‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 2)Chapitre 7 sur 71 · Un homme âgé d'environ soixante ans étail · texte numérisé non relu

Un homme âgé d'environ soixante ans étail

(i) Epibt. 27^ II. 6.

mort à l'hôpital dans les angoisses d'ifne respiration difficile, à rapproche dîi 27 jafivier de celle année 1739. Il ne s'y était jamais plaint que de ces angoisses , el il n'avait éprouvé de sou Ingénient que de la saignée , et encore ce soulagement était-il peu considérable et de courte durée. Dix jours avant sa mort, son pouls était à peine sensible, et il l'était beaucoup moins les cinq jours suivans, quoique le sujet eût conservé l'usage de ses facultés intellectuelles jusqu'à la fin, qu'il eiit pris volontiers des alimens, qu'il eût pu se remuer dans son lit, et même se lever brusquement sur son séant avec une certaine vivacité, toutes Its fois qu'une plus grande difficulté de respirer qu'à l'ordinaire l'y forçait, excepté le dernier jour. Sa face était d'un rouge violacé; il n'expectorait rien de morbide, si ce n'est cju'il se manifesta quelques crachats sanguinolens deux jours avant sa mort. Comme le sujet était étranger, et que je m'informai des commencemens et des causes de la maladie, je ne pus pas les connaître après sa mort. Cependant on soupçonnait qu'il avait été ivrogne.

Examen du cadavre, Médiavia ayant ouvert le ventre et la poitrine dans l'hôpital, rapporta qu'il y avait de l'eau dans l'une et dans l'autre cavités, mais beaucoup plus dans la première, où l'estomac était très-ample, tandis que dans la poitrine, le poumon droit était étroitement adhérent à la plèvre. Il eut soin de me faire apporter au gym-

nase où j'enseignais l'analomie, comme je le lui avais demandé, ce poumon ainsi que le gauche, et les autres viscères renfermés dans la poitrine^ ainsi que, parmi ceux qui sont contenus dans le ventre, les gros vaisseaux, et presque tout ce qui appartient aux organes urinaires et génitaux. Je les examinai donc avec soin , et je ne vis rien de morbide dans les poumons. Le péricarde était dilaté, et, comme la fluctuation l'inditjuait, il contenait une humeur, qui était de l'eau en assez petite quantité et jaune. Comme on me dit que la sérosité du sang tiré pendant la vie avait cette couleur, de même je remarquai bientôt après que la face interne du cœur disséqué et des artères en était teinte. Le cœur était gros , et toutes ses cavités^ la seule oreillette gauche exceptée, étaient agrandies, sans que pourtant leurs parois fussent amincies; leur épaisseur avait même augmenté eà et là , de même que leur longueur, dans toutes les parties du cœur, et surtout dans les colonnes. L'oreillette droite agrandie plus manifestement en longueur et en largeur, présentait aussi des colonnes intérieures plus épaisses et plus saillantes. Elle contenait beaucoup de sang, ainsi que Tun et l'autre ventricules, et ce sang était très-noir, à demi concrète, et n'avait cependant rien de polypeux. Les bords des valvules de Tune et de l'autre artère étaient plus saillaus ; mais quoiqu'il y eût quelque chose d'osseux près de l'une des semi-lunaires, il n'y avait nulle part

rien de semblable sur aucune valvule. Je remarquai une certaine dureté cartilagineuse en quelques endroits sur Tune des valvules placées audessous de l'orifice de la veine-cave, et sur la plus petite des valvules mitrales. L'artère pulmonaire fut trouvée dilatée , et non l'aorte. Mais celle-ci ayant été disséquée et nettoyée jusqu'aux iliaques, présenta bien en quelques endroits des taches blanches, indices d'une ossification commençante; mais en effet il n'y avait rien d'osseux, si ce n'est à un seul endroit, peu éloigné du cœur et circonscrit. Du reste, la vessie urinaire, que j'examinai avant qu'il se fut écoulé soixante-dix heures depuis la mort, avec les parties dont il a été question, avait déjà commencé à prendre une couleur d'un vert un peu livide, mais à l'extérieur seulement, car à l'intérieur elle était dans l'état naturel, comme vous l'apprendrez d'après ce que je rapporterai dans un temps et dans un lieu (i) plus convenables, ne pouvant l'exposer ici en peu de mots.

20. Vous comprenez que lorsque j'écrivis cette histoire, j'étais distrait par des affaires publiques : vous ne vous étonnerez donc pas si je n'y ajoute rien de plus. Adieu.

(1) VicL Epist. 66^ n. 10.

76 SOÏXA]?fTE-CINQUlÈHE LETTRE.

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