‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 1 sur 141 · A, LOUIS · texte numérisé non relu

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“ON sera peut-être surpris de voir paraître de nouvelles recherches sur la Phthisie, à la suite des travaux encore si récens de Bayle et de M. Laennec. Ces médecins ont en effet décrit avec tant d’exactitude les principaux symptômes de la maladie et la lésion qui la caractérise, qu'ils semblent n'avoir rien laissé à faire à leurs successeurs , et qu'il sérait au moïns inutile de remanier un sujet si habilement. traité FPS il fallait ne l’envisager que sous les mêmes rapports; € aussi avons- nous eu un autre but.

Peu après nous être livré d’t ‘une manière suivie à l'observation , nous avons reconnu que dans le cours de la phthisie, comme dans célui des autres maladies chroniques, et plus encore, la plupart des fonctions offrent des dérangemens remarquables ; que les organes qui

vii] PARU AV ERTISSEMENT.

en sont chargés sont plus ou moins profondé-

ment altérés; que, sous ce double point de vue, l’ histoire de la Phthisie était fort incom-

plète, ou presque "tatilehent/à faire, et

bientôt nous nous sommes proposé de remplir cette lacune. Plusieurs faits nous ont indiqué de bonne heure que la marche de la maladie pouvait encore être éclairée par des observations nouvelles, et ça été un motif de plus de

nous livrer au travail dont. nous REÉSEMDAS |

aujourd’ hui. le résultat. | ja

Afin de le rendre utile, nous avons DOS les phthisiques avec le même soin que nous mettrions à observer des malades atteints d’une affection encore peu connue; nous ayons interrogé toutes les fonctions ; nous sommes remonté , autant que cela nous a. été possible, aux : dérangemens AREQUYÉS par... chacune elles, antérieurement à l’époque à laquelle nous examinions les malades, et après leur

mort, nous avons étudié tous leurs viscères

avec une égale attention. Cette méthode était longue, mais facile et sûre : elle devait con-

Aire: à des résultats exacts , et cette certitude

nous à rendu légère. la fatigue qui. fui est at-

tachée. | | Pénétré de l Ducs des faits négatifs,

nous rappelant l'embarras et les regrets de

x AVERTISSEMENT. | HET TE Morgagni, quand, examinant les observations de Walsalva, il n’y trouvait pas indiqués certains faits de ce genre , nous les avons recueillis avec-autant de soin que les faits positifs les plus-intéressans ; nous avons même noté indistinctement"tout ce que les malades: nous Jréviiatent sur laltération de ‘leur santé à. une époque quelconque de leur existence , pourvu , toutefois, que les circonstances du

récit indiquassent son exactitude ; laissant à une autre époque et à l’autopsie cadavérique le soin d'indiquer les faits à conserver ou à supprimer.

- [l'est facile de se faire une idée juste de Visiportance des faits négatifs, si l’on réfléchit qu'assez souvent des organes , dont la structure est profoudément altérée, ne donnent lieu à aucun symptôme appréciable, et que, si cette absence de symptômes n'a pas été notée d’une manière expresse, on ne sait plus à quoi s’en tenir après la mort des malades. De là aussi la nécessité d'interroger

toutes les fonctions ; celles dont l'exercice est plusiou moins troublé, et celles dont les or- ganesne donnent aucun signe de souffrance :

une autre méthode peut bien suffire pour ‘vérifier « ce que les observateurs ont dit, mais elle ne saurait conduire plus loin.

x pes CORRE | | Pour éviter toute espèce. de dé sur la

sélèur de nos notes, nous y avons toujours

indiqué le degré de développement des fa- cultés intellectuelles des malades ; bien décidé, quand il s'agirait de faits antérieurs à l'époque à laquelle ils étaientiSôus nos yeux ; à ne faire usage que des observations relatives à ceux chez lesquels ces facultés, et surtout la mémoire , avaient un certain degne de de; veloppement. à De Hit il Nous avons apporté Heénebi desoin dans | la manière d’ interroger les sujets, car il y a tellequestion qui dicte presque infailliblement la réponse. Ainsi, quand , par exemple ; nous voulions savoir si un malade éprauvait dela douleur ou du mal-aise dans un des côtés de la poitrine , nous lui parlions d’abord du côté où nous supposions que la douleur n existait pas; Si, alors , il indiquait le côté opposé comme siège de ses souffrances , nous regardions le fait comme certain, ét nous en prenions note. Quand il s'agissait de dates un peu anciennes et importantes à connaître; nous y revenions à plusieurs reprises, demandant chàque fois aux malades, non s'ils éprouwaient tel symptôme depuis telle époque ; mais depuis quand ils éprouvaient ce di À

AVERTISSEMENT. x} tôme, On sent, en effet, qu à la première question ; un malade, ennuyé ou fatigué, peut répondre. indifféremment oui où non, tandis qu'à la seconde il est obligé de réfléchir , et ne peut pas si aisément induire en erreur r par

: une réponse faite au hasard.

Après la mort nous avons décrit , avec toute l'exactitude dont nous sommes capable , la situation, la forme, la couleur, la consis-

tance, l'épaisseur des organes, en un mot,

toutes les altérations de tissu qu’ils pouvaient offrir ; et pour cela, nous n’avons jamais procédé à l’examen des viscères, le cerveau ; excepté » ‘en place. Dans cette situation en. effet, le jour éclairé mal les objets qu’on examine ; s’il s’agit d'organes membraneux, minces, eomposés de plusieurs tissus , comme l’estomac sou l'intestin , on ne peut apprécier leur épaisseur et leur consistance , il est difficile de les explorer dans toute leur étendue ; beaucoup d'objets, entre autres les ulcérations peu considérables , échappent presque inévitablement. Dans ces cas il faut, pour:

les bien voir, non-seulement enlever les or-" games, maïs encore les priver, par de nom- Pau lavages, des matières qui les recou-" vrent, quelquefois même les faire dégorger

xi) © AVERTISSEMENT.

ensuite dans l’eau une heure ou deux, ce que nous avons presque constamment fait.

L'histoire. du ramollissement du cerveau suflit pour montrer de quelle importance. est l'examen des divers degrés de mollesse ou de fermeté des organes. On sait, en effet ,.que le-cerveau peut être ramolli et presque liquéfié dans une certaine étendue, sans changer très-sensiblement de couleur , en sorte que ; ; se borner , dans l'examen de ce viscère, à cette seule circonstance , serait véritablement n’avoir rien fait. Il faut en dire autant des membranes muqueuses qu’on‘trouve. quelquefois molles comme du mucus, sans que la blancheur qui leur est naturelle soit altérée. C’est en nous appliquant ces principes que nous ayons cru devoir renoncer , sous certains rapports, aux observations que nous avons recueillies à la fin de 1821 et au commencement de 1822. Alors, en effet, nous négligions fréquemment de noter les, divers degrés de consistance des membranes muqueuses, nous n'avions pas encore fixé notre attention sur quelques-uns des états pathologiques de l'estomac , et en faisant usage de pareils faits, nous serions inévitablement tombé , dans l'erreur, nous aurions énoncé des résultats

AVERTISSEMENT: xiiy inexacts : enfin , toutes les fois que, sous le point de vue qui nous occupait, une obser-

vation nous a semblé incomplète ou dépour-

vue du degré d’exactitude que nous croyons nécessaire, nous ÿ avons renoncé ; ce, qui explique comment nos relevés ne portent pas tous sur le même nombre de faits. :

L’épaississement des tissus est encore une des circonstances qu’il importele plus de re-

marquer, et c’est quelquefois la seule lésion appréciable des organes ; témoin l'hypertro-

phie du cœur dans certains cas, et l ÉDaAISSIS- |

sement de la tunique sous-muqueuse du gros

intestin, dont nous parlerons. Can defée: isOlément , la rougeur offre beaucoup . moins d'intérêt , bien que plusieurs médecins, et parmi eux des plus habiles, se bornent encore aujourd'hui, dans la description des organes membraneux , à indiquer leur coloration. La rougeur ; en effet » peut tenir à des causes

- variées, dépendre de l’inflammation, ou bien,

avoir pour cause une simple congestion, et ne dater que des derniers momens de la vie. On a la preuve de: cette dernière assértion dans

certains cas de mort subite , Chez dessujets qui ,

quelques minutes avant de mourir, présentaient tous les attributs de la santé, et chez les-

quels la membrane muqueuse gastro-intesti-

%iY | AVERTISSEMENT.

nalé, par exemple, était plus ot ioins srougé : : mais aûssi alors élle n’était ni épaissié, ni r&mollie , tandis qu'il y à ordinairement tou:

véur, épaississement et ramollissémtènt dans les cas où les symptômes de l’inflammation de éétte membrane ont été trésprononcés. | D'où il suit que la rogeur né signifie quelque chôse ; qu'autant qu’elle est accompagnée de quelque altération dans la consistance ét dans l'épaisseur des tissus, et que, dans Le cas où celles-ci wont souffert aücun changémént ,; il n’est re de soupéonter a cause de la rougeur qu’à Faïde des symptômes. Ajoütons , pout mieux faire r'éssortir l’iportance des lésions dont il s'agit, qu'après la mort là rotigeur "peut dispa- | raîtré, tandis que PE épaississement ét le rai mollissérnént des tissus né variént pas.

Les observations qui servent de basé à nos | rechérchés ont été prises x l'hôpital dé ta Chañité, à partis des trois derniers mois dé 189$. Dépuis vetté époque, nous aŸôhs récuëill l'histoire dé tous les malades adniis dans lé sérvice de M. Chomél, sérvicé cômposé dé quarante-huit lits également partagés entré lés hoinmes et fes femmes. Toutés l'ont été d’après les mémiés principes, aveé és mêmes détails, ét éomme if né nous sémbläie

| AVERTISSEMENT. Fo x pas possible de concilier l'exactitude de ce travail avec là pratique de la médecine, nous ayons , pour un temps du moins, renoncé à cêtte dernière. Dès-lors , nous ayons passé régulièrement de trois à quatré ct quelquefois cinq heures par jour à lhôpital, consacrant au moins deux heures à chaque autopsie cadavérique ; et quoique l’usage ait dû nous familiariser avec les recherches anatomiques ; nous n’y mettons pas moins de temps aujourd’hui qu’il y a deux ans, persuadé que, pour bien voir ; il ne faut pas voir rapidement ; que: le séul moyen de rectifier des erreurs inévitables , est de remettre sans cesse en question ce qu'on a vu, et par conséquent d'observer toujours les mêmes objets comme si on les voyait pour la première fois.

En comparant nôs dernières observations avec celles que nous avons recüeillicsautrefois, nous avons pu nous convaincre de l’avantage qu'il y aurait à n’observer, du moins and ils’agit d’écriré, que dans un âge où l’on peut métire aux choses leur véritable prix, quand déjà l'expérience nous à mis en garde contre les illusions et les théories de toute espèce ; qué le LR besoin est cehri dela vérité. Nous n’aimions pas moins l'étude autrefois qu'aujourd'hui, mais une

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