‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Cyclostoma elegansChapitre 8 sur 29 · PER · texte numérisé non relu

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son existence d’une facon certaine par la dissection; aussi n'est-il pas étonnant qu’il ait échappé à Claparède, bien que sa position, semblable à celle qu'il occupe chez beaucoup d’autres mollusques, où il est très facile à voir, eût pu lui servir de guide dans cette recherche.

Les cellules qui tapissent ce canal possèdent des cils vibratiles longs et puissants, qui les distinguent, ainsi que leur contenu, formé de granulations brunes à la lumière transmise, des cellules qui revêtent le mamelon. Ces dernières n’ont pas de cils et se colorent entièrement par les divers carmins. Elles s'arrêtent brusquement au sommet du mamelon, et se continuent avec l’épithélium de la cavité respiratoire.

Le canal rénal s’ouvre, d’une part au fond de la poche respiratoire, comme nous l'avons dit, et par l’autre extrémité dans la cavité du corps de Bojanus (fig. 16, «), chambre assez vaste, dans

laquelle font saillie de nombreuses lames, parties de la paroi.

dorsale et de la paroi ventrale de l’organe. Avant de les étudier, je reviendrai sur la structure du péricarde, et je décriraile canal qui fait communiquer cet organe avec la cavité rénale.

La chambre péricardique, dont la topographie et les rapports ont été naturellement décrits en même temps que le cœur, est un sac allongé, logé entre les deux feuillets qui constituent le manteau. Ce ne sont pas ces membranes tégumentaires qui constituent sa paroi; il en possède une qui lui est propre, et qui l'entoure complètement, excepté au point où s'ouvre le canal péricardo-bojanien. Cette membrane, dans les parties supérieures du péricarde, est intimement accolée aux feuillets du manteau. Mais, au fur et à mesure qu'on se rapproche du fond de la cavité respiratoire (fig. 17), l’espace qui sépare les deux membranes augmente progressivement. On voit, en ce point, de nombreuses lacunes divisées par des travées conjonctives, qui ne communiquent, dans aucun cas, avec la cavité péricardique. Le péricarde contracte des rapports intimes avec le corps de Bojanus, dans une partie de sa région dorsale. (Voir les figures 16 et 18 et surtout la figure 17). Leurs membranes, fort éloignées dans la région ventriculaire, sont accolées dans la région auriculaire, mais elles sont encore séparées par des lacunes très étroites, qui s’ouvrent dans les petites lames, naissant, sur cette partie du plancher, du corps de Bojanus.

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La membrane péricardique (fig. 16, 17 et 18) est doublée d'une couche de cellules continue, qui s'arrête seulement aux points où pénètre la veine branchiale et où sort l'aorte. Les caractères de ces cellules se modifient au voisinage de l'orifice du canal péricardo-bojanien. Ces cellules, dans les. points où elles peuvent être soumises aux frottements, forment une couche beaucoup moins épaisse que dans les parties du péricarde qui ne subissent pas le contact du cœur (fig. 16). Dans ces derniers points, elles prennent la forme de massues; leur pied se rétrécit, elles forment même, dans la cavité péricardique, des saillies séparées par des sillons dont on voit la coupe dans la figure 17. Partout ailleurs, ces cellules ont des dimensions beaucoup moins considérables, et se rapprochent de la forme cylindrique. Les cellules du péricarde ont une teinte générale jaune brun à la lumière transmise et renferment de nombreuses granulations d’un brun plus foncé. Leur noyau, de petite taille, est placé très près de l'extrémité du pied de la cellule. On voit toujours, dans les coupes, des cellules libres au milieu de la cavité péricardique. J'ai pu même, dans quelques préparations très rares, les retrouver dans la cavité du corps de Bojanus.

Les coupes en série montrent avec la plus grande netteté l'existence du canal péricardo-rénal, et permettent de reconstituer facilement son trajet. L'orifice péricardique de ce canal (fig. l,x) se trouve près de l’extrémité inférieure du péricarde, sur la paroi adossée au corps de Bojanus. La membrane qui tapisse ce canal, et qui se continue avec la membrane péricardique, est recouverte de cellules à contenu granuleux brun. Ces cellules sont surmontées de cils vibratiles longs et puissants, qui se rejoignent presque au milieu du canal (fig. 18, :). On voit, sur les coupes transversales, que cet épithélium est légèrement plissé.

La figure 18, : montre le point où les cellules en massue du péricarde se transforment brusquement en cellules vibratiles, à l'entrée de l’orifice infundibuliforme du canal, qui se rétrécit ensuite pour se dilater de nouveau. La figure 18 représente une

portion de coupe transversale de l'animal, se trouvant à peu près dans l’axe de cette première partie du canal; mais on voit que, ‘du côté du rein, l'extrémité de la section rencontre la paroi; c’est qu’en ce point le canal fait un coude très brusque. Nous pouvons

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le suivre sur les coupes suivantes, c’est-à-dire celles qui se rapprochent de l’extrémité inférieure du corps. La section est alors devenue un cercle (fig. 16,7), et son diamètre, comparé à celui de la première portion, montre que le canal s’est fortement rétréci. Il est très facile de voir dans la série des coupes, qu'il reste, jusqu'à son extrémité ouverte dans la cavité rénale, accolé au plancher du corps de Bojanus. Dans une série de coupes perpendiculaires à l’axe du corps, ayant en moyenne une épaisseur de % de millimètre, et à laquelle appartient la figure 16, huit coupes intéressaient le canal. On commençait à trouver la première portion du conduit péricardique; trois coupes avant d’arriver au canai rénal, qui dans ces sections était ordinairement coupé suivant son axe. Dans la figure 18, à cause de l’obliquité des coupes, et surtout du changement de direction du conduit, il se trouve coupé très obliquement. J’ai représenté (fig. 1, #) le trajet schématique de ce canal que je suppose vu par transparence.

La communication entre la cavité péricardique et la chambre rénale est donc parfaitement établie. Son existence a été reconnue chez tous les Mollusques qui ont été étudiés dans ces derniers temps. Cevedant M. Joyeux Laffuie. qui ne l’a pas retrouvé chez l'Oncidie dans ses premières recherches, persiste, malgré les affirmations contraires de M. Bergh, à nier son existence chez cet apimal. Les remarquables travaux de M. Grobben out attaché à cette question, un intérêt considérable. Mes recherches montrent, de plus, que le péricarde est un organe glandulaire, dont la sécrétion est représentée par le contenu des cellules brunes qui en tapissent la paroi. Ces cellules sont rejetées dans la cavité respiratoire par l'intermédiaire du rein. Ainsi on ne peut dire avec Jhering, au moins en ce qui concerne le Cyclostome, que le canal réno-péricardique ne possède qu'une valeur morphologique, sans avoir aucun rôle dans l’économie de l'animal.

Je ne suis jamais arrivé à faire passer une injection au bleu soluble, de la cavité péricardique dans le rein et réciproquement. Je n’attribuerais pas à ce fait, s’il était isolé, une grande importance, à cause de l'incertitude des injections, sur un animal de si petite taille. Mais de nombreux observateurs n’ont pas réussi davantage chez des animaux plus gros. On pourrait expliquer cet insuccès, pour les injections faites du côté du rein, par

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