RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Je crois bon, pour mettre en relief celles de mes conclusions auxquelles j’attache la plus grande importance, de les réunir dans un chapitre distinct, sous forme de propositions générales.
T. — Des caractères particuliers d’organisation font des veines du membre inférieur un système tout spécial, à certains points de vue. — Les différences anatomiques qui les séparent des autres veines résident ; V dans leur texture ; 2“ dans la multiplicité des anastomoses.
H. — Les différences de texture répondent à la nécessité de combattre les effets de la pesanteur ; les anastomoses ont pour destinations spéciales : 1" d’équilibrer la tension dans les groupes de veines voisins les uns des autres; 2" de tirer profit de la contraction des muscles pour favoriser la marche du sang ; 3“ d’ouvrir à ce liquide de larges voies d’écoulement.
La disposition en réseau des veines superficielles remplit la première et la dernière de ces conditions; la pre-
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nüèrc est (3galeMioiii salislaitc pai- J es coiiirnunications des veines profondes entre elles ; enfin les anastomoses des trônes superflciels avec les profonds, e|ui traversent les muscles ou gagnent tout de suite leurs interstices, répondent à la seconde.
III. — La circulation veineuse intra- musculaire présente plusieurs types, dont les principaux sont : ta disposition en grands courants qui parcourent les muscles dans une partie ou la totalité de leur longueur ; la disposition en arcades. Les premiers sont représentés par une branche anastomotique et une veine essentiellement musculaire juxtaposées ; les branches musculaires naissent par des rameaux uniques. La circulation en arcades appartient en propre aux muscles; celles-ci sont formées par des vaisseaux nés dans ces organes.
IV. — Des canaux d’un ordre spécial, qu’on peut appeler canaux de sûreté, sont annexés à quelques-unes des veines du membre inférieur ; ils ont deux attributions distinctes, suivant leurs connexions avec les troncs dont ils proviennent: les uns, canaux de sûreté de M. Verneuil, mettent en communication des segments d’une même veine séparés par des valvules et y équilibrent la tension ; les autres, que j’appelle canaux de dérivation, servent de voie d’échappement pour le sang, quand la circulation est gênée ou interrompue dans les troncs qui leur donnent naissance ; les uns ont pour rôle de débarrasser d’une partie de leur contenu les veines qui doivent passer sous des anneaux fibreux; les autres s’opposent à l’arrêt de la circulation, pendant la contraction des muscles, dans les anastomoses intra-musculaires, ou
dans le canal longitudinal représenté par les arcades veineuses.
Y. — Presque toutes les veines profondes sont accompagnées par des artères ; mais le calibre de celles-ci est souvent disproportionné à celui des premières. Certaines branches anastomotiques et les veines en plexus font seules exception à la règle générale. Les nerfs n’ont souvent que des rapports peu intimes avec les vaisseaux.
VI. — Les parties fibreuses en contact avec les veines sous forme d’aponévroses, d’orifices ou d’anneaux, jouent un rôle de protection. Les orifices en gouttières et les canaux sont disposés de manière à permettre même un certain degré de dilatation des vaisseaux. Leurs dimensions restant toujours les mêmes, ils ne peuvent comprimer que des vaisseaux qui ont déjà subi une dilatation pathologique.
YII. — Le seul rôle des valvules est de s’opposer au reflux du sang et nullement de lutter contre la pesanteur. Elles déterminent la direction du courant dans les branches anastomotiques: au pied, l’écoulement y a lieu des partiesprofondes vers les superficielles; dans le reste du membre, de la couche sous-cutanée vers le centre.
YIll. — La simple pression du pied contre le sol peut avoir de l’influence sur la marche du sang. La contraction des muscles y contribue puissamment, à condition d’être énergique, intermittente, et de ne pas s’exercer en même temps sur toute l’éteudue de l’arbre veineux du membre inférieur; dans les conditions opposées, elle amène la
(lilalalioii des veines, en augmentant la tension dans tous les vaisseaux à sang noir de la jambe, par un mécanisme à peu près scmblalde dans les veines extra- ou intra-miisculaires.
IX. — La reproduction fréquente de ces conditions défavorables à récoulement du saug, produit rinsuffisaiice des valvules dans les veines profondes et, paisuite, les varices des veines superficielles. La théorie de M. Verneuil est confirmée par les déductions physiologiques qui découlent de l’observation anatomique.
X. — Les effets de la pesanteur étant les mêmes par rapport à un point de la paroi d’une veine quelconque, que l’écoulement du sang y soit lent ou rapide, puisque dans ces deux -cas la hauteur delà colonne liquide est égale;, d’autre part, les variations de la pression subie par la paroi devant être rapportées uniquement aux modifications de la tension, cette première force n’a aucune influence directe sur l’apparition des varices; la résistance qu’elle oppose à la circulation veineuse est aussi grande pendant la marche que pendant la station.
XL — Les obstacles mécaniques n’agissent le plus souvent dans la pathogénie de la pldébectasic que sous l’influence d’une cause plus générale, d’une jirédisposition congénitale prouvée par l’hérédité.