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caire, qui perdent leur réfring'ence par le séjour dans l’eau, comme les cellules de la paroi des vaisseaux. Toutes les parties du corps du Cyclostome font effervescence par l’action de l’acide chlorhydrique, mais le dégagement de gaz qui se produit aux dépens du collier palléal est beaucoup plus abondant que partout ailleurs.
Pour faire l’étude de la cavité palléale, il faut inciser longitudinalement le manteau, et en rabattre les deux lambeaux sur les côtés. On voit alors (fig. 1) l’appareil circulatoire du manteau, tel que nous l’avons décrit. À gauche en OS, l'organe de Spengel qui sera étudié en même temps que le système nerveux, puis le cœur dans son péricarde, et le corps de Bojanus x, qui occupe le fond de la poche; à droite, les organes génitaux et le rectum.
Dans la dissection représentée dans la figure 1, la membrane qui passe du corps de Bojanus sur le rectum et qui tapisse le fond du cul-de-sac de la cavité palléale, c’est-à-dire le feuillet antérieur du manteau, a été coupée, afin de montrer les anses intestinales profondes, 13.
La membrane palléale est revêtue d’un épithélium dorsal assez différent de celui du collier. Les cellules, toutes de même nature, sont très minces et polygonales (fig. 20, 45 et 46), tandis que les cellules qui tapissent la face ventrale sont plutôt cylindriques et mêlées à un nombre considérable de cellules glandulaires muquenses (fig. 20, 45 et 46). Il est très facile de constater, dans l’intérieur du manteau, l'existence de deux plans de fibres musculaires très déliées, semblables à celles que l’on trouve dans la peau du tortillon. La partie moyenne est remplie par du tissu conjonctif, avec tous ses éléments : on y voit les grandes cellules de Leydig, qui constituent une sorte de gaîne pour les vaisseaux. Autour de ces cellules se trouvent les éléments pigmentés, les grosses cellules sphériques à granulations brunes et les cellules rameuses à granules jaunes ou noirs. Ces dernières sont plus nombreuses au pourtour des vaisseaux, qui apparaissent à la loupe comme des stries ciaires sur un fond brun, limitées par deux lignes plus foncées. Les cellules qui tapissent le fond de la cavité palléale, au niveau du corps de Bojanus et du péricarde, c’est-à dire du côté gauche, sont très développées, en forme de massue ; leur contenu granuleux absorbe vivement les matières
MS colorantes. Elles donnent aux régions de la membrane qu'elles revêtent une couleur blanchâtre (fig. 16 et 17). | Le plancher de la cavité palléale est recouvert d’un épithélium qui se continue avec l’épithélium dorsal de la partie supérieure du corps. Mais les cellules qui le constituent ont une épaisseur beaucoup moins considérable.
J'ai négligé jusqu'ici, volontairement, la description d’un organe important, déjà étudié par Moquin-Tandon, qui le décrit en ces termes : « En avant, contre le collier, les vaisseaux s’approchent, s’épaississent et produisent une dizaine de nervures ou rides parallèles, légèrement flexueuses, qui ont été regardées avec raison comme des branchies rudimentaires. » J'ai représenté (fig. 1, x) cette disposition; mais je n’ai pu dessiner tous les vaisseaux qui sont, en effet, au nombre de huit à dix, contenus dans des rides parallèles au bord du collier, et qui ne se retrouvent pas dans ce dessin. Ces rides sont difficiles à bien observer, en portant simplement l’objet sous le microscope. J’ai complété cette étude en faisant, sur un certain nombre d'individus, des séries de coupes du manteau, parallèles à l’axe de l’animal, et orientées d'avant en arrière. Ces plis ont un développement très variable, suivant les sujets. J’ai représenté, dans la figure 20, le plus bel exemple que j'aie rencontré. Il est vrai, comme on le voit par le plissement de l’épiderme dorsal, que la contraction musculaire a pu exagérer un peu la saillie des plis de la face antérieure. La comparaison avec d’autres membranes qui ontété fortement étalées sur une lame de liège, avant d’être traitées par le réactif de Kleinenberg: et l'alcool, montre cependant que cette influence est très peu considérable. On voit, dans la figure 20, la coupe des lacunes, qui, dans les cinq lames inférieures, se prolongent dans tout l’intérieur au pli. Cette disposition anatomique dans un organe voisin de la fente respiratoire favorise évidemment les phénomènes d’hématose en augmentant la surface respiratoire. Il était intéressant de vérifier la justesse de l’opinion de Moquin-Tandon, qui considère ces replis comme représentant une branchie rudimentaire. J’ai fait, chez la Bithynia tentaculata, des coupes de la membrane palléale, dont l’orientation est la même. L’une d’elles, passant un peu à droite de l’axe du corps, est représentée dans la figure 20’. 11 suffit d'y
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jeter les yeux pour être convaincu que la branchie de la Bithynie et l'organe problématique du Cyclostome sont des organes véritablement homologues. Il y a bien quelques différences entre eux, mais elles sont d'ordre secondaire; ainsi les cellules de revêtement, chez la Bithynie, sont plus développées, ont un contenu granuleux et sont surmontées de cils vibratils nombreux et puissants. 3
La branchie rudimentaire du Cyclostome, héritage de ses ancêtres aquatiques, n’a pas complètement disparu, parce qu’elle présente encore pour l’animal une certaine utilité en augmentant la surface respiratoire, mais elle s’est fortement modifiée et s’est considérablement réduite. Il faut, en effet, tenir compte dans la comparaison de ces organes, que la figure 20 représente un état de développement exceptionnel. Ces différences de développement très considérables d’un organe chez les individus d’une même espèce ont été indiquées avec raison par Darwin, comme caractéristique des organes rudimentaires en voie de disparition. La branchie du Cyclostome ne peut fonctionner comme branchie, car l’animal a perdu complètement la faculté de vivre dans l’eau. Si on le plonge dans ce milieu, il y périt très rapidement, le corps fortement distendu par le liquide qu’il a absorbé.
Lorsqu'on retire avec précaution l’animal de sa coquille, on trouve toujours une grosse bulle de gaz dans sa cavité respiratoire. Je ne sais comment elle y pénètre, car on ne voit pas très bien par quel mécanisme la poche respiratoire peut se dilater; mais il me parait certain qu’elle n’est jamais complètement expulsée. C’est cependant aux dépens de cette bulle de gaz, que se font les échanges respiratoires. Mais l’expérience suivante, semble indiquer que de simples phénomènes de diffusion gazeuse, s'effectuent par la fente respiratoire, et que, lorsque l’animal est contracté, l’air peut encore passer par les espaces vides qui existent entre la coquille et les bords de l’opercule.
J'ai pris un entonnoir dont le tube avait été fermé au chalumeau; l’entonnoir rempli de mercure fut renversé sur un bain du même liquide. Un certain nombre de Cyclostomes furent écrasés sous l’entonnoir. Au moment de l’écrasement, une petite bulle de gaz montait au sommet de l’appareil. Le reste de l’opération, qui consistait à analyser les gaz, fut conduit par M. Dupetit. Les gaz furent recueillis dans un tube étroit, pour faci.iter
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les lectures. Il y avait dix-neuf millimètres de gaz dans le tube; après l’action de la potasse, il n’en restait plus que dix-huit; le volume se réduit à quinze, après l'introduction d’une solution d'acide pyrogallique. Nous avions 5 du volume total d'acide carbonique, et + du volume restant était de l'oxygène. Les animaux qui avaient servi à l'expérience étaient restés deux mois dans un endroit très sec, au fond d’une armoire de mon laboratoire, et l’on sait que, dans ces conditions, ils ne sortent guère de leurs coquilles.
Il me paraît impossible de supposer que les phénomènes respiratoires, si peu actifs qu'on les suppose pendant cette période de repos, n'aient pas modifié la nature de la bulle gazeuse dans des proportions plus considérables. Il faut donc admettre qu'il s’est produit, entre l’atmosphère et la bulle d'air, des échanges gazeux tendant à rapprocher sa composition de celle de l’atmosphère. Je n’ai pu constater de véritables mouvements respiratoires; je ne vois pas non plus quel mécanisme pourrait les produire; j'admettrai donc que les phénomènes de diffusion sont les seuls agents de la purification de l’atmosphère confinée dans laquelle respire le Cyclostome. Sous l'influence de l'excitation produite par certains gaz méphitiques, le collier se contracte, s'applique intimement sur le corps et interdit, pour un temps, toute pénétration de ces gaz dans la cavité respiratoire.
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Le corps de Bojanus.
Le corps de Bojanus ou rein apparaît sur le corps de l’animal dépouillé de sa coquille, comme une tache vert olive, qui contraste avec les pâleurs grises du manteau situé au-dessus de lui, et l’éclatante blancheur de la glande à concrétions, placée audessous. La forme du corps de Bojanus est celle d’une lentille biconvexe; nous pouvons lui décrire une face dorsale et une face ventrale. La membrane qui recouvre la face dorsale présente à peu près la même structure que le reste du tégument du tortillon. Elle est formée extérieurement par un épithélium plat, appliqué sur un feutrage constitué par de très nombreuses fibres musculaires de petit diamètre. On peut voir sans injection se dessiner superficiellement, au-dessous d’elle, un réseau de lacunes, très larges dans la partie centrale, qui prennent à 'a périphérie l'aspect de véritables vaisseaux. La face ventrale ou antérieure se voit très bien dans la figure 1. L’incision qui divise le manteau passe à droite du corps de Bojanus, entre cette glande et le rectum, et se continue le long de ce dernier organe. La membrane de la face antérieure se confond avec celle qui revêt le fond de la cavité respiratoire; elle a été incisée tout en prenant soin de laisser intact l’orifice rénal. On voit, dans la figure 1, le lambeau qui flotte sur le rein. Sa couleur blanchâtre est due aux cellules granuleuses claviformes qui la revêtent et dont j’ai déjà parlé. Cette incision permet de déjetercomplètement le corps de Bojanus à gauche, de montrer sa face antérieure, la vésicule glandulaire, une partie du tube digestif et la glande à concrétions.
Le canal excréteur du rein est représenté vu de face dans la figure 1, #. La figure 17, 6, en montre une section faite parallèlement à sa direction. On voit, dans la figure 18, :, une coupe de ce canal faite obliquement et presque perpendiculairement à son axe. Ce canal est étroit, son orifice dans la cavité respiratoire est situé sur un petit mamelon. Il est fort difficile de constater