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Recherches anatomiques et histologiques sur le Cyclostoma elegans

Les recherches que je publie sur l'anatomie et l’histologie du Cyclostoma elegans, ont été entreprises, il y a plus de trois ans, au laboratoire de zoologie de la Faculté des Sciences de Bordeaux. En abordant un travail de cette nature, je ne pouvais compter, assurément, sur de très grandes découvertes. Mais il m'a paru qu'une monographie complète, et aussi exacte que possible, est toujours un travail utile, même quand il s’agit

d'un type fort connu. Si j'avais, d’ailleurs, à m’excuser d’avoir

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entrepris une telle étude, je pouvais m’abriter sous l’autorité de savants considérables.

Il y a peu d’années, d’illustres naturalistes élevaient la voix pour encourager les chercheurs à abandonner momentanément la voie séduisante, mais périlleuse, de la généralisation scientifique, où tant d'auteurs mal préparés ont fait pour leurs débuts des chutes si rudes, et à consacrer tous leurs efforts à des études de détail. L'avenir utilisera ces matériaux, mais c’est en vain qu’on tenterait aujourd'hui d’édifier des généralisations précipitées, fondées sur des données incomplètes, que le premier fait nouveau peut renverser. « Nous sommes, a dit M. de Lacaze- Duthiers, à la période des monographies »; et encore : « On ne sait jamais trop de choses sur un même objet. » Pénétré de la vérité de ces paroles, je me suis restreint à l'étude du Cyclostome

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élégant; mais ce travail n’est, dans mon esprit, qu’une introduction à des recherches plus étendues, que j'ai l'intention de poursuivre dans le groupe auquel appartient cet animal.

Il y aurait le plus grand intérêt, comme le dit Simroth, dans un article paru récemment dans le Zoologischer Anzeïger, à rechercher les formes de transition qu’on trouverait peut-être dans les nombreuses espèces de Cyclostoma des tropiques, entre les animaux parfaitement adaptés, comme l’elegans, à la vie terrestre et à la respiration aérienne, et leurs ancêtres aquatiques, fluviatiles et marins. J'ai déjà fait quelques démarches pour arriver à me procurer ces animaux. Je fais ici appel à l’obliœeance de tous ceux entre les mains de qui pourrait tomber ce travail, et qui seraient en mesure de m'envoyer des espèces quelconques.

J'aurais désiré présenter en même temps, l'étude de l’adulte et celle de l'embryon. Il y a, en effet, quand on en a le loisir, un grand intérêt à étudier simultanément l’organisme adulte et les différentes phases de son développement, Mais, si l’on veut faire des études embryologiques, consciencieuses et complètes; si l’on veut suivre at!:ntivement l’enchainement des états successifs, condition essentielle pour résoudre les nombreuses questions qui se posent devant l’embryologiste, un tel travail peut entraîner bien loin, et exiger de longues années. Une difficulté d’un autre ordre contribua encore à me détourner de présenter, dans ce premier mémoire, l’embryologie du Cyelostome. Ne pouvant observer d’une façon continue l'animal dans ses conditions naturelles, je ne parvins pas, dans mes premières recherches, à découvrir les œufs et les embryons du Cyclostome. Moquin-Tandon et Claparède n’ont pas été plus heureux. J'ai cru devoir concentrer tous mes efforts sur l’anatomie de l’adulte, comptant bien reprendre, dès que cela serait en mon pouvoir, mes recherches sur la ponte et l’embryogénie du Cyclostome.

J'ai pu réunir tous les matériaux bibliographiques nécessaires à mon travail, à l'exception des travaux anciens de Lister et de Berkeley qui, vu l’époque à laquelle ils ont été publiés, ne présentent probablement pas un très grand intérêt. Le genre Cyclostome n’a pas été l’objet de nombreuses études anatoz miques, on ne peut guère citer que les recherches de Moquin-

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