DES MALA.I)JES DE LA VESSIE CRIN AIRE. I IQ
également petit, et assez sain en dedans et en dehors, si ce n'est qu'il présenta extérieurement derrière son fond une espèce de papule arrondie, remplie d'un pus blanchâtre. Mais le vagin, par l'orifice duquel sortait une matière très-fétide, ayant été disséqué, ainsi que la vessie, toute la face interne de l'un et de l'autre parut comme corrodée, et couverte d'un pus cendré, épais, très-fétide; et quand on voulait renlever avec le manche du scalpel, on enlevait en même temps Ja substance de ces deux organes corrodés; en sorte qu'il était évident que l'un et l'autre avaient été affectés d'un carcinome des plus affreux. Il y avait eu d'ailleurs une telle quantité de pus, que la vessie qui avait paru à demi pleine d'urine avant qu'elle n'eût été incisée, se montra à demi-pleine de pus. Du reste, quoique les deux uretères, surtout celle du côté droit, fussent trop grosses, on ne put trouver aucune lésion en disséquant les reins.
3. J'ai rapporté cette histoire, afin que vous la compariez avec d'autres que j'ai citées ailleurs (i), et au nombre desquelles se trouve aussi une (2) des miennes, différente de celle-ci sous plusieurs rapports, mais semblable à elle en ce qu'une maladie grave avait attaqué en même temps les organes génitaux et urinaires. Maintenant je vais
(1) Epist. 47, n. 26.
(2)Epist. 39,n.33.
I20 SOIX AWTE-SIXIEME LETTRE.
parler d'antres choses qui sont spécialement relatives à ces derniers.
4. Et d'abord , en relisant la T^ettre dans laquelle, tout eu parlant de la difficulté d'uriner produite surtout par des calculs, j'ai dit quelques mots des eaux qui sont les plus propres (i) à les engendrer, ou à en empêcher la formation , je voudrais que vous y réunissiez les expériences nombreuses faites avec soin sur les eaux de son pays et sur les eaux étrangères , par Vinc. Menghini (2), qu'une mort prématurée a eidevé dernièrement à Bologne sa patrie, qu'il a laissée dans le deuil. En effet, parmi les eaux de puits^^, il en a trouvé quelques-unes qui, loin d'augm^enter le volume des calculs, le diminuent, et en dissolvent entièrement quelques - uns. Les mêmes eaux bues par quelques calculeux, et employées pour faire des vins et du bouillon , ont confirmé cette propriété par un heureux résultat. Du reste, vous pourrez comparer une aiguille introduite daîis la vessie d'un homme par l'urètre, et sur laquelle un calcul s'incrusta, comme je l'ai rapporté dans la même Lettre (3), avec un épi de blé (car vous avez lu dans la même Lettre (4) quelque chose de relatif à un épi d'orge ) , qu'un
(i) Epist. 42 , n, 17.
(2; Comment, de Bonon. Se. Inst. , tom. 4 in opusc.
antre homme (i), qui se trouvait un jour à la campagne, et qui y éprouvait de grandes douleurs en rendant des graviers avec l'urine , s'était introduit dans Furètre en guise de sonde, mais qu'il n'avait pu retirer à cause de la résistance qu'opposaient les pointes de l'épi (qui lui causaient une doideur très-vive), et qu'il y avait laissé par conséquent; or, un liihotome le retira enfin de la vessie, où il était semblable à une grappe de raisin sur laquelle se serait incrustée une matière pierreuse. Lorsque vous aurez fait cette comparaison, vous rapprocherez aussi décela les remarques que je fis alors pour faire voir la différence qu'il y avait entre mon observation et d'autres analogues.
5. Quant à l'obstacle qui s'oppose à la sortie de l'urine par suite du développement de la glande prostate, vous vous souvenez que je vous en ai parlé non-seulement dans la même Lettre, mais aussi dans d'autres, et surtout dans celle qui l'avait précédée (2) immédiatement. Maintenant je vais y ajouter d'autres choses; en effet j'ai lu dernièrement que le tubercule que j'avais trouvé quelquefois à l'origine même de l'urètre, et que j'avais pris du moins pour un commencement d'excroissance de la prostate, est regardé sans aucun doute comme une petite partie toutà-fait naturelle et commune à tout le monde,
(i) Hist. de l'Acad. Roy. des Se, a. iy53, obs. anat. i. (2) Epist. 41, n. 17 et seq.
et est appelé us^ula (luette) par un célèbre anatotniste dont j'omets ici le nom; non pas que je n'estime aîitânt que je le dois, comme ces Lettres mêmes le prouvent en plus d'un endroit, son esprit, son zèle et ses autres genres de mérite; mais je sais fidèle à riiabitude que j'ai prise toutes les fois que je suis forcé, par amour pour la vérité, de m'éloigner de lopiuion de quelque savant recommamlable vivant, surtout quand il est de cette compagnie célèbre à laquelle il appartient luimême. Si donc cette luette existe sur tout le monde, car je me servirai ici de ce nom pour abréger, c'est avec raison qu'il s'étonne que je ne l'aie pas Yue. Mais je devrais m'en étonner bien plus moimême, qui (i), ayant très-bien vu une ligne légèrement saillante, qui descend jusqu'à la caroncule séminale, et une autre petite ligne extrêmement peu remarquable dans cette caroncule même, puisque c'est l'orifice du sinus caché dans celle-ci , n'aurais pas pu voir un corps aussi saillant et comparable à la luette, et cela non-seulement lorsque j'ai vu pour la première fois la petite ligne de la caroncule, mais ni avant, ni après, quand j'ai examiné cette partie de l'urètre qui se trouvait dans l'état naturel. Or je ne dis pas combien de (ois je l'ai examinée , je dis seulement que je commençai à l'examiner avant le commencement de ce siècle, et que mes amis de Bo-
' i) Ad vers. anat. I , n. 9.