‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 9 sur 44 · DE LHYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. IO · texte numérisé non relu

DE LHYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. IO

du rein autour de ces vessies vides, il ne se forme point à la vérilé une hydropisie, parce que le peu d'hiimeur qu'elles avaient répandue est enlevé par les orifices des vaisseaux absorbans, de la même manière que celle qui lubréfie l'intérieur du ventre; mais il reste sur le rein une cicatrice variable pour la grandeur et pour la profondeur, suivant que l'hydatide rompue avait produit une plus ou moins grande cavité dans la substance du rein. Relisez, si vous voulez, la description que j'ai faite sur le rein d'une femme dans la vingt-neuvième Lettre (i), d'une ligne longue et blanchâtre, comme tendineuse, s'étendant non-seulement sur la surface, mais encore profondément dans le corps même du viscère, et tellement semblable à la cicatrice d'une ancienne blessure, que je cherchai, mais inutilement, sur la paroi voisine du ventre les vestiges de cette blessure. Au reste, je vous décrirai dans d'autres Lettres d'autres cicatrices des reifis, qui étaient moins profondes, mais qui se trouvaient pourtant déprimées, et comprises dans la circonférence d'un cercle, telle qu'aurait été celle qui aurait résulté de la réunion des parois de celte grosse hydatide que j'ai observée sur la vieille fenjrae dont j'ai parlé un peu plus haut. (2) Vous comprenez d'après cela comment j'expli-

(2) N. 40, in fine.

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que, d'après l'observation des hydaîides, les cicatrices qui se rencontrent assez souvent sur la surface des reins. Or croyez qu'on peut expliquer aussi par le même exemple les cicatrices des autrefs viscères, lorsqu'elles sont extérieures, et qu'elles n'ont point été précédées de blessures ni de symptômes d'ulcères, comme celle que j'ai dit dans celte Lettre-ci (i) exister sur un côté de Futérus d'une vieille femme asci tique. En effet l'utérus a aussi des hydatides qui lui sont propres, et quelquefois elles s'élèvent à un nombre qu'indiquent suffisamment les observations d'Adolp. Occon (2) et du célèbre Ad. -Christ. Thébésius (3), et elles sont d'une telle grosseur, que Coiter (4) en a vu une, comme je vous l'ai écrit ailleurs (5) , qui s'était déi^eloppée au côté droit du col de la matrice ^ et qui était presque deux fois plus grosse quune vessie naturelle ; elle se trouvait extrêmement remplie d'urine , c'està-dire, comme il s'exprime avec plus de vérité plus bas, d'une eau claire et limpide , et elle avait bien deux tuniques comme une vessie naturelle y mais aucun méat pour recevoir ou laisser sortir l'eau.

Mais on pourra aussi expliquer d'une manière analogue les cicatrices de cette espèce du foie et

(2) Sepulchr. , s. bac 11, obs. 55 , J. 9.

(3) Epb. N. G., cent. 3 et 4^ obs, 117.

(4) Obs. anat.

(5)Epist. 16, n. 33.

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de la raie, comme celle que Hoechstetter (r) a décrite sur une fille noble (car il faut prendre garde de nous eu laisser imposer par certaines fii^sures qui existent souvent depuis la naissance). En effet, les liydatides de l'un et de l'autre de ces viscères se rencontrent encore plus fréquemment, soit qu'elles se trouvent situées tout-à-faità l'extérieiir, comme celle que Coiter (2) observa sur un pendu au dessous de la rate, et qui était de la grosseur des deux poings et extrêmement remplie d'eau, et qu'il sépara des parties voisines sans lésion y soit qu'elles soient entièrement cachées dans la profondeur de la substance, comme celles qui ont été citées dans le foie par Glaser (3), par Dieraerbroeck (Zj) et par d'autres. C'est à ceci que vous rapporterez facilement une observation de Lyser (5) relativement à une eau citrine ^ qui s écoula à la quantité de trois livres et plus du foie d'une hébraïque vivante qui fut profondément percé, et une autre de Mauchart sur une hjdropisie de la rate (comme il l'appelait lui même), que je vous ai décrite ailleurs (6); e£ vous remarquerez.de cette manière combien les viscères venant par hasard à se rompre à la fin

(1) Sepulclir. , s. cit. obs. 12 , §. 2.

(2) Obs. anal. cit.

(3) Sepulchr. , s. cit.;, obs. 4^ S» ii«

(4) Ihid. , obs. ig.

(5) ApudBartholin.;, cent. 2;, epist. med. 73^ (6)Epist. 36, n. 18,

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par la quantité du liquide accumulé dans leur intérieur, peuvent augmenter celui qui formait auparavant une hydropisie, et combien ou peut croire qu'ils ont été altérés par l'humeur qui était en stagnation autour d'eux, puisqu'ils l'ont été par celle qu'ils contenaient.

Ainsi, soit que les hydatides appartiennent à ce second genre ç ou au premier, ou enfin à une disposition moyenne entre ces deux, telle que je la considère principalement ici, c'est-à-dire qu'elles se trouvent tellement développées dans le viscère, qu'elles se manifestent pourtant aussi en partie sur sa surface; elles sont, comme je le disais, encore plus fréquentes dans le foie et dans la rate. C'est ainsi que j'en ai vu dernièrement deux de ce dernier genre dans le foie d'une vieille femme, qui d'ailleups était sain, dont le bord antérieur était falqué vers le milieu, forme que je n'avais jamais observée auparavant, et dont le lobe gauche se portait presque aussi bas que le lobe droit. Audessous de la membrane qui couvrait la face convexe étaient les deux hydatides, dont quelque partie était apparente, et dont le reste était caché dans l'intérieur du foie; l'une était petite, l'autre (i) ne l'était pas. C'est ainsi que j'en ai vu plu-^ sieurs qui étaient remplies d'une eau insipide ou légèrement douceâtre dans la rate d'un cochon. C'est ainsi que j'en ai rencontré une de la grosseur

(i) Vid. Epist. 65 , n. 8 , in fin.

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d'une cerise, dans le foie d'un autre cochon, non Join de sa base. Mais sur un troisième, j'en ai vu un grand nombre de différente grosseur, et au lieu d'être à demi enfoncées dans le viscère comme sur les précédens, la plupart étaient entièrement cachées dans son intérieur, et toutes avaient leur eau renfermée dans un follicule épais et blanc. Ce foie avait pris un très-grand développement, et le réseau blanchâtre qui intercepte les lobes était épaissi, et par cela même beaucoup plus visible qu'à l'ordinaire, même aux yeux les moins attentifs, soit qu'on le regardât en dehors ou en dedans. Ces lobes paraissaient être sains, comme les autres viscères; mais la vésicule, extrêmement contractée , contenait à la place de la bile quelques gouttes d'un mucus qui n'avait presque aucune couleur ^ en sorte qu'il me rappelait cette couleur de bile presque blanchâtre que Vésale (i) a affirmé avoir vue, avant que Diemerbroeck, et après lui d'autPfS qui sont également cités dans \q Sepulchretum , et après ceux-ci d'autres encore, n'eussent vu à la place de la bile une humenv blanche , lactescente, lactée.

Mais pour ne pas m'éloigner des hydatides de la rate et du foie dont je parle, vous croirez peutêtre que c'est à elles que se rapportent celles que Hunerwolff (2) décrit sur des hommes, et qui

(i) Exam. , obs. Fallop.

(2) in addit,,, ad eamd. 21, sep. sect. , obs. 82.

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s'étaient développées non-seulement sur le foie et sur la rate ^ mais encore dans ces viscères , ou bien celles qui se présentèrent à Horst (i) comme des cavités remplies d'eau dans le foie et dans la rate d'un petit enfant. Que si vous désirez savoir ce qui avait précédé pendant la vie de cet enfant, vous le lirez dans une autre observation (2) du Sepul^ chretum, où la même dissection est répétée. Au surplus, ces répétitions qui ont eu lieu plus d'une fois (3j sont moins étonnantes dans cette vingtunième section, qui est si longue, que dans la phi part des autres. Le même motif, et en même temps les descriptions falsifiées de Blancard devraient faire excuser de ce que dans les supplémens on donne comme de nouvelles observations (4) de lui, celles que Bonet avait rapportées auparavant dans cette même section (5) en les attribuant à leurs véritables auteurs, Jodon et P#ré, si (ce que Blancard (6) n'avait même pas fait) d'une seule observation de Jodon on n'en eût pas composé deux, la vingt-neuvième et la trentième, ou plutôt si de la scholie que Blancard

(i) Sect. ead. , obs. 3^ ^. 12.

(2) Ibid., obs. 6, J. 7.

(3) Confer.^ obs. 4? §• 8, cumobs. 6 , §. 12 j obs. 10 , §. 12, cum §. 17 ; obs. 21, Ç- 2, cum ^. 7 j obs. 55, cuui 5- ,17; et J. i3, cum 5« 16, etc.

(4) Obs. 29, 32, et for tasse aliae.

(5) Obs. 48 et 38.

(6) Anat. pract. rat. ;, obs. 84.

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card avait ajoutée à la première on n'eût pas fr^it la seconde. D'un autre côté, une observation ( i) d'Eggerdes, qui appartient tout entière à la poitrine, ne devait nullement trouver place ici, où il s'agit seulement du ventre; ou du moins il ne fallait pas négliger de dire qu'elle était hors du lieu qui lui est propre y comme on l'a fait pour deux (2) qui n'appartenaient pas non plus à ce sujet.

43. Quant à moi, c'est pour un motif bien différent que j'intercalerai ici pour vous très-peu de mots sur les viscères de la poitrine. En effet, les viscères du ventre ne sont pas seuls sujets à des hydatides de cette espèce, ni , par une conséquence qui me paraît naturelle, à des cicatrices; je vous ai fait voir ailleurs (3) d'après les observations des anciens et des modernes, et d'après les miennes également, que ces hydatides se développent sur les poumons et même sur le cœur. Si donc il se présente quelquefois sur l'un ou sur l'autre vis(2Sre quelqu'une des cicatrices que j'ai décrites, comme il est certain qu'il s'en e&t présenté une à moi sur la face extérieure du cœur d'un lièvre, espèce d'animaux chez lesquels l'extrême fréquence des hydatides est suffisamment constatée par la seule lecture de Rédi (4) ; qu'est-ce qui empêche que je

(i) In addit. ad hanc, sect. ai, obs. ^\,

(2) Ibid.f obs. 76 et 79.

(3) Epist. 16 , n. 33 et 44-

(4) Osservaz. int. agli anim. vivent.

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