‹ Recherche et dosage de la lithine: Dans les eaux minérales de VichyChapitre 4 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il suftit de remonter à 1818, époque à laquelle parut la première analyse des Eaux de Vichy après la découverte de la lithine (1817), et de suivre les quelques travaux chimiques publiés depuis, sur ce sujet, pour se rendre un compte exact de l’état de la science hydrologique sur pareille matière à l’époque où nous éecrivons notre thèse. Du reste les travaux qui ont précédé les analyses de M. Moissier (1818), datent tous du siècle dernier et sont plutôt des œuvres de thérapeutique et de médecine que de chimie. Nous citerons Claude Mareschal (1636) et Claude Fouet (1686) qui ne parlent nullement de la composition des eaux ; Geoffroy (1702), Burlet (1707), de Lasonne (1753), Raulin (1777) et Desbrest (1778), qui donnent les premiers , dans leurs explications dés effets curatifs du traitement des maladies par les Eaux de Vichv, des documents incomplets quelquefois, souvent inintelligibles sur l'examen chimique de ces eaux. Ainsi pour ces médecins elles renferment de la ferre calcaire, de la

terre absorbante, du sel alkali minéral, du sel marin, de

l'esprit sulfureux volatil, du phlogistique, du fluide élastique, une matière martiale, etc.

Moissier (1818), Berthier et Puvis (1820), Longchamp (1825), ne font pas mention de la lithine dans leurs analyses des eaux de Vichy.

Boulay et Ossian Henry en 1838, n'ont pas rencontré davantage ce corps dans l’eau de la source de Chateldon.

Ossian Henry (1) signale le premier la lithine dans ces eaux et confirme son résultat par les nombreuses études qu'il fit dans la suite sur ces sources minérales.

J. Lefort (2?) y a trouvé des indices de bi-carbonate de lithine.

Bouquet, dans son beau travail sur les eaux de Vichy (1855), nie les résultats obtenus par O. Henry et J. Lefort, et conclut de ses analyses que l’eau de l’enclos des Célesins, par exemple, ne contient ni alumine, n1 lithine, ni iode.

M. le professeur Bouis, en 1875, fit l'analyse dans le laboratoire de l’Académie de Médecine d'une nouvelle source découverte à Vichy et désignée sous le nom de Source Prunelle. Cette analyse identique, du reste, avec celle exécutée à l'Ecole des Mines, en octobre 1874, ne dit pas s'il existe, dans l’eau examinée, de l’oxyde de lithium.

Enfin, notre savant maître, le professeur Riche, chargé

(1) Observations sur la composition chimique de l’eau de plusieurs sources de Vichy (Journal de pharmacie et de chimie, 3°* série, tome XIII, page 5, 1848.)

(2) Analyse de l’eau minérale de l’enclos des Célestins.

DANS LES EAUX MINÉRALES DE VICHY ë

par le ministre de l’agriculture et du commerce d'établir la composition de l’eau minérale d'Hauterive, signala, dans cette eau, sans la doser, la présence de la lithine. Il est donc évident que, suivant le choix que font les auteurs qui citent la composition des Eaux de Vichy, ils admettent ou nient la présence de cet alcali dans ces eaux. Ainsi Schützenberger, Garrod et d’autres les rangent parmi les eaux lithinées ; au contraire Petit et Durand- Fardel ne citent dans leurs ouvrages que les analyses de Bouquet.

C'est en nous aidant des travaux que nous venons de citer, et pour éclaircir cette question de controverse scientifique, que nous avons entrepris la recherche et le dosage de la hithine dans les eaux minérales de Vichy.

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