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LA RESPIRATION ET LA CIRCULATION PENDANT LA MÉTAMORPHOSE

Le type qui nous a paru le plus favorable pour ce genre d'études est le crapaud accoucheur {Alytes oô^/^/rica/w); d'abord, parce que Torifice expirateur de la larve {spiraculum) est ventral et médian, tandis que chez les autres types sur lesquels nous pouvions opérer, il est latéral; ensuite, parce que les larves d'Alytes sont assez volumineuses.

Un coup d'œil rapide sur les modifications extérieures nous fournira des indications desquelles nous aurons à tirer profit dans la suite. Avant la sortie des pattes antérieures, les larves s'agitent régulièrement dans leur aquarium. De temps en temps, elles viennent à la surface pour faire provision d'air. Elles projettent hors de l'eau, non seulement les orifices nasaux, mais aussi la bouche. Nos observations nous portent même à croire que .c'est parla bouche qu'elles aspirent l'air pour Temmagasiner. Le fait est difficile à saisir avec exactitude. Mais l'examen d'un autre type d'Anoures, Bufo vulgaris^ fournit des données plus nettes. Lorsque les larves de crapaud sont réunies en grande quantité dans un bassin de petites dimensions, on les voit venir à la surface portant en avant et un peu obliquement leur face ventrale. Elles arrivent donc à l'air en quelque sorte couchées sur le dos. Les orifices nasaux restant sous l'eau, le bec corné fonctionne à la façon d'une ventouse pour prendre de l'air et en rejeter pendant un temps

6 MÉTAMORPHOSE DES AMPHIBIENS ANOURES

assez long. Mais revenons aux larves d'Alytes. Si Teau est suffisamment aérée, c'est un simple mouvement de va-et-vient très rapide; dans le cas contraire, les larves restent davantage à la surface.

Que devient la provision d'air? Il suffit d'ouvrir la cavité du corps pour constater que les poumons fonctionnent déjà. Nous allons voir que, lorsque l'animal plonge, il agit sur cette réserve gazeuse.

En effet, dès qu'il quitte la surface, il rejette par la bouche un certain nombre de bulles. Souvent, arrivé au milieu de son trajet, il se débarrasse encore d'une partie de sa provision, et il semble que cette nouvelle émission soit nécessaire pour qu'il puisse gagner le fond. Là, il n'est pas rare de le voir encore soulevé et obligé, pour se maintenir, d'abandonner une bonne partie de son air. Après un séjour de quelques minutes au fond du bassin, la larve retourne à la surface, et, au moment de l'atteindre, se débarrasse complètement pour faire une réserve nouvelle.

Il suit de là que, pendant une période très longue, alors que la

^ respiration branchiale est en pleine activité, la respiration aérienne

existe déjà. Ajoutons que les poumons semblent jouer un double

rôle : celui de système respiratoire compensateur, et celui d'appareil

hydrostatique.

Les pattes antérieures font leur apparition lorsque les membres postérieurs sont parfaitement développés. On constate qu'il reste, en avant d'elles, à la cavité branchiale, deux ouvertures en forme de boutonnières.

Schneider (44) indique ces ouvertures chez la grenouille rousse, sans s'occuper de l'importance qu'elles peuvent avoir et qui est grande, comme nous le reconnaîtrons plus tard; et, précisément parce qu'il s'adresse à un type dont le spiraculum est latéral, il commet une inexactitude en disant que ces orifices remplacent le spiraculum disparu. Si, à la sortie des pattes, le spiraculum latéral de la grenouille disparaftj ou mieux, se confond avec le nouvel orifice du côté gauche, il n'en est pas de même chez TAlyte à spiraculum médian : cet orifice impair existe en effet, comme

nous pourrons nous en assurer, jusqu'à la fin de la métamorphose. D y a donc, à partir d'un certain moment, coexistence de trois orifices. A partir de ce moment, la queue prend une teinte plus foncée qui se manifeste d'aborti à roxtréiuité; elle diminue de longueur ot disparaît en respace de quelques jours. Ce temps varie avec la tempo rature, A 22 ou 25 degr(?s, il peut ne pas dépasser cinq ou six jours.

On constate que cette disparition s'effectue sans qu^il y ait séjia* ration de fragments visibles. Il s'agit donc d'une rt^gression plutôt que d'une chute; et ce premier examen conduit Tobservateur à rechercher la destim^e d'un appareil aussi important.

En même temps que se produisent ces modifications, la région de la bouche se transforme totalement* Le mouvement de rotation du suspensorium \ qui fait avec les trabëcules un angle de plus en plus grand, est accompagni5 d'un allongement du ptérygoïde et d'un développement en avant du cartilage de Meckel, qui va constituer le maxillaire Jidiuitif,

Cette tUolution particulière du système squelettiqno est accompagnée d'une mue épithéliale partielle qui entraine la chute du bec corné et rélargîssement de Touverture buccale, à mesure ([ue s'accentue le mouvement de rotation du cartilage carré. A ce stade, la larve a pris la forme ramass<5e qui caractérise Tadulte; ses membres sont bien développés; elle cherche Taîr et meurt bientôt si on la laisse dans le milieu aquatique.

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