‹ Recherches Anatomiques sur le GoîtreChapitre 7 sur 14 · EE · texte numérisé non relu

EE

Goître gélatineux.

Synonymie: g. colloîde - g. lymphatique - g.simple.

L'accumulation de substance colloide dans les follicules est quelquefois très grande; elle les distend au détriment du tissus interstitiel et vasculaire. Ce processus entraîne l'extension des parties atteintes, et s’il s'est fait d'une manière régulière, l'agrandissement de toute la glande qui arrive parfois à des proportions colossales.

Sur la coupe d’une telle tumeur, on voit des follicules élargis ou des cavités plus grandes provenant de la confluence de follicules hypertrophiés, après atrophie des parois intermédiaires. Ces cavités sont remplies de masses gélatineuses jaunâtres, souvent semblables à de la colle.

Cette forme de goître a recu le nom de « struma gélatinosa » (Rudolf Maier). Voici comment A. Fôrster ! Ja décrit: « Dans uñ degré plus avancé, un très grand nombre de follicules subissent la dégénéréscence colloide. Par une dégénéréscence régulière, sans hypertrophie proportionelle du stroma, l'agrandissement de la glande est moindre. Sur la coupe les petits kystes remplis de matière colloide liquide ou plus souvent solide, sont très visibles car le stroma est très fin entre eux; en plusieurs endroits par l'atrophie complète du stroma, se forment de plus grands kystes; le tissus interstitiel paraît exsangue. »

‘ Handbuch der speciellen pathol. Anatomie, page 836.

Goître kystique — struma cystica.

Lorsque dans le « struma gelatinosa » et dans le « goitre folliculaire » la dégénéréscence colloide atteint un très haut degré, et que les follicules distendus confluent, il en résulte, par les progrès de cette confluence, la formation de cavités kystiques qui contiennent une masse colloide, claire. Les petits kystes ainsi formés, confluent entre eux de la même manière, c’est à dire, après atrophie des parois conjonctives intervésiculaires, et ils constituent bientôt des cavités plus grandes; si plusieurs de ces cavités, ne communiquant pas entre elles, se voient sur la coupe, il s’agit alors du goitre kystique « multiloculaire »; si par les progrès toujours croissants de la confluence, elles finissent par constituer une seule poche kystique, on parle du goître kystique « uniloculaire » dont+la paroi est en général assez épaisse et tapissée, selon quelques auteurs, par un épithélium à sa surface interne. Nous reviendrons sur ces gros kystes; nous voulons d’abord rapporter les différents travaux parus sur ce sujet.

Voici les observations de Birch Hirschfeld !, pour ce qui concerne la formation kystique: « Par les progrès de la dégénéréscence colloide, on arrive à la confluence des follicules et à la formation de cavités kystiques, contenant

! Pathologische Anatomie, page 671.

une masse colloide, analogue à du mucus ou du mucilage, quelquefois mélangée au sang, ou une masse jaunâtre visqueuse, trouble, qui contient, à côté des corpuscules colloides les plus fins, des gouttelettes de graisse, des ceristaux gras et aussi des granulations calcaires. La paroi kystique est parfois calcifiée, transformée en une coque épaisse et dure. De pareils kystes peuvent aussi exister sans une hypertrophie concomittante du tissus glandulaire: le stroma peut être atrophié. » Et plus loin: « Dans le voitre kystique on peut avoir en même temps plusieurs kystes dont la grandeur varie de celle d’une noix à celle d’un poing d'homme et au de là. Le contenu de ces grands kystes est tantôt ferme, tantôt plus mou, une masse colloide mêlée à du sang ou incolore. Un contenu purulent tient à l’inflammation des parois du kyste. Quelquefois les parois se couvrent de bourgeons charnus et il se forme une cicatrice fibreuse ratatinée qui oblitère la cavité kystique. La surface intérieure des kystes est le plus souvent lisse, recouverte d’un revêtement epithélial; quelques saillies de la paroi montrent comment les kystes résultent de la confluence de plusieurs autres petits kystes. Parfois aussi, de la surface du kyste on voit s'élever des saillies papillomateuses. »

A. Fürster, décrit aussi le « struma cystica ». Il donne, à propos des grands kystes, des détails que nous tenons à transcrire ici: « Le volume de ces grands kystes varie entre celui d'une noix à celui d'un œuf de poule et au de là. Leur nombre est le plus souvent restreint. Le plus fréquemment, à côté d’un grand kyste, on en trouve plusieurs petits. Leur paroi se compose d'une couche de tissus conjonctif formée par le stroma environnant ;. cette couche ne tarde pas à ressortir comme une enveloppe Cy- Stique séparée. On ne trouve pas constamment un revê-

tement épithélial; le plus souvent il n'existe que par lambeaux. Le contenu des kystes se compose d’abord de cette même masse colloide qui remplissait les plus petits follicules, plus tard il se compose de diverses substances qui résultent d’une métamorphose de la matière colloide. Or: dinairement cette dernière devient bientôt plus liquide et trouble; il s'y développe des corpuscules de graisse et des cristaux de cholestérine et le tissus conjonctif de la paroi, paraît, plus tard, calcifié. Le liquide ainsi troublé par les globules de graisse et les cristaux de cholestérine, parait néanmoins séreux.

Dans d’autres cas, à cette métamorphose, se joint celle du sang. Des hémorrhagies de la paroi kystique surviennent alors; le liquide semble bruni par les corpuscules pigmentaires, ou coloré en noir; enfin le contenu peut devenir purulent ou putride. De la paroi kystique s’élévent parfois vers l’intérieur des excroissances papillaires. »

Rudolf Maier ! à propos du « goître kystique » ajoute un fait nouveau aux observations des auteurs précédents. « La paroi de ces kystes, dit-il, est souvent vascularisée d’une manière remarquable, ce qui, grâce à un procès de sécrétion , ne contribue pas peu à l'agrandissement des kystes. »

Les idées personelles de C. Rokytansky, sur la formation des’ tumeurs enkystées, nous font un devoir de reproduire bn entier ce qu’il a écrit au sujet du goître Kystique. Les lignes suivantes nous permettront de comprendre sa théorie sur le développement de ces tumeurs.

« Il y a aussi le goitre kystique, dit-il. Il offre dans la néoformation de parenchyme glandulaire qui a lieu dans la paroi kystique, les points de rapprochement les plus

1 Lehrbuch der allg. patholog. Anatomie, page 414.

intimes avec le processus éclairci précédemment (hyperplasie). Déjà plus haut, nous avons fait mention de vésicules grosses comme un grain de chanvre. Elles sont des kystes provenant des vésicules sans structure et du tissus conjonctif qui les entoure, et arrivés par la croissance à un plus grand perimètre. Le kyste contient un liquide albuminoséreux, incolore, ou jaune pâle, ou bien un liquide plus épais, gluant, analogue à une solution de gomme, colloide jaune, jaune brun, couleur bronzée, renfermant souvent de la cholestérine et des masses colloides plus épaisses, huileuses, de la nature de la résine. Ordinairement à un examen plus détaillé de la surface intérieure, ou aperçoit, à côté d'un tissus conjonctif à consistance gélatineuse, disposée ci et là, par ilôts, ou étendue plus ou moins également partout, une néoformation, se montrant sous l’aspect d'un parenchyme glandulaire jeune qui s’accroit vers l’intérieur jusqu'à remplissage du kyste. Sur des exemplaires appropriés on observe, surtout à examen sous l'eau, des villosités qui s'élèvent et des proéminences molles simples ou pourvues de renfiements tres petits et transparents, dans les quelles, le microscope révèle des formations pourvues ou non d’une couche d'épithélium à leur surface, et renfermant les éléments glandulaires aux différents degrés de développement, des vaisseaux disposés en cercle autour de ces productions donnant des rameaux vers l’intérieur. Très souvent on trouve des tumeurs qui dans leur centre, renferment une cavité remplie d’un liquide séreux clair, ou colloide. De semblables tumeurs doivent être considerées plus que toutes les autres, comme des kystes dans les quels, les utricules du nouveau parenchyme entourant la cavité, tendent visiblement à se développer depuis l'enveloppe vers le centre. »

Rindfleish ! parle aussi de la transformation des kystes ramollis en véritables kystes sécrétoires.

« Dans l'intérieur du kyste, écrit-il, s'écoule une grande quantité de sérum sanguin et même du sang. Quelques uns d’entre eux appelés «goîtres géants » acquièrent des dimensions colossales. D'autre part la pression intérieure augmentée, peut amener une résorbption subséquente des parois de séparation. Le goiître kystique devient ainsi uniloculaire et le résultat final peut être l'existence d’un kyste simple de grandeur moyenne mais aux parois très épaisses, » |

Virchow ? qui à fait une étude très détaillée du goitre, rend compte de ses observations sur le contenu des kystes.

« Tôt ou tard la masse gélatineuse se ramollit vers les bords, se liquéfie et forme un liquide filant, onctueux, albumineux, qui a toutes les proprietés d’une solution concentrée d’albuminate de soude. Dans ce liquide, se produisent, surtout dans les formes variqueuses, des hémorrhagies tantôt spontanément, tantôt causées par des influences traumatiques. Le liquide prend alors toutes les nuances possibles par les transformations du sang épanché; il peut se coaguler, produire des thrombus solides qui plus tard, se décolorent et tantôt se ramollissent en une matière puriforme, tantôt se transforment en une substance épaisse jaunâtre ou brunâtre. Mais généralement l'hémorrhagie n’est pas tellement abondante qu'il en résulte des caillots considérables. Le sang ne fait que se mélanger au liquide et aubout de quelque temps, la matière colorante du sang se dissout et colore le liquide. Ce dernier devient

1 Lehrbuch der patholog. Gewebelehre, pag. 503. 2 Pathologie des tumeurs, traduction française par P. Arronshon. MOT, pag. 199,

jaunâtre brunâtre, brun café, souvent aussi noirâtre ; l'hématine se décompose et se transforme en partie en matière colorante de la bile,la cholépyrrhine, Tandisque ces transformations ont lieu, les cellules qui existent encore subissent la métamorphose graisseuse, augmentent de volume se transforment en corps granuleux, s’imbibent d’hématine modifiée et prennent ainsi un aspect jaunâtre ou rougeâtre particulier. Il arrive que ces masses de graisse et surtout de cholestérine sont tellement abondantes que les petits kystes paraissent presque complètement remplis d'une bouillie de cholestérine ce qui les a fait décrire comme athérômes (Haen 1762), »

Voici maintenant le résultat de nos observations personelles.

L'un des goîtres kystiques que nous avons examinés, nous à paru particulièrement intéressant. Il s'agissait d'une tumeur strumeuse chez un vieillard. Nous avons étudié la pièce fraîche, le jour même de l'autopsie.

Ce goître avait une coloration rouge brun; sillonné de vaisseaux à la surface, il présentait de legères inégalités. Ea faisant une incision sur la ligne médiane, nous vimes s’écouler une grande quantité d’un liquide séreux; aussitôt la tumeur s'affaissa sensiblement des deux côtés de l'incision verticale, pratiquée à la face antérieure du goitre. Au toucher, les parties inférieures se montrèrent de consistance charnue. Partout ailleurs la tumeur offrait à la palpation, des parties dures alternant avec des parties moins dures. Au bord supérieur de la tumeur, à droite, on observait une proéminence arrondie, fluctuante, jaune par transparence. En l'incisant, il s’en écoula un liquide jaunâtre, troublé par des paillettes nacrées. Immédiatement audessous de cette poche kystique, sur la face postérieure

SUR LE GOÏTRE. Sal

du lobe gauche, on voyait une seconde proéminence, moins transparente, moins fluctuante; incisée, il s'en échappa des masses à l'apparence parfaitement gélatineuse, mais assez fermes au toucher.

Dans les parties inférieures charnues de ce goitre, nous trouvâmes des petites tumeurs enkystées, sur les quelles nous aurons l’occasion de revenir, Pour le moment nous ne nous occupperons que des kystes.

Le plus grand des trois, celui du quel s’écoula un liquide séreux, avait une paroi plus ou moins lisse.

Le kyste dont le contenu était un liquide jaunâtre troublé par une poussière nacrée, avait une structure particulière que nous tenons à décrire en détail. On aurait pu y loger une petite noix; il avait une forme très irrégulière; sa paroi épaisse, était polie, blanche, inégale à la surface interne; elle se composait de colonnes fibreuses, blanches, offrant dans certains points de leur parcours, des foyers calcifiés, jaunes, durs. La capsule du kyste adhérait intimément aux parties voisines. Par places, à la surface de la paroi kystique, on trouvait des masses jaunâtres, très molles; en les comprimant entre les doigts, il s’en écoulait un liqude se desséchant aussitôt sur la peau sous forme de paillettes nacrées. Ces masses, faciles à détacher de la paroi, laissaient audessous d'elles une surface lisse et blanche et en quelques endroits rouge, irrégulière.

Les colonnes charnues faisant relief dans la cavité, rappelaient très exactement, par places, la structure de la surface interne du cœur.

Les masses nacrées dont nous avons parlé, mises dans l'eau froide, laissèrent échapper quantité de paillettes nacrées, mais ne s'y dissolvèrent pas. L'eau chaude additionnée d'acide acétique n’eût pas plus d'effet sur elles.

Le contenu liquide de ce kyste examiné au microscope, se montra composé: 1° d’une grande quantité de cristaux de choléstérine, agglomerés; 2° d'un grand nombre de corpuscules granuleux arrondis ou irréguliers, sans membrane, et d'une coloration jaunâtre ou brunâtre; 3° de fines granulations graisseuses; 4° de quelques fibres conjonctives isolées ou encore groupées en minces faisceaux, enfin d’une quantité innombrable de granulations à peine visibles résultant probablement de la métamorphose granulo graisseuse des éléments cellulaires.

Le kyste situé audessous de ce dernier contenait, nous l'avons dit, des masses gélatineuses, qui mises dans l’eau froide se dissolvèrent en partie. Le résidu examiné au microscope, montra: l°des fibres s'entrecroisant ; 2° des goutte lettes graisseuses; 3° des corpuscules brunâtres; 4° des corpuscules granuleux arrondis, remplis de granulations noirâtres; 5° une quantité de granulations pigmentaires, noires, irrégulières. Dans la partie en solution, on trouva des granulations graisseuses isolées ou en amas, quelques cristaux de cholestérine, quelques corpuscules brunâtres et granulations noires, mais le tout clairsemé.

Ces trois kystes nous paraissent intéressants, surtout au point de vue de leur âge. Nous avons en effet, devant nous, le contenu kystique, dans trois stades différents de son développement, depuis des masses jaunâtres, encore gélatineuses, jusqu'au contenu séreux du grand kyste, en passant par le stade intermédiaire d’un liquide jaunâtre légèrement collant, pas encore séreux.

Sur une autre pièce venant de l’autopsie d’un vieillard qui n'avait pas de goitre apparent , nous avons observé plusieurs tumeurs enkystées et aussi un kyste à contenu

liquide brunâtre; c’est ce dernier seulement qui nous intéresse pour le moment.

Examiné au microscope, il laissait voir : 1° des groupes de cellules épithéliales cylindriques ou polygonales finement granuleuses, munies d’un noyau volumineux ; 2° une très grande quantité de corps granuleux bruns, irréguliers, sans membrane; 3° des granulations graisseuses ; 4° des cellules épithéliales isolées; 5° des globules rouges du sang et des leucocytes.

Quant à l’examen microscopique des parois kystiques, voici ce qu'il nous a appris. Les coupes pratiquées dans les parois des grands kystes, ne nous ont pas dévoilé la présence d’un épithélium de revêtement proprement dit. Il nous semble rationel de considérer les revêtements cellulaires décrits par les auteurs, plutôt comme les derniers vestiges de la confluence, que comme un véritable revétement, recouvrant toute la surface intérieure du kyste. * Pour ce qui concerne la paroi kystique même, elle est dans la règle composée de faisceaux très serrés de fibres conjonctives au milieu des quelles se trouvent de nombreuses gouttelettes graisseuses; on y voit aussi un grand nombre de granulations pigmentaires isolées ou agglomerées.

Tout à fait vers la surface interne, la paroi change de structure; les faisceaux fibreux disparaissent pour faire: place à un tissus blanc, à l'aspect finement grenu.

Au contraire, en étudiant la paroi kystique plus près du tissus avoisinnant, on observe une transition vers ce tissus glandulaire, c'est à dire que l'on voit alternativement une zône de follicules allongés, applatis, dont les cellules sont en pleine destruction granulograisseuse, et

SZ RECHERCHES ANATOMIQUES

une couche de faisceaux conjonctifs très developpés, jusqu'à. un tissus franchement glandulaire.

Dans un kyste à parois lisses, dures, on remarquait par places, un épaississement de la paroi sous forme d’un relief interne; ces portions épaissies se montrèrent d'une consistance plus molle et au microscope nous observämes, enchassé dans des faisceaux conjonctifs, du tissus glandulaire en voie de formation.

Tumeurs enkystées du goître.

Synonymie: Goître folliculaire (Virchow).

Struma gangliosa.

Une forme très répandue, de goître, est celle dans la quelle l’hypertrophie et l'hyperplasie folliculaires , aulieu de se faire également, uniformément dans toute la glande, ne s’en prennent qu'à certaines parties de la thyroide, à quelques lobes, ou lobules, constituant ainsi des foyers glandulaires de nouvelle formation qui sont entourés d’une capsule plus ou moins épaisse, formée de faisceaux conjonctifs.

Ces tumeurs, en nombre et grandeur variables, sont, de la sorte, separées du tissus glandulaire, celui ci pouvant demeurer normal, subir la dégénéréscence colloide ou fibreuse.

Si le processus affecte les parties superficielles il peut en résulter un goître lobulé difforme, susceptible d'atteindre des dimensions très grandes. On observe parfois des

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goitres qui ne sont pour ainsi dire composés que de pareilles tumeurs, séparées par du tissus glandulaire atrophié, réduit à quelques couches stratifiées de tissus conjonctif, entre les quelles les follicules sont étouffés.

Les tumeurs enkystées du goitre peuvent subir différentes transformations, parmi les quelles, la colloide joue un rôle important,

En effet la tumeur enkystée complètement dégénerée en tumeur colloide, ressemble à un goître gélatineux ou colloide; comme celui ci elle peut se transformer en tumeur kystique; les kystes qui prennent naissance de cette manière, présentent comme les kystes ordinaires, le contenu le plus varié.

La transformation fibreuse sur la quelle nous reviendrons, s’observe quelquefois dans ces tumeurs.

Le « struma gangliosa » peut donc offrir sur la coupe, la figure anatomique la plus variée.

1l a été particulièrement bien étudié à cause même de sa fréquence.

Birch Hirschfeld lui consacre les lignes suivantes: « Les transformations décrites peuvent n'interesser qu'un ou deux lobes ou lobules du corps thyroïde, tandisque le reste du tissus glandulaire, reste normal, s'atrophie, ou subit simplement la dégénéréscence colloide sans hyperplasie concomitante. De pareilles parties sont souvent munies d'une capsule de tissus conjonctif. Il en résulte une structure bosselée du goître (struma gangliosa).

Ces tumeurs enkystées peuvent parfaitement subir, l'induration fibreuse, la dégénéréscence kystique, la dégénéréscence graisseuse du contenu. À la métamorphose fibreuse il se joint parfois la calcification qui peut s'étendre à toute la tumeur ou ne prendre que la capsule. En général ces transformations ne s’opèrent que lentement. »

. Uhle et Wagner! parlent d’une néoformation du tissus glandulaire sous forme de tumeurs rondes de la grosseur d'un pois à celle d'une noix et audelà (noyaux du goitre} séparées de la glande normale par une capsule de tissus conjonctif et qui peuvent même finir par atrophier le corps thyroide. Ils appellent cette forme « le goiître hypertrophique.» Il y a donc une différence dans la dénomination, mais il s’agit bien du struma gangliosa.

Rudolf Maier qui a fait une étude spéciale de ces tumeurs enkystées, les considère comme des tumeurs glandulaires pures, parce que leur formation repose sur l'hyperplasie folliculaire.

Rokytansky a des observations personelles sur la composition de ces tumeurs. Elles se composent, d'après lui, d'un parenchyme thyroidien de nouvelle formation qui suivant le degré de développement et suivant les transformations consécutives, présente un aspect très variable. Quelques unes de ces tumeurs sont kystiques; celles qui sont remplies de parenchyme de nouvelle formation, ont. un aspect homogène, plus tard granuleux.

Elles se composent d'utricules cylindriques hyalins d’un diamètre de 1/33 - 1/14 et d'utricules remplis de cellules, souvent d'une longueur considérable. De ces utricules cylindriques cellulaires, les uns sont simples, les autres ramifiés, avec des extrémités convexes présentant parfois une cavité arrondie; parfois l'une des extrémités est plus mince, plus pointue que l’autre, De ces formations Rokytansky fait provenir le nouveau parenchyme.

E. Rindfleisch, sous ie nom de « struma mollis » décrit, une varieté du « struma gangliosa » dans la quelle les tu-

!‘ Handbuch der allgemeinen Pathologie, pages 357-511,

meurs enkystées ont une consistance molle presque fluctuante.

Le goître folliculaire de Virchow n’est pas autre chose que la varieté de tumeur strumeuse dont nous nous occupons.

Les pièces que nous avons examinées donnent une idée

très nette de cette forme spéciale du goître. + En faisant une incision dans la partie inférieure du lobe gauche d’un goître dont nous avons déjà parlé à propos de la dégénéréscence kystique, nous trouvâmes, correspondant à des indurations que l’on sentait en serrant le lobe entre les doigts, trois tumeurs enkystées. L'une était de la grandeur d’une petite amende, lisse, humide sur la coupe, d'un rouge brunâtre au centre, un peu jaunâtre à la periphérie. Nous pûmes la détacher très facilement du tissus environnant, auquel, elle n’adhérait que par un tissus cellulaire très lâche se détruisant avec la plus grande facilité sous le scalpel. Isolée complètement, cette tumeur montra une surface un peu lobulée; la loge ou capsule dans la quelle elle se.trouvait avait une surface lisse, sillonnée de vaisseaux. Cette capsule épaisse, était unie assez fortement aux parties voisines, pour qu'on éprouvât de la difficulté à l'isoler.

Une autre tumeur, environ deux fois plus grande, mais de même nature présentait sur la coupe, une coloration jaunâtre à la périphérie; au centre on observait une partie rouge, molle, granuleuse, de la quelle s’écoula, lors de l'incision, un sang noirâtre. Cette partie ramollie était entourée d’une zône de tissus blanc nacré, criant sous le ‘scalpel, La tumeur se laissa détacher de sa capsule, mais'par places, les adhérences paraissaient plus solides;

des vaisseaux passaient au milieu de ces adhérences, de la capsule externe à la surface de la tumeur.

Une troisième tumeur enkystée grande comme la première, offrait à peu près les mêmes caractères, sauf que, sur la coupe, on observait une partie centrale ramollie d'un jaune transparent. Lors de l’incision il s’en écoula un peu de liquide jaunâtre, mettant ainsi à nu, une surface irrégulière anfractueuse.

Ces trois tumeurs étaient d'une consistance assez ferme, un peu élastique; le tissus glandulaire qui les séparait, de couleur brune, grenu au toucher, non dégénéré.

Une autre pièce fraiche intéressante, provenait de l’autopsie d'une femme morte à l’âge de 35 ans, d'hémiplégie urémique. Il n’y avait pas dans ce cas de goître apparent. Le lobe gauche de la glande était un peu plus grand que le droit; ce dernier se montra, à la coupe, couleur rouge gris de chair, grenu; consistance ferme, égale partout, non élastique.

Le lobe gauche, avait une consistance inégale; à la partie supérieure et à la partie inférieure, on avait, au toucher, la sensation d’un tissus plus résistant que dans la région moyenne, Sur la coupe, on trouva, correspondant à la partie supérieure, une tumeur enkystée, qui ne faisait cependant pas saillie à la surface de la glande.

Incisée, cette tumeur se montra d’une couleur grise sur la coupe, avec une surface lisse, homogène, compacte, 4 consistance sémiélastique.

Correspondant à la partie inférieure plus résistante du même lobe, l'incision découvrit une tumeur de même nature, grosse comme une noisette, ayant sur la coupe, une couleur rouge brun inégale. Cette tumeur d'une consistance élastique ne se séparait pas très bien de sa capsule.

Nous notons en passant, et plutôt à titre de curiosité, l’anomalie artérielle qui s’observait dans ce cas.

‘Au lieu des artères thyroidiennes normales, on remarquait un gros vaisseau, énormément dilaté, qui, à la partie antéro-inférieure et médiane du corps thyroide, se divisait en deux branches, dont l’une gagnait la partie inférieure du lobe gauche, l’autre s’enfoncait entre les deux lobes; pas de diverticule vertical; lobe médian très peu développé. 1

Une troisième pièce provenant de l’autopsie d'un vieillard qui n'avait pas de goître apparent, se composait de deux lobes de grandeur normale, reliés par un pont de substance reposant sur les trois premiers anneaux de la trachée.

Du lobe gauche, mais très près de cet isthme, partait ans une direction légèrement inclinée à gauche, un petit lobe vertical de forme ovale, n’allant pas plus loin qu’un point situé à la réunion du cricoide au cartilage thyroide gauche. Artères thyroidiennes normales, la droite inférieure un peu plus grosse que les autres; l'artère du lobe vertical se divisait en deux branches légèrement athéromateuses. Sur la coupe, le lobe gauche, présentait à la partie supérieure, un tissus granuleux jaune, avec des striations rouges, et une tumeur sphérique nettement separée des parties environnantes par une capsule fibreuse: cette tumeur faisait légèrement saillie sur la coupe; sa structure était homogène, sa couleur d'un jaune gris, tirant sur le rouge, sa consistance légèrement élastique, molle, tandisque la substance environnante était ferme, grenue.

Un pont de cette substance grenue, la séparait. à sa partie inférieure d’une autre tumeur plus petite, d'un

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