CONCLUSIONS
Après cette excursion rapide dans le champ de l’analyse végétale, le lecteur conclura facilement avec nous que le traitement direct d’une plante par la chaux offre des avantages remarquables, pour mettre en lumière un principe neutre ou basique.
Ce procédé, que nous voulons introduire dans l’analyse immédiate végétale, recevra, si l’on veut, le nom de procédé élhéro-calcaire. 11 devra, entre les mains de l’analyse, marcher de front avec le procédé de Stass, appelé mainte fois à détrôner ce dernier, dont les avantages ne pourront être contestés, sinon comme méthode de préparation en grand des alcaloïdes, du moins comme moyen de recherches dans certaines circonstances.
Une matière végétale nouvelle étant donnée, voici la marche à suivre que nous conseillons pour trouver un alcaloïde :
100 grammes de matière en poudre sont divisés en trois parts. Soit 30 grammes environ que l’on traitera complètement par la méthode de Stass, s’aidant finalement du microscope et des réactions sous le microscope pour apprécier le caractère cristallin du produit et sa nature basique. Les 60 grammes environ de poudre végétale qui restent seront traités par la chaux humide, puis divisés en deux parts
pour la dessiccation. L’une sera séchée à la température ordinaire, l’autre au bain-marie.
On traitera la poudre végéto-calcaire par l’éther à 65°. La solution éthérée sera additionnée de quelques gouttes d’une solution éthérée d’acide oxalique (méthode Glénard). Un louche donnera l’éveil. L’absence de louche n’empêchera pas de soumettre à l’évaporation spontanée le liquide éthéré. Si l’éther ne laisse pas de résidu cristallisé en se dissolvant dans les acides, on pourra, pour achever l’examen, reprendre la poudre végéto-calcaire par l’alcool bouillant, marquant 95° au pèse-alcool. Si ce dernier, évaporé, laisse un résidu sans caractère alcalin, on peut rejeter toute idée affirmative sur la présence d’un alcaloïde dans la plante.
Quant au principe neutre, sa nature peut être tellement variable que la chaux sera parfois inutile pour le déceler ou quelquefois nuisible à son isolement. Mais ces cas sont exceptionnels et rares. Traitant la poudre végétale par la chaux à basse température, on en retire toute l’utilité sans avoir à craindre les inconvénients possibles. Les huiles volatiles elles-mêmes seront mises en évidence par le procédé éthérocalcaire exécuté ainsi à froid.
Il est naturel de songer à une application du procédé éihèro-calcaire dans f analyse-rapide des teintures pharmaceutiques, des extraits et des poudres qui doivent leur activité à des alcaloïdes. Nous nous proposons de tenter quelques recherches dans cette voie. La pratique pharmaceutique journalière, aussi bien que l’expérimentation médico-légale, peut en recueillir des fruits appréciables.
La recherche des alcaloïdes au sein des tissus animaux peut-elle y trouver un avantage ? L’expérience le démontrera. Un premier essai que nous avons pratiqué sur un lapin strychnisé a paru servir notre manière de voir.
Un prochain mémoire relatera nos conclusions sur ces divers cas particuliers. -
Bon à imprimer :
Le Directeur, CHATIN.