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brecht , il paraît n'avoir jamais rencontré quun^ ou deux petits grains osseux développés sur Tos hyoïde (i). Nous verrons donc ailleurs jusqu'à quel point il faut se rendre à son opinion , quand nous examinerons d'autres choses encore relatives au même os, par exemple, ce qui a échappé aussi à quelques-uns de nos prédécesseurs , que le ligament dont il a été parlé s'insère sur les appendices ajoutées aux extrémités des cornes, et quand nous verrons si ces appendices , ou du moins celles qui se développent souvent sur le ligament très-court qui unit ces extrémités aux apophyses supérieures du cartilage thyroïde, ont été négligées par les anatomistès, comme quelques hommes, du reste savans , semblent le croire, parce qu'ils ne se souviennent pas de Fabrice d'Aquapendente (2), de Bauhin (3), et d'autres encore plus modernes, comme Verheyen (4), Winslow (5), Weitbrecht (6), dont les uris ont dessiné ces appendices même doubles, tandis que d'autres en ont fait la description ; que quelques-uns ont proposé pour elles quelque usage , et que presque tous eh ont parlé assez longuement; mais il sera question de ceci ailleurs, comme je l'ai dit.
(i)S. cit., S- 17. ;
(2) De laryng. , fig. 9.
(3) Tlieatr. anat., 1. 3 , c. 44^ ^t tab. 33, fig. i.
(4) Anat. corp. hum. , Ir. 3, c; 11.
(5) Expos, anat. , tr. de la tête, n. 433,
(6) S.cit.,S. 20.
Il vaut mieux considérer ici un moment les autres objets que vous avez lus dans l'histoire en question, et qui appartiennent sans aucun doute à des maladies , même assez graves ; car ils appartiennent à des choses que j'ai traitées longuement dans d'autres lettres (comme les derniers), de telle sorte que je commencerai par ce que je vis dans l'urètre , et que je vous prie de comparer, en conséquence , avec les traces que nous avons vues ailleurs (i) avoir été laissées par une gonorrhée virulente. Vous lirez que je vis aussi alors des lignes saillantes dans l'urètre, et les orifices des petits canaux non-seulement resserrés , mais oblitérés; ce qui me fit conjecturer qu'il avait existé antérieurement des ulcérations , et me fit très-bien voir ce qu'étaient les obstacles qui s'opposaient au passage de l'urine et du cathéter, et qu'on à pris fort souvent mal à propos pour des caroncules. Quant à la petite caverne qui était pleine de sang dans l'hémisphère du cerveau opposé au membre paralysé, et qui se trouvait très-près du corps strié et de la couche du nerf optique, il n'est pas nécessaire qye je dise avec quelles de mes observations vous pouvez comparer ce cas, puisque je l'ai fait dans ma dernière lettre (2). Relativement à l'aphonie funeste par l'effet de l'ivresse, comme j'ai in-
(i) Vid. Epist. 43, n. 41 j Epist. 44, n. 9; et Epist. 60, n. 12. ^
(3) Epist. 62, n. i3.
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diqué plus haut (i) l'endroit où j'en ai traité, si vous comparez cette autre histoire avec celle-ci, vous verrez que l'un et l'autre homme moururent dans le même espace de temps à peu près, tous deux sans convulsions , et l'un après avoir été promptement pris de fièvre, de telle sorte que si vous voulez rapprocher ceci des points de doctrine d'Hippocrate que je rapportai alors, vous comprendrez par là combien il existe peu de points en médecine qu'on puisse admettre sans aucune exception. Vous verrez très -bien d'après ce que je vous ai écrit ailleurs, que même ce qui a été dit de la fièvre qui guérit l'apoplexie à la suite de laquelle elle survient , ne peut réellement être admis sans un grand nombre d'exceptions. Et certes ici on ne peut pas recourir à celle dont il a été fait mention à la fin de la neuvième lettre (2) ; car la fièvre survint promptement. Quant à une autre que j'ai indiquée dans la deuxième lettre (3), vous la soupçonnerez peut-être ici au premier abord, après avoir vu qu'il existait de Teau dans le cerveau des deux hommes affectés d'aphonie; quoiqu'on puisse croire plutôt que l'apoplexie était non pas séreuse, mais sanguine, à cause de la petite caverne creusée par le sang sur celui qui fut pris de fièvre. i5. Au reste, comme en traitant ailleurs de
l'aphonie, j'ai parlé non-seulement de celle qui est funeste à la suite de l'ivresse, mais aussi d'une autre bien différente, et que j'ai fait connaître un traitement employé par moi, je veux aussi vous décrire maintenant, mais en très -peu de mots, deux autres traitemens mis en usage sur deux filles atteintes d'aphonie. Je fus consulté, et je répondis pour l'une et pour l'autre. Les deux jeunes filles furent guéries, l'une peut-être par moi, mais l'autre le fut certainement plutôt par le hasard. Car comme les remèdes ne faisaient point d'effet, et qu'on l'avait emmenée par hasard à la campagne au temps de la vendange, il arriva que pendant qu'elle goûtait un raisin , il lui tomba dans le larynx quelque chose , qui excita violemment la toux , après quoi elle put parler aussitôt , mais non point pendant long- temps; ce qui n'est pas étonnant, puisqu'une autre fois , dans une longue période de son aphonie , après en avoir été délivrée, elle en avait été prise de nouveau. La même chose était aussi arrivée à cette autre fille, avant que ses parens, qui étaient d'une trèvS-haute noblesse, ne m'eussent demandé conseil pour elle. Mais je fus informé qu'après avoir fait usage des remèdes, elle avait de nouveau recouvré la voix , et je n'ai pas encore appris qu'elle l'ait perdue une seconde fois. Quant à celle que la toux avait guérie, il ne serait peut-être pas inutile aux médecins de savoir comment elle la guérit, soit que ce fût peut-être en chassant quelque chose, qui ne
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tomba pourtant pas sous les sens , ou en excitant ]es muscles inertes du larynx, ou en opérant quelque effet analogue sur les nerfs, afin qu'en pareil cas ils pussent expérimenter avec plus de confiance ce qu'ils pourraient obtenir au moyen de la toux , mais d'une toux modérée.
16. Actuellement passons à une autre maladie du larynx , ou du pharynx, ou de l'un et de l'autre, c'est-à-dire à l'angine. Ce n'est pas sans étonnement que vous m'avez vu me plaindre , lorsque je vous ai écrit sur cette affection (i), de ce qu'il n'existe pas de dissections de sujets qui y ont succombé. En effet, il semblait que cela n'était pas possible pour une maladie non-seulement aussi dangereuse, mais encore assez fréquente, et qui règne même quelquefois épidémiquement , comme autrefois (Macrobe (2) a rapporté ceci d'après Julius Modestus), lorsqu'on fit des sacrifices à la déesse An^érouïe ^ parce que le peuple romain fut délivré, après avoir formé des vœux ^ d'une maladie qu'on appelle angine ; et dans un temps plus près de nous, elle a principalement attaqué lesenfans, sur lesquels elle a exercé pendant long-temps de grands ravages. Cependant, quoique la louable coutume de disséquer des cadavres humains fût déjà en vigueur, et que les médecins fussent assez versés dans Tanatomie, comme J. B. Cortési en
(i)Epist. 14, n. 39.
(2) SalLirnal., 1. i, c. lo.
Sicile , et M. A. Séverin à Naples , lesquels visitèrent les malades, et ont écrit (i) sur leur maladie, vous ne trouverez dans leurs écrits aucune dissection qui se rapporte à ceci. Bien plus, Cortési fut du nombre de ceux qui persuadèrent ou qui du moins crurent avoir persuadé aux sénateurs de Messine, qui réclamaient la dissection, que V ouverture des cada\'res était tout-à-fait inutile pour connaître cette maladie; car il pensait qu'elle consistait dans l'inflammation et la gangrène des parties qu'on pouvait voir en ouvrant la bouche, surtout des tonsilles. Séverin pensant aussi que la maladie était assez connue par les signes, na même -pas voulu (^) se donner la peine de décrire le siège de F affection , ou le vice lui-même. Aussi envoya-t-il à peine à la fin , à l'imprimeur de Francfort, une seule observation qui n'ayant pas pu être insérée dans le Livre déjà écrit, fut publiée à la fin du voJume, au milieu d'autres choses qui devaient être ajoutées aux Livres précédens. Elle est bien dans le Sepulchretum (3), où je l'avais lue moi-même; mais elle y est décrite avec tant de négligence, qu'entre autres expressions qui avaient presque pour but de confirmer l'hypothèse de Séverin, on a omis ce j)eu de détails qui appartenaient aussi au titre surV Jngine : le larynx
(i)Miscell. medic. , dec. 9, Epibt. 6; de recond. abicess. nat. ,1.8; sive diaU^iba de pedanch.
(2) Part. \, in fin.
(3) L. 1;, s. 23, obs. 4.
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examiné fut trouvé couvert à sa face externe dune pituite crustacée, sans apparence d ulcère.
Mais depuis que je vous ai écrit ceci, je n'ai pu trouver que cette seule observation relative à l'examen du larynx d'un sujet mort d'une angine, quoique je ne doute pas que si Séverin eût voulu faire des recherches de cette espèce, non pas une fois , mais plusieurs (car l'occasion ne manquait pas, puisque cette angine, d'après son propre témoignage (i), avait tué tant de milliers denfans\ il aurait trouvé d'autres choses sur d'autres cadavres. Ainsi, comme je n'ai trouvé que cette observation unique de Séverin qui ait été recueillie sur l'homme, j'ai cherché s'il en existait du moins quelques-unes qui l'eussent été sur des bétes; mais à peine ai-je trouvé les objets suivans, que Stegmann (2) observa sur des chiens morts d'une angine : le cou était tuméfié à V extérieur; V intérieur de la gorge et les muscles du gosier étaient enflammés. Or si les anatoraistes eussent cherché et décrit plus souvent le siège de cette maladie, comme celui des autres affections, croyez-vous qu'il y aurait eu quelqu'un dans notre siècle qui eût prétendu, sans rapporter aucune recherche de ce genre, que la glande thyroïde est la seule et unique partie qui soit le siège de V angine^ maladie très-' violente?
(i) De affect. medic. , 1. 1, p. 2 , ubi de plebot. ^ c. 16. (2) Eph. N. C, dec. 3, a. 5 et 6, obs. 169.
17. Mais depuis que j'ai recueilli moi-même une observation que je vous ai envoyée (i) plus tard sur l'état de la fi^orge, du larynx et de la trachée-artère d'ini jeune homme qui était mort d'une angine, je sais qu'il en a paru d'autres qui ont été recueillies la même année, surtout surdesenfans, qu'une angine très-violente enlevait alors en France où elle régnait, comme j'ai dit qu'elle avait régné autrefois dans le royaume de Naples et dans celui de Sicile. Les médecins de ce pays ne se contentèrent ni des signes de la maladie, ni de l'examen des seules parties que l'on voit en faisant ouvrir la bouche des malades : et ce ne fui pas en vain; car en disséquant les cadavres des eiifans , ils trouvèrent manifestement quelle lésion était cachée dans la trachée-artère, comme vous l'apprendrez par deux dissections envoyées à TAcadémie Royale des Sciences par Arnauît,. habile médecin d'Orléans, et publiées (2) par elle. Mais quelques-uns de nos compatriotes d'une exactitude et d'une bonne foi reconnues, n'ont pas manqué à leur devoir, comme je l'ai compris par une histoire décrite par l'un d'eux , et qui est parvenue jusqu'à moi. En voici le sommaire : on trouva sur un homme mort d'une angine, le larynx enflammé, et la voûte du pharynx, ainsi que le palais mobile et les tonsilles, gangrenés,
(1) Epist. 44 , n. 3^
(2) Mémoire, a. 174^^.
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sphacélés , entièrement noirâtres et corrompus.
18. Vous comprenez que j'ai parié jusqu'ici, de même que dans la quatorzième Lettre (i) , de l'angine légitime, c^est-à-dire de l'angine inflammatoire. Quant à la fausse angine, qui est appelée aujourd'hui aqueuse ^ à ce que je vois, par des médecins illustres, qui font aussi mention d'autres espèces d'angine, enlre autres de la convulsive, si par hasard vous demandez ce que j'ai vu moimême par la dissection , le voici : pour ce qui concerne la fausse angine, j'ai disséqué un ou deux sujets, dont je vous ai fait la description dans la même Lettre (2), et qui moururent, si vous voulez, avec cette maladie, mais non certainement par son effet. Relativement à l'angine convulsive, je ne puis rapporter à elle celle qui approcha plutôt de l'angine que quelques-uns appellent j9«ra/>^/odée y et qui enleva une femme dont je vais rapporter immédiatement l'histoire.
19. Une vieille femme avait été couchée à l'hôpital dans un tel état de maigreur, qu'elle paraissait n'avoir que les os et la peau. Une fièvre s'étant enfin déclarée, ou étant devenue plus manifeste, comme elle ne pouvait ni avaler, ni ouvrir assez la bouche pour laisser voir assez bien dans son intérieur, on crut qu'elle était morte d'une angine vers la fin de l'an 1755,
(2) N. 24 et seq.
Examen du cadavre. En disséquant la tête au même endroit, nous trouvâmes les glandes maxillaires internes volumineuses, surtout celle du côté droit, de sorte qu'elles pouvaient peut-être s'opposer à ce que la mâchoire fût abaissée autant qu'il était nécessaire pour ouvrir grandement la bouche, et jusqu'à un certain point aussi à ce que la déglution s'opérât, mais point assez cependant pour qu'elle fût entièrement empêchée. Du reste le larynx fut trouvé sain, ainsi que la trachéeartère, et la gorge avec la partie mobile du palais, \e^ tonsilles et la racine de la langue; et ce volume des glandes maxillaires ne paraissait pas exister depuis peu. Dans la poitrine, une petite partie de l'un des poumons était dure, et non sans pus. Alors aussi on remarqua que l'épine s'éloignait de sa direction naturelle, mais légèrement. Toutefois, cette inclinaison avait peut-être été cause que la femme portait la tête de telle sorte que des deux ligamens ronds qui attachent la dent de la seconde vertèbre au bord du grand trou du crâne, je trouvai le droit plus long et plus épais que le gauche.
20. Méad (i) n'avait certainement pas trouvé la plus petite trace de tuméfaction ou d'inflammation dans les glandes ou les muscles ^ en disséquant la gorge d'un homme qui était mort d'une angine convulsive ; mais tous les vaisseaux étaient en-
(i)Monit. medic. , c. 4.
Ï)E LA CÉCITÉ, DE L APHONIE , DE l' ANGINE. 29
gorgés d'un sang fort épais, et saillans partout. Bien plus, il fait mention de convulsions de tous les nerfs dans cette angine, et il nomme même la strangulation de la gorge. Le sentiment de cette strangulation, et les autres symptômes qui viennent d'être indiqués, n'existèrent point sur la femme en question, qui présenta au contraire quelques-uns de ceux que Boerhaave (i) nomme dans l'angine qui paralyse les nerfs et les muscles., non-seulement parce quelle se montre sans aucun signe de tumeur externe ou interne., mais encore parce qu'e//e survient à la fin des maladies chroniques., sur un corps très- épuisé ., et quelle est presque toujours le signe d'une mort imminente , après laquelle elle laisse voir le pouinon en suppuration. J-e croirais que cette angine approchait non pas d'une affection convulsive , mais plutôt d'une affection paralytique , si on doit la rapporter à l'une ou à l'autre.
21. J'avais écrit ceci, lorsqu'en feuilletant le volume des Actes des Érudits (2) qui m'a été apporté tout récemment de Leipsick, j'ai appris, d'après quelques livres dont nous sommes privés ici, quelques choses qui appartiennent à l'nn et à l'autre genre de maladies dont il a été traité dans cette Lettre, à l'angine et à la cécité. C'est à l'an-
(i) Aphor, de cogn. et curand. raorb., §. 784 et seq. (2) A. 1768.
3o SOIXANTE-TROISIÈME LETTRE.
gine qu'appartient la dissertation historique (i) écrite en français sur l'angine gangreneuse des enfans, qui est la même, je crois, que celle dont il a été parlé plus haut (2); tandis que c'est à la cécité que se rapporte une observation du célèbre Ph. Ad. Boehmer (3) sur une femme, qui, après des affections chroniques de la tête, fut prise de l'obscurcissement et enfin de la perte de la vue, et présenta à la dissection, entre autres choses, et sans parler surtout d'une quantité de sérosité en partie fétide qui distendait les trois premiers ventricules du cerveau (car la glande pituitaire était squirrheuse et ulcéreuse), présenta, dis-je, une excroissance fongueiise , placée sur la réunion des nerfs optiques. Vous trouverez en même temps dans le même volume plusieurs choses qui ont été observées sur les cadavres, et qui appartiennent à un autre sujet; de sorte que je ne doute pas que je ne vous aie fait plaisir en vous l'indiquant. Adieu.
{1) J^id. m. jul.
(3) F^id. m. januar.
DES MALADIES DE LA POITRINE. 3l