‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 29 sur 65 · Savans étrangers · texte numérisé non relu

Savans étrangers

ce n’est là qu’une exception, un accident. Le conduit déférent naît brusquement du testicule: ilest blanc , d’abord grêle et filiforme, ensuite dilaté en un renflement ovoïde ou oblong, suivant son degré de plénitude, et e terminant par un conduit tubuleux qui va s’insérer, isolément de son congénère, à l’origine du canal éjaculateur. Les vésicules séminales n’offrent point dans les Corés ce nombre, cette diversité, cette complication, qui caractérisent celles des Géocorises précédens. Elles se réduisent à un ou deux réservoirs très simples, mais susceptibles de varier dans leur forme et leur volume, suivant certaines dispositions génératives. La principale est une grande vessie centrale, presque globuleuse quand elle est pleine, tantôt diaphane, tantôt opaloïde, selon le degré d'élaboration de la liqueur spermatique qui la remplit. Elle est accolée par un de ses côtés à une autre vessie allongée qui la déborde et la couronne, et que sa diaphanéité dérobe quelquefo:s aux investigations. Le canal éjaculateur est court, filiforme, flexueux. L’armure copulatrice n’est point ici, comme dans les Pentatomes , une pièce logée dans une écüancrure du dernier segment de l'abdomen. Ce segment est, comme je l'ai dit, tronqué eu arrière, simple et entier. Cest à sa face ventrale et non dorsale qu’est placée l’armure. Celleci est une sorte de boîte cornée, ovalaire, légèrement convexe en-dessous, plane en-dessus. Sa base , qui est sa partie antérieure, est noire et plus dure, recouverte, à l'endroit où elle recoit le canal éjaculateur, par une coiffe cornée, membraneuse, formée de deux paneaux. Sa surface plane est grisatre, membraneuse ou scarieuse, couverte, au microscope, d’un duvet couché, blond. La verge, doni j'ai procuré l’exsertion en comprimant d’une manière expulsive l’armure , est grande, comparativement à la taille de l’insecte. Elle est cylindroïde et charnue. Os lui reconnaît

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une sorte de prépuce dont le bord libre est finement cilié, et un gland bien marqué , comme bilobé.

C. hirticornis. -— En parlant de l'organe digestif de cet insecte, J'ai déjà signalé l'exception remarquable qu'il formait, sous ce rapport, dans le genre Coré. Les signes extérieurs qui caractérisent les sexes le placent aussi dans une exception ; car, à l'opposé de la plupart des autres espèces, l'abdomen du male est profondément échancré à son extrémité, et les angles de l’échancrure se prolongent en une dent saillante qui dépasse de beaucoup une partie intermédiaire, bombée en-dessous, et bordée de quatre tres pelits festons arrondis. Les testicules ressemblent à ceux de l’espèce précédente. Les sept capsules séminifiques qui le constituent forment un éventail proportionnellement plus petit, plus arrondi et Jjaunatre. Le canal déférent est plus court, et peu après sa naissance, il se renfle subitement, mais moins que dans le €. marginatus. Je n'ai su reconnaître qu'une seule vésicule séminale, grande, en forme d’utricule bilobée.

Ab dus Geranii. —- Dans le male, le dernier segment ventral de l abdomen présente une ne et profonde échancrure arrondie, qui décrit les trois quarts d’un cercle, et dans laquelle est logée armure de la verge.

Les testicules de cet Alyde se composent aussi de sept capsules séminifiques, allongées, rangées en un faisceau flabelliforme tronqué, d’un beau rouge-carmin à l'extérieur, contigués entre elles dans toute leur longueur, et soudées en arrière. Le conduit déférent est blanc, plus court que le testicule, et représente une massue dont le gros bout serait à sa naissance. 1] s'engage bientôt sous la vésicule séminale,et,avant des’insérer un peu en arrière de l’origine du canal éjaculateur, il se confond avec son congénère en un tronc commun fort court, en une sorte de bulbe. ova-

laire. Il n’y a, comme je viens de le faire pressentir, qu’une seule vésicule séminale dans cet insecte ; mais elle est fort grande et remplie d’un liquide prolifique diaphane. Elle est placée au centre de l’appareil génital , dont elle recouvre une bonne partie. Elle paraît oblongue et convexe quand on l’envisage dans sa situation naturelle; mais, si on la renverse sur le côté, on se convainct qu'elle est comprimée et réniforme. Ce n’est qu’en opérant ce déplacement qu’on peut constater ses connexions avec les autres parties de l'appareil. Le canal éjaculateur, d'abord renflé à son origine, puis filiforme, a peu de longueur et s’insère par une sorte d’enchatonnement dans l’échancrure de la vésicule séminale. En s'introduisant dans l’armure copulatrice, il s'accompagne d’un organe particulier et festonné, d’une glande des sécrétionsexcrémentitielles, dont je parlerai ailleurs. L’armure copulatrice est ovale - arrondie, cornée comme à l'ordinaire, et enfoncée, ainsi que Je lai dit plus haut, dans l’échancrure du dernier segment ventral de l'abdomen. Elle paraît composée de deux pièces articulées ou enchatonnées l’une dans l’autre. La plus antérieure de celles-ci, et en même temps celle qui n’est point visible à l'extérieur dans l’état d’inaction, est glabre, lisse etarrondie. L'autre, apparente, même dans l’insecte mort, est velue, légèrement trilobée en arrière et terminée vers son milieu par deux pointes cornées , à peine arquées, couchées dans l’état de repos, mais susceptibles de se redresser et de servir de erocbets lors de l’acte reproductif.

A. apterus.— J'ai déjà, en traitant du tube alimentaire des 4lydes, fait ressortir la différence considérable qui s’observe, sous ce point de vue anatomique, entre les deux espèces soumises à mon scalpel. L'étude comparative de leurs organes de la génération confirme encore celte différence , et autorise à penser que ces deux Géo-

corises méritent d'être placés dans deux genres distincts.

Le bout postérieur de l'abdomen du mäle de 4. apterus présente, vu par-dessus , comme deux excavations séparées par une pointe épineuse centrale , dépendantes de larmure copulatrice. L’organe spécial de la sécrétion du sperme a ici une configuration différente de celui de l 4. geranii, quoiqu'il soit composé du même nombre de capsules séminifiques, c’est-à-dire de sept. Mais celles-ci , au lieu d’être rangées sur un mêmé plan horizontal, sont réunies en un faisceau ovale, conoïde, qu'enveloppe pareillement une tunique testiculaire rouge. Une dissection adroite peut isoler ces capsules séminifiques les unes des autres, et les étaler en étoile, ainsi que les représente une des figares que j'en donne. On voit alors que ces capsules sont blanches, eflilées aux deux extrémités, et renflées au milieu, c’est-à-dire à peu près filiformes. Dans quelques cas deturgescence séminale, le faisceau testiculaire laisse apercevoir à l'extérieur la trace des capsules qui le composent. Les conduits déférens, un peu plus longs que dans l’espèce précédente, et blancs, ont le même mode d'insertion au testicule et se terminent en arrière par un bulbe oblong. La vésicule séminale est unique et a la plus grande ressemblance avec celle del 4. geranii.

Pyrrhocoris aptera. — Le bout de l'abdomen du male laisse à découvert, en-dessous, une portion convexe et lisse de l’armure copulatrice, marquée d’une rainure ou coulisse transversale que domine un léger rebord supérieur fort brièvement duveté.

Nous allons retrouver dans les parties essentielles de l'appareil génital maie de la Pyrrhocore le même plan d’organisationque dans les Corés, mais avec des différences et des modifications qui peuvent être regardées comme des

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