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CONCLUSION. — DÉFINITION DE LA MÉTAMORPHOSE

LA GLYCÉMIE ASPHYXIQUE.

La conclusion naturelle de toutes ces recherches sera une définition de la métamorphose chez les Anoures.

Au point de vue anatomique , c'est une période qui commence à l'apparition des membres antérieurs, et qui finit à la régressio^i complète de la queue et de l'appareil branchial.

Au point de vue physiologique y elle est caractérisée par un ensemble de modifications qui se tiennent, et dont nous pouvons donner maintenant la succession régulière :

1** Conditions anâtomiques déterminant un abaissement de pression dans la cavité branchiale.

2** Ralentissement de la fonction et accélération du rythme respiratoire.

3"* Accumulation de Tacide carbonique dans le sang et ralentissement du mouvement circulatoire.

4* Histolyse, diapédèse et phagocytose.

Telle est la série expérimentale que nous annoncions plus haut (p. 100). Dans l'explication de l'évolution des Anoures, elle substitue le déterminisme physiologique à des hypothèses mal fondées ; ce déterminisme, nous pensons qu'il règne dans toutes les évolutions, et nous sommes convaincu, en particulier, qu'on pourrait le rechercher avec fruit dans divers cas de métamorphose.

Quelques expériences finales ajouteront peut-être quelque chose aux éléments de cette définition physiologique, et nous permettront d'en préciser la formule.

Les modifications histologiques que présente le foie pendant cette période, les rapports qui existent peut-être entre ces modifications et celles des autres tissus, nous ont conduit à rechercher le glycogène total contenu dans une larve à différents stades. Toutes les opérations, faites suivant le procédé de Brucke, nous ont donné le même résultat : absence totale de glycogène. Sur ce point, nous ne faisons que confirmer les données de Claude Bernard (12) qui n'a pas trouvé de glycogène chez le têtard.

La recherche du glycose total, à l'aide de la liqueur de Fehling titrée, nous a donné des faits plus intéressants. Des têtards d'Alytes, pesant en moyenne 3 grammes au début de la métamorphose, servaient pour cette étude. La quantité de sucre était suffisante pour permettre des dosages sur les animaux isolés.

La moyenne de cinq ou six opérations au lendemain de la sortie des pattes nous donnait le chiffre énorme de 28 milligrammes avec des oscillations de 25 à 30.

A la fin de la métamorphose, la moyenne tombait à 18 milligrammes. Or, avant cette période, nous n'avons pu déceler de sucre chez nos larves. La métamorphose serait donc caractérisée par une production abondante de sucre.

Ces faits, et particulièrement, l'abaissement de la courbe du glucose à la fin de la transformation larvaire, nous ont paru rappeler les résultats exposés par Dastre dans son travail sur la glycémie

il6 MÉTAMORPHOSE DES AMPHIBIENS ANOURES

asphyxique (16). Dastre a montré, en effet, que Tasphyxie a toujours pour conséquence une hyperglycémie ; Y hypoglycémie indiquée par Claude Bernard ne serait qu'une conséquence de l'asphyxie longtemps prolongée, et résulterait de l'épuisement vital des réserves que cette asphyxie a provoqué. Le diabète curarique n*est qu'une forme du diabète asphyxique. Dastre rappelle & ce propos le fait suivant tiré des leçons sur le diabèle (11) : « Dans « une de nos expériences, écrit Claude Bernard, nous produisions « à volonté l'hyperglycémie en ralentissant le jeu de l'appareil à « respiration artificielle. »

A quoi attribuer cette production considérable de sucre pendant la métamorphose ? La transformation des corps figurés dont nous avons parlé tant de fois, corps rappelant par certaines réactions la matière amyloïde, donnerait-elle du glucose en même temps que du pigment? En somme, y aurait-il une relation entre la formation des produits chromatiques figurés, et l'accumulation du sucre chez la larve? En rapportant le fonctionnement des cellules hépatiques au ralentissement du cours du sang suivant l'idée de Wurtz, la larve tout entière, avec sa circulation ralentie, se trouverait transformée momentanément en un vaste foie donnant du sucre en abondance, sans l'intermédiaire du glycogène. Mais, ces considérations sont du ressort de l'hypothèse. Pour ne retenir que les faits, nous dirons qu'une production considérable de glucose au début de la transformation larvaire, un ralentissement dans cette production à la fin de l'évolution, nous semblent rappeler les faits signalés par Dastre. Us s'ajoutent à la série expérimentale que nous venons de donner pour montrer dans la métamorphose : un ensemble de phénomènes asphyxiques.

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