humefcte d’abord avec de l’acide acétique, puis on les arrose deux ou trois fois avec de l’eau bouillante, alors la filtration ultérieure se fait plus promptement et plus complètement.
Maintenant on mélange 5 c.c. de la solution d’albumine avec 5 c.c. dé la solution de prussiate de potasse, et après avoir agité avec soin et longtemps on verse le liquide sur le premier filtre. Si le ferro-
îyanure de potassium est en excès le mélange passe, parfaitement clair à travers le filtre; il est jaune, pâle et le liquide filtré n’est pas précipité par le fer-, rocyanure de potassium, mais il se trouble et donne naissance à des flocons lorsqu’on y verse de la solution d’albumine. S’il y a un excès d’albuminei le mélange passe un peu trouble à travers le filtre,^ ou bien il filtre trop lentement et alors on remarque souvent que le liquide filtré est troublé ou précipité non seulement par le prussiate de potasse mais encore par la solution acide d’albumine. ,
Suivant le résultat obtenu avec le premier échan-/ tillon on en prépare un second dans lequel on ajoute une quantité double soit de la solution d’albumine, soit de la solution de prussiate de potasse, On continue ainsi jusqu’à ce que l’on trouve que la solution, qui jusqu’à présent .était en trop petite, quantité, soit maintenant en epcçès; en faisait upq deuxième expérience avec une quantité moyepnq,' on se rapproche de plus en plus des limites d’unpi exactitude suffisante.
On aura rarement à faire plus d.e cjnq ou six essais et môme si on désiye; connaître la ricl^ess,o, approximative du liquide en albumine, troj^s essaja sont, suffisants. , , ^
Supposons que l’on ait trouvé que pour précipiter complètement l’albumine contenue dans b,o, c. d’urine, il a fallu 9 c. cubes (le la solution de ferron cyanure de potassium, ces 5 c. cubes contiendront 0,09 grammes d’albumine; et par des Calculs on
arrivera à savoir la quantité d’albumine éliminée par le nialade .
Cette méthode ne donne d’abord que des résulr tats approximatifs' eti ensuite elle sé trouve plus compliquée et plus longue que la méthode des pesées.
Aussi peut-on dire qu’une véritable méthode des volumes .estepicore A trouver^ que toutes les tentatives faites jusqu’ici ont été infructueuses. ,
, ,11, nous reste pour terminer à parler 4e l’albuminimétrie, ; .
MÉTHODE- POLÀEIMÉTRIQUÏ: ' - '
C’est M-Biot qui découvrit qu’un pertqin nombrp (je.liquides simples ou çompqsés possèdent des propriétés analogues à‘celles du quartz, que ces liquides peuvent faire tourner le plan de poîarisàtion dés riayons lumineux d’une quantité proportionnelle à l’épaisseur de la substance liquide active, ou mieux proportionnelle à la quantité même delà substance agissante sous une épaisseur déterminée.
. L’illustpe physicien se contenta d’indiquer que tpptes lés solutions d’albumine déviaient à gauche le plan de polarisation des rayons lumineux, Ce fut M. Boùchardat qui, dans un mémoire remarquable, détermina le pouvoir moléculaire rotatoire propre à l’albumine. En appliquant la formule de M. Biot
X = M. Bouchardat obtint les résultats suivants dans l’examen de trois blancs d’œufs : 27'’46’, 27“45’, 28‘’12’; pour le sérum du sang il obtint 27" 42’.
Dans la formule de M. Biot.
05 = le pouvoir moléculaire rotatoire; a = la déviation observée ; e = la quantité correspondante d’albumine isolée à l’état solide pure et sèche ; l — la longueur du tube. 20 centimètres ordinairement ;
d — la densité du liquide.
Il était réservé à M. Becquerel de faire l’application de toutes ces données au dosage de Talbumine. Il fit construire un appareil simple et suffisant analogue au saccharimètre de M. Soleil et qu’il nomma à cause de son usage albuminimètre.
Nous nous dispensons de décrire la forme et le maniement de cet appareil que tout le monde connaît.
Il faut avoir soin de filtrer et même de décolorer le liquide albumineux avant de le soumettre à l’observation. Le sérum du sang est le liquidé qui offre les difficultés les plus grandes ; si on le met direqtement dans l’appareil dé polarisation il ne permet à aucun rayon lumineux de traverser sa base. 11 tient en suspension des globules de sang qui trou-
blent sa transparence, globules que le filtre ne peut retenir. On ne peut s’en débarrasser qu’en, laissant le sérum se reposer vingt-quatre heures>. pour que les globules aient le temps de se précipiter au fond du vase. Un procédé bien simple rend immédiatement au liquide sa transparence; il consiste à traiter le sérum par une petite quantité de sulfate de. soude 1 gramme environ par 100 grammes et de filtrer immédiatement.
On remplit du liquide ainsi clarifié un tube de 20f centimètres de long, on le place dans l’appareil et en tournant le compensateur, on fait en sorte que les deux moitiés de la double plaque aient une> coloration exactement semblable. Le 0 du vernier se trouve sur le côté gauche du 0 de l’échelle, le contraire aurait lieu pour des solutions de glucose. Chaque division correspond à 1 gramme d’albumine pour 100 si l’on s’est servi du polarimètre de M. Soleil et Ventzke et à 0,180 pour 100 si l’on a fait usage de l’albuminimètre de M. Becquerel.
Il est préférable, toutes les fois que l’on fait l’acquisition d’un de ces appareils, de titrer soi-même les divisions; par ce moyen on est certain de ne pas être trompé toujours innocemment par les fabricants.
On voit que le procédé polarimétrique est peu applicable à l’analyse des urines, car ce liquide contient rarement 10 grammes d’albumine par litre ; dose nécessaire pour faire tourner d’un degré 4 plan de polarisation de l’instrument de M. Soleil.
Ce procédé n’est donc applicable qu’au sérum ou aiix solutions albumineuses concentrées. Mais quelle habitude ne faut-il pas avoir de cet instrument pour arriver à la teinte uniforme; et chaque erreur peut dans un cas vous donner une erreur de 10 grammes en plus ou en moins pour 1,000 gr. et dans l’autre 1 gr. 80
De plus, nous croyons avoir aperçu une différence entre le pouvoir moléculaire rotatoire de l’albumine du sérum et celui de l’albumine de l’œuf : cette différence serait égale à celle qui existe entre 15 et 18. Nous n’affirmons point enéore le fait que nous avançons car nos expériences ne sont' pas assez nombreuses sur ce sujet.
Or, si ce fait était vrai, il faudrait avoir un titre différent pour chaque solution.