POUMONS
40. Le développement de cette affection, à une, époque si voisine de la mort, n'est point particulier aux sujets. atteints de phthisie. Nous l'avons encore observé à la suite des autres maladies chroniques, et à-peu-près. dans lamême proportion. Sur cent douze sujets morts dans la dernière période de ces affections, douze avaient une partie plus ou moins considérable de l’un, quelquefois de deux poumons, rouge, grenue, hépatisée. L’engouement s’est présenté dix fois sur d’autres sujets; et ici, comme chez les phthisiques, l’histoire des symptômes montrait que l'inflammation n'avait précédé la mort que de quelques jours. La Val mur Il résulte de ce rapprochement, que les tubercules et les excavations tuberculeuses sont à-peu-près sans influence sur le développement de la péripneumonie dans la dernière période de la phthisie.
Article LI.
DES PLÈVRES.
41. Rien n'était si commun que l’adhérence des poumons aux plèvres ; au point que, sur cent douze individus , nous n’en avons trouvé qu’un seul dont les deux poumons fussent parfaitement libres dans. toute leur étendue. Huit fois seulement nous avons vu le poumon droit tout-à-fait libre ;. sept fois eelui
40 ANATOMIÉ PATHOLOGIQUE.
ae
du côté gauche , et alors il n’y avait pas d’excavations |
tuberculeuses , ou elles étaient très-petites. Dans AE LS autres cas, les adhérences étaient”
celluleuses, faciles à rompre, bornées à une petite. étendue, existaient rarement des deux côtés à-la-fois. -
Sur sept 1e ces vingt-cinq sujets, il n’y avait pas d’ ex-
cavation dans le poumon correspondant à l’adhérence ;.
chez dix autres elles étaient petites. Elles avaient des |
dimensions moyennes ou très-considérables dans les huit derniers cas.
Chez le reste des individus, les eee étaient universelles , ou seulement tré étendues avaient lieu au moyen d’un tissu cellulaire plus ou moins serré, ou d’une fausse membrane, et presque constamment alors on trouvait de vastes excavations.
Ainsi, il y avait proportion entre les adhérentes et le evo intérieur. Point d’adhérences, point de grandes ni de moyennes excavations, le Hit souvent même absence de toute espèce d’excavation. Adhérences faibles et peu étendues, excavations ordinairement très-petites , rarement TR grande capacité ; quelquefois absence d’excavation. Enfin, adhérences intimes plus ou moins étendues, assez souvent même universelles ; excavations constantes , et, dans la trèsgrande majorité des cas, de vaste ou de moyenne dimension. |
42. Le rapport qui existait entre la grandeur des cavités tuberculeuses et. les adhérences, indiquait
l'influence des premières sur les secondes. Les grandes excavations occupaient toujours le sommet des poumons, étaient très-rapprochées de leur: superficie , etlà , seulement, se. trouvaient ces fausses membranes
* PLÈVRES. | 4 si épaisses, si dures , dont nous avons déjà parlé (23), qui fortifiaient les parois de l’excavation, quelquefois même les formaient inirédidtenen dans une partie de leur étendue. L'influence dont il s’agit semblait encore démontrée par d’autres faits. Ainsi , sur deux sujets dont les poumons ne contenaient que deux ‘masses de matière tuberculeuse immédiatement au-dessous de la plèvre, il n’y avait d’adhérence que dahs le point correspondant: Cette adhérence avait lieu au moyen d’une bride celluleuse d’un pouce
et demi de long, et de la même Poe que la masse tuberculeuse. é
435. Deux fois nous avons trouvé, convertie en ma- -tière tuberculeuse, une fausse Hubiuné d’une médiocre consistance , qui recouvrait les plèvres pulmonairevet costale. (Obs. 16.) Un troisième cas nos à fourni l'exemple de la même transformation, dans un pointtrès-limité ; d’une fausse membrane semi-cartilagineuse , qui niper le sommet de l’un des poumons. Ro TS |
44. Ces adhérences dtent Ma:suité d'une inflammation chronique plus ou moins ancienne ; et comme nous le verrons dans‘ lasuite, l’histoire des malades pouvait indiquer , dans bien des cas , l’époque à la quelle on devait en faire remonter le début (246).
45. Chez les sn ai morts à la suite d’autres maladies chroniques , il n’en a pas TRUE été ainsi, et
dans, la plupart des cas nous n avons pu nous rendre compte des adhérences que nous observions. Nous les avons rencontrées trente-cinq fois sur cent dix sujets, et dans douze cas elles étaient universelles, avaient lieu à droite et à gauche, ou seulement
de l’un des côtés. Quoique considérable, cette pro>. portion est, comme on voit, bien inférieure à celle. que nous, avons observée chez les phthisiques (41); preuve nouvelle de l'influence. des tubercules'sur:la production des adhérences. Mais, ce qui est tout-àfait propre aux phthisiques, sous le point de vue qui: nous occupe, c'est l'espèce de calotte semi-cartilagineuse qui recouvre si fréquemment le sommet de leurs poumons, et la conversion, des faussést mem branes pleurétiques en matière tuberculeuse. : !
46. Comme la péripneumonie , la pleurésie avait lieu chez un assez grand nombre de sujets dans les derniers jours de l'existence, quand la faiblesse et le marasme étaient à leur comble, Nous l'avons observée: dans Ja dixième partie des cas. Le poumon ou la plèvre costale ; ordinairement l’un et l'autre, étaient recouvérts, dans une étendue plus ou moins considérable , par une fausse membrane jaunâtre , molle ÿ plus ou moins épaisse ; et il y: avait épanchement d’une certaine quantité de sérosité roussâtre, trouble ou claire, où même d’un véritable pus. Les caractères de: la lésion indiquaient son peu d'ancienneté, et l’histoire des symptomes montrait que son début ne remontait: qu'à dix-neuf, douze , huit et trois jours avant la mort (287). 41
47. Les sujets qui avaient succombé à onléds à maladies chroniques, nous ont présenté les mêmes désordres, précédés des mêmes symptômes dans les. derniers jours de la vie. Seulement, c'était dans une: proportion un peu moins considérable , dans la treizième partie des cas.
. Ainsi, la péripneumonie et la pleurésie se dévelop.
, PLÈVRES. ! | 45 pent souvent dans les dernières périodes de la phthisie et des autres maladies chroniques : quelquefois à la suite de causes évidentes , comme l'application d’un léger froid à la surface du corps : le plus ordinairement sans cause appréciable. Leur marche est rapide ; elles augmentent le nombre des causes qui accélèrent la mortdes phthisiques: ; nouvelle raison de redoubler de soins auprès des malades arrivés aux dernières pé-. riodes des affections de long cours, et de les soustraire à toutes les causes extérieures capables d’amener l’un ou l’autre des accidens dont il s’agit.
48. Noùs avons encore observé plusieurs fois, dans la cavité des plèvres , un épanchement de sérosité claire, de la valeur d’une pinte et au-delà. Cet épanchement, qui existait dans la dixième partie des cas, survenait quelquefois très-rapidement. Nous en avons eu la preuve sur deux malades, dont la poitrine rendait un son'fort clair dans toute sa hauteur, un jour et demi avant la mort, et chez lesquels nous trouvâmes deux: pintes de sérosité hmpide dans un des côtés de la poitrine. :. ..:
Le. mère épanchement avait lieu à jà suite des autres affections chroniques, et,. à part les maladies du cœur , dans la quatrième partie des,cas. Cette différence de proportion répond à celle: que nous ayons remarquée au sujet des adhérences des poumons aux plèvres, chez les phthisiques et chez ceux qui succombent à d’autres affections organiques. Elle semble indiquer que l'hydrothorax qui nous occupe est indépendant de la nature de la maladie.
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Article FII. *?