H. ÉTUDES. — SC. NAT. TU ATEN US
diamètre n'excède pas celui d’un cheveu, la traverser et faire ainsi communiquer le cul-de-sac inférieur avec la partie supérieure de l’entonnoir.
Quel rôle ces ouvertures jouent-elles dans l’organisme ?
Il était naturel de penser, à priori, qu’elles avaient pour mission de faire communiquer l'appareil circulatoire avec le milieu ambiant par l'intermédiaire du sac de Bojanus. Cette supposition semblait d'autant plus probable, que toutes mes recherches pour trouver une communication directe de cet appareil avec l'extérieur étaient restées sans résultat. Mais des injections répétées dans le système veineux m'ont convaincu qu'il n'existe dans le péricarde d'autre ouverture que celle que je viens de décrire, et que le sang veineux, pas plus que le sang artériel, ne pénètre jamais dans son intérieur.
20 Système artéricl.
L'aorte (1) est tres-courte; elle à à peine 2 ou à millimètres de long après sa sortie du péricarde. Elle continue la courbe de la pointe du ventricale, pénètre presque verticalement dans la masse de la glande hermaphrodite, et se divise bientôt, dans son épaisseur, en deux gros troncs, dont l’un, aorte antérieure, se dirige à droite, puis en avant, pour se distribuer au pied et à toute la partie antérieure du corps, et dont l’autre, aorte posté rieure, marche directement en arrière, et vient épuiser ses rameaux dans la partie postérieure de la masse viscérale, ainsi que dans le manteau.
Nous déerirons successivement chacune de ces artères avec les branches qu'elles émettent.
À.— L'aorte antérieure (2), la plus volumineuse des deux, après son origine, continue à s’enfoncer entre les lobes de la glande hermaphrodite, en se portant d’abord à droite et en dehors, puis en bas ; elle arrive sur les côtés du bulbe, adhère à la membrane qui limite là cavité dans laquelle est contenu cet
(4) Voy. pl. C, fig. 3,4.
(2) Voy. pl. C, fig. 3, b, ct pl. De, 2.
RECHERCHES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE. 51 organe, et, parvenue à la partie inférieure, se bifurque ; une branche se courbe en avant, s’accole sur les parois de la cavité générale en passant au milieu des insertions des muscles bulbaires, et se termine en donnant l'artère palléale antérieure et l'artère tentaculaire. L'autre branche de bifurcation se détache en dedans, passe transversalement au-dessous de la partie postérieure du fourreau de la langue, et se courbe en avant pour suivre la même direction et offrir la même distribution que la précédente, mais du côté opposé.
Dans ce trajet, l'aorte est en rapport avec la glande hermaphrodite, l'intestin, les parois latérales du bulbe en dedans, la masse génitale en dehors, la glande salivaire, enfin les parois de la cavité viscérale, ainsi que les muscles qui s’insèrent dans cette région et les nombreux nerfs qui la traversent.
Elle fournit successivement les artères intestinales, salivaires et génitale, les artères pédieuses, bulbaires, antérieures du manteau, et les artères tentaculaires.
Les artères intestinales et salivaires sont peu importantes et variables dans leur distribution et leur nombre (f). Les premières, en général au nombre de deux, partent de l'aorte pendant qu’elle est contenue dans la glande hermaphrodite, l'une en dessus, l’autre en dessous ; elles cheminent entre les lobes glandulaires, auxquels elles fournissent quelques rameaux, et viennent se répandre sur l'intestin dans [a portion transversale et antérieure. Les artères salivaires, souvent réduites à une seule, naissent beaucoup plus bas, se dirigent en arrière dans l'épaisseur de la glande salivaire, et se terminent dans la portion antérieure.
L'arlère génitale (2) est beaucoup plus considérable que ces dernières ; elle se détache en dessus cu en dessous des artères salivaires, et se dirige directement en dehors vers la masse génitale qui est en ce point voisine de l'aorte. Arrivée sur ces organes, vers le bas de la face interne de la glande de lalbumine, elle remonte en rampant sur cette face, se porte en arrière, et vient
JVOy. pl. G, fig3, et pli D; fig. 1, c.
(1 (2)Voy. pl D,Gg 1, 05ret pl CG, fg4.
s’épuiser dans les plis du canal séminal, après avoir donné de nombreux rameaux à droite et à gauche.
Dès son arrivée sur les organes génitaux, elle fournit en avant une branche volumineuse (1), qui passe au-dessous de la glande de l’albumine, derrière la poche copulatrice, et va se distribuer sur la face externe en donnant des rameaux pour la glande de l’albumine, la glande du coude, et aussi pour l'angle que forme le vestibule en se réunissant avec le canal de la poche copulatrice.
Plus haut et du même côté se détache une grosse branche (2), qui se porte directement en avant sur la poche copulatrice, à la surface de laquelle elle se distribue, ainsi que sur le commencement du canal de cette poche.
Un autre rameau (3), issu encore du même côté, passe audessous de la poche séminale; après avoir donné quelques ramuscules superficiels à la glande de lalbumine, 1l pénètre dans l’épaisseur de cette glande et s'y distribue. Quelques artérioles plus longues que les autres la traversent et viennent se terminer sur la face externe.
La poche séminale reçoit aussi une branche (à) quila parcourt dans toute sa longueur d’arrière en avant, et qui fournit des artères qu'on voit se ramifier jusque au-dessus de la glande de l'albumine.
Enfin, après avoir émis quelques autres petits rameaux pour la partie inférieure de la masse tout entière, l'artère génitale, encore volumineuse, passe sur les circonvolutions du canal séminal, pénètre entre ces divers replis, et finit par s épuiser, et par disparaître tout à fait sur la partie postérieure et amincie de ce canal.
Les artères pédieuses postérieures (5) sont au nombre de deux, une de chaque côté. Elles partent de la branche interne de bifurcation de l’aorte antérieure. Cette branche, qui quitte en
) Vo)
) Voy. pl. C, fig. 4; e.
)Vov pli ire
0) Voy-1pl.(C, Bg.4,70 et" ARTICLE N° 6.
RECHERCUES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE, 99 effet sa congénère pour se porter en dedans, donne bientôt apres sa séparation une grosse artère, qui est la pédieuse de droite, passe ensuite transversalement au-dessous de l’æsophage, et, avant de se recourber, fournit la pédieuse de gauche.
L'artère du côté droit (4) se porte obliquement en dehors dans la glande salivaire sur laquelle repose l'artère transversale, puis en arrière dans l’intérieur du pied, en restant à peu près parallèle au tube digestif; arrivée à la partie postérieure, elle se courbe en dedans et se termine dans l'épaisseur des tissus. Elle donne des rameaux à toute la partie latérale droite et à la partie postérieure du pied.
Ses principales branches eollatérales sont assez constantes comme nombre et comme position. Les externes sont plus volumineuses que les internes.
En dehors se détachent quatre branches (2). La première, née du tronc principal peu après son origine, se répand dans la partie latérale et un peu antérieure; les autres, moins considérables, ‘s’épuisent en arrière de la précédente. Elles émettent des rameaux qui remontent dans l'épaisseur des tissus pédieux et qui vont se distribuer jusqu'à la partie supérieure, tout près du sillon circulaire.
Les branches qui naissent en dedans sont beaucoup plus petites, à cause du peu d'épaisseur du pied dans cette région. Toutes, du reste, ne se rendent pas dans ce dernier organe; 1l en est qui sont viscérales (3), qui traversent le plancher de la cavité et viennent se perdre dans le foie, dans la glande salivaire et jusque dans la glande hermaphrodite.
À gauche, les choses ne se passent pas tout à fait de même, La direction généralement est à peu près semblable, mais l'artére se divise, après un trajet assez court, en deux branches qui continuent à se porter en arrière sur des plans différents. L'externe (4), qui est aussi inférieure, fournit à la partie latérale
(1) Voy. pl. C, fig. 4, 6.
(@): VYov. plGifigatec
(3) Voy. pl. O, fig. Ÿ
(4) Voy. pl. C, fig,
(ES le 3 de
où Gi. MOQUIN-TANDON.
postérieure ; l'interne (1), située sur un plan un peu plus élevé, donne des vaisseaux à la partie postérieure et aussi quelques petites branches viscérales. Avant sa bifurcation, cette artère émettait en dedans, outre quelques petites artérioles pour les viscères, une branche pédieuse plus importante, et en dehors deux autres gros rameaux, dont l'intérieur se rend, de même que celui du côté opposé, dans la partie latérale et un peu antérieure du pied (2).
Les artères pédieuses sont celles qui s'injectent le plus facilement et dont la distribution est la plus riche. Dans le dessin qui les représente, on n’a figuré que les troncs les plus importants.
La branche interne de bifurcation de l'aorte antérieure donne encore vers le milieu de sa partie transversale l'artère linguale (5), qui se porte en avant et sur la ligne médiane, au-dessous de la face inférieure du bulbe, puis longe brusquement dans les tissus de cet organe, et se divise en de nombreuses petites artérioles qui entourent la langue et se répandent sur les parois.
Trois branches collatérales (4) en partent. Les deux premieresse détachent. de chaque côté peu après sa naissance, et se rendent sur les insertions des fibres musculaires du système postérieur; la troisième continue la direction en avant du tronc principal, et va épuiser ses rameaux à la partie imférieure du bulbe et près du mamelon buccal.
Il existe en outre, de chaque côté, une toute petite artère (5) qui naît au-dessus et en dehors de l'origine des artères pédieuses postérieures. Elle se porte horizontalement en dedans et vient se distribuer à la surface de la membrane qui enveloppe les centres nerveux.
Dans tout le reste de son étendue, l'aorte antérieure offre la même distribution à gauche et à droite.
En avant, au point où elle s’est accolée à la paroi de la cavité
(4) Voy. pl. C, fig. 1, d'.
(2) Voy- BL 5 Fe k c'et el,
(3) Voy. pl. C, fig. 1, g.
(4) Voy. pl. C, fig.
(5) Voy. pl. G, fig.
générale, naît en dessus l'artère pédieuse antérieure (1). Cette artère, peu considérable, pénètre immédiatement dans le pied et se distribue à sa partie antérieure, mais seulement dans le bas. Nous verrons, en effet, qu'il existe une autre artère pour les couches supérieures.
Cette artère ne se borne pas à porter le sang uniquement au pied; elle envoie encore en dedans quelques petits rameaux qui vont se rendre sur les lames péribuccales et aussi sur les petits tentacules (2).
Plus loin et en dedans on voit naître l'artère du mamelon buccal (3). Cette artère se dirige en avant et en bas vers la ligne médiane. Arrivée à la partie antérieure de la cavité viscérale, elle se divise : une branche interne monte sur l'extrémité du bulbe à la surface duquelelle se termine ; l'autre branche, beaucoup plus grosse, pénètre latéralement dans le cul-de-sac que forme en arrière le mamelon buccal, chemine entre les nombreuses insertions des fibres musculaires, et se ramifie en se distribuant à ces fibres ainsi qu'aux parois du cul-de-sac.
Le pied recoit encore une troisième artère pédieuse (4). Celleci est supérieure. Elle se détache en avant de la précédente, pénètre dans le pied sur un plan plus élevé que l'artère pédieuse antérieure, et se répand dans les couches supérieures au -dessus de cette artère, et quelquefois aussi au-dessus de la première branche collatérale de la pédieuse postérieure.
Enfin, l'aorte donne une derniere branche collatérale. C'est une artère æsophagienne et bulbaire (5). Elle se porte directement en dedans sur le bulbe, en longeant le bord ou la face supérieure d’un des muscles latéraux; arrivée sur cet organe, elle se partage en trois rameaux : l'un, antérieur, se distribue sur le bulbe et sur le commencement de l’œæsophage ; le second moyen se répand à la face supérieure de l’œsophage; le rameau
) Voy: pl Cyfee
) Voy. pla Ce Pret 7 } Vox. pli Grhgat metple Difg: 1, 7:
} Voy.. pl: D; fig 4,7.
(YA Vox pl D; fe. 41e
96 G. MOQUIN-TANDONX.
postérieur, le plus considérable, se dirige en arrière, et s’épuise en fournissant de nombreuses petites artères qui rampent à la surface du lobe latéral du bulbe et sur l’œsophage, surtout à sa face inférieure.
L’aorte change alors de direction; elle remonte vers le plafond de la cavité viscérale et se divise en deux artères terminales : l’une, plus interne (1) et plus petite, artère tentaculaire, pénètre dans les tissus, arrive à la base du grand tentacule, qu’elle traverse, et longe la partie dorsale de cet organe. Elle envoie aussi quelques petits rameaux tout autour de l’organe feuilleté du tentacule.
La seconde (2), plus volumineuse, constitue l'artère palléale antérieure. Elle se porte directement en haut; située d’abord à la surface, puis dans l'épaisseur de la paroi de la cavité, en dehors de la base du grand tentacule, elle traverse ensuite la glande, contenue dans cette paroi, à laquelle elle donne quelques rameaux et arrive sur le bord du manteau. Là elle se courbe en arrière pour se distribuer à la partie antérieure de cet organe, à la surface duquel elle forme de riches arborisations.
En résumé, l'aorte antérieure porte le sang artériel à la première partie du tube digestif, ainsi qu'au bulbe, au pied, aux grands et petits tentacules, aux centres nerveux, à la masse génitale, aux glandes salivaires et hermaphrodite, à la partie transversale de l'intestin et aussi à une portion du foie.
Les artères qu'elle fournit successivement sont : les artères intestinales antérieures et salivaires, l'artère génitale, les artères pédieuses postérieures, antérieures et supérieures, les artères bulbaires, les artères du mamelon buccal, les artères æsophagiennes antérieures, enfin les artères antérieures du manteau et les artères lentaculaires.
Quant aux artères de l'organe copulateur, qui viennent évidemment de l'aorte antérieure, je n'ai pu les voir. Cela est dû sans doute à ce que cet organe, qui est toujours plus ou moins
(4) Voy. pl. D, fig. 4, k.
(2) Voy. pl. D, fig. 1, g, et fig. 3, à.
RECHERCHES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE, 97 contracté après la mort, n'a point permis à la matière injectée de pénétrer dans l’intérieur des vaisseaux.
B. — L'aorte postérieure (A) est moins considérable que l’antérieure et d'une distribution plus simple. Voici sa marche. Après avoir quitté l'aorte primitive, elle se dirige immédiatement en arrière dans l'intérieur ou à la superficie de la glande hermaphrodite, décrit une sinuosité en forme d'S, d’abord à concavité droite, puis à concavité gauche, arrive ensuite tout à fait à la superficie de la masse viscérale jusqu'au niveau de l'intestin et se courbe largement pour attemdre le côté droit et passer dans le manteau, où elle se termine en se distribuant à sa partie antérieure.
Dans ce parcours, elle est en rapport avec la glande hermaphrodite, avec le foie, avec l'intestin, au-dessus duquel elle passe, avec les parois gauche et droite de la cavité viscérale, enfin avec la face inférieure du corps de Bojanus.
Elle émet de nombreuses artères, dont les unes s’enfoncent profondément pour se distribuer à la masse des organes digestifs, ainsi qu'aux glandes qui en dépendent, et dont les autres, plus superficielles, vont se rendre au bouclier dorsal et au manteau.
L'artère gastrique (2) est volumineuse ; elle nait généralement de l'aorte postérieure tout prèsde son origine, de telle sorte qu’il semble souvent que l'aorte primitive se trifurque au lieu de se bifurquer. Elle se porte directement en arrière et profondément dans la masse de la glande hermaphrodite, à laquelle elle fournit de petits rameaux en nombre variable, et dont on peut suivre les extrémités jusque sur les lobes de la glande salivaire, qui est sous-jacente. Elle pénètre ensuite dans le foie et arrive sur l’estomac vers sa base ; là elle se divise en deux branches qui contournent cet organe à droite et à gauche, et s’épuisent en lui donnant des rameaux ainsi qu'au foie.
Avant sa bifurcation, se détache en dessous une branche
. a pie Fe Re ce els 3, c etpl. D,'fie, 2,14 ) Voy. pl. C, fig. 3, d.
58 &. MOQUEN-TANPON.
récurrente, æsophagienne postérieure, qui se rend à l'æsophage etse répand surtout sur sa face supérieure.
L'artère gastrique se distribue aussi aux glandes hermaphrodites et salivaires, au foie, à l'estomac et à l’æsophage.
Plus loin partent des deux côtés de l'aorte postérieure quelques petiles artères (1), plus volumineuses à droite, pour la glande hermaphrodite, et pour le foie : les unes restent superficielles dans la plus grande partie de leur étendue ; les autres, au contraire, sout contenues tout entières dans lépaisseur de ces glandes. À gauche, leur terminaison vient s'épanouir sur l'intestin, qui est en ce point accolé à la superticie de la masse viscérale.
L'artère viscérale (2) se détache du tronc principal au moment où, encore contenu dans la glande hermaphrodite, 11 décrit sa grande courbe; elle plonge dans le foie en formant une anse semblable, et arrive au-dessus de l'intestinotellese bifurque. Une branche (3) antérieure récurrente longe en avant la face inférieure de l'intestin, auquel elle donne des rameaux qu'on voit remonter à sa surface; elle se distribue aussi dans le foie. La branche postérieure (4) eontinue la direction primitive, suit la face externe et droite du tube intestinal, se porte ensuite en arriere, passe au-dessous de cet organe, et se termine sur sa face antérieure. Comme la précédente, elle fournit de nombreuses arlérioles intestinales et hépatiques.
Elle émet en outre, vers son origine, une artère (5) qui suit le canal séminal, répand à droite et à gauche ses ramuscules dans le foie, et se perd bientôt vers le point où le canal arrive à la masse génitale. Près de sa terminaison naît un rameau postérieur pour le rectum.
Après avoir croisé l'intestin et fourni dans tout son parcours de petites branches viscérales superficielles, l'aorte donne à gauche
(2) Voy. pliG; g7950,et fie3, 15 et pleF; fig.12} 0. (2) VMoy.-pl.4G He.2 cet pl E Gr. 2,0
(3) Voy pl: C, fie. 2, 5
(4) Voy. pl. C, fig. 2, d', et fig. 3, g.
(9) Voy. pl. C, fig. 2, e.
RECHERCHES SUR L'OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE, 99 un tronc assez volumineux qui se recourbe, arrive sur la paroi de la cavité à la base du manteau, et là se divise en deux ; une branche (1) plus petite pénètre dans cet organe et se distribue à sa partie postérieure ; l’autre (2), plus considérable, longe le limbe du manteau sur tout le côté gauche, en lui donnant des ramusCules nombreux qui se perdent sur ses bords, et vient se terminer à sa partie antérieure au-dessus de la base des grands tentacules.
Près de son origine, cette dernière artère s’est bifurquée; la branche interne de bifurcation pénètre (3) aussitôt dans le manteau, et fournit à la surface de cet organe une distribution trèsriche qu'on aperçoit par transparence quand on à enlevé ia coquille.
Plus loin naissent encore des artères (4) en nombre variable pour la partie postérieure droite du manteau et du limbe: et le tone primitif, continuant sa courbe, finit par s’épuiser en donnant des rameaux dans la partie antérieure droite du limbe du manteau (5).
Enfin, et pour terminer ce qui à rapport à la description de l'aorte postérieure, je dois ajouter que, de la base des artères postérieures du manteau, partent à droite de pelits rameaux pour le tube anal et de très-fines artérioles qui viennent se perdre dans la branche, sur la face supérieure des pinnules, au-dessus de l'artère branchiale (6).
En résumé, l'aorte postérieure se distribue à l'estomac, à la partie postérieure de l’œsophage, à tout l'intestin, excepté à sa partie antérieure, el au tube anal, à la glande hermaphrodite et au Canal séminal, au foie et aussi à la glande salivaire ; enfin. à la moitié postérieure du manteau et à son limbe, et à la surface de la branchie.
Les artères qu'elle fournit sont les suivantes : l'artère gastrique,
(4) Voy. pl. D, fig. 2, et g’.
(2) Voy. pl. D, fig. 2, &.
(3) Voy. pl. D, fig. 2, A!, et fig. 3, a.
(4) Voy. pl. D, fig. 2, À et g.
(5) Voy. pl. D, fig. 2, e,
(6) Voy. pl. G, fig. 2, 7, et pl. F, fig, 3, d'et e.
60 G. MOQUEN-TANDEN.
les artères hépatiques, intestinales et œsophagiennes postérieures, l'artère du canal excréteur de la glande hermaphrodite, les artères
palléales postérieures, enfin les artères anales et superficielles de la branchie.
3° Système veineux.
Le système veineux des Mollusques, des Gastéropodes en particulier, à donné lieu à un grand nombre de travaux. Des découvertes remarquables ont été faites, des résultats importants ont été acquis à la science, et cependant il est peu de points d'anatomie sur lesquels les naturalistes soient aussi divisés d'opinion. Nous regrettons de ne pouvoir nous-même actuellement, en ce qui touche l'Ombrelle, résoudre ces questions d’une manière plus satisfaisante, mais nous espérons être à même de publier, dans un avenir peu éloigné, de nouvelles recherches sur ce sujet intéressant.
Pour comprendre comment s'effectue le retour vers le cœur du sang poussé par les contractions successives de l'oreillette et du ventricule dans les différentes parties de l’économie, 11 est utile de rappeler brièvement les rapports réciproques que les organes affectent entre eux. On a vu que le corps de l'Ombrelle est formé par un pied très-volumineux, creusé en dessus d’une cavité ovalaire, qui se prolonge en avant en cul-de-sac autour de l'extrémité du bulbe, et que recouvre à la partie supérieure le manteau : que cette cavité est divisée en deux par un plan fibreux horizontal dans toute son étendue, excepté à gauche, où il plonge vers le bas, et inséré à la partie antérieure au-dessus du bulbe et en arrière aux limites du sac de Bojanus. Des deux loges ainsi constituées, la supérieure, plus petite, ne contient que le cœur et le sac de Bojanus ; dans l’inférieure se trouve la masse des organes de là génération et de la nutrition.
Tous ces organes remplissent complétement la cavité viscérale, et, sauf en avant à l’entour du bulbe, sont pressés les uns contre les autres, de manière à ne laisser entre eux que peu d'espaces vides. Il n’en est pas de même du pied, qui représente
en effet une véritable éponge, ou plutôt une sorte de tissu feutré ARTICLE N° 6.
tres-liche, formé par des faisceaux de fibres lamineuses ou musculaires enchevêtrés et entrecroisés en tous sens, laissant entre eux des vacuoles qui constituent, sous l'enveloppe extérieure du corps et dans son épaisseur, un vaste système de cavités communiquant les unes avec les autres. Ces cavités veineuses peuvent se distendre beaucoup, car, suivant que le pied est dans l’extension ou la contraction, on voit ces divers états du système musculaire se traduire au dehors par des changements correspondants dans les proportions du corps, qui peut dans le dernier cas se réduire au tiers ou au quart de son volume initial.
Lorsque après avoir injecté les artères avec un liquide coloré pénétrant, on examine leurs dernières ramifications dans le pied, on voit que les troncs artériels arrivés vers la superficie se divisent et se subdivisent en une foule d’artérioles qui diminuent de plus en plus de volume, et dont l’ensemble constitue de riches arborisations qui apparaissent par transparence sous la peau. Si maintenant on continue l'injection, ou si lon vient à pousser doucement avec le dos d’un scalpel la matière injectée contenue dans ces petits vaisseaux, on la voit filer dans leur intérieur jusqu'à leur extrémité, puis s’'épancher brusquement dans la trame du tissu, et y former des amas qu'on peut faire voyager d’un endroit dans un autre avec la plus grande facilité.
Le sang répandu dans les vacuoles du pied baigne-t-il directement les faisceaux de fibres lamineuses et musculaires qui les limitent, ou bien en est-il séparé par une très-mince membrane, par une sorte de vernis homogène ? en d’autres termes, a-t-on affaire ici à des lacunes interorganiques, ou bien à des capillaires grossis et irréguliers, analogues à ceux que l’on rencontre dans le tissu érectile de l’homme et des animaux supérieurs ? C'est ce que Je ne saurais dire, mes observations sur ce point étant trop peu probantes et trop incomplètes pour me permettre de rien aflirmer.
Quoi qu'il en soit, à cet égard, le sang circule de proche en proche entre les trabécules, dans l'épaisseur du pied, et se déverse dans les canaux qui viennent en dernière analysé
déboucher dans la cavité qui contient le bulbe. Cette cavité constitue en effet un vaste sinus (1) à parois lisses et polies. Au premier abord, elle semble parfaitement close, mais, en y regardant de près, on remarque à la partie antérieure, vers le bas et sur les côtés, entre les insertions des faisceaux musculaires qui les cachent, les orifices par lesquels elle se continue avec les canaux du pied. On voit en outre que, sur la ligne médiane et en arrière, la matière à injection se fraye un chemin au-dessous de l’æsophage, à travers les acint de la glande salivaire, se répand tout autour du tube digestif, qui n’est uni qu'en certains endroits par du tissu cellulaire très-che à la masse des glandes environnantes, et remonte à la surface du foie. I existe en ce point un autre sinus, situé entre ce dernier organe et la face inférieure du sac de Bojanus, dans lequel viennent aussi déboucher tantôt perpendiculairement, tantôt plus ou moins obliquement, les larges orifices béants des veines hépatiques à parois très-minces, mais nettement caractérisées ; Ce sinus Considérable communique directement avec la branchie. La paroi droite du corps est en effet percée à son niveau de deux trous qui donnent entrée dans l'artère branchiale.
Le premier se trouve à la partie postérieure, en dehors et un peu au-dessus de l'intestin, à l'endroit où cet organe traverse les parois de la cavité viscérale, pour se terminer à l'extérieur, au sommet d'un tube flottant. Il est large, ovalaire et Innité sur ses bords par d'épais faisceaux fibreux. H débouche dans l'artère brachiale au point où la portion postérieure libre de l'organe respiratoire vient se réunir au COrps.
La seconde ouverture, moins considérable, est située à l’extrémité d'une sorte de canal formé par la membrane inférieure du
(4) Cette cavité veineuse peut contenir une quantité considérable de sang. En effet, certains individus, avant de mourir, déroulent au dehors, à travers la fente buccale, la partie antérieure de leur tube digestif qui correspond au bulbe, de telle sorte que cet organe, au lieu de faire saillie en dedans du sinus, constitue au contraire une sorte de diverticulum, grâce au renversement de ses parois. A mesure que lanimal se contracte, les vaeuoles et les canaux du pied et des autres parties de l’économie se déversent dans le sinus ; la paroi supérieure du bulbe, moins résistante que les autres, se distend de plus en plus sous la pression qu'elle supporte, et arrive à former une
vaste vésicule extérieure, traversée par l’œsophage, qu'on voit alors s'ouvrir au dehors, et dans laquelle s’est rassemblée la plus grande partie du sang de l'animal,
sac de Bojanus, qui se soulève, se prolonge en avant, de manière à constituer un repli falciforme qui s’accole aux parois du corps, passe au-dessus de Pinfundibulum, au fond duquel est situé le canal excréteur du sac de Bojanus, et va se terminer au-dessus el en avant de l'angle droit de l'oreillette, en se réunissant à la partie antérieure de l'artère branchiale.
Mais tout le sang veineux, pour redevenir apte à entretenir les fonctions de natrition, ne passe pas nécessairement par la branchie. Une partie de ce liquide, au lieu de parcourir le circuit que nous avons indiqué, pénètre directement dans l'oreillette, eu traversant le sac de Bojanus, qui joue le rôle d’appareil dépurateur, rôle analogue à celui que remplit, d'autre part, l'organe respiratoire.
La partie supérieure de ce sac adhère au manteau, avec lequel elle se confond entièrement, et forme au-dessous de lui une couche trabéeulaire, épaisse de quelques millimètres, d’un tissu plus serré que celui du pied, et dont les vacuoles communiquent d'une part avec celles des replis membraneux sous-jacents qui supportent la portion sécrétante de l'organe, et de l’autre par des orifices qu'on voit sur son bord postérieur avec le sinus situé au-dessus du foie. Le sang cireule ainsi dans l'épaisseur de cette charpente, s’y débarrasse des produits impropres à la vie qu’il renferme, grâce à l'action des nombreuses cellules avee lesquelles il est successivement en contact, peut-être aussi grâce au liquide qui remplit la cavité, et tombe dans un vaste système de larges canaux variqueux qui rampent sur le bord inférieur des lamelles verticales et qui viennent, en se réunissant peu à peu, pour former des troncs d’un calibre de plus en plus grand, déboucher par quatre à huit orifices à la base de jorailerte, près de son angle gauche.
Dans ces dernières années, plusieurs naturalistes, en tête desquels il faut citer M. Lacaze-Duthiers, ont attiré l'attention sur les communications directes que l'appareil circulatoire présente avec l'extérieur chez certains Gastéropodes. Les différences si marquées qu'on observe dans la proportion du corps d’une même Ombrelle, suivant que les tissus sont dans la contraction
Gl G. MOQ@UIN-TANDONX.
ou le relâchement, m'avaient porté à croire à prior: qu'il devait exister ici quelque chose d’analogue ; mais c’est inutilement que j'ai multiplié mes recherches dans ce but; elles sont toujours restées infructueuses.
On a vu aussi plus haut qu'il n'existe pas de communication entre les cavités vemneuses et le sac péricardique, comme celles qui ont été décrites dans l’'Anodonte par M. Langer, et dans la Paludine par M. Leydig. Il est dés lors probable, quoique je n'aie pu le constater directement, que le sang doit s'échapper au dehors par transsudation au travers de la peau, lorsque le corps de l'animal diminue de volume sous l'influence de la contraction des divers organes et surtout du pied.
49 Circulation dans la branchie,
La circulation du sang dans la branchie ne présente rien que de très-analogue à ce qui se voit daus les Mollusques des genres voisins. Les différences qu’on observe sont peu considérables et ne portent que sur de simples modifications dues à la forme particulière que l’organe respiratoire affecte dans lOmbrelle, et à ses rapports avec le cœur.
On sait que la branchie s'étend dans le sillon circulaire en avant et sur tout le côté droit, qu'elle passe au-dessus de l'extrémité droite de l'oreillette, située au niveau de la réunion de ses trois cinquièmes antérieurs avec ses deux cinquièmes postérieurs, et qu'elle est rattachée aux parois du corps dans presque toute sa longueur, excepté en arrière, par une large base.
L'artère branchiale ou veine cave se trouve logée à la partie supérieure de cette base, parallèlement au bord libre de la branchie. Elle représente plutôt un sinus qu'un véritable vaisseau ; ce n’est en effet qu'un canal de calibre régulier, creusé dans l'épaisseur des tissus et pourvu de parois propres non isolables par la dissection. En arrière, elle se continue dans l'extrémité libre de la branchie, et se trouve alors en rapport, dans cette portion de son parcours, avec une double série de folioles branchiales à droite et à gauche. De cette artère partent pour chaque pinnule des canaux secondaires qui se divisent et se répandent sur
les lames et les lamelles branchiales. En dedans, elle reçoit par deux larges orifices le sang qui revient des organes.
Les veines branchiales sont constituées d’une manière toute différente : ce sont des vaisseaux parfaitement caractérisés qu'on voit faire saillie à la face inférieure. Ils naissent sur les lames et les lamelles en formant à leur surface un réseau capillaire, se réunissent les uns aux autres et viennent aboutir à un canal qui suit le grand axe de chaque pinnule. Les canaux de toutes ces pinnules se déversent à leur tour dans deux grandes veines horizontales qui marchent à la rencontre l’une de l'autre et débouchent par une ouverture commune dans le cœur.
La première, antérieure et plus longue, longe la base de la branchie au point où elle se rattache aux parois du corps; elle reçoit le sang de toutes les pinnules placées en avant de l'angle droit de l'oreillette.
La seconde est située dans la portion libre de la branchie, sur le milieu de la face inférieure, vient se rattacher au corps par son extrémité antérieure grossie en se confondant avec la premiere, et pénètre avec elle dans le cœur. Elle ramène le sang des deux séries de pinnules de la partie postérieure.
Le tronc branchio-cardiaque, formé par la réunion de ces deux veines est très-court ; 1l perce la paroi du corps et arrive immédiatement dans l'oreillette. I ne présente aucune commu nication avec le système veineux général, de telle sorte que tout le sang qui pénètre dans le cœur, soit en passant par la branchie, soit en passant par l'organe de Bojanus, est artériel et sans aucun mélange de sang veineux.
La branchie présente encore, outre ce système de canaux destinés à faire circuler le sang dans son intérieur pour y subir l'hématose, un autre système de vaisseaux artériels pourvus de parois propres, qui ne me parait avoir été signalé jusqu'ici dans aucun Gastéropode. On voit en effet à la face supérieure de cet organe, et tout à fait superficiellement, de très-fins ramuscules (1) partir des artères du manteau et se répandre de là sur
(D Voye ple-Di ie 354