I. — LA RESPIRATION
1* Évolution du rythme. — Si l'on observe des têtards d'Alytes ou de grenouilles au moment où apparaissent les orifices latéraux qui vont livrer passage aux pattes antérieures, on assiste à un
i. Voir: W. K.-Parker:
i» Od the structure and deyelopment of the Skull of the Gommon Frog (Phil. Trans. CLXI, 4871).
îo Oo the structure, etc... Id... of Balrachia {Phil-Trans. CLXVI. Part 2. 1876).
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fait très marqué et très constant : c'est l'accélération du rythme respiratoire. Cette modification, se produisant juste au début d'une
Fio. 1. — Modifications des rythmes respiratoire et cardiaque : A, avant la sortie des pattes antérieures ; n, respiration normale ; c 5, respiration après production artificielle de spiracula complémentaires ; B, C. D, E, stades successifs de la métamorphose; n, respiration normale; se^ spiracula élargis; c, rythme cardiaque ; T, lignes du temps (secondes).
période caractérisée par des phénomènes anatomiques si remarquables, devait fixer notre attention, et c'est là l'origine de nos
recherches sur les fonctions de nutrition. La numération des mouvements respiratoires sur des larves suffisamment volumineuses est en somme chose &cile : on constate de cette façon que le rythme passe, d'un jour à l'autre, de 65 ou 70 mouvements à la minute, à 120 et même plus.
La méthode graphique nous présentait l'avantage de fixer ces données successives en faisant ressortir, mieux même que des chiffres, la modification importante que nous signalons K Le dispositif adopté pour ce genre d'expériences est des plus simples. La larve étant fixée sur le dos au fond d'un vase rempli d'eau, un léger palpeur, appuyé sur le plancher buccal et terminé par un stylet, vient inscrire directement sur le cylindre enregistreur les mouvements respiratoires. Les tracés désignés par les lettres AB CD E, page 8, représentent de haut en bas les modifications du rythme depuis le jour qui précède la sortie des pattes jusqu'à la fin de l'évolution larvaire.
Nous n'avons pas à insister sur les détails de ces tracés. En ne tenant compte que des oscillations dont la portion ascendante correspond à l'inspiration, la partie descendante à l'expiration, et de la ligne des temps marquant des intervalles d'une seconde, on se rend compte du seul fait sur lequel nous voulions insister, à savoir que le rythme s'accélère nettement à l'apparition des boutonnières expiratrices, pour se ralentir ensuite vers la fin de la métamorphose. On constate également que les variations inscrites sont sensiblement de même ordre que celles relevées par la simple observation ».
Si, dans la dernière expérience, on enlève rapidement au moyen d'une pipette l'eau dans laquelle est fixée la larve, on assiste à l'ap-
i . Les appareils spéciaux qui nous ont servi pour ces recherches ont élé mis obligeamment à notre disposition par M. le professeur Dubois. Nous sommes heureux de pouvoir lui exprimer ici toute notre gratitude.
2. Notons bien que tous les chiffres que nous donnerons, aussi bien pour la respiration que pour la circulation, se rapportent à une température comprise entre les limites étroites et fixes de 18 & 22 degrés. En effet, l'activité des fonctions de nutrition diminue rapidement avec la température et augmente avec elle comme le prouve le tableau ci-dessous.
Ce tableau représente les modifications subies par le rythme respiratoire d'une
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parition d'un nouveau rythme beaucoup plus rapide, dont les petites oscillations correspondent aux mouvements du plancher buccal brassant Tair comme chez Tadulte (fig. 2). Le rythme aquatiipie se continue quelque temps avec des pauses légères en expiration ; et prend fin par trois ou quatre forts mouvements inspirateurs. Suit une pause en expiration de 35 à 40 secondes, au début de laquelle on reconnaît encore de légères oscillations rythmées comme celles de la respiration aquatique et qui finissent par s'éteindre. Après trois ou quatre pauses semblables et de plus eji plus courtes séparées par les mêmes inspirations énergiques, on voit s'établir subitement le brassage régulier dont nous avons parlé, coupé encore toutes les 8 ou 10 secondes par trois ou quatre mouvements successifs beaucoup plus puissants.
Ce fait nous a paru intéressant parce qu'il offre en quelque sorte la reproduction expérimentale d'une transition physiologique à laquelle on assiste lorsque la larve réussit à trouver un point d'appui à la surface de l'eau vers la même époque, c'est-à-dire, à
larve d'Alyte soumise & diverses températures comprises entre 2 et 35 degrés. Aces deux points extrêmes, les mouvements ont tellement perdu de leur amplitude qu'ils deviennent imperceptibles à Pceil.
La même remarque pourrait rendre compte des variations que Ton observe dans la durée de la métamorphose. Dans la suite de ce travail, il nous sera impossible dlndiquer des stades successifs. La longueur de la queue ne pouvant donner une indication précise, le temps seul serait susceptible de fournir des repères. Or, révolution peut être ralentie ou accélérée par des causes plus ou moins difficiles à saisir, mais parmi lesquelles on peut placer à coup sûr les variations de température, même de minime importance.