‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Cyclostoma elegansChapitre 2 sur 29 · LUN ES · texte numérisé non relu

LUN ES

Tandon (1) et celles de Claparède (2), mais ces deux travaux, et surtout le premier, sont fort incomplets et bien souvent inexacts. Depuis cette époque, le Cyclostoma elegans a été étudié à plusieurs reprises, mais à des points de vue très spéciaux, par divers observateurs; ces travaux seront indiqués et analysés dans le texte et à leur véritable place.

Si j'ai pu rassembler et consulter tous les travaux concernant immédiatement l’anatomie du Cyclostome, je n’ai point négligé l'étude de toutes les questions qui se posent pour les mollusques en général et dont le Cyclostome pouvait me fournir la solution. Ces recherches ont été faites avec la plus grande conscience. J’ai essayé de donner à cette monographie la portée générale qui lui manque peut-être au point de vue morphologique, comme à la plupart des travaux analogues, en développant mes recherches au point de vue de l’anatomie générale. Il m'a fallu, dans ce but, consulter des travaux fort nombreux. Mais, dans les questions de ce genre, les plus récents possèdent seuls de la valeur. Je me suis, le plus souvent, borné à citer ces derniers, voulant être complet sans devenir trop long. J’ai fait mon possible pour atteindre ce résultat.

Les procédés que j'ai employés sont indiqués dans le texte, je décrirai seulement ici la méthode dont je me suis servi pour faire mes coupes.

Les objets, fixés par des procédés très divers, sont toujours colorés en masse, ordinairement par le carmin aluné et le carmin boraté. On les porte, après lavage à l’eau ou à l’alcool à 50°. suivant les objets, dans des alcools de plus en plus concentrés, jusque dans l'alcool absolu; le séjour dans ces divers liquides doit varier beaucoup, suivant la taille et la nature des objets, et ne peut être indiqué que par l'expérience personnelle. De l’alcool absolu, les objets sont portés dans un mélange d’alcool 3/4, chloroforme 1/4, puis enfin, dans le chloroforme pur, en employant deux autres mélanges intermédiaires. Les objets sont alors mis dans une solution saturée de paraffine dans le chloroforme. On

(1) Moquin-Tandon. — Aistoire naturelle des mollusques terrestres et fluviatiles de France. Paris, 1855.

(2) Claparède, — Beitrag zur Anatomie des Cyclostoma elegans. Müller’s, Archiv 1858.

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les y laisse quelque temps, puis on les porte dans une couveuse d’Arsonval froide, réglée pour 42°, qu’on allume au moment où l’on y place la préparation; on laisse de dix à quarante-huit heures, suivant la taille, et l’on porte dans quatre paraffines successives, dont le point de fusion est échelonné entre 42° et 60°. Si l’objet est caverneux et de grosse taille, il faut le laisser au moins une heure dans chacune de ces paraffines, auxquelles on a ajouté deux ou trois gouttes d'essence de térébenthine, qui assure la pénétration. J'ai fait construire, par M. Gendron, une petite étuve qui peut remplacer la couveuse d’Arsonval. Cette étuve ressemble à celle du laboratoire de Naples, que je ne connaissais pas à l’époque où j'ai fait faire la mienne.

C’est une petite marmite portée sur trois pieds. Elle est munie latéralement d’un robinet qui permet l’écoulement de l’eau; deux robinets placés beaucoup plus haut apportent, l’un de Peau froide, l’autre de l’eau bouillante; un tube latéral coudé montre constamment le niveau de l’eau. Un couvercle recouvre la marmite; une tubulure pratiquée dans ce couvercle permet de plonger dans l’eau un thermomètre, dont la colonne est toujours sous les yeux de l’observateur. Une petite cheminée laisse échapper la vapeur; le couvercle est encore creusé de plusieurs trous destinés à recevoir des vases en cuivre qui plongent dans le liquide, dont on peut modifier à volonté la température.

Avec cet instrument, il est possible de faire très facilement des inclusions en orientant les objets sous la loupe après avoir, au préalable, enduit les cuvettes de glycérine, pour empêcher l’adhérence de la paraffine. Il est nécessaire de faire refroidir brusquement la paraffine pour qu'elle soit homogène, car elle prendrait une structure cristalline qui ne permet pas d’y faire des coupes.

Les masses de paraffine refroidies brusquement prennent, au bout de quelques mois la structure cristalline. Il suffit, pour éviter cet inconvénient, de les faire fondre et de les refroidir de nouveau. |

J’ai monté toutes mes préparations dans le baume de Canada qui m’a donné des résultats excellents. Je possède des préparations très anciennes qui n’ont presque pas pâli. Je dois dire, cependant, que j'ai essayé tous les autres ROUES indiqués dans ces derniers temps, mais j'ai cru devoir m'en tenir à celui-là.

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Pour monter les coupes, je me suis servi de la méthode suivante : Les lames porte-objets sont recouvertes d’une couche de gomme laque dissoute dans l'alcool absolu, puis d’une couche mince d'essence de girofle et mieux de bergamote, qu'on étale au moyen d’une baguette de verre. On dépose alors les coupes, et les lames sont portées dans l’étuve à 50° ou sur le couvercle de ma petite marmite. On les laisse vingt-cif à trente minutes, elles sont alors passées dans un bain d'essence de térébenthine, jusqu’à ce que la paraffine soit entièrement dissoute, puis, montées dans le baume de Canada. Il peut se faire que, malgré toutes les précautions, les coupes se déplacent; on évite cet inconvénient en laissant quelques instants, dans l’étuve, les coupes imbibées d'essence de térébenthine; souvent, dans ce cas, il reste quelques bulles d'air, mais elles disparaissent bientôt. En employant l’essence de térébenthine à la place du chloroforme, comme véhicule de la paraffine, et l'essence de pétrole à la place de l’essence de térébenthine pour laver les coupes, la fixation sur la lame est beaucoup plus sûre, mais la contraction des objets est un peu plus forte. Toutes mes coupes ont été faites avec le microtome de Rivet, construit par Verick.

Mes descriptions se rapportent toutes à des animaux qui ont été orientés dans la position adoptée par de Lacaze-Duthiers la bouche en haut, le pied en avant, la cavité palléale en arrière et le tortillon en bas.

Qu'il me soit permis d'adresser ici mes remerciements à tous ceux qui, à des titres divers, m'ont aidé pendant le cours de ce long travail; et particulièrement à mon excellent maître, M. le Professeur Pérez, à qui je dois mon instruction zoologique tout entière, à M. le Professeur Gayon, à mon excellent ami Cagnieul. Je dois enfin rendre un hommage tout particulier à la mémoire de mon regretté collègue Dupetit, dont l’aide et les conseils m'ont été si précieux.

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