‹ Recherches anatomiques et clinques sur le glaucomeChapitre 9 sur 53 · DE L'ANGLE 1RIEN · texte numérisé non relu

DE L'ANGLE 1RIEN

bilité d'injecter le canal de Schlemm et les veines épisclérales par la chambre antérieure. Ce l'ait a longtemps fait croire à des communications ouvertes entre la chambre et le canal de Schlemm et par suite à la nature lymphatique de ce dernier.

L'explication complète du mécanisme de ces injections n'étant peut-être pas encore donnée aujourd'hui, nous sommes bien obligés de tenir compte des expériences de Schwalbe et de tâcher de comprendre leur résultat.

Si, à l'aide d'une seringue de Pravaz chargée de bleu soluble à la gélatine, on injecte par piqûre la chambre antérieure d'un œil frais (1), on voit apparaître un cercle bleu tout autour de la cornée et un système des veinules épisclérales se dessiner en bleu sous les yeux de l'observateur. Bien que cette injection réussisse presque toujours, au moins partiellement, elle ne nous a pas paru avoir la régularité de succès des injections vasculaires. L'œil injecté est durci et monté dans la celloïdine, car il faut en obtenir des coupes fines pour pouvoir suivre au microscope le chemin suivi par l'injection.

Sur les coupes de l'œil du porc pris comme par exemple, on reconnaît que la masse bleue à la gélatine contenue dans la chambre antérieure la remplit exactement, sauf un léger retrait dû aux réactifs, elle remplit également tout l'espace cilio-scléral, elle se termine en arrière par une pointe effilée entre le muscle ciliaire et la face externe du corps ciliaire. Elle pénètre non seulement dans les mailles du ligament pectiné, mais encore, et tout aussi complètement, dans celles du fin réticulum scléro-cornéen, s'arretant seulement au contact du tissu

(t) Nous avons répété ces injections chez l'enfant, le chien, le chat, le porc. Elles réussissent particulièrement bien chez ce dernier; mais nous en avons obtenu également de bonnes chez le chien, les yeux étaient encore dans l'orbite, l'animal venant d'être sacrifié.

dense de la sclérotique. On trouve fréquemment de petites infiltrations de la masse bleue dans le tissu des procès ciliaires et de l'iris, mais jamais d'injection de leurs vaisseaux.

Dans le tissu épiscléral on retrouve les vaisseaux que nous avons vus s'injecter tout autour du limbe cornéen. Ils se distinguent en une couche profonde de veinules assez volumineuses exactement appliquées sur la sclérotique et une série plus superficielle de veinules serpentant dans le tissu sous-conjonctival. Ces deux couches présentent des anastomoses. L'injection de ce système de veinules est souvent à peu près complète, elle s'étend en arrière, pour la couche profonde, jusque vers l'équateur de l'œil.

Jamais les lymphatiques de la conjonctive, très faciles à distinguer des veines en ce qu'ils n'ont qu'une simple paroi endothéliale,nese montrent remplis par le bleu de Prusse.

Quelles sont les voies suivies par l'injection pour passer de la chambre antérieure et de l'espace cilio-scléral dans les veinules épisclérales ?

Sur presque toutes les coupes on rencontre, dans la région du limbe scléral, des veinules qui traversent cette membrane plus ou moins perpendiculairement suivant son épaisseur et qui vont de la région du canal de Schlemm vers le système veineux épiscléral dans lequel elles se terminent. Ces veinules renferment généralement

du bleu de Prusse.

Gomment sont injectées les lumières vasculaires plus ou moins complètement incluses dans le réticulum sclérocornéen et qui représentent le canal de Schlemm du porc? Nous savons déjà que les mailles de réticulum sont parfaitement et régulièrement remplies de bleu de Prusse; or il n'en est pas de même des canaux de Schlemm ; on

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peut trouver l'un d'eux tout à fait vide au contact d'une lacune complètement remplie de bleu. Voici donc, nous semble-t-il, deux faits à opposer l'un à l'autre : injection régulière des mailles du tissu trabéculaire, irrégulière des canaux de Schlemm. Il nous faut donc sinon nier complètement, du moins douter qu'il y ait des communications ouvertes entre ces deux ordres de cavités.

Quand l'injection a pénétré dans le canal de Schlemm par quelque manière que ce soit, il est facile de comprendre comment elle arrive dans les veines épisclérales, puisque le canal communique avec ces dernières par des veinules intra-sclérales.

Le chien et le chat nous ayant donné des résultats identiques, nous nous contenterons de décrire les faits observés chez le premier. Ayant tué un jeune chien par hémorragie nous avons fait l'injection de la chambre antérieure immédiatement après la mort, les yeux étant encore dans l'orbite. On constate sur les coupes que le bleu de Prusse a rempli complètement l'espace cilioscléral, dissocié le muscle ciliaire en lames superposées, et pénétré très loin en arrière dans l'espace suprachoroïdien. Il existe chez le chien et le chat, dans les parties antérieures de la sclérotique, des veinules intrasclérales extrêmement volumineuses, elles sont remplies par la masse à injection. On les trouve assez souvent réunies à la région du canal de Schlemm par des anastomoses qui plongent obliquement vers le réticulum scléro-cornéen et sont également injectées. Mais ici, comme chez le porc, nous constatons une certaine opposition entre la régularité de l'injection du réticulum et la constance beaucoup moindre du remplissage des canaux de Schlemm.

Chez l'homme, l'injection des veinules épisclérales par

la chambre antérieure est également possible ; mais l'examen des coupes n'est pas plus démonstratif que chez le chien et le porc.

On voit, en somme, qu'en se rapportant uniquement et sans idée préconçue aux résultats des deux ordres d'injection chez les mammifères, on est simplement en droit de conclure que le canal de Schlemm est en communication ouverte avec les veines. Quant au fait incontestable de son injection par la chambre antérieure, il est, chez les animaux étudiés, d'une appréciation très difficile : on ne peut, nous semble-t-il, ni affirmer que la paroi interne du canal de Schlemm présente des orifices ouverts dans la chambre antérieure, ni acquérir la conviction que la facile déchirure de cette paroi est la seule cause de la pénétration dans le canal d'un liquide non diffusible tel que le bleu de Prusse.

Il y a là, en somme, un problème difficile. Mais il existe heureusement pour la solution de la question un objet d'étude, c'est-à-dire un type de canal de Schlemm modifié de telle façon que l'étude en est relativement aisée. Nous voulons parler du canal de Schlemm de la poule.

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