XX VE. OBSERVATION
Un garçon boucher, âgé de trente-huit ans, petit, large ; cheveux noirs, peau brune, d'une constitution | Jorte , était malade depuis huit#mois, quand il fut” adinis à l'hôpital de la Charité le 1°", septembre |
1522. Ordinairement bien portant, il n'était point. sujet au rhume niaux maux de gorge, et attribuait | sa maladie à une forte commotion de poitrine , éprouvée peu de temps avant F apparition des premiers acci- ? dens. Au début, toux, crachats plus ou moins copieux, alternatives de chaleur et de froid : ces sÿmptontes continuèrent, et passé les deux FSU mois , les. frissons devinr ent rares et peu marqués 3 il n'y eut de sueurs que dans les derniers quinze jours. La toux» fut généralement forte , et a voix plus ou moins pro-. DNS altérée, à Sa du deuxième mois. Une.
DCE assez abondante eut lieu peu après cette époque ; le crachement de sang se renouvela encore: dans la suite, mais peu considérable et de loin en loin. L'appétit baissa successivement beaucoup, et dans les trois derniers ne les selles devinrent liquides à lan suite d’un excès de raisin. Les forces diminuèrent par degrés, le Made ne travaillait plus Fine trois s mois, mais il n'avait pas gardé le lit. |
Le 2 septembre, point de céphalalgie; toux peu” fréquente ; crachats verdâtres , opaques, nageant pour. la plupart à la surface d’un, fluide clair ; voix rauque
dy #,
ARACHNITIS. F 359 poitrine Élément sonore. à droile et à gauche; râle crépitant, respiration obscure sous la clavicule droite , sans pectoriloquie; pouls calme, chaleur douce ; langue dans l’état naturel, appétit pee promoncé, déglutition facile , selles liquides, mais peu nombreuses. Aucune douleur soit à la gorge, au la= rynx, ou dans l'abdomen (tis. de riz. éd.; pot. gom. ; ; quart de port. )
‘état du malade fut à-peu-près le même les j jours suivans. Le 28 , il n’y avait encore xi déphalalgie , ni douleurs dans les membres ; la poitrine rendait un ur sous la clavicule droite, la respiration y était très-obscure , le râle crépitant plus prononcé que les autres jours : (à voix produisait un retentissement considérable en arrière dans le point correspondant ; l’anorexie et le dévoiement avaient augmenté, la bouche était mauvaise, l’épigastre douloureux; cette douleur existait depuis trois jours , et la veille, le malade avait vomi un peu de bile; il se plaignait d'é éprouver des tortillemens à la région hypogastrique ; son ventre. était un peu météorisé (tis. de riz av. le sir. de coïng. ; diase. ; pot gom. ; 5 bouill. ). |
Dès ce moment la faiblesse augmenta beaucoup, lemalade ne quitta plus le lit; souvent il se plaïgnait à ses camarades d’une céphalalgie non interrompue , et tenait sa tête entre ses mains. Dans la nuit du 9 au 10 octobre, alternative d’assoupissement et dé délire; persistance des mêmes symptômes le Re et dans la nuit du 10 au 11.
Le 11, à l'heure de la visite, le malade ne répondait Fe ou répondait mal aux questions qui lui étäient. adressées; ses veux étaient ordinairement fixes, et
3Ga: | SYMPTÔMES..
parfois Ses lèvres semblaient sourire; la respiration était peu accélérée, le pouls calme (soixante-six: pulse. sations par minute. ) Le délire continua, il yeut beau-, coup d’agitation toute la journée , et il Fay ‘en venin
au.gilet de force, | dobd, ral
Le lendemain , figure assez A saEtR de.
l'intelligence, le malade allait seul. au bassin.et sansw
vaciller. La nuit, délire continuel, mais tranquille. Le: 43 oil: pans Ja chaleur était élevée , le
pouls fréqueih, ‘Le ana ne dit mot. de) toute la
journéé, 14 art: 4 AS i ! . 15 1 4 »à n°
- Le:14 au matin , hé se: à encore DR ‘4 pre. à.la selle 3. mais à l'heure, dei: visite, il, semblait
come apéanti , répondait; quand on lui parlait: de: sa santé, .qu'ilallait bien: Dans laj journée, il témoigne. par des,signes. qu'il.comprenait e qu'on lui-disait ;1. sans pouvoir, dire uneiseule parole.:; 54 Lui 00e
“Le.;5,, la figure étaitiun peu, animée ;1lessyeuxs démi-ouyerts |; les! LBeRbuxÉleNÉs fu Je. malade faisait. entendre qu ] hesouffrail pasiurelliroteuls too
Le. 16... au. moment, dela: sales il Afthpe ‘encore; dans la même. attitude 1que; la veille: semblait avoir toute, Ja connaissance , nous, suivait des yeux; et peu)
Mol 2 à | 11
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Hib.3b 4 Fe mort. d'etre Je “ta A à porans NS de 5 Tr A passaient. des das 4e Sranlin it PES Distension : des. veines cérébrales supérieures très.
après, à neuf heures, il Rp, 1 LITE GT Mi seNtÉes
ARACHNITIS. 361 prononcée à droite, à, peine sensible à gauche : trois cuillerées de sérôsité dans le ventricule latéral de ce côté, beaucoup moins à droite : cloison demi-. transparente ramollie, pulpeuse, sans ‘altération de couleur : même ramollissement des piliers postérieurs de la voûte : corps calleux moins consistant que le reste du cerveau , sans être, à beaucoup près, ramolli comme Ja cloison: le reste de l’encéphale plutôt au-dessus qu'au dessous'de la consistance qui lui est naturelle, et très-légèrement injecté. Pus concret sous forme d’une plaque de trois lignes d'épaisseur, et d'un pouce de largeur envirôn, entre l’arachnoiïde et la pie-mère ; au dévant et sur les côtés des nerfs optiques.
. Cou. FF Ven Sipaticini à. la. TU inférieure der épiglotte ; larynx dans l’état naturel. Deux pouces au-dessous , eb sur sa portion charnue , la trachée-ar-
tère offrait une ulcération de la largeur d’une pièce de deux francs, avec épaississement du tissu sousmuqueux correspondant; ailleurs sa membrane muqueuse était parfaitement saine.
Poïtrine. Adhérences celluleuses faibles au sommet..du poumon gauche, qui offrait une médiocre quantité de tubercules et de granulâtions s orises derhitransparentes, diminuant de grosseur et de nombre du sommet à la base : son lobe inférieur ferme, grenu , plus ou moins rouge, entièrement hépatisé. Le poumon droit adhérait à la plèvre costale , dans loute son étendue et à son sommet, d’une manière intime ; présentait dans son lobe supérieur une vaste cavité tuberculeuse communiquant avec les bronches, et avec d’autres excavations beaucoup moins
considérables : comme la première, celles-ci conte= naient une matière sanieuse, fort abondante , étaient. tapissées par deux fausses membranes, dont l’une était molle et jaunâtre, et l'autre fort consistante grisâtre , semi-cartilagineuse , appliquée sur le tissu sain du poumon, sur de la matière grisé, demi transparente , ou des tubercules. Le même lobe avait encore dans le reste de son étendue un assez grand! nombre de tubercules ramollis, ou plus où moins. complètement vides : l’inférieur était d’un rouge vio= let, comme carnifé. — Le cœur et Ponte dans l'état naturel. : LD EX ES Abdomen. Estomac un peu rétréci; sa menbihe muqueuse enduite d’une assez grande quantité de mucus, blanche, comme piquée de sang au niveau du grand cul- sut d'une consistance ‘et d’une épaisseur un peu moindres que dans l'état naturel. Quelques petites ulcérations, et quatre abcès sousmuqueux de la grosseur d’un pois dans les six deraiers pieds de l’intestin grèle : ailleurs sa membrane muqueuse était parfaitement saine. — Celle du cœ= cum et du colon extrèmement molle; quelques petites ulcérations dans le colon droit. — Glandes Mt volumineuses , mais saines. — Les au tres viscères dans l’état nubtatel: :
363. L'existence du ramollissement de la cloison. demi-transparente et de la voûte à trois piliers avec l'inflammnation du tissu sous-arachnoïdien entre les nerfs optiques, rend lanalyse des symptômes
; ARACHNITIS. 363 cérébraux difficile et jette nécessairement beaucoup de doute sur le partage qu'on doit en faire. Toutefois , nous observons qu’il n’y a eu ni douleurs, ni roideur , ni paralysie deS membres, et que sous ce point de: vue , les symptômes du ramollissement sont bien incomplets. D'un autre côté, la douleur de tête et quelques-uns des symptômes d’excitation peuvent être également bien rapportés au ramollissement de la voûte, et à l’inflammation du tissu sous-arachnoi- dien; en sorte qu'il.est impossible de savoir si l’on doit les attribuer à ces deux espèces de lésion, ou seulement à l’une d'elles. Il est cependant vrai de dire que d'ensemble et la marche des symptômes conviennent davantage à l’inflammation des méninges qu'au ramollissement partiel du cerveau.
Sans nous arrêter #aranioge sur ce point, dont Véclaircissement importe peu à notre sujet, nous remarquerons que le poumon gauche était hépatisé : que son inflammation, comme cela est si ordinaire dans les complications cérébrales, n’a donné lieu à aucun symptôme ; que les ulcérations de la trachée-. artère æt:de l’épiglotte ont été latentes; et, ce qui est plus rare, qu'il y a eu enrouement , altération plus ou moins marquée de la voix pendant plus de six mois, quoique le larynx fût dans l’état naturel.
568. Nous terminerons ce chapitre en rapportant d'une manière succinte une observation déjà publiée (1), qui est un exemple de ramollissement partiel du cerveau, sans autre lésion de ce viscère ou de ses annexes.
(i) Voy. “Archiv. génér. de Mid. y t. V,p. 18, de notre Mémoire sur Le ramoilissement avec N “us de la ménibranc muqueuse de l'estomac.
… Pr « -
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