‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 21 sur 40 · ANN, SC, NAT., OCTOBRE 1874, 1, 9, — ART, N · texte numérisé non relu

ANN, SC, NAT., OCTOBRE 1874, 1, 9, — ART, N

6? Hi, SICARD.

environ de longueur et 0"",006 de largeur. Par places et particulièrement sur le trajet des gros vaisseaux, ces cellules épithéliales portent des eils vibratiles courts, à mouvements vifs. Ce fait a été indiqué avec soin par Williams dans les Limaces et-dans l'A. aspersa. Après avoir dit que cet épithélium ciliaire existe indubitablement sur différentes parties de la cavité respiratoire dans toutes les espèces de Limaces, l'auteur ajoute en note : «J'attire d’une manière loute spéciale l'attention sur ce point, parce que jusqu'ici tous les anatomistes ont nié la présence d'un épithélium ciliaire à la face intérieure de la chambre respiratoire des Gastéropodes pulnonés. J'ai mis ce fait hors de doute par des observations répétées (1). » Plus loin 1] dit encore : « Comme dans la Limace, la paroi interne de la chambre respiratoire de l'Helix aspersa est incontestablement revêtue d’un épithélium ciliaire sur différents points. On ne peut toutefois reconnaitre la présence de ces cils que sur le trajet des vaisseaux les plus volumineux, et par-ci par-là dans les dépressions qui les avoisinent (2). »

Chose singulière ! postérieurement aux travaux de Williams, l'existence même du revêtement épithélial a été mise en doute dans la cavité respiratoire des Gastéropodes terrestres, et Leydig, dans son Traité d'histologie comparée, dit n'avoir pu en constater la présence (3); pourtant celle-ci est manifeste par l'observation directe, et plus encore, si l’on traite un lambeau de membrane, par une solution du nitrate d'argent au 100".

La membrane respiratoire, dont la structure est essentiellenent musculaire, se compose de fibres qui, pour la plupart, suivent une direction perpendiculaire au grand axe du corps, mais qui s’entrecroisent avec d’autres fibres dirigées en sens divers. Cette membrane est donc contractile, et cette contractihité est évidente lorsqu'on dépouille de sa coquille un animal vivant; alors, en effet, on la voit se contracter el s'appliquer sur le plancher de la chambre pulmonaire. Ce phénomeme présente un intérêt général au point de vue du mécanisme de la respiration,

(4) Williams, loc. cit., p. 148,

(2) Ibid., p. 192.

(3) Leydig, loc. cit., p. 435.

RECUERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 63 car il montre que le renouvellement de l'air est lié à la faculté qu'a la poche pulmonaire de se dilater et de se contracter, et non pas aux seuls mouvements d’élévation et d’abaissement du plancher de la chambre pulmonaire, comme on le dit le plus souvent. Cuvier avait soupçonné qu'il devait en être ainsi. Il dit en effet : « La dilatation de la cavité pour prendre de nouvel air est due en grande partie à la contraction de la cloison inférieure, qui, s'aplatissant, repousse en dehors les organes qui sont dessous, tandis que la supérieure reste tapissant la concavité de la coquille. C'est un mécanisme analogue à celui de notre diaphragme. Il faut pourtant qu'il y ait des actions musculaires d’un autre genre, car, d’une part, l'animal respire et fait gonfler son poumon, même lorsque la portion de coquille qui le recouvre est enlevée ; d'autre part, il respire aussi lorsque, entièrement rentré dans sa coquille, il ne peut guère abaisser son diaphragme (1). » Ces acuons musculaires dont Cuvier reconnaissait la nécessité sont justement celles qui résultent de la contractilité de la membrane respiratoire.

Dans l'épaisseur de cette membrane, on constate l'existence d'organes glandulaires analogues à ceux qu'on trouve dans la peau, Le produit de leur sécrétion sert à maintenir la surface respiratoire dans un état convenable d'humidité. Ces organes glandulaires ne sont pas les seuls, et dans l'espèce qui nous occupe il existe en outre une glande qui, placée dans l'intérieur de la cavité pulmonaire, à son orifice au bord du pneumostome (2). Nous n'avons vu nulle part cette glande mentionnée ni décrite, et Van Beneden ne paraît pas l'avoir remarquée, car 1l n'en dit rien dans son Mémoire sur l'anatomie de l'Helix algira.

Elle est assez volumineuse, blanche, ovoïde et un peu réniforme; elle est placée derrière le collier, à côté du pneumostome et à gauche de cet orifice ; elle est appliquée contre la paroi antérieure de la cavité pulmouaire et adhère à cette paroi par la face qui lui correspond. Sa grande courbure regarde en haut,

(1) Cuvier, loc. cit,, p. 23.

(2) Voy. fig. 45 g.

ô! HE. SICARD.

la petite en bas; l’extrémité droite répond au bord du pneumostome et se confond avec le tissu vel tandis que l'extrénité opposée reste libre.

Les dimensions de cet organe sont assez considérables; mesuré dans son grand diamètre, il a un centimètre environ ; sa hauteur est de 4 à 5 millimètres, et son épaisseur de ? à 3 millimètres.

C’est une glande en grappe; en examinant au microscope un petit lambeau de la glande, on peut voir plus ou moins bien isolés les culs-de-sac formés par les acini (1). Si lon pratique une coupe transversale sur une glande durcie dans Palcool, on voit très-nettement la section de ces culs-de-sac glandulaires limités par du tissu conjonctif (2). Leur Bises est de 0"°,18 environ. On trouve dans leur intérieur des cellules glandulaires, de couleur jaunâtre, à contenu granuleux (3). Si l’on fait une coupe transversale suivant le grand axe de la glande, on voit un canal central dans lequel débouchent les aerni (4). Ce canal, au sortir de la glande, se dirige obliquement de gauche à droite, et après un court trajet de 2 à 5 millimètres à travers le tissu qui forme le collier, vient s'ouvrir extérieurement au voisinage du preumostone et à gauche (5). On aperçoit là, en effet, un petit orifice circulaire qui n’est autre que celui de ce canal excréteur. En pressant doucement sur la glande, on voit sourdre par cet orifice une matièré visqueuse, filante, ayant l'aspect du mucus. À l'examen microscopique, on y trouvedes granulations, des globules d’une matière très-réfringente qui paraît être de nature albuminoïde, des cellules d’épithélium prismatique, des cellules à contenu granuleux. La substance amorphe fondamentale présente un aspect strié qui s’accentue par l’action de lacide acétique.

Le liquide sécrété sert sans doute à lubrifier les bords de

(1) Fig. 46.

(2) Fig. 47.

(3) Fig. 48.

(4) Fig. 49.

(5) Fig. 50 ARTICLE N° 3,

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 65 ’orifice respiratoire. D'après M. Milne Edwards, en effet, les ords du pneumostome sont continuellement lubrifiés par des liquides visqueux sécrétés à leur surface, ou provenant des organes glandulaires situés dans l'intérieur de la chambre respiratoire (1). Nous avons constaté dans les ÆHelir (HT. aspersa) où l'on ne rencontre pas la glande que nous venons de décrire, qu'il existait dans les bords mêmes du pneumostome des follicules slandulaires qui ont sans contredit le même rôle et qui fournissent le liquide visqueux dont parle M. Milne Edwards comme étant sécrété à la surface des bords de cet orifice. Pour ce qui est des organes glandulaires mentionnés dans le même passage comme situés dans l’intérieur de la chambre respiratoire, nul doute qu'il ne s'agisse des follicules qui existent dans l'épaisseur des parois de cette chambre. — La particularité anatomique que nous avons observée dans le Zonites algirus est donc intéressante en ce qu’elle nous montre dans cette espèce, agglomérés et formant une glande assez volumineuse, les éléments qui, dans d’autres espèces, se trouvent répandus au milieu des tissus eux-mêmes.

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