GENRE XXII. — FULGORA , FULGORE
Esrèce 1. F. EUROPÆ4. Fabr., 1. c., p. 5. — Panz., fasc. 20 , fig. 16.
Fronte conica, corpore viridi, alis hyalinis reticulatis. Fabr. , I. c.
Hab. in pratis, sepibus. Long. 41/2 lin.
Le conduit digestif de la F'ulgore européenne n’a guère
SUR LES HEMIPTÈRES. 223
plus de trois fois la longueur de tout le corps de l’insecte; il est d’une texture délicate et fragile comme celui des autres Cicadaires. L’æsophage se dilate en un jabot plus ou moins marqué, à parois pellucides. L’estomac forme une poche ovalaire dont les boursouflures sont assez prononcées, et qui est logée dans le thorax. Un ligament suspenseur assez fort, et d'apparence charnue, se fixe d’une part à l'endroit où l'estomac dégénère en un conduit tubuleux, et de l’autre dans la tête ; ce ligament , qui s’atténue en avant, peut en imposer pour le cordon ou vaisseau dorsal , mais en est bien distinct. Le tube filiforme qui succède à l'estomac, et qui, suivant moi, fait partie du ventricule chylifique, au lieu d’être récurrent et dirigé en avant ainsi qu'on le voit dans les Cigales, se fléchit en une anse latérale allongée dont les branches , rapprochées et presque partout contiguës, sont maintenues en place par d’imperceptibles vaisseaux aérifères. Après l’anse en question, le tube digestif, sans changer de diamètre ni de texture, recoit les conduits biliaires, et presque immédiatement après se renfle en un cæcum oblong, plus ou moins rempli d’une pulpe excrémentitielle verdâtre, et qui s’atténue en arrière pour se terminer à l'anus.
Les vaisseaux hépatiques s’insèrent, comme je viens de l’insinuer, un peu avant la poche stercorale ; il y en a quatre ‘très simples, moins longs et plus grêles que dans les Cigales, jaunatres et variqueux , excepté près de leur origine, où ils sont unis et diaphanes, comme c’est l’ordinaire. Îls se dirigent en arrière, et leur bout flottant se perd dans le tissu adipeux qui avoisine le cæcum et les organes génitaux. Leur implantation ventriculaire est parfaitement distincte et à nu; elle a lieu latéralement et par paires rapprochées.
GENRE XXIV.— CIXIUS, CIXIE.
Espèce 1. C. 5 - CosTATUSs. Nob.
Niger, glaber, thoracis dorso lineis 5 elevatis, oculorum orbita , prothorace pedibusque testaceo -variegatis ; hemelytris griseis, nervis subtiliter fusco-punctatis, abdominis segmentis rufo tenuiter marginatis.
Hab. in pratis siccis. Long. 2 1/4 lin.
La Cixie à cinq côtes a toute la structure et la phystonomie de la €. nerveuse, mais elle est plus petite qu’elle et en est très distincte comme espèce, soit par les cinq lignes longitudinales saillantes de son corselet, soit par la teinte grisatre des hémélytres. Je ne la trouve point mentionnée dans les ouvrages d’entomologie qui sont à ma disposition.
Le canal alimentaire de la Cixie ressemble parfaitement, et par sa structure et par sa configuration, à celui de la Fulgore européenne; en sorte que la description de l’un s'adopte de point en point à celle de l’autre.
Les vaisseaux hépatiques, d’un jaune soufré , très variqueux et comme articulés, sont au nombre de quatre, ainsi que dans la Fulgore; mais ils présentent cette particularité, en quelque sorte générique , qu'ils se réunissent deux à deux, avant leur insertion au ventricule, en un col bien distinct, assez long, diaphane et lisse.