‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 10 sur 44 · VI. B · texte numérisé non relu

VI. B

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dise que clans la partie même où j'ai vu une hydatide à demi cachée, la cicatrice est le résultat de sa vacuité et de la réunion de ses pa^^ois? Par conséquent, vous rapporterez à des hydatides l'origine de ces cicatrices que j'ai indiquées dans les viscères de la poitrine , aussi-bien que dans ceux du ventre. Vous conjecturerez qu'il faut également admettre dans les poumons le second genre (i) d'hydatides, d'après la circonstance qu'il s'est accumulé de l'eau dans des espèces de sacs dans leur intérieur, comme le grand Sériac (2) en a vu aussi deux exemples.

44- Mais vous attendez sans doute ici de moi une autre explication de l'origine, non pas des cicatrices, mais de certaines hydatides; je veux parler de celles que Rédi (3) vit sur des lièvres, et qui non-seulement étaient cachées en tas et réunies entre elles dans le foie , mais encore existaient sotis la tunique externe de ce viscère et de tout le canal alimentaire, et entre les membranes du mésentère avec lesquelles elles n'avaient aucune adhérence; un grand nombre même se trouvaient libres et entièrement dégagées dans la cavité du ventre, semblables à des animalcules vivans qui auraient pu se transporter d'un côté et d'autre, en sorte qu'il vint à l'esprit de cet auteur de cher-

Ci) N. A3.

(2) Traité du Coeur, 1. 4^ c. 3^ 11. 4*

(3) Osservaz. cit.

DE l'hYDROPISTK ET DE LA TYMPAMTE. I l5

cher ce que Tysoti chercha aussi clans hi suite, comme je l'ai dit plus haut (i), savoir si c'étaient (les insectes, ou plutôt des embryons d'insectes; conjectures dont je vt>is que la dernière a été rejeîée avec raison par Tyson, et dont 1a première (pour om élire d'autres considérations) ne s'accorde pas assez avec les expériences qui ont fait voir que l'eau extrêmement limpide dont ces corps étaient remplis, ne s'était jamais concrélée par la force du feu. D'ailleurs, quoique Tyson ait embrassé cette première conjecture soit pour d'autres raisons, soit parce que la tunique interne des hydatides qu'il avait examinées et qui avaient été prises sur d'autres animaux, n'avait aucune adhérence avec la tunique externe qui 1 enveloppait de toutes parts; cependant il a avoué que cette der~ nière était garnie de vaisseaux sanguins ^ et que toutes les hydatides n'étaient pas de cette espèce, spécialement celles que l'on trouve souvent sur les ovaires des femmes hydropiques, et qui sont formées de vésicules agrandies, c'est-à-dire, comme il le croyait lui-même, de petits œufs qui existent naturellement dans ces organes; tel fut aussi son aveu à l'égard d'environ cinq cents hydatides engorgées d'une eau limpiile, qu'il vit sortir avec beaucoup de sérosité de la mèuîe qualité par une ou? verture pratiqiiée au côté droit un peu au-dessous des fausses côtes sur une femme qui était malade

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alors, et qui fut parfaitement guérie dans la suite.

Ensuite Hunerwolff(i) trouva des hydatides sur une femme chez laquelle elles contenaient dans leur intérieur, outre une humeur blanche gom^ jneuse, d'autres vessies plus petites remplies d'eau, et Hartmann (2) en rencontra sur un chien plusieurs qui étaient renfermées en même temps dans une seule et même membrane, qui était celle de l'épiploon, en sorte qu'après la déchirure de cette membrane, les hydatides sautèrent au dehors par une légère pression : du reste le liquide de ces dernières ne se concréta pas par la coction, mais il avait avec lui un certain coagulum , tandis que la tunique propre de chaque hydatide composée de plusieurs autres membranes, était si épaisse, qu'après avoir été déchirée elle ne s'affaissait pas, et qu'elle offrait au toucher une graisse lisse, qui aidait été exudée en grande quantité lorsqu'elles furent soumises à la coction. Elles n'étaient pas non plus unies entre elles celles qu'un homme célèbre, Alex, ('amérarius (3), trouva en bien grand nombre sur un homme; elles contenaient une eau limpide, et elles étaient embrassées dans un sac membraneux, dans lequel était renfermé en même temps un stéatome du foie.

Comme il ne m'est point encore arrivé de ren-

(1) In addit ad hanc Sepulchr. , sect. obs. 82.

{p.) Ibid. , obs. 83.

(3) Act. N. C.;, tom. 1, obs. 120.

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contrer des hydatides de cette espèce, j'ai mieux aimé vous indiquer ici les observations des autres que vous pourrez facilement comparer, que de vous donner l'explication de choses que je n'ai pas pu examiner moi-même. Hartmann a tenté d'en donner une pour ses hydatides dans la scholie(i) qu'il a ajoutée à son observation, et dont je crains beaucoup que vous ne soyez pas satisfait. Vous chercherez plutôt s'il existe quelque chose de plus probable dans d'autres savans, et surtout; dans ceux qui ont écrit sur la formation inorganique des tumeurs cystiques, ou qui ont souvent parlé dans ce temps-ci de vésicules nageant dans l'humeur des mêmes tumeurs. Quant à moi, bien que j'aie vu dans certaines hydatides ce que j'ai fait connaître plus haut (2), et que j'aie même observé sur une femme dont je vous ai fait ailleurs (^>) la description, la tunique iîilerne mince des liydatides garnie de petits vaisseaux blanchâtres, tandis qu'elle formait des espèces de cellules sur un cochon; néanmoins je pense que les vésicules remplies d'eau qui se présentent aux analomistes, ne sont pas toutes d'une seule espèce, que par conséquent leur origine doit être dilféremment expliquée, et que celle de quelques-unes doit peutêtre l'être non pas d'une seule manière, mais de

(i) Ad cit., obs. 83.

(3) Epist. 21, n. 47«

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plusieurs réunies en une. Pour ces vésicules en pai tien lier qui, existant en certain nombre sous une seule tunique, se trouvent ou unies entre elles, ou libres et nageant dans un liquide semblable à celui qu'elles contiennent, ou répandues dans la cavité du ventre, lisez en entier ce que le célèbre Morand i i) a vu et conjecturé à leur sujet. 45. Et croyez qu'elles étaient principalement de cette espèce, ces vésicules par lesquelles Arétée(Q) a écrit qjj'il se forme une bydropisie particulière. C'est qu'il put voir même sur l'homme certaines véslrules très pentes ^ nombreuses et pleines cVeau, soriir cVun lieu où V ascite a coutume de se former y lorsqu'on eut ouvert les parois du ventre pour évacuer l'eau, comme j'ai dit (3) que Tyson en av^ir vu sortir en grand nombre d'un autre endroit, et comme vo!is lirez que la même chose est arrivée sous quelque rapport à Morand (4). Car relativement à ce que Arétée ajoute, qu'il s'était trouvé des personnes qui affirmaient que des am* poules de cette espèce étaient passées à travers les intestins dans la cavité du ventre, voilà, si je ne nie trompe, ce qu'il nie avoir jamais vu ^ et non celte hy<iropisie dont il indique un signe, comme Pi. Petit (5) l'a cru avec d'aiUres, parce qu'il a

(1) Mém. de TAcad. Roy. des Se. , a. 1722, Hisl , a. 1723.

(2) De caus. et sigri. moib. diut. , 1. a, c. i^ in fine.

(4) Mém. cit.

(5; Comment, iw. cit. locum.

DÉ l'hYBROPISIE £T DE LA TYMPANITE. II9

pensé que ne l'ayant pas vue lui-même, Arétée ne l'avait pas vue non plus. Quant à ceux qui disaient que ces vésicules étaient passées des intestins dans la cavité du ventre, ils avaient peutêtre trouvé sur quelque animal brute ce que j'ai dit (i) avoir été observé par Rédi; et leur récit transmis avec quelque léger changement, comme c'est l'ordinaire, par ceux qui l'avaient entendu, et qui rapportaient que ces vésicules étaient sorties de la cavité des intestins, put porter Arétée à ajouter aussitôt ces paroles pour faire voir que ce récit ainsi transmis est inadmissible.

Du reste, le signe de cette hydropisie que cet auteur a mis en avant en écrivant ce qui suit : Si vous perforez Vahdoinen^ vous répandrez extrêmement peu de liquide , car une vessie le renferme en dedans; mais si "vous poussez V instrument dans la vessie y Vhumeur s'écoulera de nouveau ; ce signe , dis-je, annonce une difficulté insurmontable de détruire une maladie de cette espèce, à moins que par hasard les vésicules ne soient placées en un seul endroit, et disposées comme sur cette l^mme (2) de Tyson , et sur un paysan hyrlropique dont parle Rivière (3); quoiqu'en général ce soit en vain qu'on ouvre l'abdomen lorsque Thydropisie est formée par des hydatides, ou existe

(2) Ibid.

(3) Obs. Iiincind. clecerpt. i5.

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avec des hydatides, quelle que soit leur espèce, pourvu qu'elles se Irouveut nombreuses ou volamineuses. En effet, outre que celles qui sout déjà crevées peu veut continuer à répandre de l'humeur, une seule vessie ouverte , comme Tho. Barlholin (]) en a donné l'avertissement avec raison après Tulpius (2), n évacue pas les autres ^ quoiqu elles soient réunies en manière de grappes de raisin, et bien moins encore si elles sont séparées les unes des autres. Ainsi aux autres causes pour lesquelles cette opération chirurgicale n'a pas souvent réussi, ]ors même que tout le reste semblait être favorable, ajoutez aussi celle-ci; c'est que (pour me servir des expressions de Ruysch (3)), comme il arrive très fréquemment qu'il existe des hydatides sur les hydropiques , elles ne sortent que rarement , pour ne pas dire jamais ^ quand on pratique la paracentèse sur Vabdomen. Au reste cet auteur a dit ceci à l'occasion d'une hydropique dont le péritoine et le mésentère étaient remplis d'hydatides. Au surplus, il arrive très-souvent au mésentère des ascitiques d'être rempli d'hydatides, comme le prouvent non-seulement tant d'autres observations anciennes, mais encore des histoires modernes qui se trouvent dans les Volumes (4) de

(0 Act. Hafn. , vol. 1, obs. 8.

(2) L. 2j obs. med.^ c. 3/^.

(3) Thés, anat- 7^ n. 37.

(4) Dec. 3, a. 9 et 10, obs. 239, et cent. 3 et 4^ ^^s- H/.et Act., loin. 2., obs. 34, etc.

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TAcadémie de Vienne. Quant aux hydatides des autres parties contenues dans le ventre, comme j'en ai produit jusqu'ici assez d'exemples, j'en ajouterai un seul pour celles de l'estomac d'après Jac.Yong(i), sur une femme dont vous ne pourriez point expliquer le cas étonnant, si vous n'aviez égard à la cause que l'on considère ordinairement dans le diabètes. En effet, comme pendant tout le cours de la maladie elle rendit presque autant d'urine qu'elle prenait de boisson, on ne voit pas facilemen t d'où provenait l'eau dont on évacua deux cent quatorze setiers en vingt-neuf fois qu'on lui pratiqua la paracentèse dans l'espace de huit mois. Cette femm.e avait donc un grand nombre d'hydatides sur l'estomac et sur les intestins.

46. Comme les observations que j'ai sur la tympanite trouveront une place encore plus convenable ailleurs à raison de sa complication avec d'autres maladies, il vaudra mieux ajouter à leur place deux histoires qui appartiennent à l'hydropisie du péritoine, maladie qui, pour en dire quelque chose d'avance, si elle n'a point été décrite par les auteurs les plus anciens, ne l'a point été non plus pour la première fois par Tulpius (2) ou par Bogdan (3), comme eux-mêmes semblaient le croire, et comme la plupart des auteurs l'ont cru.

(i) f^id. in Act. Erud. Lips., a. I7i3, m. jul.

(2) L. 4, t>bs. med.^ c. /i4.

(3) Obs. anat. , chir. 11.

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Je ne dis pas cela parce que Strateaus avait raconté à Tu! plus, qui en fait l'aveu de lui-même, avoir vu une affection tout-à-fait semblable, ni parce que Stalpart (i) affirme que quelque chose d'analogue a été écrit par Marcellus Donatus; car Marcellus (2), pour faire voir contre Fernel que les eaux des hjdropiques passent par des méats invisibles dans la cavité du ventre, dit que quoique cette cavité soit le lieu propre de ces eaux, néanmoins il a été prouvé par la dissection quon a trouvé aussi plusieurs fois une portion d'eau entre le péritoine et les autres parties qui composent le bas - ventrue. Pour que vous n'ignoriez pas quelles sont ces autres parties, il ajoute aussitôt ce qui a été omis mal à propos par Stalpart : de telle sorte que quelques sectateurs des arabes prétendent que le lieu propie de Veau dans Vascite est entre siphac et mi^ rach (c'est-à-dire entre le péritoine et les parties qui lui sont appliquées extérieurement); et nous voyons aussi sur les sujets attaqués de cette mala," die ^ Veau parvenir jusqu'aux hanches et aux jambes^ etc. Vous voyez donc par cet exemple quelle portion d'eau il comprend lui-même qu'on a trouvée aussi dans ces parties, c'est-à-dire d'où elle provient lorsque l'anasarque se joint à l'ascite. Car, relativement à cette opinion de quelques auteurs qui diffèrent beaucoup de leurs maîtres,

(1) Part. 1, cent. 2, obs. rar. 28, in schol.

(2) De niedic. liist. mirab., 1. 4, c. 21.

DE l'hYDROPJSIE ET DE LA TYMPArflTiP. 1^3

H.\ly (i) et Aviceiine (^), cVune part cette observation n'est pas propre à la confirmer, et d'ailleurs Donatus n'en rapporte aucune autre , quoique Sta'part dise qiie Donatus après avoir écrit que l'hydropisie est produite quelquefois par une boisson froide aboudanle, si elle se porte sur le péritoine humide y continue ainsi : Jac, Camenicène dans sa lettre écrite à And. Matthiole {lib. 5 , epistol.)^ parle d'un homme sur qui on trompa de Veau entre les tuniques du péritoine et entre celle des intestins. En effet, Donatus (3) après avoir écrit cela d'après Arélée (4) qu'il cite positivement et qui parle du liquide qui passe alors dans le péritoine, non point pour s'y accumuler, mais ^owt (\uq les gouttes qui aupara<^ant changées en air se dissipaient par la transpiration , s'écoulent de \kdans les flancs ^ pour former une ascite; après avoir, dis-je, écrit cela, et avoir ajouté aussi d'autres choses et d'autres encore qui n'appartiennent nullement au péritoine, mais à la faiblesse des viscères sur les ascitiques, et à l'obstruction des veines du foie, se sert enfin alors, pour prouver cette obstruction, de cette observation de Camenicène relative à des calculs qui obstruaient ces veines sur un hydropique chez lequel on trouva de Veau entre le péri'

(i} Tbeor. niedic. ]. 9, c. 3i.

(2) C. 5 , suprà ad n. 33 cit.

(3j C. 21 cit.

(4) C. 1, ad n. 45 , suprà cit.

toijie et les intestins. Car c'est ainsi que Donatus écrit lui-même (et c'est avec raison), ainsi que Matthiole dans sa réponse à Camenicène, et voici comment il interprète les paroles de ce dernier: horsque nous eûmes dépassé les muscles de V abdomen, nous trouvâmes cette eau appelée citrine., entre le péritoine et les intestins , ce dont je vois cependant que quelques auteurs ont douté; or il désigne ici les sectateurs des Arabes dont il a été parlé un peu plus haut, et qui pensaient que l'eau des ascitiques existait, non pas entre le périloine et les intestins, mais entre le péritoine et les parties extérieures.

J'ai poursuivi ceci avec d'autant plus de détails , que j'ai vu que plusieurs auteurs ont attribué avec Stalpart dont ils ont suivi l'opinion sans le nommer, l'observation de l'hydropisie du péritoine à Camenicène et à Donatus sur lesquels ils n'ont point jeté les yeux; et dans le nombre de ces auteurs s'est trouvé Nuck (i), ainsi que celui qui a écrit qu'il avait comparé une observation de celte maladie qui lui était^ropre avec celle de Donatus, laquelle n'existe pas.

47. Qui donc, dites-vous, a observé cette maladie avant Nie. Tulpius? J. Acholze , médecin et premier professeur de Vienne. En effet, celui-ci présidant l'an i58i à la dissection d'une femme hydropique, en présence de médecins et de chi-

(i) Ade. cur., c. 9.

DE l'hYDROPïSIIî LT DE LA TYMPANITE. Ïïi5

rurgiens de cette ville, trouva une grande quantité d'eau trouble semblable à celle de la lessive, non pas dans la cavité du ventre, mais entre le péritoine et les tégumens du ventre; car les muscles étaient tellement amincis par l'eau qui les distendait en dessous, qu'ils paraissent presque ne pas exister i^CQ qui a lieu assez souvent), et ils étaient changés aussi en partie en un corps continu , composé de vésicules remplies d'eau, de mucus, de matière glanduleuse, et formant la paroi antérieure de ce sac d'une très grande ampleur, tandis que la paroi intérieure ( postérieure) était formée par une membrane qui couvrait tous les viscères, de telle sorte qu'avant qu'elle ne fût incisée, ceux-ci semblaient ne pas exister. Lisez, je vous prie, l'observation qui est décrite plus en détail dans cette section (i) du Sepulchretum ^ quoiqu'elle se trouve confondue avec des histoires qui appartiennent à un autre sujet, et vous comprendrez très-clairement que c'était une hydropisie du péritoine formée par l'eau qui s'écoulait de ces tumeurs glanduleuses, auxquelles il faut évidemment rapporter, ainsi qu'au vice de l'eau, ces douleurs cruelles qui avaient constamment tourmenté la femme après que la maladie eut fait des progrès. Au reste, cette histoire n'a point été publiée pour la première fois dans le Sepulchretum ; mais elle le fut dès l'an 1^98, parSchulze, qui la rapporta parmi

(1) Sect. 21, et obs, 21, J. 16,

126 TRKKTE-HUITIÈMR LETTRîî.

ses Conseils médicaux (() , c'est-à-dire dans un livre qui a été imprimé plus d'une fois, et qui a été par intervalles entre les mains de tout le monde, surtout dans le siècle précédent.

Mais j'ai vu encore dans le Sepuïchretum d'au* très observations recueillies avanl celle de Tulpins , qui pourraient ou devraient eire ra|)portées à celte maladie, quoique personne, que je sache, n'en ait encore fait mention en pariant de tontes les autres. Telle est peut-être celle de Spigel, qui étant en Moravie observa sur une femme unehfdropisie bâtarde entre l'abdomen proprement dit et les muscles qui sont courbés pour ainsi dire en dedans (étaient-ils courbés, ou bien en était-il comme dans l'observation d'Acholze?). // s en écoula (ceci manque dans le Sepuïchretum (2)) dix livres d'un liquide noir. Ce fait fut observé Fan r6r4, quoiqu'il n'ait été publié que quarante-trois ans après par Rhodius (3). Mais, si je ne suis dans une erreur complète, c'est à ceci qu'appartient ce que Hoechstetter (4) avait observé sur une fille noble dès l'an 1628, bien que ce cas n'ait été mis au jour par son neveu que plusieurs années après, et quoique l'auteur ait cru que la partie antérieure du sac dans lequel était renfermée une grande quan-

(i) Cons. 339.

(2) Sect. cit. , oî)s. 12, §. 6.

(3) Cent. 3 , obs. med. 6.

(4) Obs. med. , dec. 10, cas. 7, oum schol.

DE l'iiydhopisik et de la. tympanite. 127 tité d'hnmenr épaisse et fétide, fût le péritoine, et que l'autre partie dans laquelle il trouva plusieurs tumeurs glanduleuses et purulentes, dont quatre étaient plus grosses que les autres, fût l'épiploon. Toutefois, comme il dit que cette partie intérieure du sac était un corps membraneux dilaté ^ qui couvrait tous les viscères et tous les intestins ^ il put bien la prendre pour l'épiploon agglutiné avec le reste, mais c'était le péritoine lui-même, à ce que je crois. Au surplus vous examinerez ceci mieux que moi; car vous avez dans \^ Sepulchre tum (1) et l'observation et la scholie où se trouvent quelques parties de l'histoire elle-même.

48. Je voudrais que vous lussiez en outre atten* tivement dans le même ouvrage, deux observa^ tions (2) de Paaw, et une (3) de Dodonée, et que vous vissiez après les avoir lues en entier, si vous commencez à concevoir quelque soupçon que quelqu'une d'entre elles appartient en quelque partie à ce dont je parle. Voici les faits : Paaw^ ne trouva même pas des vestiges de la rate, des reins et dn foie lui-même sur deux femmes hydropiques qu'il disséqua, l'une l'an 1601, l'autre Tannée suivante, si ce n'est que sur l'une les conduits veineux seule^ ment existaient ejicoreà^ns le dernier viscère , mais en très-petit nombre. Combien la chose sera moins

(1) Obs. cit. \i , 5. 2.

(2) Sect. cit. , obs. 70 et 71.

(3) Ibicl. , obs. 20^ J. 10.

laS TRENTE-HUITIÈME LETTRE.

étonnante, si nous soupçonnons que le péritoine distendu par une grande quantité d'eau, s'était crevé en dedans aux endroits où il était peut-être plus aminci et moins adhérent à certains viscères, et qu'il s'était conservé intact là où il en était autrement ; qu'ainsi il avait laissé voir en partie quelques viscères, tandis qu'il en avait caché d'autres, et que ce petit nombre de veines appartenait au péritoine (i) lui-même; et que Paaw ayant fait r ouverture du ventre à la hâte, comme il le dit, attendu que les cadavres étaient dans un trèsmauvais état, ne fit pas des recherches trop exactes. Quant à Dodonée,il avoue de lui-même que comme il s'était écoulé plus de soixante livres non pas d'eau, mais de matières intestinales noires, telles qu'elles sont dans les cloaques, après l'ouverture du ventre d'une femme qui avait l'abdomen extrêmement tuméfié déjà depuis deux ans, il n'avait pas pu chercher au milieu de tant d'immondices, de quel intestin lésé elles étaient sorties; il dit cependant que tous les viscères, à l'exception de l'épiploon qui s'en était allé par morceaux putrides, étaient tout- à-fait intacts, mais que le péritoine se trouvait fendu dans quelques endroits depuis les parties supérieures jusqu'aux parties inférieures. Je conviens ici qu'il n'est nullement étonnant que les excrémens se fussent écoulés d'un intestin qui finitpar être lésé, •» ' '

(i) J^id, infrà, n. 56 in fin.

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