‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 24 sur 40 · APPAREIL GÉNÉRATEUR · texte numérisé non relu

APPAREIL GÉNÉRATEUR

L'appareil générateur des Gastéropodes androgynes a été l’objet de travaux fort nombreux, principalement dans ces dernières années, travaux suscités par l'intérêt de cette étude, qui a exercé d'une manière toute particulière la sagacité des naturalistes. L'historique de cette question est complétement traité dans une excellente thèse due à M. Baudelot (1), dont la théorie physiologique sur la fécondation de ces animaux parait être la plus plausible, et nous ne saurions mieux faire, pour plus de détails, que de renvoyer à cette œuvre. Du reste, il n'entre pas dans notre plan de nous occuper de la physiologie des organes de la génération, et de revenir sur les discussions qui ont été soulevées à ce propos; nous nous bornerons à indiquer les particularités anatomiques qu'ils présentent chez le Zonites algirus. Nous y insisterons même moins longuement que nous ne l’aurions fait peut-être, si ce sujet n'avait été traité récemment par un malacologiste distingué de nos amis, M. E. Dubrueil, dans tout ce qui touche au genre Helir (2).

Les organes génitaux du Zonites algirus sont constitués, d’après le type fondamental que l’on trouve chez tous les Pul-

(4) E. Baudelot, Recherches sur l'appareil générateur des Mollusques gastéropodes (Thèses de Paris, 1863, et Ann. se. nat.). (2) E. Dubrueil, Efude anatomique et histologique sur l'appareil générateur du genre Helix. Montpellier, 4871.

monés, type qui reste le même, malgré de nombreuses variations de détail. Ils se composent d'abord d’une glande qui fournit à la fois des ovules et des spermatozoïdes, et qui porte pour ce motif le nom de glande hermaphrodite. De cette glande part un canal excréteur simple, qui, après un trajet plus ou moins long, se divise en un canal destiné à conduire l'élément mâle, canal déférent, et un canal où cheminent les œufs, oviducte. Le canal déférent va s'attacher au pénis, loviducte va déboucher dans le vagin.

À ces deux conduits sont annexés des organes glandulaires, comme la glande de l'albumine pour l'oviducte, les prostates pour le canal déférent ; mais ces organes varient dans leur nombre et dans leur disposition. Enfin, à l’oviducte se trouve rattachée une poche copulatrice où receptaculum seminis.

Nous examinerons successivement ces diverses parties chez le Zonites alqirus.

Glande hermaphrodite. — La glande hermaphrodite est plongée dans la substance même du foie, et logée dans le deuxième tour de spire de la coquille. Elle est peu volumineuse et peu distincte ; il faut une dissection attentive pour la mettre en évidence. Elle à une forme allongée assez irrégulière (4); sur son bord interne, un peu concave, règne le canal efférent, qui se bifurque. La glande est composée de granules assez gros, arrondis, blancs, un peu espacés. La substance du foie pénètre dans les interstices qui existent entre eux ; aussi est-ce avec raison qu’on peut dire que cet organe est plongé dans le foie.

Cette glande appartient par sa structure aux glandes en grappe composée ; cette disposition est facile à constater par l'examen microscopique. Elle se compose de lobules formés eux-mêmes d'un certain nombre d’acini. Ceux-ci s'ouvrent dans un canal excréteur commun pour chaque lobule ; ces canaux se réunissent ensuite en cinq ou six troncs qui forment en définitive le canal excréteur de la glande ou canal efférent (Baudelot).

(4) Voy. fig. 52 9.

Les follicules glandulaires sont formés d’une mince membrane conjonctive (rca propria), vevêtue intérieurement d’une couche d'épithélium evylindrique, dont les cellules, suivant certains observateurs, portent des cils vibratiles (4). Nous n'avons pu constater l'existence de ces cils vibratiles qui, à la vérité, ne seraient visibles qu'à une certaine époque de Pannée, quand il n'ya pas d'œufs en voie de formation dans les follicules. Ceux-ci, on le sait, sont le siége commun du développement des ovules et des spermatozoïdes.

Le caractère hermaphrodite de la glande génitale est aujourd'hui hors de toute contestation, et a été péremptoirement établi par Meckel (2); mais la structure attribuée par ce naturaliste à la glande n’est pas exacte. I considérait chaque follicule comme double, et formé de deux poches imvaginées l’une dans l’autre : l'externe servant à la production des ovules (follicule ovarique), et l’interne à la production des spermatozoïdes (follicule testiculaire). Il pensait aussi que chacun de ces follicules, ovarique et testiculaire, avait un canal excréteur propre, mais que ces canaux étaient emboités l’un dans l’autre, et aboutissaient enfin à un canal excréteur à parois également doubles, et formé de deux tubes invaginés qui, se séparant à l'extrémité du canal exeréteur, se continuaient l’un, l’externe, par l'oviducte, l'autre, l'interne, par le canal déférent. L'inexactitude de cette description, que nous n'avons rappelée que parce qu’elle à fait lot, a été démontrée victorieusement par divers observateurs, au nombre desquels doivent être cités en première ligne Gratiolet (8), Lacaze- Duthiers (4), Baudelot (5). Nous ne nous occuperons pas

(1) Kôlliker, Beiträge zur Kenntniss der Geschlechtsverhältnisse einiger wirbelloser Thiere, p. 32. — Carl Semper, loc. cit., p. 383. — E. Dubrueil, loc. cit., p. 10, et Étude physiologique sur l'appareil générateur du genre Helix, in Revue des sciences naturelles, t. II, p. 169.

(2) Heinrich Meckel, Ueber den Geschlechtsapparat einiger hermaplroditischer Thiere, in Müller's Archiv., 1844, p. 484.

(3) Gratiolet, Observations sur les zoospermes des Hélices (Journal de conchyliologie, 1850, p. 116).

(4) Lacaze-Duthiers, Histoire anatomique et physiologique du Pleurobranche orangé (Ann. se. nat., le série, 1859, t. XI, p. 261 et suiv.).

(5) Baudelot, loc. cit.

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. zh davantage de ce point spécial, non plus que du développement des ovules et des spermatozoïdes, que de nombreux travaux ont fait parfaitement connaître.

Un canal excréteur simple sert au passage des ovules et du sperme : c'est le canal efférent, qui s'étend de la glande hermaphrodite à l'extrémité postérieure de l'oviducte, au point de jonetion de cet organe avec la glande de l’albumine (1).

Canal efférent. — Le canal efférent est placé au côté interne des tours de spire ; il longe le foie, et marche d’abord en ligne directe, mais il se replie ensuile un grand nombre de fois sur lui-même, et décrit ainsi une suite de zigzags courts et rapprochés. Son calibre, très-faible au sortir de la glande hermaphrodite, s'est sensiblement augmenté dans ce trajet, qui mesure environ 5 centimètres, sans tenir compte des replis. Arrivé sur la glande de l’albumine, au voisinage de l'extrémité postériéure de l’oviducte, le canal efférent se rétrécit et pénètre dans cette glande ; là, après un court trajet, il se replie brusquement sur lui-même, formant une sorte de diverticulum appelé alor par M. de Saint-Simon, et va s'aboucher dans l'oviducte.

Le canal efférent est formé par une membrane mince, transparente, composée de Ussu lamineux. La couleur blanc opaque qu’il présente est due au sperme dont il est rempli. Si l’on porte sur-le-champ du microscope le liquide qu'il renferme, on y voit en effet un nombre immense de Spermatozoïdes. Intérieurement, ce canal est revêtu d’une couche d’épithélhium vibratile. Dans sa paroi, M. E. Dubrueil a signalé l'existence d’une couche fibreuse et d’une couche glanduleuse (2). La première, que cet observateur dit être très-prononcée dans le Zones algirus, apparaît et se développe, sans jamais devenir bien épaisse toutefois, à mesure qu'on s'éloigne de la glande hermaphrodite, et les fibres qui la composent sont des fibres musculaires, Quant à la couche

(1) Voy. fig. 52 f.

(2) E. Dubrueil, Étude anatomique et histologique sur l'appareil générateur du genre Helix, p. 14.

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qualifiée de glanduleuse, nous n'avons pas réussi à la reconnaître.

Les Spermatozoïdes que l’on trouve dans le canal efférent ont la forme de fils extrêmement ténus, renflés à leur extrémité céphalique, qui présente latéralement une pointe aiguë, et atténués à l’autre. Leur longueur est considérable, et atteint 0"",25. Ils sont doués de mouvements ondulatoires très-marqués.

Parvenu au niveau de la glande de l’albumine, le canal efférent se divise, et forme des conduits distincts pour les œufs et pour le sperme; mais cette séparation n’est pas tout d'abord complète. Sur une certaine étendue, ces conduits sont représentés par deux gouttières accolées lune à l’autre, dont l’une, gouttière déférente, sert au passage du sperme, et se continue plus bas par le canal déférent; l’autre constitue la première portion de l'oviducte, celle que Baudelot a nommée portion prostatique, à cause de la présence sur toute sa longueur, du côté correspondant à la gouttière déférente, d’un large ruban glanduleux, auquel on à donné le nom de prostate.

Glande de l'albumine. — Avant d'aller plus loin, nous devons dire quelques mots de l'organe que nous venons d'indiquer sous le nom de glande de l'albumine.

C'était pour Cuvier, de Blainville, Van Beneden, etc., le testiculé proprement dit, et son véritable rôle a été reconnu par Meckel, qui l’a considérée comme sécrétant l'albumine, dont les œufs s'enveloppent à mesure qu'ils arrivent dans l’oviducte.

La glande de l’albumine (4), linguiforme, d’un blanc jaunâtre, concave d’un côté, convexe de l’autre, est formée d’un parenchyme très-peu résistant, qui se déchire avec une extrême facihté. Sa structure est celle d’une glande en grappe composée, dont les acini contiennent de grandes cellules où se forment les globules de nature albumineuse. Les conduits excréteurs des divers lobes versent le produit de sécrétion dans un canal central volumineux qui s'étend du sommet à la base de la glande, et qui s'ouvre directement dans l’oviducte.

(4) Voy. fig. 52 a.

Le liquide qu’elle renferme présente à l'examen microsco-

pique : 1° de très-fines granulations animées du mouvement

brownien; %° des globules de dimension variable, réfractant

fortement la lumière, qui ne sont autre chose que des gouttelettes d’albumine ; 3° des cellules d’épithélium.

Oviducte — À l'exemple de Baudelot, nous distinguerons dans l'oviducte la portion prostatique el la portion infra-prostatique.

La portion prostatique de l'oviducte (1) à environ A centimètres d’étendue. Elle est assez large et comme froncée sur le ruban glanduleux représenté par la prostate (2). Ses parois sont formées d’un tissu mou, glandulaire, qui se gonfle dans l’eau et devient translucide. A lexamen microscopique, on le trouve composé de fibres de tissa conjonctif circonscrivant des aréoles qui renferment les cellules de sécrétion, et des corpuscules arrondis, granuleux, qui paraissent être des noyaux libres. La face interne est revêtue d’une couche d'épithélium vibratile.

La portion infra-prostatique de l’oviducte a un centimètre de longueur (3). Ses parois sont épaisses et formées de tissu musculaire à fibres longitudinales et à fibres circulaires, recouvertes en dehors par une couche de tissu conjonctif, et tapissées intérieurement d’un épithélium semblable à celui qui occupe la portion prostatique. Elle est accolée au canal de la poche copulatrice {vessie de Cuvier). Ces deux canaux s'ouvrent dans une cavité plus large nommée vesfibule par Cuvier, bourse commune par Moquin-Tandon (4). C'est en effet dans cette cavité que viennent aboutir les organes générateurs mâles et femelles dans l'immense majorité des cas; mais cette disposition n’est pas celle qu'on rencontre dans le Zorites algirus, et mieux vaut appliquer à celte partie de l'appareil reproducteur le mot vagin, qui indique qu'elle appartient aux organes femelles, ce qui est ici parfaitement exact, comme nous le verrons.

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7! Hi. SEC ARE.

Vayen. — Le vagin forme une poche d'un centimètre de long environ et de 5 millimétres de large, qui s'ouvre au dehors par un orifice propre (1), à côté et en arrière de celui qui donne accès dans la gaine du pénis ; c’est là une particularité digne de remarque, Car, Chez les Hélices, on a toujours vu cette cavité vestibulaire commune aux organes mâles et femelles.

La structure du vagin est à peu près la même que celle de la portion infra-prostatique de l’oviducte. On trouve extérieurement une couche de tissu conjonctif, puis une couche musculaire plus développée, et à l'intérieur un épithéhum cylindrique, mais qui ne porte pas de cils vibratiles.

Le vagin est recouvert par une masse glanduleuse que Van Beneden à mdiquée. « À lendroit, dit-il, où s’insèrent dans l'Helix Pomatia les vésicules mulüfides, dont la fonction n’est point encore connue, il y a tout autour de cette poche une glande qui a un aspect granulé, et qui remplace probablement les vésicules des autres Hélices (2). »

Cette couche glanduleuse est disposée autour du vagin comme un manchon (3); elle est de couleur jaunâtre, et présente une surface granuleuse. Elle est composée de follicules simples (4), plougés dans du tissu lamineux, et s'ouvrant par un long canal excréteur à la surface mterne du vagin,

On trouve aussi, inséré sur le vagin et en communication avec lui, un organe dont nous avons maintenant à nous occuper : c'est la poche copulatrice, vessie de Cuvier. Il n’y a pas d’autre annexe au vagin dans le Zonttes alqirus, lequel est dépourvu de cet appareil excitateur propre aux er, et connu sous le nom de poche ou bourse du dard.

Poche copulatrice.— La poche copulatrice (5), accolée à l'oviducte dans sa partie terminale prostatique, se présente sous

(4) Voy. fig. 52 2 et fig. 53.

(2) Van Beneden, Loc. cit., p. 284.

(3) Fig. 52e, (4) Fig. 60.

(5) Fig. 52 Z, ARTICLE N°9 34

RÉCHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 75 {orme d’une ampoule assez volumineuse, qui se continue par un tube à ses deux extrémités. Le tube placé inférieurement, marche à côté de l’oviducte, et vient s'ouvrir auprès de lui, à la partie supérieure du vagin ; il a un centimètre de longueur environ.

Le tube qui part de l'extrémité supérieure de la poche copulatrice est plus grêle que le tube inférieur ; 1l remonte le long de la prostate, et, après un court trajet, ilse perd dans la paroi de l’oviducte. Son extrémité, en effet, s’atténue et s’oblitère ; 1l n’élablit donc pas de communication entre la cavité de l'oviducte et la poche copulatrice ; ce n’est qu’un simple dverticulum.

Cette forme est celle que présente la poche copulatrice avant le moment du rut.

« Pendant et après l’accouplement, dit M. Dubrueil, le canal inférieur et le canal supérieur, dilatés par le capreolus, acquièrent un volume égal à celui de la poche copulatrice, dont le contenu remonte quelquefois jusqu'au sommet de ce dernier conduit ; c'est cet état que Moquin-Tandon à figuré dans la figure 55, planche IX, de son Histoire des Mollusques de France (A\.»

La poche copulatrice présente dans sa composition histologique trois couches : une extérieure conjonctive, une couche musculaire, et enfin un épithélium à cellules cylindriques, dépourvues de eils vibratiles. En fendant avec précaution la membrane délicate qui forme la paroi de la poche, on trouve dans l’intérieur de celle-ci, et remplissant sa cavité, une petite masse de substance gélatiniforme. On y reconnait à l’examen microscopique : 1° des granulations ; 2° des débris d’épithélium; 3° des spermatozoïdes intacts ou à divers degrés d’altération ; 4° des Infusoires.

Canal déférent. — Reprenons maintenant la description du canal destiné à la liqueur mâle, c’est-à-dire du canal déférent, Nous avons vu qu'il était d’abord uni sous forme de gouttière déférente à Ja portion prostatique de l'oviducte, et pourvu sur ce parcours d’un appareil glandulaire, qui est disposé comme un

(1) E. Dubrueil, /oc. cit., p. 26, note, à

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ruban le long de sa face externe. Cette glande est appelée prostate (1); elle est composée d’un nombre considérable de petits follicules plongés dans une substance fondamentale conjonctive, et qui viennent s'ouvrir par de fins canaux excréteurs dans la gouttière déférente tapissée d’épithéhum vibratile. Dans les follicules, on trouve des cellules de sécrétion pleines de globules d’une matière albuminoïde.

Le canal déférent, qui continue la gouttière déférente dont nous venons de parler, se sépare de l’oviducte sous forme d’un tube capillaire (2); il passe au-dessous de la portion infra prostatique de cet organe, qu'il contourne ensuite pour se placer au-dessus, près de son extrémité antérieure; puis il marche à côté du pénis, qu'il accompagne, et forme avec lui une anse à concavité postérieure; revenant ensuite en arrière, 1l se replie encore une fois sur lui-même, un peu au delà de l'extrémité du pénis, pour venir enfin déboucher dans cet organe, au voisinage de son sommet.

Le canal déférent mesure de 6 à 7 centimètres environ de longueur ; il ne présente pas le même calibre dans toute son étendue. D'abord très-grèle, 1l se renfle considérablement à la moitié environ de son parcours, au point où il se dirige en arrière, après avoir décrit l'anse qu’il forme avec le pénis; là son diamètre devient double à peu près de ce qu'il était et reste tel jusqu’au bout. Dans l'Helir Pomatiu, au contraire, ce tube, arrondi et assez grêle, présente un diamètre qui est sensiblement le même sur toute sa longueur, laquelle n’est que de 3 centimètres, tandis que nous avons vu qu'elle atteignait 7 centimètres dans l'espèce qui nous occupe.

C'est dans cette portion élargie du canal déférent que se forme chez le Zonites algirus le spermatophore où capreolus, qui est produit chez les Hélices dans le long tube appendiculaire qu'on remarque au sommet de la verge et qu'on nomme Yagellum ; ox celui-ci fait défaut dans le Zonites algirus. Ce point d'anatomie a été l’objet d’une étude particulière de la part de

(1) Fig. 52 p.

(2) Fig. 52 c.

M. Dubrueil, dont nous reproduisons les paroles : « La partie étroite du cänal est pellucide; la partie dilatée, d’un blane opaque, se compose des mêmes couches qu'on observe dans le flagellum des Hélices. Sous une membrane cellulaire externe, on trouve une membrane musculaire très-prononcée, suivie elle-même d'une couche glanduleuse, qui n'existe pas dans la portion étroite du même conduit. y

» De plus, les cannelures longitudinales du flagellum sont remplacées dans la partie la plus large par de nombreuses lamelles disposées comme la spiricule des trachées végétales, s'étendant en spirale oblique entre les deux bords du canal; leur obliquité augmentant vers le pont de jonction des deux portions de ce dernier, elles deviennent à peu près longitudinales au voisinage de cet endroit (1). Elles sont ordinairement couvertes de particules solides, de couleur blanche, donnant effervescence avec l'acide chlorhydrique. Mais si, à l’aide d’un courant d’eau, on les débarrasse de ces corpuscules calcaires, leur configuration devient manifeste : on les voit former des sortes d’ondulations à angle rentrant aigu.

» C'est dans cette portion du canal qu'est sécrété le capreolus.

» Ce corps, qui à 26 millimètres de long et 1 millimètre de largeur moyenne, est de forme tubulaire, allant en diminuant de volume des deux côtés à partir de son tiers inférieur. C’est un canal complet garni de nombreuses cannelures spirales (2). Une coupe transversale a l'apparence d’une roue d'engrenage garnie de douze à quatorze petites dents (3). Sou extrémité supérieure se termine par un tube à ouverture capillaire où les lamelles disparaissent, tandis que l’autre, où elles sont plus prononcées, est bien moins longue et présente un orifice plus large. Dans le corps de l’animal il offre une consistance très-résistante ; exposé à l'air, il devient vitreux, transparent et friable.

» Le capreolus du Zonites algirus contient intérieurement un liquide visqueux, très-épais, dans lequel on aperçoit un grand

(1) Voy. fig. 54,

(2) Fig. 55.

(3) Fig. 56.

nombre de spermatozoïdes. Ce liquide, incolore dans la portion supérieure du spermatophore, prend une couleur blanchâtre et une densité plus grande dans sa portion inférieure. C’est dans cette portion que sont emmagasinés les zoospermes. La ligne de démarcation entre ces deux parties est brusquement marquée.

: » A raison de sa consistance, le spermatophore ne se recourbe qu’à ses deux bouts. Par un motif que nous ne saurions indiquer, nous avons toujours trouvé son extrémité inférieure fortement engagée dans le col de l'oviducte, qui n’est pas muni à sa base d’un muscle transverse (1). »

Pénis. — Le pénis, dans lequel vient déboucher latéralement le canal déférent, se présente sous la forme d'un tube conique et allongé, étranglé dans son milieu (2). Il à 2 centimetres et demi environ de longueur, ce qui est considérable relativement à la longueur du même organe dans l'Helix Pomatia, où elle est de 4 centimètre seulement. De l’orifice externe, le pénis se dirige en avant, à côté de la masse buccale et en haut; là, se repliant sur lui-même, il forme une anse à concavité postérieure : c’est dans ce point qu'il présente un étranglement, et c’est dans l’anse ainsi formée que passent les nerfs tentaculaire et péritentaculaire de ce côté; c’est là également que le nerf génital, fourni par le ganglion cérébroïde, vient former un petit plexus sur la gaine du pénis. L’extrémité de cet organe est terminée en pointe et dirigée en arrière, À quelques millimètres de son sommet et à gauche s'abouche le canal déférent. Entre ce point etle même sommet, s’insère le muscle rétracteur du pénis (3), lequel, d'autre part, va s'attacher sur la cloison qui sépare la cavité pulmonaire de la cavité viscérale.

La partie terminale de ce pénis représenterait, d’après Moquin- Tandon, le flagellum, qui serait réduit ici à 4 ou 5 millimètres de longueur, tandis qu'il atteint jusqu'à 7 centimètres dans l'Æebx Pomatia, par exemple. Cette manière de voir n'est pas exacte,

1) E. Dubrueil, loc. cit., p. 38.

2) Voy. fig. 52 d,

( (2 (3) Fig, 52 72.

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 79 et M. Dubrueil, dans son Mémoire sur l'appareil générateur des Helx, l’a combattue avec raison (1).

Le canal déférent s'ouvre dans le pénis à 4 ou 5 millimètres de son sommet. Dans la portion inférieure à cet orifice se voient de nombreuses éminences blanches régulièrement disposées; la partie supérieure en est dépourvue. C’est Draparnaud qui a le premier signalé ces papilles dont la surface interne du pénis est garnie (2). Elles ont la forme d’un bonnet pointu ou mieux d’une épine ; elles sont coniques (3). Elles ont 0"*,3 de hauteur et sont distantes les unes des autres de 0"",5 environ dans la portion supérieure du pénis; mais, à partir de l’étranglement et audessous, elles sont plus rapprochées et plus petites, elles n’ont que 0°”,2.

La structure de l'organe copulateur est essentiellement musculare et les fibres qui le composent ont, les unes une direction longitudinale, les autres une direction transversale ; l'intérieur de cette cavité est pourvu d’un épithélium vibratile.

Dans sa moitié inférieure le pénis est enveloppé d’une membrane lisse, brillante, d’un blanc nacré, qui l'entoure comme un fourreau (4). Cette membrane, se repliant sur elle-même à la base de l'organe, forme là un eul-de-sac ; elle vient ensuite s’appliquer sur la face externe du pénis, auquel elle est unie dans la partie inférieure par du tissu cellulaire, tandis que plus haut elle se confond avec lui et n’en peut pas être détachée.

C'est sur le feuillet externe de cette membrane que va se distribuer le nerf génital fourni par le ganglion cérébroïde.

Les expressions de gaine du pénis, fourreau de la verge, généralement adoptées pour désigner l'organe tubuleux auquel aboutit le canal déférent, ne sauraient s'appliquer à cet organe alors qu'en se retournant comme un doigt de gant, il constitue le pénis lui-même ; elles ne peuvent être employées avec exacti-

(4) Ë. Dubrueil, Loc. cit., p. 39,

(2) Draparnaud, Tableau des Mollusques terrestres et fluviatiles de la France, 1801, p. 94.

(3) Voy. fig. 58 et 59.

(4) Fig. 57 7.

80 Hi. SICARD. tude que dans le cas où cette partie creuse renferme un appendice copulateur ou pénis, comme on le voit chez les Hélices, par exemple. Dans le Zonites alqirus et dans les espèces qui présentent une disposition semblable, ce n’est pas une raison, parce que cet organe est creux, pour lui donner le nom de gaine ou celui de fourreau, qui s'applique à des étuis servant d’enveloppe à un objet renfermé dans leur intérieur. Cette dénomination de gaine du péuis, ou fourreau de la verge, serait ici plus justement employée pour désigner la membrane que nous venons de décrire, et qui enveloppe la base du pénis chez le Zonvtes algirus. Nous avons déja indiqué que les organes de la génération aboutissent à deux orifices distincts. Ces deux orifices sont placés tout à côté l’un de l’autre, à droite du corps, dans une sorte de boutonnière que forme la peau, très-loim derrière le tentacule, à peu de distance en avant du collier, et ils sont entourés par un sphincter commun. On sait que chez la plupart des Gastéropodes audrogynes ces orifices sont confondus. Siebold et Stannius disent à ce propos : «Le vagin et le pénis aboutissent dans un cloaque génital commun qui, à son tour, s'ouvre sur les côtés de la région antérieure du corps. » Eten note, « un orifice génital commüun de cette espèce existe chez les Æelix... dans la région cervicale droite derrière le tentacule (1). » La disposition présentée par l'Aelix algira est bien différente, et il est étonnant que, dans son mémoire sur l'anatomie de cette espèce, elle ait échappé à l'examen de Van Beneden, qui n’en fait pas mention. Elle n'a pas été remarquée non plus par Moquin-Tandon, qui, dans sa figure des organes de la génération du Zontes algirus, à représenté une bourse commune imaginaire (2). C'était pourtant une particularité digne d'attention.

Arrivé au terme de ces recherches, il ne parailra pas inutile d'en résumer très-suceinctement les principaux résultats, saus

(4) Sicbold et Stannius, Zoz. cit, t. 1, p. 348, (2) Momin-Æantlon, 50,270, pl 057,

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. ol revenir toutefois sur bien des points d'histologie qui, malgré leur intérêt, ne sauraient trouver place dans ces conclusions tout à fait générales.

Dans les ganglions cérébroïdes du Zonites algirus, 1 existe des lobes dont l’un, placé en avant, donne naissance aux trois verfs tentaculaire, optique et acoustique. C'est l’analogue du lobule de la sensibilité spéciale indiqué par M. de Lacaze-Duthiers dans les ganglions cérébroïdes des Gastéropodes pulmonés aquatiques.

Les éléments nerveux qui entrent dans la composition de ce lobule se différencient de ceux qui constituent les autres parties des centres nerveux.

Des cordons latéraux qui unissent les ganglions sus-æsophagiens aux ganglions sous-æsophagiens, on voit se détacher un filet nerveux extrêmement fin, destiné au muscle rétracteur de la masse buccale, fait qui infirme la règle, donnée comme générale, que jamais aucun filet nerveux ne part de ces cordons latéraux.

Le système nerveux est enveloppé d’un névrilème musculaire qui forme autour des nerfs une gaine rétractile ; de plus, le collier æsophagien s’unit à des muscles particuliers (muscle rétracteur commun des tentacules et du système nerveux), grâce auxquels il estentrainé dans les déplacements qui résultent du retrait où du déploiement de l'animal.

Les organes servant au toucher sont les tentacules, les lobes labiaux, le mufle, et, d’une manière générale, la surface de la peau, où l’on observe de fines ramifications nerveuses. L'origine et le mode de distribution du nerf tentaculaire viennent à l'appui de l'opinion qui voit en Jui un nerf olfactf, sans que cette question puisse toutefois être considérée comme résolue.

L'œil possède une membrane rétinienne composée d'éléments celluleux, et au devant d'elle se trouve la choroïde pigmentée, | mais dont le pigment n’est pas uniformément répandu et est disposé seulement par places.

Le nerf optique n’est pas une branche du nerf tentaculaire, mais il a une origine distincte de celut-ci.

Les vésicules auditives, ou otocystes, reposent sur les ganglions pédieux, à leur partie postérieure. Elles renferment un nombre considérable d’otolithes de petite dimension.

Le nerf acoustique tire son origine du lobule de la sensibilité spéciale.

Les glandes salivaires, constituées comme celles des Her, ont leurs éléments beaucoup plus agglomérés, et, en s’unissant entre elles, forment un anneau autour de l’œsophage.

Le foie se divise en deux masses lobuleuses, qui ont chacune un canal excréteur s’ouvrant isolément dans le tube digestif.

Le cœur est enveloppé d’un péricarde musculeux. Les vaisseaux s'ouvrent dans des cavités interorganiques, qui sont positivement sans paroi, et forment donc de véritables lacunes.

La cavité pulmonaire est revêtue d’un épithélium qui ne porte des eils vibratiles que sur certains points, et en particulier sur le trajet des gros vaisseaux.

Il existe dans cette cavité une glande volumineuse, placée derrière le collier et à côté du pneumostome, auprès duquel vient s'ouvrir son canal excréteur.

Dans l'appareil générateur on ne rencontre ni les vésicules mulüfides, ni la poche à dard, ni le flagellum des Helix.

À la place des vésicules multifides, on trouve une glande qui enveloppe le vagin comme un manchon.

Le canal déférent, très-long, est divisé en deux parties, dont l'inférieure, plus large, est destinée à la formation du spermatophore, qui, chez les Helir, est produit dans le flagellum.

Le pénis et le vagin aboutissent à des orifices distincts, quoique placés tout à côté l’un de l’autre, et entourés d’un sphincter commun; il n’y a donc pas de bourse commune ou cloaque génital.

Au point de vue de la classification, toutes ces particularités anatomiques par lesquelles les Zonites se distinguent des Helix légitiment leur séparation en un groupe voisin, formant un genre indépendant.

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