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par leur superposition ou leur entrelacement, et qui lesv unissait entre elles. Vous voyez donc dans quel sens je me suis servi avec les autres de l'expression de membrane ^ ou de tunique chûrnue ^ ou musculeuse. Je dis avec les autres, car quoique le célèbre Fantoni (i), dont la mort récente nous a plongés dans le deuil, eût écrit vingt ans avant Albreclit sur les mêmes fibres et sur la même membrane de la vessie , mais ces fibres ne forment pas une membrane complète , puisque ^ quand la vessie est étendue , elles sont très-tiraillées , et se rencontrent les unes les autres; il n'a cependant pas nié que la tunique que les fibres ne complètent pas, ne soit complétée par 4a membrane interposée entre elles. Et de ce qu'il a ajouté immédiatement, d'où l'urine s'écoulerait par les interstices de ces fibres y si la membrane extérieure ne s'y opposait par sa densité, l'intérieure étant quelquefois corrodée , il n'est pas nécessaire de comprendre qu'il niait que ces interstices fussent complétés, sinon par une membrane dense et ferme, du moins par une tunique mince, attendu surtout qu'il a enseigné que néanmoins la vessie est composée de trois tuniques , dont l'extérieure est formée par le péritoine^ la moyenne est charnue , et l'interne est nerveuse et formée de fibres blanchâtres très-denses.
il\. Mais, dites-vous, la membrane, ou la tu-
(i) Anat. corp. bimi. , dissert. 7.
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nique , n'existe pas dans ces interstices. Dites-moi , je vous prie, croyez-vous que si elle n'eût pas existé, les plus grands anatomistes parmi les anciens l'auraient admise? Certes Eustachi fut un des plus recommandables et des plus éclairés d'entre eux, et la figure, quelle quelle soit, que vous voyez sous le numéro vu de sa douzième table, fait voir suffisamment qu'il avait remarqué ces interstices. Est-ce pour cela qu'il a exclu des tuniques de la vessie celle dont nous parlons? Au contraire, il a écrit positivement (i) ce qui suit : La tunique propre de la vessie est double , et r extérieure, {dont il est question ici) a des fibres remarquables y épaisses et presque charnues ^ qui se distribuent de tous côtés d'une manière si diverse^ quen la regardant elle parait avoir V apparence de plusieurs tuniques. Mais, dites- vous, il ne distinguait pas, comme les autres anciens, le tissu cellulaire de la membrane. Je ne veux pas dire ici que ces autres anciens étaient accoutumés à regarderies parties telles qu'elles se trouvent sur le corps humain , plutôt qu'à examiner en quoi elles se résolvent, après y avoir poussé avec force de l'air, comme Albrecht, ou de l'eau, parce qu'ils cherchaient comment elles ont été faites par la nature même, et par conséquent comment elles se présentent d'elles mêmes, et non à quoi elles se réduisent par Tart. 11 suffit de dire qu'un grand
(i) Tract, de renib. , c. ig.
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anatomiste de cette époque, Winslow (i), sachant très-bien que les fibres charnues de la vessie sont unies entre elles par du tissu cellulaire, et ne peuvent par conséquent pas être séparées artificieU lenient par l'injection de l'air, avait cependant mis cette membrane musculeuse au nombre des autres tuniques de la vessie, n ignorant pas que si les membranes et plusieurs autres parties qui peuvent se résoudre par le même artifice en un tissu cellulaire plus ou moins évident, devaient recevoir un autre nom que celui qu'elles ont toujours eu, il en résulterait plus de confusion que d'avantage pour l'enseignement de l'anatomie. Certainement, s'il fallait actuellement imposer des noms que les fondateurs de celte faculté, ou ceux qui en agrandirent autrefois le domaine, imposèrent les premiers, je ne doute pas qu'on n'en put imaginer plusieurs plus convenables, et plus en rapport avec la vérité. Mais il vaut mieux, à mon avis, enseigner la vérité qui a été reconnue plus tard, et conserver les noms anciens et usités. C'est ainsi que je ne néglige pas d'enseigner en temps convenable de quelle nature est la membrane qui et>t placée au-dessous des orifices veineux du cœur, et de combien de manières différentes elle se divise à sa partie inférieure. Mais quoique je connaisse bien les noms qui ont été imposés dernièrement à ces membranes par des
. ( 1 ) Expos, anat. , tr. du bas-ventre , n. 45 1 • X. ï o
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hommes très-habiles, cependant je continue à me servir des noms usités de tricuspides et de fni^ traies, et à employer d'autant plus volontiers les expressions de ventricule droit et ventricule gauche du cœur, que quelques-uns d'entre eux avouent positivement qu'ils n'avaient pas été compris par des auditeurs même savans, quand ils avaient voulu les désigner par d'autres noms nouveaux. Mais de mém« que j'espère sinon qu'on louera, du moins qu'on excusera cette intention de nfia part, de même j'espère qu'on m'excusera, si, Comme vous l'avez vu, j'ose encore rapporter la prostate parmi les glandes; ce que personne n'ignore avoir été fait, et être fait non-seulement par les autres, mais par ceux-là mêmes qui avaient déclaré la guerre aux glandes. Car quoiqu'ils sussent que toutes les parties de la prostate ne peuvent pas'être propres à sécréter et à garder une humeur particulière à ce corps, cependant ils n'ignoraient pas que la prostate est presque entiè' rement composée dé tubes glanduleux , pour me servir des expressions de Santorini, qui a décrit dans le chapitre (i) que j'ai cité plus haut, nonseulement cette disposition , mais encore le muscle releveuT, le ligament et la capsule (2) de cette glande. Or, plus ces tubes sont nombreux et serrés, plus il est certain qu'il faut garder la pro-
State au nombre des glandes, et pins se confirme mon opinion relative à la cause pour laquelle l'extrémité la plus ténue des vaisseaux séminaux traverse cette glande, savoir pour que la compression continuelle de ces vaisseaux diminue, et que le sperme qu'ils renferment soit éjaculé, pendant que ces tubes se désemplissent dans l'acte vénérien.
i5. Mais pour revenir aux maladies des organes urinaires, en lisant dernièrement ce qui m'a mis dans la nécessité d'intercaler ceci pour moi et pour les autres qui pensent et parlent de la même manière, je suis tombé aussi sur un passage où l'on met en avant les indices d'une ischurie, qu'on dit être très- fréquente, qui tient le milieu entre la rénale et la vésicale, c'est-à-dire, qui a son siège dans les uretères dilatées outre mesure par l'urine, laquelle ne peut point s'écouler dans la vessie^ parce que ces conduits sont violemment étranglés à leur insertion. Or voici les indices que l'on donne : une douleur sourde, jointe à l'ischurie, et un sentiment de pesanteur dans les lombes plus près de la vessie que des reins. Il existe bien, comme vous savez, des exemples assez nombreux de dilatation des uretères, produite par différentes causes qui les resserrent, ou mêm« les obturent à leur insertion. Mais si €es causes persistent assez long-temps pour que i'urine puisse les dilater excessivement, bien longtemps avant que cet effet n'ait lieu, l'urine sécré-
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tée incessamment remplira les conduits extrêmement petits qui existent dans l'intérieur des reins, au point de leur faire violence, et d'empêcher assez prom ptement , par la com pression , la sécrétion qui s'y fait, pour qu'on ait à peine le temps de distinguer les signes de cette ischurie moyenne de ceux d'une ischurie rénale analogue qui les obscurcissent; ou si l'on peut remarquer assez bien avant ou après les indices de l'ischurie moyenne, il est certain que s'ils existent plus près de la vessie que des reins , on les sentira non pas aux lombes , que les reins eux-mêmes occupent, mais au-dessous d'elles.
Mais je passe à dessein sous silence ces choses, et d'autres, proposées d'après mes conjectures, et non d'après l'observation, afin qu'entre plusieurs objets que je recommande sincèrement, j'en loue plutôt un qui permet de mettre une nouvelle cause au nombre de celles d'une incontinence d'urine, ou d'une ischurie vésicale, qui dépendent du sphincter. Yous n'ignorez pas combien de choses différentes ont été publiées jusqu'ici sur le sphincter de la vessie; ce qui a fait, joint à mes propres observations recueillies en des temps différens, que j'ai été forcé d'adopter différentes opinions relativement à cet organe. Mais actuellement que je vois qu'on propose pour sphincter ces fibres mêmes qui sont situées à l'orifice de la vessie, qui ont la nature non pas d'un muscle, mais d'un ligament, qui exercent une
compression circulaire, et qui empêchent la sortie de l'urine, jusqu'à ce qu'elles cèdent à des puissances plus fortes qui expulsent ce liquide, et qu'aussitôtaprèsqueces puissances cessent d'agir, elles se rétablissent par leur force élastique , et reviennent à leur première fonction, la simplicité du fait se recommande d'elle-même, et fait voir comment je pourrais attribuer l'impossibilité de retenir l'urine au tiraillement, à l'érosion et à l'incision de ces fibres. La solution de la difficulté qui est certainement grave, ne me plaît pas moins. En effet, si l'empire de la volonté est nul sur les ligamens , et agit seulement sur les parties musculaires, comment se fait-il ;, auriez-vous dit, que les ligamens puissent à leur volonté retenir sur le-champ l'urine, même au milieu de son cours? Il a donc été répondu qu'ils le peuvent, non point à cause de la contraction de ces fibres , mais à cause de celle du releveur de l'anus, dans la partie qui est placée, en forme d'anse, au-dessous du bulbe de l'uretère entre lui et la prostate. J'aurais désigné cette partie de ce muscle par le nom de pseudo-sphincter de la vessie, nom qui pourtant suppose un sphincter qui n'existe pas; mais pour être compris, je me suis servi du nom dont s'étaient servis ceux contre quijedisputais alors; quoique, si par hasard j'eusse voulu substituer ce nom à l'ancien, habitude dont j'ai été toujours fort éloigné, je ne vois pas comment il s'ensuivrait qu'il suppose un sphincter de
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la vessie, puisqu'il suffit que d'autres véritables sphincters existent en quelques endroits , avec lesquels on puisse comparer un sphincter non véritable, et appeler celui-ci pseudo-sphincter. C'est pourquoi , si cette partie retient l'urine à volonté, vous comprenez qu'elle peut surtout, si quelquefois elle est attaquée de convulsions, donner lieu à une ischurie vésicale d'autant plus facilement , que souvent ayant été contractée trop long-temps sous l'empire de la volonté pour retenir l'urine, elle a produit cette ischurie ellemême. L'a-t-elle produite seule, ou avec d'autres muscles, que le célèbre Gisb. Beudt (i) a cru devoir être mis au nombre des mêmes releveurs de l'anus, ou que d'autres auteurs ont pensé devoir leur être ajoutés, surtout l'illustre Winslow à la fin de son Exposition du Traité du F entre (2), qu'on ne saurait jamais assez louer, et où il a enseigné que ces muscles forment en partie, et peut être principalement y ce qu'on appelle le sphincter de la vessie. Car, quoique je loue surtout la simplicité dans ce qui a été proposé dernièrement, cependant pour le moment je laisse la chose à votre volonté, parce que je suis fidèle à mon habitude, et que je regarde comme certain que si de grands hommes m'ont accordé par bonté quelques éloges, que du reste je ne mérite pas, ils
(i) Dissert, de fabrica et usu viscer. uropoieticor. class. 3. (2) N. 660 et seq.
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Font fait, non point parce que j'ai établi quelque principe avec promptitude , mais parce que je me suis hâté lentement, et queje me suis même arrêté là où j'ai cru devoir le faire, jusqu'à ce que des observations suffisamment répétées, et la lecture (qu'on ne doit jamais négliger) des auteurs qui pouvaient peut-être avoir vu avant moi ce qui causait mon incertitude et avoir écrit sur celte matière, m'eurent appris qu'il ne fallait plus hésiter. Si jamais j'ai employé ces deux moyens d'instruction , je les employerai certainement maintenant; car, avant de mettre cette luette dont il a été question tout nouvellement au nombre des autres parties qui sont dans l'état naturel , je lirai ce que les autres en ont pensé; je parle de ceux à qui on ne pourrait refuser avec raison aucune de ces nombreuses qualités qui sont nécessaires à un grand anatomiste, si nous voulons parler avec franchise: et moi-même, en même temps, quelle que soit ma médiocrité, j'ajouterai d'autres recherches à celles que j'ai rapportées. Je vous ferai connaître (i) exactement le résultat de ces recherches après avoir terminé les dissections de l'hiver prochain.
16. Quant aux autres objets qui, comme je l'ai promis au commencement de cette Lettre, appartiennent aux maladies des parties génitales, j'en traiterai le plus tôt possible. Adieu.
(1) T^id, epist. totam. 70.
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