CHAPITRE ni
ÎMIl
-coltures pures à la dose de 1 centimètre cttbe n’a pas déterminé d’accidents dignes d’être notés.
N’étant pas satisfait de ces résultats, encore plus négatife que ceux de l’injection duodénale, nous avons répété cette dernière expérience sur 4 cobayes et 2 chiens en injectant dans l’intestin, immédiatement avant le bacille-virgule, l/2à 1 goutte d’huile de croton mélangée avec 1 centimètre cube d’huile d’amande douce. 2 cobayes succombèrent en moins de 12 heures, présentant à l’autopsie l’absence de péritonite et une distension de l’intestin par im liquide séreux chargé de bacilles-virgule. 2 autres cobayes succombèrent au bout de 48 heures avec des lésions récentes de péritonite : leur intestin présentait de petites plaques gangreneuses grisâ-
C’est alors qu’ayant connaissance de l’expérience de Koch, nous l’avons répétée sur 14 cobayes à plusieurs reprises. 10 cobayes ont succombé dans la nuit, 3 avant la fin des premières 24 heures et 1 au bout de 36 heures. Ce dernier a présenté pendant 12 heures une diarrhée jaunâtre.
Nous avons d’abord recherché si les facteurs indiqués :
du choléra expérimental chez le cobaye, à l’état de torpeur où il plonge ses animaux par l’injection péritonéale. Voulant éviter l’injection de plusieurs centimètres cubes de liquide (1 centimètre cube pour 200 grammes), nous avons préparé
la fin du quatrième jour. Les 3 cobayes de la dernière expérience succombèrent tous. Ces résultats étaient très satis-
Pour nous assurer de l’action favorable de l’alcool, nous ■avons de nouveau inoculé dans le duodénum avec 1 à
4 gouttes de bouillon contenant des bacilles-virgule -à
un certain degré de dilution 3 cobayes plongés depuis une heure dans le sommeil alcoolique par injection stomacale. 2 de ces cobayes moururent dans la nuit sans trace de péritonite.
■ Nous n’avions d’ailleurs fait qu’une boutonnière péritonéale de 6 millimètres environ au voisinage du duodénum, et finies précautions de l’antisepsie. Le troisième survécut. Celles de nos expériences qui présentent le plus d’intérêt sont celles .qui nous sont personnelles, c’est-à-dire nos expériences avœ l’dcool. Nous les analyserons plus loin après avoir donné les
expériencès comme étant bien morts du choléra, par suite de l’inoculation du bacille-virgule.
Symptômes du choléra expérimental chez le cobaye.
L’injection d’alcool dans le péritoine ou dans l’estomac p)longe l’animal dans une torpeur alcoolique sur laquelle nous m’insisterons pas ; il se réveille en général au bout de i à 2 heures. S’il doit succomber en quelques heures. On remarque dès ce moment un affaiblissement notable du train ide derrière; l’animal reste affaissé; on sent au travers des parois du ventre l’intestin grêle rouler sous le doigt. Si on le qdace isur une table, ses pattes ne lui obéissent plus, et s’y appuîenl non-ralsivement et par saccades, sans le faire pro- -gressec. Le poU est sec et hérissé. Quant on fient l’ animal dans la-main, les quatre membres, surtout les postérieurs, se raidissent et semblent être le siège de crampes. Il tombe ■alors dans l’abattement et succombe parfois au bout de 4 ou
5 heures seulement. La lempérahire slabaisse considérable-
mêlé de débris alimentaires, et parfois une petite quantité du bouillon injecté. Le duodénum, le jéjunum et la portion supérieure de l’iléon contiennent un enduit crémeux adhérent qui voile l’injection fine de la muqueuse sous-jacente.
L’iléon contient parfois des matières pâteuses, et le plus souvent une certaine quantité d’un liquide incolore, contenant en suspension de petits grumeaux blanchâtres. Nous avons trouvé, 5 heures seulement après l’inoculation, la partie terminale de l’intestin grêle déjà remplie de ce liquide séreux et le cæcum occupé par une diarrhée jaunâtre. Si on lave la muqueuse intestinale par l’action d’un filet d’eau, on remarque qu’il persiste toujours à sa surface une mince couche crémeuse souvent un peu grisâtre et très adhérente;
(pi’on s’approche dn cæcnm. Les plaques de Peyer sont saillantes, entourées d’une collerette rouge, et l’on observe entre les foUicules lymphatiques, d’un blanc rosé, un réseau vasculaire finement injecté.
L’estomac présente parfois des plaques congestives ou de fines arborisations. Le plus souvent, même dans les cas d’ingestion répétée d’alcool à 40°, la muqueuse n’oftre aucune
Quand la mort arrive entre 24 et 30 heures, l’iléon et une partie du jéjunum contiennent en général un liquide séreux assez abondant. Toujours la partie supérieure de l’intestin grêle renferme un mucus crémeux, d’ailleurs à peu près normal chez le cobaye dans le duodénum, au-dessus de l’ampoule de Vater. Le cæcum est rempli de diarrhée jaune très
L’examen méthodique du liquide des différents points du tube digestif nous a fait reconnaître que l'estomac contient souvent dans son mucus des bacilles-virgule; que ces bacilles, dans les cas foudroyants, sont surtout abondants dans le liquide crémeux du jéjunum, mais qu’on les retrouve déjà en grande quantité au bout de 3 à -4 heures, dans les cas foudroyants, à la fin de l’iléon.
Dans les cas prolongés, le bacille-virgule existe surtout dans l’iléon et dans le cæcum.
Nous l’avons trouvé pendant la vie, par la méthode des plaques, dans la diarrhée de plusieurs cobayes.
La présence du bacille-virgule dans l’estomac, dans les cas prolongés, paraît due au reflux du contenu de l’intestin grêle.
appréciable. Par l’une ou l’autre de ces voies, il nous paraît provoquer une hypersécrétion du liquide intestinal qui est alors légèrement alcalin. L’estomac reste acide dans le cas
fois, soit mieux deux ou trois fois, à 24 heures d’intervalle, une certaine dose d’alcool à 40% la réaction de la muqueuse stomacale perd son acidité, pour devenir neutre ou très légêr
Le bacille-virgule devait donc, dans ces conditions, fran-
résistance vitale- . ;
Un dernier détail, non sans importance, complétera cette étude : l’estomac du cobaye, nourri de substances végétales, est toujours rempli d'un pâte verdâtre très acide, qui s’im-
par la méthode de l’alcool en injection stomacale, U est indispensable de nourrir les cobayes exclusivement au pain, au son et au lait, afin que leur estomac ne contienne plus qu'une substance assez liquide.
heures avant l’autopsie. La vessie était vide dans tous les cas.
Le rein nous paraît présenter un certain degré de néphrite. Nous nous gardons bien de conclure ici du cobaye à l’homme; mais en présence de l'analogie si grande des deux bacilles-virgule, soit dans leur morphologie, soit dans leurs colonies sur la gélatine, soit encore dans leur action pathogène sur le cobaye, il serait bien intéressant de pratiquer sur l’homme une série d’autopsies du choléra nostras, et de suivre à cet effet la méthode anatomique et expérimentale qui nous a servi
L'eau potaBIe pent renfenner, aussi bien que ceux èBe-Ia fièvre typhoïde, les germes du choléra, et donner naissance à des êpidêinies circonscrites. Le bacille-virgule pent en-outre se cultiver aisément sur lès suhstances'alimenlaires humides; notamment sur te pain, à la température ordinaire. De tous les faits que nous venons de citer, et- des recherches qui
•yexafDires, paisque les germes du cMrâa peuvent rester lojiglemps inoffensife dans la cale du navire. Les passagers peuvent donc être admis à la libre pratique. L’administration des ports survmllera la déânfectiou des marchandises et de la cale du vaisseau. Pour ce qui est des précautions à prmidre contre les personnes, elles sont du ressort de la surveillance médicale. Tout médecin appelé à soigner un premier ctS de choléra devra vedler à la déànfecüon de toutes les matières contaminées. Jamais les selles ne seront jetées dans • une fasse ccunmune avant d’être désinfectées avec soin- Toutes ks personnes qui approcheront un cholérique devront être d’une propreté minutieuse et se désinfecter tout particu- Uèa-ement les mains.
- Ije meUleur agent de désinfection est le bichlorure de mercure, qui, à la dose de 1/11)0,000, empêche dqà le développement du baeille-virgule.
■ Nous conseillons pour les mains remploi d’une solution à 1/5,000. Le sublimé à cette dose n’est plus irritant et peut même servir, surtout à la dose de 1/10,000, en temps de choléra. aux ablutions de la face.
La désinfection des selles sera parfeite par l’addition d’une qœintité égale d’une .solution de sublimé à 1/1;000.
Les linges et les objets souillés seront désinfectés sûrement par le séjour: soit dans- une étuve sèche, jusqu’à dessiccation , soit dans nne solution de sublimé à 1/5,000 pendant une heure environ, ou bien dans l’eau bouillante, jusqu’à ce qu’ils en soient parfaitement imbibés.
2“ Précautions à prendre en temps d'épidémie.
Pendant les épidémies de choléra, on se préservera presque à coup sûr en usant avec rigueur des soins de propreté et eu surveillant la préparation des aliments.
Le linge blanchi en commun peut avoir été souillé par des effets contaminés. Et chacun sait combien les chiffonniers et les blanchisseuses payent un large tribut aux épidémies de choléra. On se préservera de ce danger en ne l’employant qu’après s’être assuré qu’il est bien sec.
Le pain devra être conservé à l’abri de tout contage. L’eau des fontaines publiques ne servira, soit à la boisson, soit aux usages culinaires, que convenablement bouillie. Un filtre poreux infecté pourrait contaminer à nouveau l’eau purifiée par
Les aliments choisis seront ceux qui subissent pendant la cuisson une température voisine de 100". On s’abstiendra de fruits, à moins qu’on en connaisse la provenance.
Toutefois, pour la viande et les fruits,, le bacille-virgule ne peut guère exister qu’à leur surface; et, par suite, la viande rôtie et les fruits lavés à grande eau, puis pelés avec soin, n’offrent pas grand danger d’infection.
pourra qu’être favorisée par la médication stimulante. Il est particulièrement utile de réchauffer les malades en algidité.
La période de réaction doit être surveillée avec soin, et nous croyons qu’avec une thérapeutique bien entendue, c’est surtout et presque exclusivement pendant cette période, si