‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 14 sur 141 · DE L'ÉPIGLOTTE , | DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE-ARTÈRE · texte numérisé non relu

DE L'ÉPIGLOTTE , | DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE-ARTÈRE

49. De ces.trois organes continus les uns aux autres, | faisant partie du même appareil, ayant beaucoup d’analogie de structure, et susceptibles des mêmes! lésions , le larynx est lé seul qui ait fixé, dans V'histoire de la phthisie, l’attention des observateurs. On a décrit les ulcérations dont il est le siége, mais on n'a point parlé de celles de l'épiglotte, et à peine a-t-on indiqué l'existence de celles de la trachéeartère. La raison de cet oubli tient sans doute à l'absence, bien souvent complète, des symptômes qui pourraient annoncer ces lésions, et à l'habitude dans laquelle sont beaucoup de ti ab de n’éxaminer , après la mort, qué ceux des organes dont les fénetiôné paraissaient plus ou moins profondément altérées pendant la vie. Quoi qu'il en soit , les ulcérations de l’épiglotte ne sont pas rares Aa les phthisiques ; elles sont presque aussi fréquentes que celles du larynx, en sorte que sur cent deux sujets dont le conduit aérien a été examiné avec soin, elles étaient,

avec ces dernières et-celles de la trachéerartère, dans -la proportion de 18, 22, 31.

GE. Ulcérations de lu trachée-artére.

90. Quand la membrane nn | de la me tr artère était ulcérée, on la trouvait ordinairement d'un

TRACHÉE-ARTÈRE. | 45 rouge vif. Quelquefois néanmoins , surtout quand il n’y avait qu’un petit nombre d’ulcérations , elle conservait la blancheur qui lui est naturelle. Ce cas s’est présenté sur six des ‘trefle et un sujets chez derne nous avons observé la lésion qui nous occupe, parmi eux se trouvait un exemple d’ulcérations trèsétendues. (Obs. 16.) C'est dans la moitié inférieure de la trachée-artère , c’est-à-dire dans le point où se trouvaient les ulcérations les plus nombreuses et les plus larges, que la rougeur était la plus marquée. A cette rougeur se jpenaiens dans un petit nombre de cas, chez la cinquième patte des sujets environ , un lé épaississement et une diminution peu onde: FA de consistance de la membrane muqueuse.

91. Quand elles étaient petites, les ulcérations se trouvaient ordinairement réparties d’ une manière uniforme dans tout le pourtour de la trachée-artère ; elles étaient arrondies ou ovalaires, d’une ligne, un peu plus ou un peu moins, de diamètre. La membrane muqueuse était détruite à leur niveau , leurfond formé par le tissu cellulaire peu ou point épaissi, leurs bords plats, en sorte qu’elles semblaient faites comme par un emporte-pièce. On conçoit, d’ailleurs, que ces petites ulcérations échapperaient souvent aux recherches de l'observateur, à raison de l’aplatissement de leurs bords et quelquefois de leur couleur rose, si la trachée-artère n’était pas examinée avec beaucoup de

soin, et préalablement lavée.

52. Plus considérables, les ulcérations étaient inégalement distribuées. Les plus larges correspondaient à la portion charnue de la trachée-artère. La membrane muqueuse conservait à son pourtour, comme

dans le cas où elles étaient petites, l’épaisseur , la consistance et la couleur qu'elle avait dans la plus grande partie de son étendue. La tunique sous-muqueuse, durcie et épaissie, en formait le fond; ôu bien elle était détruiteen totalité ou en partie, et la membrane musculaire mise à nu dans le point correspondant. (Obs. 15, 16.) À son tour, cette membrane, ainsi dé= couverte, était deux et trois fois plus épaisse que dans l'état naturel, et dans un petit nombre de cas on la trouvait plus ou moins profondément ulcéréé. (Obs. 16. ): | ”

Chez quelques sujets, on voyait un certain nombre de cerceaux cartilagineux entièrement dénudés, aiincis, et en partie détruits (Obs. 15, 16); où mêmeils ofraient une solution de continuité dansleurlongueur. Nous n'avons rencontré ce dernier cas qu’une seule fois (Obs. 16) ; tandis que la destruction complète de la membrane muqueuse de la trachée-àrtère, dans toute la hauteur de sa portion charnué où ä-peu-près, s’est présentée cinq fois à notre observation. (Obs. 15 ,:43:)

53. La préférence que les grandes ulcérations affectaient presque constamment pour la partie postérieure de la trachée-artère , semble pouvoir s expliquer par le passage habituel et fre séjour plus ou moins prolongé dés crachats sur cette partie. Car, si des boissons trop excitantes causent l'inflammation , puis l’ulcération de la membrane muqueuse de l’estomac, il doit en être de même pour celle de la trachée-artère, par suite de l'action d'un fluide excrémentitiel sans doute trèsirritant. Ajoutons qu'il serait difficile d'expliquer d’une autre manière El les ulcérations de l'épi-

TRAGHÉE-ARTÈRE. 45

glotte ofbpresque uniquement lieu, comme nous le dirons däns un instant, à sa face inférieure, celle qui est touchée plus ou moins fréquemment par AU crachats.

Toutefois, en admettant que la matière de Ve expectoration ait une influence marquée sur la grandeur et le siége des uléérations de la trachée-artère , on doit. reconnaître qu'elles ont encore une autre cause; car il s'en faut de beaucoup qu'’ellessoient toujours proportionnées à la mauvaise qualité des crachats, ou qu’elles existent toutes les fois que ledésordre des poumons est considérable, et les excavations tuberculeuses anciennés. Ajoutonsquelesbronches, surlésquelleslamatière de Yexpectoration passe et séjourne plus ou moins, sont , plus rarement que la trachée-artère, le siége dé quelqu’ulcération ; ‘au point qu’elles ne nous en ont offert que dans sept cas. Ilse pourrait cependant que ce nombre fût un peu au-dessous de la vérité, vu que, sous cé rapport du moins, nous n'avons pas toujours exaniné les bronches avec la même exactitude qué la trachée-artère.

5/4. Dans la troisième partie des cas où cet organe n’offrait point d’ulcération , sa mémbrane muqueuse avait unë couleur rouge d’autant plus vive qu’on sé rapprochait davantage de sa bifurcation. Elle était encore plus foncée. au niveau de la portion charnue qüé partout ailléurs; en sorte qu’elle suivait dans sa Progression là même marche que les ulcérations, et dépendait, sans doute, en partie comme elles, du passage et du séjour plus ou moins prolongé des crachats sur la trachée-artère. :

S. IL Ulcérations du ‘larynx, * :

55. Elles étaient, comme nous l’avons dit, un peu moins communes que les précédentes, se montraient bien rarement sans elles, existaient chez la. quatrième partie des sujets. Deux “a seulement nous les ayons observées sans complication avec celles de la trachéeartère, dont elles différaient bien sensiblement dans Due de cas. Rarement superficielles et faites comme avec.un emporte-pièce, elles avaient ordinaiment une certaine profondeur, étaient plus'ou moins irrégulières, avaient d’une à dix lignes de surface environ. Leurs bords, plus ou moins durs, étaient quelquefois comme lardacés ; leur couleur grisâtre ou blanchâtre. La M muqueuse était pâle et PRTRAEEUIERE saine dans le reste de son étendue.

56. Le siége le plus commun de ces ulcérations répondait à la réunion des cordes vocales, où elles étaient quelquefois superficielles; venaient ensuite les cordes vocales elles-mêmes, surtout leur parkié postérieure; la base des RE Re la partie supérieure du larynx, et l'intérieur des ventricules, que nous n'avons trouvé qu’une seule fois le siége pres petite ulcération superficielle.

Quelquefois une ou plusieurs. des cordes vocales étaient entièrement détruites, et la base des cartilages aryténoïde à découvert. Dans ce cas, ceux-ci étaient parfaitement sains. |

Page 1