‹ Recherche et dosage de la lithine: Dans les eaux minérales de VichyChapitre 7 sur 12 · LITHIUM · texte numérisé non relu

LITHIUM

Nous avons dit précédemment que Kirchoff avait le premier caractérisé le lithium par deux raies. La première (:) d'un beau rouge vif se trouve entre les raies B et C du spectre solaire ; la seconde (8), moins apparente, est rouge orangé et se trouveentre les raies G et D. La flamme d’un bruleur de Bunsen ne donne que ces deux raies ; mais si l’on se sert d’une flamme bien plus chaude, celle de l'hydrogène, par exemple, et que l'on y introduise du chlorure de lithium, on obtiendra en outre une raie bleu mat, bien plus visible si l’on fait usage du mélange détonant. Cette ligne se trouve à peu près dans les environs des deux lignes bleues du césium (Tyndall, Frankland).

Dans nos expériences nous nous servions seulement du bec de Bunsen, c'est assez dire que nous n'avons jamais obtenu cette raie bleue. Nous transformions d'abord le résidu sec de l'évaporation d’un litre d’eau des différentes sources de Vichy, en chlorure au moyen de l'acide chlorhydrique, puis nous soumettions directement ces chlorures à l'action de la flamme chaude du brûleur : nous placions la raie D du sodium à la division 50 du micromètre (fig, cicontre), nous obtenions ainsi la première raie rouge (+) à la 32% division, et la seconde (8) entre la 45% et la 46° division.

Nous empruntons à l'ouvrage de M. Lecoq de Boisbaudran (Spectres lumineux destinés aux recherches de chimie minérale}, les longueurs d'onde des raies de la

lithine :

Dans le gaz : 670,6.

Avec l’étincelle et le chlorure :

610,2 } 670,6 En deuxième ligne 460,4

En première ligne

La sensibilité du spectroscope pour la recherche du lithium est extrême : 0 millig. 0000003 de ce corps à l’état de chlorure sont facilement décelés par l'analyse spectrale ; c'est assez dire que pas un atôme de lithine ne peut passer inapperçu au chimiste, lorsqu'il emploi ce procédé d'analyse.

Avant l'application de cette méthode analytique , on croyait que la lithine était un corps fort peu répandu: depuis Kirchoff, on l’a rencontrée un peu partout, dans une foule d'eaux minérales, dans les cendres de beaucoup de végétaux, dans les eaux mères des sources salées de Durkheim, de Kissingen, de Kreuznach, d'Ungemach, de Kochbrunnen, de Soden, de Wiesbaden, dans l’eau de Hall en Autriche, et dans les sources d'Ebensee.

M. Leydié, pharmacien en chef de l’hôpital Necker, nous a affirmé avoir même trouvé cet alcali dans une terre arable qu’il soumettaït à l'analyse.

Toutes les eaux des nombreuses sources du bassin de Vichy nous ont donné au spectroscope, les raies caractéristiques de la présence du lithium. Ce résultat donne raison à l'hypothèse d'O. Henry, qui prétend que toutes les eaux minérales issues des terrains granitiques, comme ceux qui avoisinent l'Allier, renferment au moins des traces de lithium. Et de même que l’on est certain de retrouver dans toutes ces sources le bicarbonate de soude, principe des eaux alcalines, de même l’on y rencontrera toujours aussi l'oxyde de lithium, ce qui pourrait permettre de modifier le nom de ce groupe d'eaux minérales et d’en former une nouvelle classe, celle des eaux alcalino-lithinées.

Il est vrai que la lithine existe toujours dans les eaux

minérales en fort petite quantité ; elle oscille dans les plus chargées entre 0 g. 1 et 0 g. 2 de chlorure. La suite nous montrera que les eaux de Vichy en contienne des proportions relativement bien plus faible, mais il est bon de rappeler aussi que ces eaux sont avant tout alcalines et que dans leur action, la lithine est appelée à jouer un rôle bien secondaire.

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