‹ Recherches anatomiques et clinques sur le glaucomeChapitre 4 sur 53 · DE L'ANGLE IR1EN · texte numérisé non relu

DE L'ANGLE IR1EN

canal de Schlemm et la cavité de la chambre antérieure.

Fig. ï. — Angle de la chambre antérieure chez un sujet de quarante ans, montrant le type le plus ordinaire, dans lequel le ligament pectiné du fœtus a complètement disparu et où existe seul le réticulum sclérocornéen, désigné communément sous le nom de ligament pectiné, ce qui suppose une assimilation erronée avec le ligament pectiné des quadrupèdes.

a, le tendon du muscle ciliaire se continuant avec les trabécules superficielles du réticulum scléro-cornéen. — b, une veinule intra-sclérale. — d, le canal de Schlemm. — p, le réticulum ou système trabéculaire scléro-cornéen compris entre la pointe du muscle ciliaire et l'origine de la membrane de Descemet, séparant le canal de Schlemm de la chambre antérieure. — i, travées musculaires du muscle ciliaire. ■ — h, membrane de Descemet. — k, sclérotique (faisceaux circulaires). — m, le tissu conjonctif de l'iris. — n, l'uvée irienne.

Paroi postérieure du même angle. — Sa constitution paraît un peu variable suivant les sujets. Ces variations

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sont, d'après nous, expliquées par l'anatomie comparée. Ce n'est qu'après avoir acquis des notions dans ce dernier ordre de faits que nous pourrons faire comprendre notre manière de voir au sujet de cette paroi postérieure de l'angle irien chez l'homme.

L'angle irien du singe macaque montre en quelque sorte une exagération du type que l'on rencontre chez l'homme comparativement à ce qui existe chez les quadrupèdes. Le muscle ciliaire est très développé, sa pointe d'insertion forme un angle très aigu qui vient se fixer à la face interne du limbe scléral en se perdant dans un système trabéculaire scléro-cornéen à mailles lâches.

Quant à l'iris, c'est là le point important, il n'entre en contact avec le muscle ciliaire qu'à une distance considérable de l'attache sclérale de ce dernier ; il s'éloigne par conséquent de la sclérotique encore plus que l'iris de l'homme et ne présente aucune trabécule qui le rattache à cette dernière.

En résumé, on peut dire que ce qui caractérise le mode d'insertion de l'iris de l'homme et du singe, comparativement à celui des quadrupèdes, c'est l'absence de trabécules l'unissant à la sclérotique. L'espace de Fontana des quadrupèdes fait donc défaut, ou n'existe qu'à l'état de vestige chez le singe et l'homme. C'est ce que va faire mieux comprendre l'étude sur les coupes de l'angle irien du porc, dont la disposition fait parfaitement apprécier ce que l'on observe dans l'espèce humaine.

Chez le porc, l'iris proprement dit se termine au même niveau que la membrane de Descemet (fig. 2), mais la chambre antérieure se continue en arrière bien au delà de ce point sans qu'on puisse Lui assigner de limite périphérique précise. Cela tient à ce que les procès ciliaires, au lieu d'adhérer par toute leur surface

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externe au muscle ciliaire, en sont séparés par un réseau conjonctif lâche dont le tassement progressif d'avant en

Fig. 2. — Angle de la chambre antérieure chez le porc ; le ligament pectiné et le réticulum scléro-cornéen.

a, tendon du muscle ciliaire. — d, Tune des lumières vasculaires qui équivalent au canal de Schlemra, ici plus subdivisé que chez l'homme. — p, le système trabécnlaire scléro-cornéen compris, comme chez l'homme, entre la pointe du muscle ciliaire, a, et l'origine de la membrane de Descemet, h. La différence d'aspect résulte de la présence ici du ligament pectiné, s, qui fait défaut chez l'homme et laisse vide l'espace entre le réticulum scléro-cornéen et l'iris ou le corps ciliaire. — S, ligament pectiné remplissant l'espace compris entre le corps ciliaire et l'iris d'une part et d'autre part la cornée et la sclérotique dont le réticulum scléro-cornéen représente une bandelette dissociée. — t, l'origine de l'iris. — r, une des nombreuses franges ciliaires. — m, couche conjonctive de l'iris. — n, couche pigmentaire de l'iris. — h membrane de Descemet. — /, cornée. — k, sclérotique. — i, muscle ciliaire.

arrière ferme la chambre antérieure sans lui figurer une limite précise.

Delà limite périphérique de l'iris, c'est-à-dire du point

où il se continue avec les procès ciliaires, partent une série de prolongements iriens pigmentés, déjà indiqués en anatomie descriptive sous le nom de ligament pectine, et qui vont s'insérer à la limite de la membrane de Descemet. Il résulte de cette disposition que la chambre antérieure est divisée en deux parties bien distinctes, l'une, la chambre antérieure proprement dite, limitée par la membrane de Descemet, le ligament pectiné et la face antérieure de l'iris, ayant la même étendue que la cornée transparente ; l'autre, située en arrière du ligament pectiné, sous le bord scierai, limitée par ce bord en avant et les procès ciliaires en arrière, correspondant en somme aux espaces de Fontana. Nous voudrions réserver à la première, au grand réservoir à parois lisses et à cavité libre de l'humeur aqueuse, le nom de chambre antérieure proprement dite, et donner à la seconde, cloisonnée en tous sens par l'appareil trabéculaire du ligament pectiné, le nom d'espace cilio-scléral qui aurait l'avantage de rappeler ses limites chez les quadrupèdes. Pour achever la distinction entre ces deux régions d'une même cavité, faisons remarquer que la chambre antérieure proprement dite se termine avec la membrane de Descemet; il y a là un rapport constant que l'on pourrait rappeler par Fépithète iïintra-basale. La partie périphérique, l'espace cilio-scléral serait qualifié par contre à'extra-basal.

Un examen, même rapide, du tissu réticulé qui remplit chez le porc l'espace cilio-scléral, démontre qu'il se divise en deux zones bien distinctes. La plus externe remplit une sorte d'échancrure de la sclérotique comprise entre la pointe du muscle ciliaire et l'origine de la membrane de Descemet, elle est en quelque sorte intra-sclérale et correspond topographiquement à ce que nous

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avons désigné chez l'homme sous le nom de système trabéculaire scléro-cornéen. Quelques lacunes situées à la limite de ce réseau et du tissu compact de la sclérotique paraissent être l'équivalent du canal de Schlemm de l'homme.

La seconde zone, la plus profonde, est constituée par un tissu à mailles plus lâches, dont les trabécules, généralement pigmentées, vont en diminuant de volume d'avant en arrière et appartiennent au même système que les grosses travées du ligament pectiné. Commë ces dernières, elles sont intermédiaires au corps ciliaire et à la sclérotique et méritent par conséquent le nom de cilio-sclérales comme l'espace qu'elles cloisonnent. Beaucoup d'auteurs les comprennent avec la rangée antérieure de gros prolongements iriens coniques sous la dénomination collective de ligament pectiné.

Les dispositions que nous venons d'indiquer chez le porc se retrouvent dans tout ce qu'elles ont d'essentiel chez les autres quadrupèdes. Chez le bœuf il existe également à la périphérie de la chambre antérieure proprement dite un système de travées pigmentaires étendues de l'iris à la membrane de Descemet, disposées sur plusieurs rangées, et limitant en avant l'espace cilioscléral. Elles diminuent rapidement de volume d'avant en arrière dans l'intérieur de cet espace qu'elles remplissent ainsi d'un réseau pigmentaire lâche. Au contact de la face interne de la sclérotique, entre la pointe du muscle ciliaire et le bord de la membrane de Descemet, on retrouve le système trabéculaire scléro-cornéen avec ses caractères histologiques spéciaux : la seule différence consiste en ce que ce tissu fait ici saillie à la surface interne de la sclérotique au lieu d'être logé dans une rainure de cette membrane. Au niveau de sa surface de

contact avec le tissu scierai, on remarque également quelques lumières vasculaires ayant les rapports généraux du canal de Schlemm.

Chez le lapin et le cobaye les dispositions sont essentiellement analogues et ne méritent pas une description spéciale après celles qui précèdent.

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