‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 97 sur 141 · XXIV°. OBSERVATION · texte numérisé non relu

XXIV°. OBSERVATION

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Un commissionnaire , âgé de quarante-quatre ans, fut admis à l'hôpital de la Charité le 6 mai 1824. Prisonnier en Angleterre pendant quinze années , dont quatre sur les pontons , il toussait et crachait. plus ou moins depuis vingt ans, avait eu, pour la première fois, une légère hémoptysie dans les premiers jours de janvier de cette année , disait éprouver de l’oppression depuis six ans et avoir eu tout le corps enflé pendant l'hiver, six semaines de suite. P'appétit s'était soutenu, si ce n’est dans le dernier mois , et dès-lors le malade s'était mis à la médecine de Leroy, qu il prenait à la dose de deux cuillerées par: jour. Il en faisait usage depuis quinze, et ne pouvait Rs arrêter le dévoiement qui l’avait épargné j jusque-

, quand il vint à l'hôpital où nous le trouvämes de état suivant : AE 1 SRG An

Figure un ‘peu jaunâtre , absence de PEN MR

- Toux rare , peu d’ oppression ; crachats médiocrement |

| ARAGHNITIS. 399 mhoidatisse verdâtres ; sans Striës, peu aérés : nulle ‘douleur. de poitrine (il n’y en avait ct dans aucun temps). Percussion sonore dans toute son étendue, excepté: sous la «elavicule droite, dans ane haütett considérable: : respiration trachéale dans cé dérnièr point , et en. laniisti entre les: épaules ? pectoriloquié à droite seulement : ‘râle crépitant très-of6s , ‘peuhuwide, “diminuant de foreé. et de RONDE di Som: meb la base des poumons: Eñrouementéonsidérable, voix altérée comme depuis deux mois, sans douleur au larynx: Pouls calme (soixañté- -quatré phietione pat minute), chaleur näturélle. Langue humidé', ui peu rouge au pourtour ; bouche pâteuse , Anorexie ébmplète ; épigastre douloureux immédiatement au-dessous de l’appendice xyphoïde , par là pression 4 bar la toux : le reste du ventre souple et indolent selles liquides la veille.

Les jours suivans , la diarrhée fut éonsidérable, il y eut huit-x dix Lots ‘éri vingt-quatré" heures | le maladé passait une partie dä termps près du poële. Dans ta jourrée dû:2 ; somnolénéé': presque ‘Conti. muélle ; trouble peu prononcé dei iteligenée : ais déjà: léilaladel n° avait sa 5} tête L ne” se e bl d'aucune douleur DH 5% 1920 0 wma Ÿans.la nuit bai dde) ie eut dés selles Invo-. Montairésq ne répondait pas aux questions, ‘éssaya de se lever; disant quilaltitrétowrriéiehéz lui, et tomba terréir be lendemädii matin°àn sept Habrou ïl avait té visagehébété; les yeux immobilés, les pupilles étbites; Jes-musclés masséters étl'éeux du bras droit étaient À pes de 7 Lt conti

: deux.

le plus pelit mouvement qui leur était communiqué causait des grimaces ; la perte de connaissance n’était pas complète, le malade faisait effort pour montrer sa langue quand'on l'y invitait. Le pouls battait cent quatorze fois par minute ; l’état de la respiration n’était pas sensiblement changé. (Synapismes.)

À huit heures, le malade cherchait à fnneni prononçait quelques mots inintelligibles ; les bras et le cou étaient roides, au point de ne pouvoir leur faire exécuter le plus léger mouvement. Les mêmes symptômes continuèrent toute la journée, la respiration devint râlante au milieu de la nuit, et le 24 ,.à onze heures du matin , le malade expiras 1:54 pe Danbtiée du cudavre ; vingt-deux HR après, la

mort. sde rs

Etat extérieur. Rien de remarquable. suei 1

Tête. Plusieurs éraillures de la duré-inère.. donnaient passage à des granulations nées de l’arachnoide cérébrale opaque et épaissie danstles points correspondans. Deuxlames osseuses de trois quarts de pouce de surface existaient dans l'épaisseur de la dure:mère qui recouvre l'hémisphère gauche, près de: la; faux Les veines cérébrales étaient très-distendues!, le tissu sous-arachnoïidien très-infiltré ; le cerveau pâle;:sans. injection, d'une bonne consistance. Le veñtriculetla“ téral du côté droit contenait environ deux cuillerées et demie de sérosité trouble ; le gauche un'péu-moins* Les plexus choroïdes étaient vésiculeux et louches. Il y avait trois cuillerées de sérosité claire dans les fosses’ occipitales inférieures. | É |

ARACHNITIS. Ws 559 Cou. Le larynx et l'épiglotte étaient dans l'état naturel; la membrane muqueuse de la trachée-artère un peu rouge au-dessus de sa bifürcation, et d’ ailleurs tir saine, . | Poitrine. Quelques adhérences HÉRovéE au som: met du poumon gauche ; deux concrétions osseüses longuettes dans son lobe supérieur ; un peu d’engouement à la partie moyenne des deux lobes. Adhérences intimes dupoumon droit, dans sa partie supérieure, à latplèvre costale, au moyen d’une fausse membrane semi-cartilagineuse plus ou moins épaisse : EXCavation assez considérable à son sommet ; une aûtré fort petite , très-inégale au-dessous, à laquelle aboutis- Saient beaucoup de rayons semi-cartilagineux, d’une couleur bleuâtre, et dont les intervalles étaient remplis par une matière grisâtre et noirûtre, mélange de métanose et de matière grise demi-transparente ; cette petite cavité rouge Commé les bronches qui s'y ouvraient. Lereste du lobe supérieur dur et transformé en matière grise, au milieu de laquelle se trouvaient de très-petites cavités tuberculeuses. Quelques granulations de cette espèce dans le lobe inférieur, qui était engoué dans une partie de sort étendue , et offrait à son sominet une excaVation assez grande, Contenant un liquide ténu et sanglant, tapisséé par une fausse membrane.-Les bronches qui communiquätent avec lescavités tuberculeuses étaient épaissies et d’un rouge plus-ou moins vif; les autres minces et légèrement ; rosées, — Le cœur était arrondi à sa pointe, un peu plus volumineux que dans l’état ordinaire , par suite deW’élargissément du ventriculé gauché , dont les pa- | 23”

1200 à" SYMPTÔMES:

r'OIS avaient Six lignes d’é épaisseur ; ; l'aorte. parfaitement

saine. | à N'

* Abdomen. 1” estomac était d’un volume convena* ble : sa membrane muqueuse avait une couleur gris sâtre et bleuâtre, si ce n’est contre la petite courbure, dans-la largeur d’un poucé et demi, :où elle était. d'un rose tendre; lépaisseur-:et: ai consisi tance qui lui sont naturelles , à part une surface peu étendue.le long de la grande courbure où elle était ra= mollie et cassante : partout elle était enduite d’un mücus épais et tenace. — La membrane muqueuse de l'intestin grêle offrait, dans toute sa longueur, une foule de petits points noirâtres gros comme du sable; était d’ailleurs parfaitement saine, — Celle du gros intestin était molle comme du mucus;, pâle dans sa première moitié, un peu rouge dans la seconde:;'sans ulcérations, et recouverte par une matière trouble,

grisâtre et nuancée de rose. — Le mésentère et les autres viscères de l’abdomen dans l’état naturel:

564. Quoique nous ayons omis, dans la deseription: des ventricules latéraux , d' as Be l'état de l’arach+ noide, son inflammation nous semble, suffisamment prouvéelpar le caractère du liquide qu'elle contenait, par la fièvre, qu'il n'est guère possible, de: rapporter! à une autre ares et aussi par la nature des symp= tômes cérébraux Arte Ces symptômes étaient effectivement ceux de l’arachnitis ; et, nous dévonsile remarquer, la faiblesse du malade ne paraît pas avoir

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Fe 4, , API 4

ARACHNETIS. 357

sd été un Mbstac le à leur développement. Un des plus importans , il est vrai, la céphalalgie, parait avoir manqué ; du moins on n'entendit dans aucun temps le malade se plaindre de maux de tête; mais cela pourrait bien provenir de la marché extrêmement rapide de l'affection qui a été mortelle en deux jours, dont les périodes ont été confondues, dont le délire et une légére somnolence ont êté les premiers indices. Nous avons déjà vu que les inflammations qui se mafestent dans les derniers temps des maladies chroniques, ou quand la faiblesse .est considérable , , parcouraient rapidement leurs diverses périodes, et cette observation. en est une nouvelle preuve. Il est remarquable. d'ailleurs que la lésion de l'arachnoide était bornée à la partie de cette membrane qui occupe les ventricules latéraux, ce qui, au rapport des auteurs, qui ont le mieux étudié l’arachnitis (MM. Parent et Martinet), est extrêmement rare

365. Quant, au début de l'affection M Ce des poumons, 7 est croyable qu'il était le même que celui de la toux, mais on sent bien qu'il est impossible de l’affirmer. Ce qui paraît très-positif, c'est que la maladie a marché avec beaucoup de lenteur. L'extrème bénignité des symptômes, et la conservation des forces jusqu'au moment où le malade perdit l'appétit, en sont la preuve. | |

.364. L’ observation suivante est un exemple de ramollissement partiel du cerveau , compliqué de l'inflammation d’une petite partie du tissu sous-arachnoidien.

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