‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 23 sur 40 · EN. SEA · texte numérisé non relu

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crètent en grande abondance ; aussi lui donnait-il le nom d’organe sécréteur de la viscosité (A). Dœllinger et Wohnlich (2), les premiers, avaient pensé que c'était un appareil de dépuration urinaire ; cette opinion fut confirmée par les observations de Jacobson (3), qui constata l'existence de l'acide urique comme produit de sécrétion, et depuis elle à été adoptée par presque tous les naturalistes. Nous disons presque tous, car ilen est quelques-uns qui n'ont pas accepté entièrement cette manière de voir. Moquin-Tandon, par exemple, conserve à cette glande, dans son Histoire naturelle des Mollusques de France, le nom de glande précordiale que lui avait donné Lister, « dénomination, dit-il, qui indique sa situation invariable et ne préjuge rien sur ses fonctions (4) ». En effet, ce malacologiste, tout en reconnaissant que la présence de l'acide urique donne à l'humeur sécrétée les caractères de lurine, attribue néanmoins à l'organe qui la produit d’autres usages. « La glande dont il s’agit, dit-1l, fournit encore la mucosité qui lubrifie la cavité respiratoire et les organes qui s’y trouvent. Enfin, et e’est peut-être sa fonction la plus importante, elle sécrète des granules calcaires destinés à la formation et à l'entretien de la coquille. » Cette opinion est aussi celle de M. de Saint-Simon (5). Nous ne faisons que la signaler, car elle est controuvée par les faits, et, d'accord avec l'immense majorité des observateurs, nous regarderons cet organe comme un rein.

Van Beneden, dans son Anatomie de l'AHelix algira, ne consacre à la glande rénale que quelques mots. Il dit : « L'organe de la viscosité, que M. de Blainville regarde comme un organe de dépuration, est situé dans les parois supérieures du sac pulmo-

(1) Cuvier, loc, cit., p. 26.

(2) Wobulich, Dissert. inaug. de Helice Pomatia et aliquibus aliis affinibus animalibus e classe Molluscorum gasteropodum, p.23. Wurtzbourg, 1813.

(3) Jacobson, Om blüddyrenes Nyrer og om Urinsyren, som ved dem hos nogle of disse Dyr afsondres (Das Videnskabernes Selskabs Afhandlinger, 1828, t. III, p. 324, et dans Journal de physique, t. XCI, p. 318).

(4) Moquin-Tandon, Loc. cit., p. 65.

(5) De Saint-Simon, Observations sur la glande précordiale des Mollusques terrestres et fluviatiles, in Journal de conchylivlogie, 1851, t. IL, p. 342.

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 67 naire, à côté du cœur et de la veine pulmonaire. Il est allongé, arrondi aux deux extrémités. Sa texture dénote sa nature glandulaire ; on l’apercoit à l'extérieur, à travers la peau qui recouvre le dos (1).

Cette glande, d’un gris sale, a la forme d'un triangle allongé, dont la base serait en arrière et le sommet en avant. C’est de l'angle postérieur droit que part le canal excréteur qui chemine parallèlement au rectum auquelil est accolé, et va s'ouvrir à côté de l’anus (2). Ces deux orifices occupent sur le bord interne du collier le sommet d'un V formé par deux sillons qui les prolonsent ; le sillon anal correspond exactement à l'angle droit supérieur du collier que nous avons décrit déjà, tandis que l’autre, passant par-dessus le pneumostome, aboutit en dehors au repli que forme le collier avec le cou de l'animal (3).

Suivant M. de Saint-Simon, on trouverait dans quelques cas, indépendamment de ce canal excréteur, un petit conduit qui ivait déboucher dans l'intestin. « fai aussi observé, dit-il, dans le Zonites cellarius et VHelix maritima, vers la portion de cet organe qui est en contact avec le foie, un autre conduit un peu grêle, contenant un grand nombre de grains crétacés, et paraissant aboutir à l'intestin (4). » Nous n'avons rien vu de semblable dans le Zonites algirus, et l'existence de ce petit conduit nous semble fort problématique. Suivant l'opinion de M. Mine Edwards, «il est probable que cet auteur aura pris un vaisseau sanguin pour un canal excréteur » (5).

La glande rénale consiste en une sorte de poche lamellée à sa surface interne, c’est-à-dire présentant des replis qui portent les cellules de sécrétion. La poche est constituée par du tissu cellulaire et ne laisse pas voir dans sa structure d'éléments musculaires ; elle n’est donc pas contractile. Les cellules de sécrétion qui revêtent la surface interne du rein sont petites (6) ; elles

(1) Van Beneden, loc. cit., p. 282.

(2) Voy. fig. 45e.

(3) Fig. 45 s2, sr.

(4) De Saint-Simon, /oc, cit., p. 347.

(5) Milne Edwards, /oc. cit., t, VIT, p. 378, note 1.

mesurent 0®",03 environ ; leurs parois sont minces, el elles adhèrent faiblement les unes aux autres. Elles contiennent des concrétions urinaires d’un jaune brun, qui présentent parfois des zones concentriques. Ces concrétions se dissolvent dans la solution de potasse, et sont insolubles dans les acides (nitrique, chlorhydrique), du moins en grande partie.

La membrane conjonctive qui enveloppe le rein se continue avec le conduit extérieur, également formé de tissu conjonctif ; la surface interne de ce conduit est recouverte par un épithélium vibratile à cils assez longs.

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