CHAPITRE III
Affinités.
A côté des genres décrits dans le chapitre qui précède, les .botanistes placent un certain nombre de genpes de moindre importance représentés, le plus souvent, par un petit nombre d’espèces. Ces derniers, dont l’existence même pst si discutée pour quelques-uns, établissent; souvent le passage entre deux groupes voisins.
Et d’abord les Potentillées sont extrêmement voisines des Fragaria dont elles ne diffèrent que par la nature du réceptacle et l’insertion du style. Le contact se fait par P. fragariastrum et F. indica; l’union semble telle que certains auteurs ont proposé de supprimer la distinction des genres Fragaria et Potentilla.
Entre le réceptacle charnu des Fraises et le réceptacle sec des Potentilles vient se placer celui du Comarum palustre qui est spongieux. C’est pour cette raison que l’espèce ci-dessus a été rattachée aux Potentilla sous le nom de P. Comarum,
Aux Potentilles s’unissent également les Trichothalamus chez lesquels la surface du réceptacle est chargée de poils plus longs et plus nombreux que celle des premières.
! L’androcée des P otentilles s'appauvrit dans P. pen faudra (1) qui conduit au genres Hor/velia (2) et Ivesia (3). Les premiers ont des carpelles aussi nombreux que les Potentilles, tandis que les seconds n’en comptent qu’un petit nombre comme chez Sibbaldia.
La diminution des carpelles se poursuit-elle jusqu’à n’être plus que deux, on arrive à Ylvesiamntalinoïdes (4) dpnt on a fait le genre Stellarinpsis.
Le nombre des étamines tombe à cinq dans Ivesia lycopodioïdes, ce qui établit une analogie avec Sibbaldia. Cç dernier ne devrait pas être séparé de Potentilla, cav il lui est réuni par les intermédiaires P. pentandra et S. potentilloïdes. Dans S. potentilloïdes et B. purpupea, les carpelles sont nombreux et les styles persistent; De même Dryadanthe fi), par ses fleurs polygames, qui ont l’organisation des Sibbaldia, est inséparable de ceux-ci.
Parmi les types à androcée amoindri indiqués plus haut, ühamasvhodosi(Q) en diffère par la position des cinq étamines, qui sont ici oppositipétales au lieu d’être oppositjisépales ; mais il se rattache encqre à Poientilla par l’ovule qui a la même conformité.
Le genre Geum est voisin de Potentüla par sa fleur, mais son ovule basilaire dressé l’en distingue. Siever-
(1) Benth, et Hook. G«a., 621.
(2) Torr. et Gr. Fl. N. Amer., I. 434.— Hook, in Bat. Mag. t. 2880. Lindl. Jn B<A.Reg,,%. 1(907, - B,.H, Ben., 621.
(3) A., Gray. In.Proceed. Amer,., Acad,., VI, ,630 ; VII, 337.
i 1 2 3 4 ' A. Gray. Loc. cit,, 631.
(*) Endl. Gen., n° .6366.
WEndl. Gen., b 0 ,636.5.
sia (1) n’est guère différencié que par son style rectiligne chargé de grands poils. De même Coluria (2) n’est qu’une Benoite dont les styles sont articulés à la base et caducs.
Waldsteinia (3) a le style de Coluria, mais ses carpelles sont peu nombreux : W. Geoïdes rappelle les Geum par son inflorescence, son calicule, sa fleur, son ovule. Mais par l’articulation de l’ovaire et du style, il se rapproche de Coluria. De plus, les pétales sont munis à leur base d’un nectaire glanduleux analogue à ceux des Renoncules.
Stylipus (4) est un Geum dont le calicule n’est plus indiqué que par cinq petites glandes.
Dryas se rattache à Geum par ses organes sexuels et son fruit, semblables à ceux de Sieversia. Cowania (5) et Fallugia (6) ont les akènes sessiles ainsi que le style plumeux des Dryas et Sieversia; d’ailleurs ils ne se distinguent eux-mêmes que par des caractères d’une faible valeur. Sans la consistance de leur tige, ils seraient unis aux Geum avec lesquels Dryas servirait de passage, par son rhizome épais et ses feuilles déjà plus petites et de formes plus simples.
(1) Endl. Gen., n» 6384. — Orogeum. Ser., in D. O. Prodr., II, 563.
(2) Endl. Loc. cit., n° 6388. — G. potentilloïdes, Ait. Hort. Kew. éd. 1, V, 2,219. — Dryas geoïdes. Pall. It. III, 372, t. V. flg. 1. — B. H. Gen., 619, n° 46.
(3) Endl. Gen., n» 6382. — B. H. Gen., 619, n°45.
(4) Rafln. Neogen. (1825), 3, ex Torr. et Gr. N. Fl. N. Amer., I.,
(5) Endl. Gen., n° 6387. — B. H. Gen., n« 6387.
(G) Sieversia paradoxa. Don, in Trans. Linna Soc., XIV,576, t. 22.
Chamæbatia (1) est un Geum ou un Cowania à gynécée unicarpellé, par sa fleur il est voisin de Rubus.
Purshia (2) par son fruit et son feuillage est voisin de Cowania , tandis que sa fleur le place à côté de Chamæbatia. Toutefois, son testa épais, noirâtre, brillant, presque spongieux, en dedans, le rapprocherait de certaines Spirées.
Cércocarpus (3) a également l’extérieur de Cowania, mais par son ovaire unicarpellé il est voisin de Chamæbatia et Purshia.
Coleogyne (4) présente, dans l’organisation de son gynécée et la direction de son ovule, les caractères des Potentilles. Le gynécée est le même que chez Purshia , mais le disque, par son prolongement, rappelle Rhodotypos.
Adenostoma (5) est très voisin de Purshia et Coleogyne par l’ensemble de ses principaux caractères. Il a été cependant rapporté aux Spirées vers lesquelles tendent les Dryadées avec Purshia et Coleogyne.
Les Rubus ont les fleurs de Fragaria et Potentilla, mais l’absence de calicule et la nature des fruits (drupes) en font un groupe bien distinct. Ils ont aussi de grandes
(1) b. H. Gen., 617, n» 39.
(2j Endl. Gen., n° 6380. — B. H. Gen., 617, n» 37. — Tigarea Pursh. Fl. N, Amer., I, 333,1.15. (nec Aubl.). — Kunzia Spreng.Sysl. vèg., H, 475 (nec Reich).
(3) H. B. K. Nov. gen. et spec., VI, 183, t. 559. — Bertolonia Sess. et Moc. ex D. C. (nec Spreng, nec Radd).
< 1 * 3 4 5 ) B. H. Gen., 617, n»38.
(5) Endl. Gen., n» 6371. — B. H. Gen., 614, n" 26 (nec Bl.).
affinités avec les Rosit dont ils partageât T organisation florale ; la différence' porte sur 1 la nature du réceptacle'. Si les feuilles' sont généralement distinctes dans l’un et l’autre genres on trouve un terme de passage dans R. rosæfoliuâ. .Ges affinités avaient été reconnues depuis longtemps 1 3 . Ainsi' Linné (1) fait immédiatement suivre le genre Rosa du genre Rubus. Pareille proximité est encore'attestée par Adanson (2). Au contraire, B 4 5 de Jussieu (3) sépare Rosa et Rubus par la tribu des Dryadées (in A. L. J. Gen. plant.). Brongniart (4), reconnaît l’étroite parenté signalée par Linné.
Enfin près des Rubus viennent les Dalibkrda (5) qui n’en diffèrent que par le peu d’épaisseur de la portion charnue de leur péricarpe;
(1) . ^Généra. -~ L, Qt'dmes na.tura.le».
(2) Familles, t. II, p. 254.
(3) Jaràin de Trianon , 1759.
14) Éhum: des genres ‘dé ÿl., p. 126.
(5) L. Spec. éd. I, 431; — Michs. Fl.,bor. âür., 1,299, t. 27*-*- D, 0. Prodr,,, II,.568. — E»dl v (/an„ n° 6359.