RÉSUMÉ CRITIQUE DES TRAVAUX ANTÉRIEURS SUR LE MICROBE DU CHOLÉRA
Avant les recherches de Koch, divers auteurs s’étaient attachés à l’examen des bactéries contenues dans les selles des cholériques, sans y découvrir aucun microbe qui parût présenter une valeur spécifique.
Les premiers résultats positifs furent obtenus par Koch, et exposés à la première conférence de l’Office sanitaire de Berlin, le 26 juillet 1884“.
Ce n’est qu’après de nombreux examens de selles cholériques, après de nombreuses autopsies, que Koch a pu certifier l’existence, dans le choléra, d’une bactérie spéciale, caractéristique par l’aspect de ses colonies sur la gélatine, et à laquelle il a donné le nom de komma-baoillus (bacille-virgule). Koch n'a trouvé son bacille que dans l’intestin : soit dans le liquide diarrhéique, soit dans l’épaisseur de la muqueuse. Il nel’arencontrénidansle sang, nidanslesviscères.Cebacille a certainement été entrevu par MM. Strauss, Roux, Nocard
■ Ce travail fera l’objet d’un mémoire plus détaiUo', dans un cQle des Arebîres de Physiologie,
* Semaine médicale, 1884, n*» 32, 34, 85, 37.
toe ordinaire, an bout de 3 ou 4 jours, une culture presque pure de bacilles-virgule- Ceux-ci disparaissent quelques jours plus tard, pour être remplacés par les bactéries de la potréfection.
Klebs et Ceci ont remarqué sur l’Agar-Agar l'apparition de cocci arrondis, qui seraient pour eux les spores du bacillevirgule. En ensemençant un tube avec ces cultures, ils ont
Le D* Ceci a obtenu la mort, chex les cobayes et les lapins, en injectant dans l’intestin grêle une culture pure datant de a â 4 jours. Quelques animaux ont présenté de la diarrhée ; le
- L’injection duodénale de liquide de culture privé du bacille-virgule par la filtration, ou bien stérilisé par la chaleur, a déterminé sur un cobaye, en moins d’une heure, à la dose de 3 à 4 centimètres cubes, la mort avec des phénomènes d’algidité.
L’injection péritonéale a donné le même résultat. Van Ermengem s’est assuré que le bacille-virgule, retrouvé dans l’intestin des animaux qui avaient succombé à l’injection duo-
nombre dans l’iléon, au milieu de la quantité prodigieuse de bactéries qui y fourmillent. Dans les cas prolongés au delà de 24 heures, on trouve au contraire plus de bacilles-virgule
le jHetoplasma résiste à l’action des matières colorantes. Le
sement localisé du revêtement ^
■ Nous avons recherché tout particulièrement les microbes dans les viscères des cholériques.
Le 10 novembre, à une autopsie pratiquée à l’Hôtel-Diou par M. le professeur Comil, M. Babès a inoculé dans un tube de gélatine un petit fragment du foie et du rein d’un cholérique. Nous avons vu se développer dans ce tube de nombreux bacilles-virgule, quelques miorocoques et quelques bâtonnets.
Le 22 novembre, nous avons inoculé sur 5 tubes le foie et le rein d’un autre cholérique L
Le 23 novembre, nous avons inoculé le foie et le rein de notre autopsie n” 7, provenant d’un cas rapidement mortel. Nous avons obtenu dans ces deux derniers cas des résultats positifs ; c’est-à-dire une culture impure de bacilles-virgules.
même celle d’une courte spirale.
Nous a-çons rencontré ces organismes soit libres au milieu des globules rouges, soit dans l’intérieur ou à la surface des globules blancs qui en contiennent souvent plusieurs à lafois. Nous les avons observés parfois de loin en loin dans les vais-
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loppement d’une quantité énonne de virgules. Au bout de quelques jours, les autres bactéries prennent le dessus, et les bacilles-virgule semblent disparaître; on ne les retrouve plus que très rares dans la pellicule superficielle qui recouvre la gélatine liquéfiée, et il faut employer la méthode des plaques pour rendre leur présence évidente.
de la gélatine sont déjà plus étendus que les colonies situées dans la profondeur. L’influence de l’oxygène se manifeste là sur ces colonies toutes jeunes du bacille-virgule, qui est essentiellement aérobie.
mètce alors qa&les-demièréEsé présentent encore comme de simples points.
Oute cettedifférence remarquable dans le diamètre des coloniesdn même âge, celles du bacilledePiuMer ne présentent à aucune période de leur développement les différentes zones de
mais ou observe le long de la colonie en forme de clou deux parties bien distinctes : l'une plus claire, périphérique; l’autre traie présentant l’aspect d’une petite spirale granuleuse de ite plus foncée et tirant légèrement sur le brun. Cette pale est constituée par un amas de bacilles-virgule qui t tombés au fond de la gélatine liquéfiée. La culture du bacille de Finbler offre encore à ce moment une légère excavation superficieUe, mais la colonie présente toujours sa teinte grisâtre, son aspect granuleux presque uniforme.
rise à a ffir mer que ces denx.inicrobes sont aussi distincts rnn de l’autre dans la gélatine par l’aspect de leurs colonies, qu’ils se montrent semblables sur lés préparations colorées, soit fraîches,, soit après dessication. Leurs cultures dans les tubes se comportent, d’une façon absolument analogue pour la formation dti clou et de la bulle superficielle, à part les différences que nous avons signalées dans la rapidité de leur développement et dans l’aspect de la colonne liquéfiée.
Le bacille de Finkler, au bout de deux à trois Jours, détermine la liquéfaction complète du. tube ensemencé, qui présente alors au fond une certaine épaisseur d’une couche grumeleuse et opaque, taudis qu’on observe: à la superficie une pellicule
grisâtre.
Le.béRfil«S.de Koch produit le même résultat, seulement quelques Jours plus fard, si on le laisse à une température voisine- de 25°. Si on maintient au. .contraire le tube à une température de 15“ ou 16“ seulement, ou bien si la gélatine n’est pas très sensible, la liquéfaction- s’arrête. On -y observe, une pellicule superficielle recouvrant la partie: liquéfiée dont' la lüuite inférieure est constituée par le dépôt granuleux décrit plus haut. Ce dépôt inférieur remplit également la-: portion persistante du clou. i , i
Koch a mis en lumière depuis longtemps, que le baciller : virgule ne se développe bien -qu’au-dessus de 16“; la tempé-rature la plus favorable à son développement est celle de 31“
fruits neutres, ou présentant une très faible acidité; sur le pain et les linges humides. On obtient aussi des cultures très rapides en ensemençant avec des bacilles-virgule la sur-
l’on conserve eh chambre humide à la température de 37».
Cette méthode n’a pas la rigueur des cultures sur milieux stérilisés et n’est basée que sur la grande rapidité du développement du bacille de Koch.
Le procédé de. MM. Rietsch et Nicati, qui exposaient en chambre humide des fragments d’intestin recueillis dans les autopsies pour y rendre plus évidentes les virgules, est donc bien sujet à critique.
.Le seul procédé, de recherche vraiment scientifique est celui des cultures sur plaques de Koch. On peut ensemencer parallèlement un tube de gélatine où se développent les divers microbes du liquide à examiner et qui pourra devenir le point de départ d’une nouvelle analyse par les plaques.
Mouvements et Morphologie da bacille-virpule.
Les mouvements et la morphologie du bacille-virgule s’étudient aisément en déposant sur une lame de verre une par-
bacille-virgule
TH-gule. Si l’on observe pendant ipielqnes heures nne de ces préparations dans nne chambre hnmide à la températtre de 20" environ, on remarqne bientôt ipne beaucoup de virgules s’allongent et se contournent légèrement en S. Ces filaments en S présentent déjà la trace d’un enroulement spiral. Use produit alors, vers la partie moyenne, un 'étranglement qui s’accentue peu à peu. Les deux virgules ainsi formées ne semblent plus unies que par un point presque imperceptible
jeunes colonies én forme de clou, cultivées dans des tubes. Quand, au bout de quelques jours, le développement des virgules se ralentit, on les' voit alors s’accroître en longueur et former des filaments en pas de vis. Ces derniers se segmentent et mettent en liberté les virgules qui les composent, si on les porte dans un nouveau milieu nutritif.
Au bout de soixante-douze heures environ sur les plaques de gélatine, au bout de quelques jours dans les tubes, de quelques heures seulement dansle bouillon, s’il est additionné de bile, on voit apparaître des formes nouvelles : Sur les plaques, au "bout de trois jours, la pellicule jaunâtre qu’on observe sur la surface liquéfiée présente une grande quantité de virgules et de spirilles très mobiles. Mais certains de ces éléments sont gonflés, augmentés d’épaisseur et présentent des points clairs, des points plus colorés, puis, à leur extrémité et plus tard sur leur trajet, se montrent chargés de petites sphères parfaitement rondes et plus colorées que le reste du bacille. Ces petites boules deviennent phis nombreuses, se substituent en quelque sorte au bacille qui disparaît au milieu d’elles, et constituent de petits amas irréguliers ou bien deviennent libres pour offrir dans le liquide de la préparation l’aspect d’éléments arrondis peu colorés ou d’élé-
ments ovales et d’aspect triangulaire à angles mousses plus colorés. Si nous examinons alors comparativement la pellicule superficielle, puis le dépôt inférieur d’un tube entièrement liçpiéfîé, nous n’observons guère que dans la pellicule superficielle la persistance d’une proportion notable de virgules types au milieu des éléments hérissés de boules ou arrondis que nous venons de décrire. Ces virgules sont presque toutes plus épaisses et comme légèrement tuméfiées.
On remarque parfois à l'une de leurs extrémités une sphère de 3 à 4 fl de diamètre, souvent elle-même hérissée de sphères
liquide. Les bacilles qu’on y rencontre sont déformés, décolorés, hérissés de boules plus ou moins volumineuses. On y observe des amas de boules assez volumineuses, qui, sans doute, sont les corps muriformes de Ferran. Les cristaux s’observeut surtout le long des parois du tube, et sont souvent visibles à l’œil nu.
Les cultures anciennes sur l’agar-agar offi'ent un aspect