‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 21 sur 65 · GENRE XXV. — ISSUS, ISSUS · texte numérisé non relu

GENRE XXV. — ISSUS, ISSUS

Espèce 1. ISSUS COLEOPTRATUS. Fabr., 1. c., p. 99. Cicapa cocroprrara. Panz., 1. c., fasc. 2, fig. 6. ( Optima.)

La Cicaze sossur. Geoffr., 1. c., [., p. 418, n° 7.

Griseo pallide virescens, hemelytris abdomine longioribus apice rotundatis medio subgibbosis, inter nervos nigro-reticulatis, puncto distincto nigro in medio alioque subsuturali notatis; alis nervoso reticulatis.

Hab. in pratis, dumetis. Long. 3-3 1/2 lin.

Il y a entre le canal alimentaire de l’/ssus et celui des

SUR LES HEMIPTÈRES. 225

Fulgorelles précédentes une conformité vraiment admirable, ainsi que le prouve suffisamment la figure que j'en donne. Les vaisseaux hépatiques n’ont pas un col distinct comme dans la Cixie ; ils ressemblent à ceux dela Z'ulgore.

CICADELLES

Je répéterai, relativement aux Cicadelles, ce que j'ai déjà avancé en parlant des Fulgorelles, sous le rapport de leur classification. C'est que l’organisation de leur appareil digestif les rapproche plus des Cigales proprement dites que des Fulgores, et conséquemment les Cigales doivent être colloquées après les Fulgorelles et avant les Cicadelles.

GENRE XXVI. — CENTROTUS, CENTROTE.

Esrèce 1. C. CORNUTUS. Fabr., 1. c.,p. 19, Panz. , fasc. 50, fig. 19.

Le »eriT Drague. Geofir., L. c., 1, p. 423, pl.0, fig. 2.

T'horace bicorni nigro postice subulato longitudine abdominis , alis fuscis. Fabr., 1. c.

Hab. in sepibus salicetisque. Long. 5 lin.

Cet insecte sauteur, remarquable par sa construction bizarre , est trop connu pour que J'insiste sur sa description.

Le Centrote cornu a un tube alimentaire dont la configuration et la structure générales ont une grande analogie avec celui de la Cigale. Cet organe est proportionnellement aussi long, et les diverses parties qui le constituent offrent entre elles le même mode de connexion. La seule différence bien appréciable qui existe, c’est qu'au lieu de l’anse gastrique des Cigales, le Criisote n’aqu'une poche fort cour rte; mais celle-ci a également un cul-de-sac latéral, et elle

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s'abouche de la même manière soit à l’œsophage, soit à la portion renflée du ventricule chylifique, soit à l'intestin proprement dit. Les vaisseaux hépatiques ne diffèrent pas non plus de ceux de la Cigale par leur nombre, leur forme, leur couleur et leur insertion.

GENRE XXVIL — LEDRA, LÉDRE.

Espéce 1. L. AURITA. Fabr.,].c., p. 24. — Panz., fasc. 50, fig. 18.

Le cranD Drasce. Geoffr., 1. c.,[, p. 423, pl.9, fig. 1

Griseo,viridirubroque variegata punctata; capite semi-rhomboideo , carina in medio lineari et tuberculo utrinque; thorace utrinque in auriculam rotundatam crenatam dilatato ; scutello apice elevato ; hemelytris nervosis subpunctatis.

Hab. in pratis. Rarissima. Long. 7 lin.

Le canal digestif de la Zèdre a nne longueur un peu moindre que celui des C igales, auquel il ressemble du reste par la délicatesse de sa Fa et ses connexions insolites. L’œsophage se dilate en un jabot oblong bien prononcé, séparé de l'estomac par un étranglement. Le ventricule chylitique débute par un estomac qui, au lieu d’être courbé en anse comine dans les Cicadaires chanteuses, est placé à la file du jabot, allongé, droit, ridé ou boursouflé, d’une couleur jaunäâtre rouillée. Il est suivi d’un conduit tubuleux intestiniforme reployé, plus ou moins pointillé, allant par une portion récurrente s’aboucher à la partie inférieure de l'origine même de l’estomac, de manière à former, ainsi que dans les autres Cicadelles, un cercle complet. L’'intestin naît tout prés de cette derrière embouchure. Il est très grêle, fort délicat, délié comme un fil, proportionnellement moins long, moins replié que celui de la Cigale,

etrempli d’une pulpe excrémentitielle blanchâtre opaque. Il se renfle à peine avant sa terminaison à l'anus.

Les vaisseaux hépatiques, au nombre de quatre, sont dune fragilité désespérante pour l’anatomiste. Ils sont diaphanes, moins variqueux que ceux des Cigales, mais ayant le même mode d'insertion ventriculaire.

GENRE XXVIIL. — CERCOPIS, CERCOPE.

Espèce 1. C. SANGUINOLENT A. Germ. Mag., 1818, p. 44. Cicapa sanquinozenra. Lin. (excl. syn.)

Atra, nitida, punctata; glabra, subnitida; hemelytro singulo macula oblonga in margine scutellari, altera ante medium , rotundata discoidali, fasciaque pone medium transversa subsinuata, rubris ; abdominis dorso lateribusque , femorum apice tibiarumque basi rubris.

Hab. in graminosis Galliæ meridionalis. Long. 4 1/2 lin.

Jusqu'à présent J'avais toujours pensé, avec la plupart des entomologistes, qu'il fallait rapporter à cette espèce les figures de Panzer, (fasc. 33., fig. 12), et de Geoffroi ( pl. 8, fig. 5); mais M. Germar regarde ces dernières comme appartenant à sa C. vulnerata, et croit que l’espèce linnéenne en est distincte; je me soumetsà sa décision.

Le canal digestif de la €. sanglante a, lorsqu'il est déployé, environ cinq ou six fois la longueur de tout le corps de l’insecte. Il à la plus grande ressemblance de configuration et de structure avec celui de la Zèdre. L’estomac est une dilatation oblongue, diaphane, plus ou moins boursouflée. Le conduit tubuleux filiforme qui lui succède , est d’abord jaunatre ou pellucide, non pointillé; il se distingue ensuite sondainement, et peut-être par une valvule circulaire interne, d’une autre portion également filiforme, un peu plus grosse, récurrente , d’un blanc mat pointillé; couleur qui semble due à une sorte de pulpe

chimeuse. Cette distinction, quoique constante, n’est pas toujours facilement mise en évidence. Ce tube ventriculaire se comporte comme celui des Homoptères précédens, c’està-dire qu'il remonte vers l'origine de l’estomac, où il s’abouche en s’amincissant un peu. {’intestin proprement dit ne diffère point de celui de la Zèdre. Les vaisseaux hépaüques , pareillement au nombre de quatre, flottans par un bout, sont diaphanes et tellement variqueux , excepté dans le voisinage de leur insertion, qu'on les croirait tordus en spirale. Ils accompagnent et entourent l'intestin comme

dans la Cigale.

GENRE XXIX. — ZPHROPHORÆ, APHROPHORE.

M. Germar a imposé cette dénomination générique à un petit groupe de Cicadelles compris dans les Cercopes de M. Latreille. Des jambes postérieures à deux ergots, deux ocelles distincts, placés sur le vertex, et une carène médiane linéaire sur la tête et le corselet, en forment les traits extérieurs les plus caractéristiques. Leurs larves, qui habitent sur les plantes, ont la singulière faculté de sécréter une humeur écumeuse au milieu de laquelle elles vivent. C’est cette habitude qui leur a valu le nom d’Æphrophore , qui signifie porte-écume, et celui de baveuses, sous lequet les jardiniers les connaissent.

Espèce 1.4. SPUMARIA. Germ.

Cercopis spumaria. Fabr.,1. c., p. 95.

La Cicave senaune. Geoffr., [., p. 416.

Grisea, nigro-impresso-punctata, hemelytris nigrescentibus maculis duabus lateralibus albo-hyalinis; abdomine nigro dorso rufeccente. |

Hab. in hortis, pratis , etc. Long. 4. lin.

Le conduit alimentaire des Æphrophores est encore

formé sur le même plan général d'organisation que celui des Cicadelles précédentes. Comme dans mon travail précité sur l'anatomie des Cigales, j'ai aussi publié la description de l’appareil digestif de l Aphrophore écumeuse, je me dispenserai de la reproduire ici, et jy suppléerai avantageusement pour la science par celle de l'Æphrophore des SES

Eseèce 2. ZPHROPHORA SALICINA.

Cicapa salicina. Gmel. in Lin. Syst. nat., ed. 13, p. 2100. Crcapa spumariA saurois. Deg., ins. 3, p.180, n° 2. (ex Gmel.)

Griseo-testacea, subvirescens, unicolor, subtiliter impressopunctata ; hemelytro singulo pone medium puncto discoidali pallide Jlavescente vix distincto ; abdomine nigro , Segmentis margine rufescentibus, pedibus rufescentibus.

Hab. frequentissime in salicetis (St-Sever). Long. 4 lin.

Elle a la forme, la grandeur, la physionomie, et tous les traits génériques de l’Æphrophore écumeuse ; mais elle en est très distincte comme espèce. Les hémélytres ont une couleur grise testacée, verdâtre, uniforme. La loupe y découvre de très petits points calleux jaunâtres qui donnent naissance à un poil fort court, et l’œil nu en aperçoit un plus grand et constant , placé un peu au-delà du milieu sur la nervure médiane, mais peu apparent. Les ailes, à peine enfumées, ont les nervures noires.

Cette espèce, omise dans les ouvrages de Geoffroi, de Fabricius, d'Olivier et de M. Latreille, n'avait pas échappé, à ce qu'il paraît, aux recherches de de Géer. Elle est extrêmement commune dans nos saussaies.

Le canal digestif de l’Æphrophore des saules ressemble beaucoup à celui de la Cercope, et conséquemment à celui des Cigales propres. Sa longueur ne dépasse pas plus de quatre ou cinq fois celle de tout le corps de l’insecte. Aus-

sitôt après avoir franchi le prothorax, l’œsophage se dilate en un jabot assez ample qu’une contracture bien marquée sépare de l'estomac. Celui-ci ne m’a offert aucune trace ni du bourrelet en godet ni de la poche particulière ridée ou boursouflée que J'ai signalés dans lÆphrophore écumeuse. Cette première poche gastrique est une dilatation simple, de forme variable, à parois translucides, qui dégénère insensiblement en arrière en un long canal filiforme plus ou moins flexueux ou reployé qui rebrousse chemin, en un mot, qui devient récurrente pour aller s’aboucher dans l'estomac. Ce canal, dans ce trajet circulaire , n'offre pas partout la même organisation. Sa première portion, ou celle qui succède immédiatement à lestomac, présente constamment dans une certaine étendue un peu plus de grosseur, une texture plus délicate, et, ainsi que dans le Cercope, un pointillé particulier qu'on serait tenté de regarder comme formé par des cryptes muqueux nichés dans l'épaisseur de ses tuniques. Cette portion pointillée est séparée par un léger bourrelet, indice présumé d’une valvule annulaire, d’une autre portion lisse, unie, plus déliée, à parois peut-être plus denses, allant s’insérer brusquement ou plutôt s'implanter dans l’estomac, non loin de l’origine de celui-ci. Vis-à-vis cette implantation, mais sur un côté opposé, naît l'intestin proprement dit, sous la forme d’un tube plus grêle que le canal précédent, lisse, imponctué, qui , après quelques flexuosités, se termine par une poche excrémentitielle oblongue qui précède l'anus.

Les vaisseaux hépatiques de notre Æphrophore ont la plus grande ressemblance , soit par leur texture, soit par leur mode d'insertion, avec ceux de la Cigale. Ils frappent l’œil de l’entomotomiste par leur couleur d’un brun chocolat violacé , et par les festons réguliers que leurs bords offrent à la loupe, excepté à leur origine où ils sont incolores et

lisses. IL y en a quatre bien distincts, mais tellement entortillés autour de l'intestin, qu’il est difficile de les dérouler sans les rompre; flottans par un bout qui est fermé, ou, comme on dit, borgne, ils prennent naissance par l’autre, à côté de l’origine de l'intestin.

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