DE ONCE
s'anastomosent jamais entre eux directement, mais par l’intermédiaire du réseau fibrillaire.
Les fibrilles émanées directement des cellules, ou parties des gros prolongements, sont finement granuleuses et se résolvent souvent dans les dissociations avec la plus grande facilité, en débris granuleux. Elles s’anastomosent fréquemment les unes avec les autres: les points nodaux du réseau sont un peu renflés et se colorent un peu plus vivement que le reste de la fibrille par les divers carmins.
Il est nécessaire, pour compléter l'étude des éléments nerveux dans les ganglions, de faire des coupes très minces sur des objets traités par l'acide osmique et l'alcool, comme nous l'avons dit plus haut. On voit sur ces coupes, que, dans tous les ganglions, les cellules à gros prolongements occupent la périphérie. Pour les ganglions cérébroïdes, la couche cellulaire est plus épaisse sur la face dorsale que sur la face ventrale. Les parties centrales des ganglions sont remplies par des faisceaux de gros prolongements qui, partant des îlots cellulaires, se dirigent vers les autres cellules, les connectifs, les commissures et les nerfs. L'enchevêtrement de ces faisceaux est d’une extrême complication et défie presque toute description. La masse granuleuse qu’on trouve dans l'intervalle (la substance ponctuée de Leydig) est constituée en réalité comme on le voit admirablement sur des coupes très minces, à un grossissement de 300 à 400 diamètres, par le réseau des fibrilles, dont nous avons décrit les origines et la signification.
On trouve, au milieu de ce réseau, de nombreuses cellules araignées, dont les prolongements s’anastomosent avec les fibrilles du réseau, ou bien, comme dans les parties périphériques, avec les prolongements venus des grosses cellules. Les connexions des cellules araignées ne permettent pas d'admettre leur nature conjonctive, comme l'ont fait les auteurs jusqu’à ces derniers temps. Bela Haller est arrivé à reconnaître leur véritable nature. J'ai fait mes préparations et écrit mes notes, sans avoir connaissance de son travail. Je suis heureux de me trouver d'accord avec lui. ;
Les cellules unipolaires ont toujours leur prolongement tourné vers le centre du ganglion; quelquefois, dans les coupes, les cellules bipolaires et tripolaires montrent un prolongement
tourné vers la périphérie; il est bien facile de comprendre comment ces prolongements peuvent se retourner et revenir dans le ganglion. Les cellules unipolaires peuvent n'être en relations avec le reste du système nerveux que par l’intermédiaire d’une autre cellule, à laquelle les unit un gros prolongement, d'où ne partent pas de fibrilles (fig. 34, g). Quelquefois deux cellules sont unies par un prolongement très gros, qui présente des renflements (fig. 34, f).
Je ne veux pas essayer, je l’ai déjà dit, de suivre Waldeyer et d’autres auteurs, et de déterminer la fonction probable de toutes les formes de cellules nerveuses. Je pense néanmoins que l’on peut considérer les plus grosses cellules, par exemple, les cellules unipolaires du stomato-c'astrique, comme des cellules motrices; les cellules plus petites, bi ou tripolaires du lobule de la sensibilité spéciale, comme des cellules sensitives et peut-être, en ce point particulier, psychiques. Mais je crois devoir m'arrêter là dans ces suppositions. Quant aux cellules araignées, nous pouvons les concevoir comme des sortes de commutateurs placés sur le réseau fibrillaire, produisant des dérivations multiples et très complexes dans les courants qui les traversent. Je n’ai jamais pu voir les travées conjonctives qui, d’après quelques auteurs, partant du tissu conjonctif péri-ganglionnaire, pénétreraient dans les ganglions.
La petite taille des nerfs, chez le Cyclostoma eleqans, ne permet pas de faire de la structure des nerfs une étude complète. Malgré que j'aie fait de nombreuses recherches, mes résultats ne sont pas très nombreux. Je vais les exposer en peu de mots. Je ne suis pas certain, comme Waldeyer, que les gros prolongements des cellules ganglionnaires ne pénètrent pas dans les nerfs. Je crois au contraire que les nombreuses fibrilles qui constituent les nerfs, proviennent des prolongements des cellules ganglionnaires, considérablement réduits par les fibrilles qu'ils ont fournies, et du réseau fibrillaire des ganglions; je dois ajouter cependant, qu’en pénétrant dans les racines nerveuses, les prolongements cellulaires se ramifient rapidement, tandis qu’on les trouve souvent encore très volumineux dans les commissures et les connectifs.
Les cellules étoilées que l’on rencontre en grand nombre dans
re
les nerfs sont, à mon avis, de même nature que celles que l'on rencontre dans les ganglions, et contractent, avec le réseau fibrillaire des nerfs, les mêmes rapports que dans ces organes. Je n’ai pu, malgré tous mes soins, arriver à reconnaître, dans l’intérieur des nerfs, les lames conjonctives émanées du péri-
nèvre, que plusieurs auteurs, notamment Vignal y ont décrites.
Histologie des muscles et terminaisons nerveuses dans les museles.
Nous ne pouvons consacrer un chapitre spécial à l'étude anatomique des muscles ; nous les avons décrits au fur et à mesure que nous les avons rencontrés. Quant à leur histologie, nous sommes loin de prétendre la donner complète ; nous nous bornerons à indiquer quelques points intéressants de nos recherches.
On peut dire, d’une façon générale, que les éléments musculaires des Mollusques sont représentés par des cellules plus ou moins allongées et plus ou moins rameuses, sans membrane distincte. Chez le Cyclostome, toutes les fibres musculaires n’ont pas les mêmes caractères. Dans le pied, le collier du manteau, dans ce dernier organe surtout, les fibres sont très volumineuses, et leur contenu est parfaitement homogène. Dans le manteau et le tégument du tortillon, elles sont encore homogènes, mais beaucoup plus grêles. Dans le cœur, elles sont richement ramifiées ; leur contenu très granuleux renferme de nombreux grains de pigment. Les fibres qui composent les muscles du sac buccal, sont aussi très granuleuses, mais ne paraissent pas renfermer de pigment.
J’ai fait quelques recherches sur les terminaisons nerveuses dans les muscles; ces observations ont eu surtout pour objet les éléments musculaires du canal efférent. Ce sont d’ailleurs les seules que je viserai dans ma description. Je me suis servi du chlorure d’or à 1/100, seul, après l’action du jus de citron, et du chlorure d’or ayant bouilli avec l’acide formique; puis j’opérais la réduction dans l’acide formique à 1/4, à l'obscurité, suivant la méthode ordinaire. On ouvre le canal efférent traité par ces procédés, il est alors facile d'enlever avec un pinceau la couche d’endothélium qui le tapisse, et l’on voit, dans les points où l’or a été convenablement réduit, qui présentent une teinte violet sombre, le réseau nerveux et mêmne les terminaisons des nerfs dans les muscles. Le réseau nerveux est composé de mailles très nombreuses,