‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 16 sur 65 · LO RECHERCHES · texte numérisé non relu

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est aussi commun que la Ranatre et qui aîles mêmes habitudes et le même genre de vie qu'elle.

GENRE XX. — CORIXA, CORISE.

Ce genre, fondé par Geoffroi et débaptisé arbitrairement par Fabricius, qui l'a appelé Sigara, se compose d'Hémiptères aquatiques carnassiers fort remarquables par la structure insolite et hétéromorphe de leurs pattes. Celles-ci semblent destinées, les antérieures à la préhension, les intermédiaires à une sorte d’ambulation dans l'eau , et les postérieures uniquement à la natation. Je vais consacrer quelques lignes à lexposition de cette structure, qui me paraît avoir été incomplètement décrite et mal figurée par les auteurs.

Les pattes antérieures sont fort courtes, comparativement aux autres, et insérées si près de la tête, qu’on les prendrait volontiers pour des mandibules ou des pieds-mächoires. Elles paraissent, en eflet, remplir la double fonction de ces derniers. La cuisse, de forme cylindroïque, tient au thorax par une hanche fort courte, sans la pièce intermédiaire appelée trochanter. Le tibia, pour aiusi dire rudimentaire ou vestigiaire, est représenté par un article dont la forme et la brièveté rappellent la rotule ou genou des pattes des arachnides. Le tarse, d’une seule pièce qui égale en longueur la cuisse, est arqué et entiérement dépourvu d’ongle; mais il est organisé de manière à saisir, à retenir, à déchirer une proie. Convexe en dehors et concave en dedans, il est garni sur ses deux * bords de longues soies cornées , raides et un peu arquées, qui représentent , surtout celles du bord inférieur, une sorte de peigne à longue pointes parallèles. Outre cela, la face interne du tarse est divisée, suivant sa longueur, en deux plans ou facettes, par une fine arète armée aussi

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d’une série de soies courtes, serrées, raides et droites, qui doivent produire leffet d’une scie. Ajoutons pour le complément du mécanisme ou de la fonction de ces pattes, que les deux tarses, agissant de concert, forment, par leur connivence, en même temps une cage et une pince dont la faculté préhensive s'exerce avec d’autant plus d'énergie que ces membres sont courts et assez robustes.

Les pattes intermédiaires sont plus longues, plus minces que les deux autres paires, et d’une configuration ordinaire, c’est-à-dire composées d’une hanche, d’un trochanter, d'une cuisse, d’un tibia, d’un tarse et d'ongles. Elles sont garnies de piquans entremélés de poils rares. Leur tarse, d’une seule pièce cylindrique et allongée, se termine par deux ongles aussi longs que lui, presque droits , grêles , faibles, rapprochés et même contigus dans l’état de repos , susceptibles de s’écarter au gré de l’insecte. Ces pattes paraissent surtout destinées, en s’accrochant aux Corps environnans, à fixer l'animal lorsqu'il veut ou guetter ou dévorer sa proie. J'ai souvent observé les Corises suspendues entre deux eaux sur un support, à la faveur des ongles des tarses intermédiaires, et maintenues dans leur équilibre horizontal par les mouvemens insensibles des pattes postérieures, qui alors faisaient à la fois l’oflice et de balanciers et de nageoires. J'ai bien constaté aussi dans ce cas, que les pattes intermédiaires et les antérieures concourent à exercer. la - progression lorsque l’insecite est immergé.

Les pattes postérieures sont, comme Je lai dit plus haut, essentiellement natatoires. La cuisse est glabre, à l’exception de quelques petites aspérités près de son extrémité tibiale. La jambe, plus courte qu’elle , présente plusieurs séries longitudinales de spinules et quelques poils fins. Mais c’est le turse qui mérite plus spécia-

lement notre attention. Il constitue véritablement une rame et une nageoire; il est aplati, lancéolé, formé de deux pièces, dont la terminale, bien plus courte, est tout-à-fait dépourvue d'ongles; il est garni, soit sur ses bords, soit sur son disque, près de ceux-ci, de franges ou de barbes fines, souples, serrées, susceptibles de s’étaler largement dans l’eau, et plus longues, plus fournies au bord inférieur qu’au supérieur. Ce dernier, indépendamment de ces franges natatoires, est armé de petits piquans.

Olivier et M. Latreille décrivent les antennes de la Corise comme composées de quatre articles. L'examen scrupuleux que j'en ai fait, soit à la loupe, soit au microscope, ne men a mis en évidence que trois, dont le premier court, cylindroïde; le second allongé, conoïde; le troisième ou le terminal grêle, subuliforme. Ces articles, soumis au foyer d’une forte lentille, paraissent velus.

Espèce 1. CORIX 4 STRIATA. Latr., Hist. nat. Ins., t. XII, p. 280. SIGARA STRIATA. Fabr. , 1. c., p. 104.—Panz., fasc. 50, fig. 23. La Corse. Groffr., 1. c., I, p. 478, pl. 9, fig. 7.

Testaceo-flavescens, thorace lineis nigris transversis, subtilissimis; divisis vel subanastomosantibus ; hemelytris nitidis, signaturis nigris numerosissimis sub lente flexuoso-reticulatis.

Hab. in aquis stagnantibus. Long. 5 lin.

Le canal digestif a, dans la Cortise, tout au plus deux fois la longueur du corps de cet insecte. Des trachées d’une extrême finesse le pénètrent et lui forment des rênes qui le maintiennent dans sa position. L'œsophage est capillaire et se prolonge jusque vers le milieu du thorax. Il n’y a aucun indice de l’existence d’un jabot. Si, en approchant de sa terminaison, l'œsophage se renfle insensi-

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blement, il est facile de se convaincre, avec le secours de la plus faible lentille du microscope, que ce renflement n’est du qu’à une plus grande épaisseur de la tunique externe seule; car la cavité linéaire du tube qui forme son axe a d’un bout à l’autre le même diamètre. L’estomac, inégal et boursouflé à son origine, est en grande partie logé dans la cavité thoracique et a parfois une teinte verdâtre. Il n’est pas immédiatement suivi, ainsi que dans la Vaucore, d’un tube filiforme distinct; il diminue insensiblement de diamètre, et présente ordinairement , avant l’insertion hépatique, un renflement ovalaire qui rappelle la seconde poche gastrique des Géocorises, mais qui, dans quelques conditions, est entièrement effacé. Un léger bourrelet circulaire, un peu calleux, termine en arrière le ventricule chylifique et est l'indice d’une valvule intérieure; il est suivi d’une portion intestinale grêle et droite dont les tuniques sont bien plus épaisses que le reste de l'organe; ce qui rend sa surface un peu inégale et ridée. J’observe que la face inférieure de cette portion d’intestin est creusée d’ (Use gouttière médiane assez profonde. Elle s’'amincit en arrière pour s'implanter sur la base d’un sac stercoral ou cæcum assez ample ; je dis s'implanter, parce qu'il n’y a pas un abouchement bout à bout, et que le point d'iusertion, débordé en avant par le sac en question, paraît latéral. Ce cœcum, qui dans la Corise ainsi que dans quelques genres voisins, me parait devoir remplir les fonctions de vessie natatoire

a un volume et une configuration variables : il présente à son origine une ou deux boursouflures distinctes; quand il est bien distendu il a une forme arrondie , et se termine en arrière en un tube cylindroïde dont l’ouverture extérieure est l’anus.

Les vaisseaux hépatiques de la Corise forment deux

anses longues et flexueuses qui sinsèrent, par quatre bouts isolés, immédiatement avant le bourrelet valvulaire qui termine en arrière le ventricule chylifique. Ces vaisseaux, d’une texture fragile, sont ou lisses ou repliés en festons, ou très variqueux, suivant certaines conditions. De fines trachéoles les retiennent appliqués sur les parois du tube alimentaire. Ils sont tantôt d’un blanc de craie, tantôt d’un gris blanchätre, suivant le degré d'élaboration de la bile. La portion par laquelle ils s’implantent autour du ventricule chylifique est, dans une étendue de quelques millimètres, sensiblement plus grêle que l’autre, et toujours diaphane. Les figures expriment ce trait particulier.

Espèce 2. COR. HIEROGLYPHICA. Nob., fig. 85.

Testaceo-flavescens ; thorace lineis nigris subtilissimis, transversis , simplicibus; hemelytris cinereo-pallidis nitidis signaturis nigris ; irregularibus, interruptis , subconcatenatisque ; Larsis posticis concoloribus.

Hab. in aquis stagnantibus (Saint-Sever). Long. 2 lin.

Elle est plus petite que la Corise rayée (striata. Latr., Hist. t: XII, p. 289) qui se trouve dans les mêmes eaux. Fond du corselet d’un gris cendré un peu argenté, traversé par neuf lignes noires parallèles. Mouchetures des hémélytres ressemblant, à la loupe, à des caractères hiéroglyphiques noirs. L'examen comparatif des figures qui représentent les hémélytres de cette espèce et de la Corise rayée, mettra suffisamment à méme d'apprécier leur différence spécifique.

L'appareil digestif de la Corise hiéroglyÿphique ne m'a rien présenté qui ne confirme ce que J'ai dit sur l'espèce précédente.

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GENRE XXI. — NOTONECTA, NOTONECTE.

Les Notonectes, que Geoffroi a appelées Punaises à avirons , à cause de la forme et de l’usage des pattes postérieures, sont des Hémiptères aquatiques qui de tout temps ont fixé l’attention des entomologistes par leur attitude singulière dans l’eau. Elles nagent sur le dos , de manière que le ventre est supérieur ou tourné en haut, et c’est cette singularité que Linnæus a si bien exprimée par le nom , d’étymologie grecque, qu'il leur imposa. Une région dorsale relevée en dos d’âne ou en carène arrondie , ‘et revêtue d’un velouté qui la rend imperméable, des franges fines et nombreuses qui garnissent soit les pattes postérieures, soit les bords de l'abdomen et du thorax, soit enfin, en double rangée, une légère crête médiane de la paroi ventrale , et qui s’étalent ou se ploient au gré de linsecte , comme de véritables nageoires, favorisent et cette attitude en supination , et la prestesse des mouvemens natatoires de la Notonecte. Puisque la nature, qui semble souvent se faire un jeu de produire des exceptions bizarres qui attestent l’immensité de ses ressources , avait condamné cet animal à passer sa vie dans une posture renversée , il fallait bien , pour le maintien de son existence, qu’elle lui donnât une organisation en harmonie avec cette attitude; c’est aussi dans ce but que la tête est fortement. inclinée sur la poitrine; que les yeux , de forme ovalaire, peuvent exercer la vision en haut et en bas ; que les pattes antérieures , ainsi que les intermédiaires, agiles et arquées, uniquement destinées à la préhension, peuvent se débander en quelque sorte, à la faveur des hanches allongées qui les fixent au corps, et accrocher solidement leur proie avec les griffes robustes qui terminent leurs tarses. Pour ne point grossir ces pages, je renvoie à l’ex-

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