‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 7 sur 65 · GENRE I. — PENTATOMA, PENTATOME · texte numérisé non relu

GENRE I. — PENTATOMA, PENTATOME

Olivier, qui créa ce genre sur l'existence de cinq articles aux antennes, y avail compris le précédent. Les Pentatomes ne différent effectivement des Scutellères que par un écusson moins grand, qui ne recouvre point les hémélytres, et ne se prolonge pas jusqu’au bout de l’abdomen.

Ils se nourrissent aussi des sucs de divers S végétaux.

Espèce 1. PENT. GRISEA4. Latr., Mist. nat., etc., T. XII, p. :92 Cruex Griseus. Fabr., Rhyng., p. 171. — Panz., fasc. 33, fig. ro.

Ovata , supra obscure grisea ; thoracis angulis obtusis, anticis brevissime unidentatis ; abdominis marginibus albido maculatis ; corpore subtus pallidiori punctis nigris orbiculatis adsper SO ; verre spina acutissima antice P1 oducta.

Hab. freq. in cultis. Long. G lin.

Quatrième et cinquième articles des antennes mi-partis blancs et noirs; le troisième souvent blanchätre à sa base. Membrane des hémélytres ordinairement marquée de points brunätres. Ecusson blanc sale à sa pointe, et deux points noirätres avant celle-ci.

Le canal digestif du P. gris ne présente pas quant à sa longueur, au nombre et à la forme de ses dilatations, ainsi qu'à sa structure générale, de différence essentielle avec celui que je viens de faire connaître dans la Scutellère rayée ; ainsi il serait superflu d'en consigner ici la des-

cription. Je me bornerai à exposer les modifications suivantes. Les cordons valvuleux ont ici une couleur rosée très marquée, qui passe souvent au rougeàtre; ils sont un peu plus gros que dans les Scutellères, et leur extrémité postérieure offre un renflement de forme olivaire, souvent décoloré ou mème blanchätre, et qui, dans certains cas (rares à la vérité), s’efflace entièrement. Les vaisseaux hépatiques ont une couleur vert-de-gris ou vert-émeraude très prononcée , et ne difièrent point, non plus que la vésicule biliaire, de ceux du genre précédent.

Espèce 2. PENT. JUNIPERINA. Latr., 1. c.

Cu. sunirerinus. Lin. — Fabr., |. c., p. 167. — Panz.,

fasc. 33, fig. 16.

La Puxaise verte. Geoffr., ins. Par., [, p. 164.

Ovata flavo-virescens , nigro impresso-punctata ; thoracis mutici hemelytrorumque margine externo tenui, pedibusque flavis ; antennis tarsisque rufescente-rubris ; spina ventrali antice producta.

Hab. in hortis graminosisque. Long. 5 lin.

Commun dans nos contrées (Saint-Sever ; Landes), où le genièvre est très rare. Région dorsale de l'abdomen très noire, avec une fine bordure jaune. Membrane des hémélytres d’un blanc diaphane, comme vernissée. Bord externe noirâtre en-dessous. Ecusson le plus souvent jaunatre à sa pointe.

Le canal digestif du P. du génevrier est organisé comme celui du P. gris; mais les cordons valvuleux sont blanchâtres et non renflés à leur bout postérieur.

SUR LES HEMIPTÈRES. 157

Espèce 3. PENT. DISSIMILIS.

Cru, pissimiuis. Fabr., 1. c., p. 167. — Panz., fasc. 35, fig. 15. Ovata, supra viridis , subtus , antennis pedibusque rubro- Jerrugineis ; thorace inermi; abdominis dorso atro-violaceo ; hemelytrorum membrana fumoso-ænea.

Hab. freq. in hortis. Long. 5 lin.

D'un vert un peu obscur, couvert de points enfoncés, noirs. La couleur rougeätre des antennes, des pattes et du ventre, S’affaiblit beaucoup par la dessiccation. Ailes enfumées. Quelquefois les pattes d’un jaune päle, avec les tarses ferrugineux. Région de l’anus souvent de cette dernière couleur.

Son tube alimentaire, les cordons valvuleux et l’appareil hépatique ressemblent à ceux du P. du génevrier.

Esrèce 4. PENT. SMARAGDULA. Cim. suaracDuzus. Fabr., 1. c., p. 167.

Ovata , late viridis , antennarum articulis 3° apice 4° 5°que rufo sanguineis ; thorace mutico ; scutello basi punctis tribus flavis, alioque atro immerso utrinque; abdominis dorso concolori, ventre carinato; segmentis abdominalibus utrinque dente nigro minuto armatis.

Var. torquata. — Thoracis capitisque tertia parte antica albido flavescente.

Cim. torquatus. Fabr., 1. c., p. 166.

Hab. satis freqg. in hortis Galliæ merid. occid. (Saint- Sever). Long. 6 lin.

Corselet et abdomen avec une légère bordure jaunätre. Tarses avec quelques poils roussâtres. Membrane des hémélytres et ailes diaphanes.

Obs. Je l'ai fréquemment trouvé accouplé avec le Cim. torquatus Fabr., et cette variété fort remarquable est indépendante du sexe. J'ai aussi rencontré à la fin de

l'automne des individus de cette même espèce, dont la couleur verte était devenue d’un gris rougeätre ou rouillé.

Le conduit digestif du P. émeraude et ses annexes ne différent point de celui de l’espèce précédente. Les boursouflures de l’estomac sont seulement beaucoup plus prononcées que dans les autres Pentatomes , et rappellent celles qui caractérisent la poche gastrique de la Sangsue.

Espèces 5. PENT. BACCARUM. lLatr.

Cim. baccarum. Fabr. , 1. c., p. 172. — Panz., fasc. 33, fig. 20. Ovata , grise0-vIresCens , nigro-punctata ; thoracis mutici dimidia parte postica hemelytrorumque corio (in vivo) rubescentibus ; membrana basi macula fusca ; scutelli apice albido ; abdominis lateribus maculis bifidis nigris ; antennis alboannulatis , tuberculo radicali extus subspinoso.

Hab. freq. in hortis, graminosis , etc. Long. 5 lin. Hémélytres en-dessous d’un rouge sanguin vif, pointillé

de noir.

Son canal alimentaire ne diffère de celui du 2. gris que par l’incoloration des cordons valvuleux, qui sont diaphanes et non renflés à leur bout postérieur.

Espèce 6. PENT. ORNATA. Latr.

Cru. onnarus. Fabr., 1. c., p. 172. — Panz., fasc. 35, fig. 21. La Punaise RouGE pu cnou. Geoffr., ins. Par., [, p. 460. Ovata, atro ruboque varia, capite, antennis, pedibusque atris ; hemelytrorum membrana atra , albido tenuiter marginata; capitis margine elevato.

Hab. freq. in cruciferis oleraceis. Long. 4 1/2 lin.

Son organisation intérieure présente plusieurs particularités que nous exposerons en passant en revue les divers appareils.

La longueur de son tube alimentaire surpasse un peu plus de quatre fois celle du corps de Pinsecte ; ainsi il a

plus d’étendue que celui des autres Pentatomes. Cet organe ne présente du reste, dans sa configuration et sa structure , aucune différence bien remarquable. Les cordons valvuleux sont plus gros , plus turgescens , moins tordus et moins rayés en travers que dans les précédens Géocorises. Leur couleur est variable; le plus souvent ils sont d’un blond pâle, avec leur bout postérieur d’un jaune vif, renflé en olive comme dans le P. gris. J'ai trouvé parfois ces cordons entièrement Jaunes. Les vaisseaux hépatiques ne sont point ict colorés en vert.

Espèce 7. PENT. ACUMINATA. Latr. , Gen. Cr., IL, p. 115. Æuta acuminaTA. Fabr., 1. c., p. 189. — Panz., fasc. 32, fig. 17. LA Punaise À TèTE LONGUE. Geoffr., 1, p. 473.

Ovato-elliptica , antice attenuata , dilute flavescens, supra

nigricanti longitrorsum lineata ; antennarum articulis ultimis

rufo-sanguineis ; abdominis dorso atro margine flavicanti. Hab. in graminosis. Long. 3 1/2 lin.

Rien dans la configuration et la structure du canal digestif qui s'éloigne du type générique. Les cordons valvuleux sont blanchäâtres, très variqueux, et non renflés au bout.

Espèce 8. PENT. APARINES. Nob.

Enessa marGiNaTa. Fabr., L. c., p. 154.—Panz., fasc. 35, fig. 14. Ovato-rotunda, griseo-ferruginea; clypeo rotundato integro; thoracis lateribus dilatato-rotundatis subreflexis macula antica albida ; scutelli apice, abdominis maculis lateralibus antennarumque annulis albidis ; pedibus albis nigro-punctatis; ventre æneo-maculato.

Hab. in Galio aparine (Saint-Sever). Long. 5 lin.

Ce Pentatome se trouve plus spécialement sur le grateron (Galium aparine Län.), dont il pique et suce les fruits. Cette particularité, qui est un trait essentiel dans

l’histoire naturelle de cet insecte, justifie la dénomination spécifique par laquelle J'ai remplacé celle de Fabricius,

qui n'exprime qu ‘un caractère vague. Panzer, qui l’a très bien figuré, mais qui sans doute ne l’a vu que dans un état de dessiccation , dit à tort que les taches sont jaunes. Membrane des hémélytres d’un gris bronzé relevé de nervures rameuses. Une grande tache bronzée quadrilobée à la base du ventre dans la femelle; une large plaque de cette couleur dans le mâle.

Le tube alimentaire de la P. du grateron ne diffère pas de celui des espèces précédentes. La portion filiforme qui succède à l’estomac est seulement un peu moins longue : je la trouve remplie, ainsi que la seconde poche gastrique, par une pulpe verdätre. Les cordons valvuleux sont blanchâtres ou semi-diaphanes, avec leur bout postérieur tantôt d’un jaune vif, tantôt incolore, peu ou point renflé. Les vaisseaux hépatiques sont verdâtres. L’intestin renferme une pâte stercorale d’un Jaune orangé. »

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