ARTICLE PREMIER
Organes générateurs mâles.
Les uns sont destinés à préparer, à élaborer les élémens fécondateurs ou le sperme; les autres à conduire, à émettre la liqueur prolifique dans lacte copulateur. Dans les premiers sont compris les testicules avec les conduits déférens et les vésicules séminales; dans les seconds, le canal éjaculateur, la verge et V'armure copulatrice. C’est encore ici un exemple remarquable de conformité de composition organique entre l'appareil générateur mâle des Hémiptères et celui des grands animaux. Je vais développer les traits fonctionnels ou physiologiques de cette ressemblance.
Les organes qui, par l'effet d’une vitalité élective toute mystérieuse, ont pour fonction spéciale de séparer le sperme
de la masse humorale, de le sécréter, en un mot, portent et doivent porter, dans l’homme comme dans la punaise, le nom de testicules. Dans les Hémiptères , ainsi que dans la plupart des grands animaux, ils sont binaires ou doubles. Situés à demeure dans la cavité abdominale, le plus souvent à sa base, quelquefois à son extrémité, toujours audessous des viscères digestifs, ils sont, comme tous les organes qui ont une haute importance vitale , en contact avec un grand nombre de vaisseaux aérifères. Ceux-ci non-seulement s’épanouissent, à leur surface, en élégantes broderies, mais ils s’insinuent entre les parties qui constituent la glande et pénètrent leur tissu. Tantôt chaque testicule ne consiste qu’en un seul corps indivisé, et tantôt il résulte de la connivence , de la réunion de deux ou plusieurs gaines que J'ai cru devoir désigner sous le nom significatif de capsules séminifiques. Le nombrede celles-ci varie suivant les familles et les genres, mais il est constant dans les individus d’une même espèce. Dans quelques Hémiptères , le testicule est enveloppé d’une tunique propre ou testiculaire, membraniforme, comparable à la tunique albuginée des grands animaux; dans d’autres il est tout-à-fait à nu. La forme et surtout le volume de ces glandes sont sujets, dans le même individu, à quelques variations qui dépendent de leur turgescence séminale, et qui pourraient alors en imposer à des yeux peu exercés.
Lorsque le testicule, dans son état d’orgasme génital , a préparé une quantité surabondante de liqueur prolifique, celle-ci est transmise, hors de cette glande, dans des réservoirs spéciaux , par un Canal particulier, appelé conduit déférent du testicule ou cordon spermatique. Ce conduit se rencontre dans tous les Hémiptères. Dans les uns il naît brusquement de l'organe sécréteur; dans les autres il n’en est qu'une dégénération insensible. Sa longueur
varie beaucoup, suivant les familles et les genres. Elle peut égaler seulement celle du testicule ou la surpasser un grand nombre de fois. Dans quelques cas, ses flexuosités s’agglomérent en un peloton constant, qu’un scalpel adroit arrive à dévider complètement, et qui peut porter le nom d’épididyme, par analogie avec une agglomération semblable qui s’observe dans les Mammifères.
La liqueur spermatique , immédiatement séerétée par le testicule, est, comme Je viens dele dire, transmise par le conduit déférent dans des réservoirs particuliers. Ceux-ci sont les vésicules séminales : le sperme est destiné à y subir, soit par son séjour, soit par une filtration répétée dans des canaux multipliés, soit enfin par la vitalité de ces organes, et peut-être aussi par son mélange avec d’autres humeurs, une nouvelle et dernière élaboration qui lui fait acquérir la qualité fécondante ou prolifique. Ces mêmes réservoirs, ce même but physiologique, se retrouvent dans les animaux les plus élevés de l'échelle organique, comme dans nos petits Hémiptères. Les vésicules séminales de ces derniers, toujours placées entre les testicules et le canal éjaculateur , sont tantôt de longs boyaux filiformes assez rares’ et reployés, tantôt des vaisseaux courts et très nombreux, tantôt enfin, comme dans l’homme, des poches membraneuses assezconsidérables. Elles sont plus ou moins développées , plus ou moins apparentes, suivant leur degré de turgescence ou leur opportunité générative; mais leur nombre et leur configuration ne varient point dans les individus d’une même espèce.
Le canal éjaculateur est l'aboutissant, le tronc des diverses parties que je viens de mentionner. Cest lui qui livre passage au sperme lorsque celui-ci est convenablement élaboré, et que des conditions génératives favorables sollicitent son excrétion. Sa forme et sa longueur varient
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dans les Hémiptères , suivant les genres. En général il est bulbeux dès son origine, et cette portion bulbeuse est digne de toute l'attention du physiologiste qui se livre à l'étude comparative des animaux et à la recherche de la théorie des analogues. Les parois sont épaisses, fermes, presque élastiques, susceptibles d’une contractilité propre à remplir la fonction qui lui semble dévolue; et qui consiste à lancer, à projeter, à éjaculer, en un mot, la liqueur prolifique pendant le coït. Mais, indépendamment de cette fonction, n'est-il pas permis de croire que ce bulbe peut avoir aussi celle de sécréter quelque liqueur spéciale qui se combine avec le sperme; et, sans violenter l’invocation à la loi de l’analogie , ne relrouvez-vous pas ici un organe comparable à la glande prostate des grands animaux ?
Tout l'appareil générateur mâle se termine dans les Hémiptères , comm, dans tous les animaux en général, par le pénis ou la verge. Cet organe, qui dans les quadrupédes sert et à l’excrétion du sperme et à celle de urine, est dans les insectes exclusivement destiné à s’introduire, pour l'acte copulatif, dans le vagin de la femelle, et à y éjaculer la liqueur séminale pour la fécondation. Il est habituellement renfermé dans la cavité abdominale, dont il occupe l'extrémité, et il n’en sort que pour l'exercice du coït. Pour le mettre en évidence hors du temps de ce dernier acte, il faut exercer sur l’ensemble des pièces plus ou moins cornées qui en sont le réceptacle, et dont je parlerai bientôt, nne compression expulsive graduelle : alors on le voitsaillir sous l'apparence d’un corps grêle comme un fil, blanchatre, mou et flexible. Dans quelques conditions génératives , favorables, J'ai même constaté l'existence bien positive d'un vestige de gland comme bilobé.
Autant que Jai pu m'en convaincre en cherchant à prendre la nature sur le fait, je suis porté à croire que la
verge des Hémiptères , ainsi que celle des autres insectes , n’est point susceptible d'acquérir complètement, pendant orgasme génital, cette raideur désignée sous le nom d’érection. Mais la nature, toujours conséquente dans ses productions , toujours admirable dans la diversité des moyens qu’elle emploie pour atteindre un même but, a su obvier à cette espèce d’inhabilité à l'érection : un appareil en quelque sorte mécanique a été donné à tous les insectes, pour rendre exécutable l’acte important de la fécondation; c'est cet appareil qui porte le nom d’armure copulatrice. Diverses pièces la composent , et présentent, suivant les genres et les espèces, des différences que j'indiquerai plus bas. Les unes sont habituellement visibles à l'extérieur ; les autres appartiennent à la verge elle-même, et l’accompagnent lorsque le coït doit avoir lieu. Les pièces externes de l’armure copulairice des Hémiptères sé trouvent placées tout-à-fait à l'extrémité de l'abdomen, tantôt à la région ventrale et tantôt à la dorsale. Elles sont , en général, d’une texture analogue à celle des tégumens du corps, mais souvent plus dures encore. Elles constituent un ensemble réiractile, c’est-à-dire susceptible de sortir en tout ou en partie de sa position ordinaire, et d’y rentrer ensuite. Des muscles assez nombreux obéissent, à cet effet, à la volonté et aux besoins de l’insecte. Ces pièces, par leur configuration, paraissent avoir pour but principal de saisir, d’accrocher, de fixer les parties externes de organe générateur femelle, pour laccomplissement du coït. Les pièces copulatrices propres à la verge, forment, à cet organe, une gaîne, un véritable fourreau, j'allais dire un prépuce, d’un tissu assez consistant, mais qui ne l’est pas uniformément, de manière à ce qu'il puisse jouir d’une certaine flexibilité. Ce fourreau, lors de la copulation, s’introduit en partie dans la vulve, et facilite
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ainsi l’intromission complète du pénis dans ie vagin.
L’accouplement des Hémiptères et des insectes en général n’est point instantané, comme dans l’espèce humaine et la plupart des mammifères. Semblable à celui du Chien, il est permanent pendant un certain temps. Le mâle et la femelle, ainsi que dans ce dernier quadrupède , sont placés horizontalement, bout à bout, par le partie postérieure du corps, et restent liés dans cette attitude jusqu'à ce que l'acte fécondateur ait été complété. On a voulu expliquer par l’absence des vésicules séminales dans le Chien, la nécessité de la durée de son accouplement; il faudrait chercher pour les Hémiptères une autre solution, car ces insectes sont pourvus de réservoirs spermatiques très développés ou fort nombreux.
Au lieu de destiner, comme je l’ai déjà fait dans d’autres ouvrages de cette nature, un paragraphe particulier à lexamen isolé de chacune de ces parties dans les diverses espèces, il m'a paru plus convenable, pour abréger et simplifier mon travail, d'exposer l’ensemble de l'appareil génital male dans chacun des Hémiptères soumis à mes recherches anatomiques.
GÉOCORISES.
Scutellera nigro-lineata.— Le sexe mâle de cette espèce se reconnaît extérieurement à ce que la région anale, vue en-dessous, présente une exCavation semi circulaire ou parabolique, et deux paires de saillies ou d’apophises, le tout formé par l’armure copulatrice.
Les testicules, fixés tout-à-fait à la base de la cavité abdominale, sont constitués par deux glandes assez grandes, fort remarquables par ieur couleur d’un rouge vif, en partie obliquement croisées l’une sur l’autre dans leur situation
naturelle, le plus souvent en forme de massue ovale-oh-
longue et obtuse, plus renflées dans certains cas de turgescence séminale. La couleur rouge ou cinabre de ces organes appartient exclusivement à une membrane fort mince et d’un tissu peu résistant qui forme sa tunique testiculaire ou albuginée. On voit plusieurs trachéoles étaler sur ce fond de pourpre d’élégantes arborisations nacrées. Quand on a dépouillé le testicule de sa tunique colorée, on met à nu son parenchime, qui est une pulpe blanchâtre, homogène, visqueuse, plus ou moins compacte, suivant son degré d'élaboration. Cette pulpe, soumise aux investigations microscopiques les plus réitérées, ne m'a offert aucune trace de capsules ou de vaisseaux séminifiques. Ce testicule est unicapsulaire.
Je ferai, à ce sujet, uneobservation qui prouve combien il est nécessaire en entomotomie de multiplier les recherches, soit pour constater la texture de certains organes, soit pour saisir les analogies ou les transitions d'orgauisation. En juin 1828 je disséquai un individu de notre Scutelltre, dont les testicules, très développés par l'effet d’une turgescence spermatique considérable , étaient décolorés à leur extrémité libre; et celle-ci offrait évidemment la trace, ou plutôt un faible trait de plusieurs divisions ou lobes peu marqués, ainsi que le témoigne la figure que J'en donne. Or, s’il est permis d’en appeler à la loi de lanalogie, on voit dans ce cas l'indice, le vestige de l’organisation des testicules de plusieurs Géocorises, dans lesquels ces organes sécréteurs du sperme sont, ainsi que nous le verrons plus bas, composés de plusieurs capsules parfaitement distinctes.
Le conduit déférent du testicule n’est que la continuation de l'extrémité postérieure de cet organe. Revêtu comme lui d’une tunique rouge, il est filiforme , plus ou moins flexueux, environ deux fois plus long que le testicule lui-
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même, et formé intérieurement par le même parenchyme pulpeux blanchâtre. Îl va se perdre dans le groupe des petites vésicules séminales, par un mode de connexion qu'il m'a été impossible de constaier.
Les vésicules séminales sont de deux sortes : les unes, fort petites et très nombreuses, se confondent pour chaque côté en un groupe qui parfois semble bilobé. Ce sont des tubes fins et courts, libres et fermés par un bout, réupis par l’autre, d’une manière inextricable, vers un centre commun. Îls ont une texture fort délicate. J’ai souvent observé que les plus antérieurs étaient d’un blanc mat, et les postérieurs diaphanes. Les autres vésicules séminales sont bien différentes des premières, et se nent par leur conformation de celles des grands animaux. Il n’y en a pour chaque côté qu’une seule, sous la forme d’une poche membraneuse, ovalaire, assez And remplie d’un sperme plus ou moins limpide. Elles recoivent, par un mode d'insertion que l’exiguitéet l’extrème délicatessedes parties, ne m'ont pas mis à même de reconnaître positivement, les autres vésicules séminales et les conduits déférens ; puis elles dégénèrent en arrière en deux cols tubuleux qui s’abouchent au canal éjaculateur.
Le canal éjaculateur, beaucoup plus court que le conduit déférent, présente, dès son origine, un renflement ovoide ou ovalaire, et s’'amincit en arrière pour pénétrer dans l’appareil chutes
L'armure copulatrice est une pièce cornée, à peine apparente, au bout inférieur de l’abdomen, dans l’état de repos. Elle a une forme à peu près carrée, échancrée en avant et en arrière. Les angles de l’échancrure antérieure servent d'attache aux faisceaux musculeux qui font mouvoir l’'armure; ceux de la postérieure forment une saillie obtuse garnie de quelques cils, et dans l’intervalle de ces
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angles il y a au milieu une lame courte, bifide; puis, de chaque côté de celle-ci, un crochet en forme de spatule uni-épineuse au bord interne.
Sc. maura. — Son appareil générateur male offre des différences tranchantes avec celui de la Sc. nigro-lineata et confirme l'observation que J'ai déjà émise, en parlant de la Structure extérieure de cet insecte, sur la nécessité d’établir pour lui une division particulière dans le cadre des espèces, ou de l’ériger en genre propre.
J'observe , relativement à la différence extérieure des sexes, que la région anale ne présente en-dessous qu’une plaque d’une seule pièce en forme d’écusson , à peine déprimée, arrondie en avant, largement tronquée et légèrement échancrée en arrière, constituée par l’armure copulatrice.
Les testicules, bulbeux et arrondis à leur base, sont ensuite brusquement rétrécis en une sorte de bec allongé, cylindroïde, que J'ai toujours rencontré comme flétri et ridé. Dans leur position naturelle ils sont contigus et opposés par leurs bases respectives. Ainsi que ceux de la Sc. rayée, ils sont revêtus d’une tunique testiculaire rouge, et ne présentent intérieurement qu'une pulpe homogène blanche, amorphe. Les conduits déférens ont aussi une enveloppe rouge. Ils sont grêles, à peine de la longueur du testicule, et confluent en arrière en un réservoir arrondi formant le bulbe du canal éjaculateur, et où. viennent s’'aboucher, comme dans un sinus commun, les vésicules séminales. Celles-ci, au nombre de cinq bien distinctes, mais fort difficiles à isoler, sont filiformes, diaphanes, fragiles , très repliées et flottantes par un bout. Leurs nombreuses flexuosités sont parfois , surtout dans’ la condition opposée à la turgescence spermatique, si déprimées et si contigués , qu'elles semblent constituer une membrane où
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la loupe a de la peine à saisir la trace de leur existence. De ces cinq vésicules séminales, deux s’insèrent de chaque côté du réservoir arrondi, dont je viens de parler, et la cinquième ou l’impaire s’implante vers le milieu du bord antérieur de ce réservoir, tout près du point où confluent les conduits déférens. Elles sont toutes d’une grosseur à peu près égale, mais l’impaire est un peu moins longue que les autres, et l’antérieure des paires latérales est la plus longue. Leur insertion a lieu par un bout un peu eflilé. Le canal éjaculateur débute, comme je l'ai déjà dit, par une dilatation arrondie qui sert de réservoir aux conduits déférens et aux vésicules séminales. 11 devient ensuite brusquement grêle comme un fil, blanchäâtre, fort court, et va, en passant sous l'intestin, pénétrer dans l’armure copulatrice. Cette dernière est une pièce cornée et rétractile dont la configuration et la structure diffèrent beaucoup de celles de la Sc. rayée. Elle présente en-dessus une légère excavation, dont le milieu est cccupé par une espèce de soupape ovale-oblongue qui se relève pour le passage de la verge, et qui est flanquée à droite et à gauche par un crochet copulateur. Les figures qui accompagnent mon texte, me dispensent d’autres détails descriptifs.
Pentatoma dissimilis. — Le mâle diffère de la femelle par une plus petite stature, et parce que le dernier segment de l’abdomen a une large échancrure, arrondie et profonde, et est concave en-dessus pour loger l’armure copulatrice.
Les testicules ne diffèrent guère que par la forme, de. ceux des S'cutellères. Placés comme eux sous les viscères de la digestion , et fixés à la base de la cavité abdominale par de nombreuses brides trachéennes, ils forment deux corps tantôt ovales, tantôt oblongs, suivant leur degré de turgescence ; le plus souvent étranglés vers leur base et se
regardant par celle-ci. La tunique testiculaire qui les revêt est aussi fortement colorée en rouge orangé ou en écarlate, et parcourue par des broderies vasculaires. Quoiqu'ils ne présentent extérieurement aucune trace de division, on reconnaît néanmoins, en les disséquant avec soir, que chacun d’eux est comme formé par un faisceau de capsules séminifiques allongées dont je n’ai pu déterminer le nombre, parce qu’elles sont confondues. Ces capsules ont une enveloppe propre, lavée de rouge, qui m'a paru le dédoublement de la tunique testiculaire, et J'ai bien reconnu que de fines trachéoles s'insinuaient entre elles. Le sperme qu’elles renferment est blanchätre. Le conduit déférent, filiforme, rouge, et bien plus long que le testicule, est à son origine collé contre la base de celui-ci, qu’il déborde un peu comme un bourrelet. Il se fléchit en une double sinuosité, et va s’insérer à la naissance du canal éjaculateur, en se rapprochant de son congénère sans s'unir à lui. Avant cette insertion il présente un petit renflement oblong, décoloré, précédé d’une légère centracture. Les vésicules séminales sont fort compliquées, et il faut une patience éprouvée pour mettre en évidence leur disposition et leurs connexions. On peut les diviser en trois ordres. On en voit d’abord une impaire fort considérable sous l'aspect d’un vaste sac transversal, le plus souvent réniforme, quelquefois bilobé, suivant certaines conditions génératives. Ce sac, plus ou moins rempli d’une humeur limpide, visqueuse, cache en grande partie les autres vésicules. Celles-ci sont tubulaires, disposées en arbuscules ramifiés qu'il n’est pas facile d'isoler. Les antérieures, plus courtes, plus petites, plus nombreuses , plus inextricables, ont leur insertion aux conduits déférens, dans cette légère contracture que J'ai dit précéder un renflement terminal de ceux-ci. Elles forment, pour chaque côté, un fais-
ceau à plusieurs branches aboutissant à un tronc commun, court et étroit. La liqueur séminale qu'elles contiennent est blanche, opaque, et n'a paru plus élaborée. Les vésicules tubulaires postérieures sont constituées par un groupe bien plus simple de conduits, dont quelques-uns sont divisés en une ou plusieurs digitations. Elles s’implanient, par un pédicule commun fort court, de chaque côté du bulbe du canal éjaculateur, et sont pleines d’une humeur spermatique limpide. Le canal éjaculateur se renfle, dès son origine, en un bulbe allongé, claviforme, d’une consistance comme calleuse, et sensiblement courbé. Ce bulbe recoit à son bout antérieur les deux conduits déférens; un peu au-dessous de ce bout s’abouche le grand sac séminal ; et de chaque côté, vers sa partie moyenne, a lieu l'insertion des vésicules tubulaires postérieures. Le canal en question devient filiforme après le bulbe, et pénêtre sous le rectum pour s’enfoncer dans l’armure de la verge. Celleci est une capsule cornée, courte, arrondie, avec une échancrure semi lunaire en arrière.
P. smaragdula. — Une configuration du segment anal de l'abdomen, à peu près analogue à celle de la P. dissimilis, distingue dans cette espèce le mâle de la femelle. Observons seulement qu'ici l’échancrure a ses angles moins arrondis, qu’elle est garnie intérieurement d’une légère villosité, et que le segment où elle est pratiquée offre endessous et en arrière une fossette particulière.
L'appareil génital male à la plus grande conformité d’organisation avec celui de l’espèce précédente. Voici les seules différences, et elles ne tiennent point à la structure intime. 1° Le testicule est ici plus obtus, comme tronqué ; les trachées qui s’étalent à sa surface y présentent des branches rapprochées et presque parallèles qui imitent des galons d'argent. 2° La tunique testiculaire est d’un roux
pâle et non rouge. 3° Les vésicules séminales, insérées au conduit déférent, sont moins nombreuses et très entortillées. 4° Celles implantées sur le bulbe du canal éjaculateur sont plus loyrgues, disposées sur un même plan et terminées par une extrémité eflilée. 5° Enfin le bulbe du canal éjaculateur est moins prononcé, moins calleux et non sensiblement courbe.
P. grisea. — On reconnaîtra le male à ce que l’armure copulatrice, logée dans le dernier segment de l'abdomen , présente, vue en-dessous, une dépression semi lunaire dont les angles sont obtus, brièvement velus, et dont la ligne intermédiaire a une petite échancrure médiane et quelques inégalités peu marquées.
Quoique cet insecte se rencontre fréquemment dans nos contrées , quoiqu'il soit le premier Géocorise qui apparaisse au printemps, puisque dès les premiers jours de mars il me fournissait ordinairement l’occasion de reprendre mes investigations anatomiques, javais vainement cherché, pendant plusieurs années consécutives, à le disséquer dans des conditions favorables à l'étude de ses organes mâles de la génération. Dans les diverses saisons où les autres Pentatomes offraient ces organes dans un état de turgescence spermatique plus ou moins prononcé, je trouvais constamment les testicules de celle-ci ratatinés , flétris , déformés , sans parenchyme appréciable, et les vésicules séminales vides, affaissées , inextricables. Ce n’est que tout récemment, en novembre 1829, que J'ai enfin pu constater d’une manière positive la forme et la structure de l'appareil génital male de la P. grisea. J'en ai tiré la conséquence assez naturelle que l’accouplement de cette espèce a lieu beaucoup plus tard que celui des autres Géocorises, et à l'époque dont je viens de parler. On peut aussi, sans trop hasarder, tirer cette autre conséquence que, puisqu'on
rencontre cet insecte à la fin de l'hiver avec les organes génitaux flétris, c’est que vraisemblablement il franchit cette saison et qu'il hiberne.
Ses testicules, mollement assis sur une couche épaisse de grumeaux adipeux blancs, et d’un rouge éclatant rehaussé de broderies nacrées, ressemblent irait pour trait à ceux de la P. dissimilis. Je puis en dire autant des coniduits déférens, des vésicules séminales et du canal éjaculateur; en sorte que la description de toutes ces parties serait un véritable double emploi.
P. ornata. —- Cest encore ici le même plan d’organisation pour l'appareil génital male. Le seule différence an peu remarquable que n'ait fournie son étude consiste dans une forme plus oblongue du testicule, qui dans quelques cas de turgescence spermatique, est dénudé, à son extrémité, de sa tunique rouge, et présente alors la trace de deux capsules séminifiques accolées, dont l’une déborderait un peu l'autre en longueur. Le canal éjaculateur débute par un bulbe ovale.
P. aparines. — On ne saurait disconvenir que cette Pentatome revêt une physionomie différente de celle des espèces précédentes, et nous allons trouver dans l'organisation de son appareil male de la génération quelques traits particuliers qui sembleraient déposer en faveur du sentiment de Fabricius, qui a placé cet insecte dans son genre Edessa.
Les testicules ont aussi une tunique propre, d’un rouge vif, couleur qui se communique parfois aux fines arborisations trachéennes épanouies à leur surface. Ils sont ovalaires, obtus à leur extrémité libre, qui, dénudée lors d’une exubérance séminale , offre lindicede plusieurs digitations, et rétrécis en arrière, pour se relever ensuite en une espèce d'apophise ou de talon d'où naît le conduit déférent.
Toutes mes tentatives pour isoler les capsules séminifiques que la irace des digitations précitées pourrait faire soupconner, ont été entièrement infructueuses : les dissections les plus soigneuses ne m'ont démontré, dans le testicule, qu'une pulpe prolifique homogène où l'œil, armé des plus foris verres amplifians, n’a pu découvrir ni gaîne ni diaphragme. Ces apparences de digitations incomplètes ne sont donc, aux yeux du zootomiste habitué à étudier la marche graduelle de la configuration et de la texture des organes dans les divers êtres de l'échelle animée , que de simples vestiges, des indices précurseurs, l’ébauche, en un mot, d’une organisation plus compliquée, plus parfaite peut-être.
Les conduits déférens sont rouges, filiformes, flexueux, de moyenne longueur. Un peu avant leur insertion au canal éjaculateur, insertion qui a lieu tout-à-fait au bout antérieur de celui-ci, leur couleur rouge s’efface.
Les vésicules séminales sont tellement développées dans l'état de turgescence, qu’elles recouvrent presque entièrement les testicules. 11 y en a de deux ordres : les unes, au nombre de trois, ont la forme de grandes vessies ovoides , à peu près égales entre elles, à parois minces et pellucides, remplies d’une liqueur transparente; les autres sont vasculaires où tubulaires , diaphanes ou opaloïdes, la plupart rameuses , d’une texture si délicate, si fragile, et tellement enlacées avec les trachéoles , que leur déroulement complet est impossible. Des trois vessies séminales, lune, centrale et quelquefois comme échancrée, s’abouche d'une manière sessile à l’origine supérieure du canal éjaculateur; les deux autres sont latérales, atténuées en arrière en un col qui m'a paru s’insérer de chaque côté de la vessie centrale, mais à sa face inférieure. Les vésicules séminales vasculaires constituent pour chaque côté un groupe de conduits tu-
buleux, ramifiés en arbuscule, dont les branches sont entortillées. Elles s’implantent de part et d'autre par un tronc commun, près de l’extrémité du col des vessies latérales. Mais, Adépendémment de ces vésicules vasculaires rameuses , il y en a de chaque côté de la face inférieure de la vessie centrale, au tour du point d'insertion des conduits déférens , quatre ou cinq supplémentaires fort petites , simples, très difficiles à mettre en évidence, et qui sont là comme collées. Le canal éjaculateur est fort court, renflé dès son origine et à peu près droit. L’armure copulatrice a la plus grande ressemblance de forme et de contexture avec celle de la Scutellera maura. Elle présente une échancrure semi lunaire, excavée, au centre de laquelle est une pièce ovalaire en forme de soupape, destinée à se relever pour le passage de la verge.
Coreus marginatus. — Les Corés, ainsi que plusieurs des genres qui les suivent dans le cadre entomologique , vont confirmer, par la structure de leurs organes sécréteurs du sperme, la réflexion que je viens d'émettre relativement aux vestiges ou ébauches de ces parties, comme signes précurseurs d’une organisation qui doit se perfectionner dans des espèces plus élevées dans léchelle.
Le mâle se reconnaît extérieurement à ce que l'extrémité de l’abdomen est largement tronquée et entière.
Les testicules du C. marginatus, placés pour ainsi dire à nu, à la base de la cavité abdominale, sont composés chacun de sept capsules séminifiques ee distinctes , allongées , d’un jaune orangé vif, disposées le plus souvent sur un même plan, en un Pied flabelliforme, déprimé et confluent, ou soudé en arrière pour la formation du conduit déférent. Ces capsules, d’une texture un peu raide, sont, dans quelques circonstances, reployées sur ellesmêmes , de manière à représenter une double rangée; mais