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iio soixawte-ci]n;quième lettre.
différente sur les différens sujets. Si vous comparez tout cela avec les exemples rapportés ailleurs, ou ici par moi, vous verrez, bien ce qui' se présente plus souvent ou plus rarement pendant la vie et après la mort; mais si vous me croyez, vous n'oserez néanmoins rien affirmer de po&itif sur le diagnostic, et bien moins encore rien promettre de certain sur l'efficacité du traitement, surtout du traitement chirurgical. En effet, quoi qu'écrivent certains médecins, le savant auteur de la dissertation avoue aussi positivement (i) qu'aucun médecin n'a pu se glorifier jusqu'ici ^ après a\^oir fait de grandes promesses contre cette hydropisie de V ovaire ^ d'avoir tenu sa parole; et quoi qu'à l'endroit où il parle (2) de la tentative de la paracentèse, il ne néglige pas d'indiquer le lieu, le mode, et surtout la manière de la pratiquer, pour que les parois de la tumeur se réunissent entre elles ; cependant, avant tout, il avertit le médecin et le chirurgien de ne pas négliger de prédire que l'issue de ce traitement est incertaine. Car il dit et répète (3) surtout ceci, qu'on regrette encore les signes au moyen desquels on puisse savoir, avant de l'entreprendre, si l'eau est rassemblée dans une seule davité^ ou répartie dans plusieurs. Mais vous voyez que ce que j'avais imaginé (4)
(3) Ibid., etn. 16.
(4)Epist. 38, n. 64 in fin.
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de conjecturer sur cette différence d'après la fluctuation de l'eau, qui est tantôt sensible et tantôt nulle, doit être rejeté sans aucun doute après la lecture de l'histoire de la veuve qui a été rapportée en dernier lieu. Je passe sous silence les autres difficultés assez évidentes, et que je vous ai indiquées à un autre endroit. J'aimerais mieux maintenant qu'à ces difficultés vous ajoutassiez les conséquences qui résultent des observations de Georg. Christ. Brehmius (i) et de Et. Weszpremus (2), dont je n'ai cité ni l'une ni l'autre jusqu'à présent, parce que la dernière ne fait point connaître les signes de la maladie, et que la première est compliquée avec des maladies de plusieurs parties. Car que ferait le chirurgien, si, comme le second de ces auteurs, il rencontrait un grand sac contenant , avec une humeur fétide, une concrétion osseuse assez considérable, et appartenant à l'ovaire gauche, comme le démontrait une espèce de corde qui l'unissait à cet organe, lequel était putréfié et déchiré en grande partie avec la trompe voisine et les ligamens de l'utérus ; de sorte qu'il était facile de comprendre quelle était l'origine de l'ascite sur cette fille? Ou que ferait-il, si après des indices assez nombreux d'une hydropisie enkystée, il enfonçait très-profondément le fer dans la partie la plus molle de la tumeur, et
(1) Dissert, de hydalidib.
(2)Obs. med. 1.
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en faisait sortir un peu d'eau gélatineuse, et beaucoup d'hydatides , telles que celles qui furent trouvées après la mort par Brebmius en nombre presque incroyable, et qui, avec une chair squirriieuse très-épaisse, donnaient à chaque ovaire la grosseur des deux poings y et assiégedLÏent aussi presque tous les viscères du ventre, et le diaphragme lui-même.
i8. Il semble donc qu'il n'y a pas d'autre traitement contre l'hydropisie enkystée qu'on puisse louer avec plus de sagesse, que celui que j'ai approuvé ailleurs (i) comme palliatif. Car fort souvent au moyen de ce traitement les malades ont pu vivre plus long-temps et plusieurs années avec des incommodités moins nombreuses et plus légères; ils ont même pu être guéris quelquefois par le secours du hasard et de la nature. Voyez, si vous voulez, ce qui arriva à la fille dont nous devons l'histoire décrite avec soin au zèle de Willis (2). En effet, après avoir eu l'abdomen tellement gros pendant quatorze ans , qu'après les huit premières années le poids du corps était, à la balance, double de ce qu'il était avant le commencement de la maladie, c'est-à-dire lorsqu'elle avait vingt-deux ans, elle tomba enfin sur son ventre , et ressentit intérieurement à la région épigastrique gauche un bruit semblable à celui
(i)Epist. 38, n. 71.
(2) Dissert, ad n. 16, suprà cit., n. 6.
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d'un tambour qu'on aurait rompu ( circonstance qui , ainsi que le commencement de la tumeur qui se manifesta au même côté du bassin, et certains signes qui accompagnent ces hydropisies dont je parle ici, indiquaient que celle-ci devait évidemment être rapportée à quelqu'une d'entre elles ); or, elle commença à uriner par intervalles une telle quantité d'eau limpide et inodore, que la tumeur du ventre se dissipa en neuf jours, et que la femme guérit assez bien peu de temps après , pour jouir d'une santé assez bonne cinq ans après la publication de son histoire. Mais auparavant, Chr. Ern. Conus (i) avait publié l'observation d'une dame qui, se croyant d'abord enceinte, avait passé cinq ans avec le ventre gros, mais avec un teint fleuri, un bon appétit , un sommeil tranquille, une respiration assez libre, sans aucune tuméfaction des pieds, et cependant avec une distension du ventre qui sera indiquée bientôt, lorsqu'elle tomba, sept ans après le commencement de sa maladie, et se frappa très-fortement le ventre contre un tas de pierres. Or, il lui arriva bientôt ce qui était arrivé à la fille , de rendre une urine de la même qualité et en une quantité qui, aidée d'abondantes sueurs qui survinrent aussi spontanément, suffit pour vider le ventre, qui par là devint ridé, et tomba entièrement, de manière à descendre plus bas que les genoux. C'est pourquoi
(i) Dissert, inscripta casus hydropicae lapsu sanatae.
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elle vécut bien portante pendant deux ans, jusqu'à ce qu'elle mourut d'une dysenterie épidémique. Ainsi dans ces deux cas une criconstance fortuite fut aTissi heureuse qu'elle a\ait été malheureuse dans un égal nombre d'exemples dont il a été parlé plus haut (i). Et pour que vous ne soupçonniez point par hasard que l'eau s'écoula chez cette fille et chez cette dame non de la cavité du ventre, mais de celle de l'utérus, où elle aurait été renfermée, comme dans quelques cas cités parConradus (2), où la chute fut également heureuse, soyez certain que l'eau ne s'écoula pas de l'utérus chez les deux femmes dont je parlais, puisqu'elles ne la rendaient pas contre leur volonté, et qu'elles pouvaient mêuie la retenir, si elles le voulaient. 19. Quant à l'hydropisie de l'utérus, ou d'une de ses trompes, que j'indiquais tout à Fheure, il y a certainement très-peu de choses à ajouter au sepulchretum. Je ne connais qu'un seul exemple d'hydropisie d'une trompe; je vous en ai parlé ailleurs (3), mais trop succinctement, prirce que je n'avais pas le livre dans lequel il se trouve; or ce n'est pas un exemple ordinaire, puisque la trompe contenait environ cent cinquante hvres d'eau sur une femme qu'on crut d'abord grosse, et ensuite ascitique , et qui fut disséquée par Abr.
(2) Dissert. de hydr. uteri, c. 4,5. 3.
(3)Epi8t. 38, n. <q^.
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Cyprianns (i), qui n'avait point voulu entreprendre son traitement, ce qui fut prudent de sa part; car outre l'eau, il aurait trouve un grand nomhveàe tumeurs carcinomateus es dans la trompe. Vous verrez dans Brehmius (2) un exemple d'hydiopisie de futérus sur une dame, que plusieurs médecins regardaient déjà depuis deux ans comme attaquée d'une hydropisie eîikystée, et qui après avoir pris («n médicameiît emménagogue, rendit par l'utérus se[)t sacs, dont un contenait un squelette de foetus, et les autres une sérosité trèsfétide, de sorte qu'on comprenait que l'hydropisie était due à une grossesse malheureuse, et était pourtant contenue dans des sacs. D'un autre côté, vous trouverez dans une histoire qu'on lit dans Conradus (3), qu'une quantité énorme d'eau était renfermée dans une grande outre sur une femme, qui ne se plaignait que d'un sentiment de pesanteur, qui n'avait point les pieds tuméfiés, qui ne sentait aucune fluctuation en remuant son corps, et qui (ce qui était surtout étonnant pour tout le monde) non -seulement n'était point amaigrie après environ six ans ( car elle avait porté la tumeur ce nombre d'années ) , mais encore n'avait jamais cessé d'avoir ses purgations menstruelles, qui revenaient régulièrement. Cette circonstance,
(i) Epist. hist. exhib. foetus hum. , po^it 21 menses, etc.
(2 Dissert, suprà ^ ad n. 17 cit. , §. 2.
(3) Dissert, suprà, ad n. i8 cit., c. i, J. 14.
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et la dissection elle-même peuvent vous faire douter si cette outre doit être prise pour rutérus; car la plupart de ceux qui assistaient à cette dissection soupçonnaient qu'un autre corps qui ressemblait à l'utérus, et occupait sa place, où une tumeur grosse comme le poing avait d'abord commencé à se manifester, était plutôt réellement l'utérus. Mais comme le corps lui-même était squirreux , et souillé d'autres vices, et qu'il ne communiquait point avec le vagin , qui était entièrement boucbé au-dessous de lui, tandis qu'il y avait communication entre les vaisseaux sanguins qui rampaient sur cette outre, lorsque vous lirez toute l'histoire, et que vous l'examinerez avec soin , vous conjecturerez si cette outre doit du moins être prise pour une partie distendue de l'utérus , et vous examinerez en même temps , d'après la même dissertation (i) , les caractères au moyen desqiicls on dit qu'on peut distinguer une hydropisie de l'utérus des autres espèces d'hydropisies, ou des maladies de l'utérus lui-même, comme du squirrhe et du cancer.
20. Pour ce qui concerne ces deux dernières maladies , à mes deux observations rapportées ailleurs (2), vous pourrez en réunir un égal nombre d'après Riesling (3) et Roederer (4), et comparer
(2) Epist 38, n. 34; et epist. 89, n, 33.
(3) Dissert, quae inscribitur utérus post part, inflam., §. i3.
(4) Dissert, de uteri scirrho, n. 18.
l'état des ovaires, des trompes et de la vessie urinaire, qui se présenta en même temps à moi, et. à chacun de ces deux auteurs, ou à l'un. Car je n'ajoute rien ici sur l'utérus, sur la vessie et les autres organes urinaires, et sur les parties génitales, attendu que je dois dire beaucoup de choses dans les Lettres suivantes sur les maladies de ces parties. Adieu.
Il8 SOIX AIS^TE-SIXIÈME LETTRE.