‹ Recherches anatomiques sur le siege et les causes des maladies (volume 3)Chapitre 12 sur 44 · VI · texte numérisé non relu

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dant qu'il se déchirait, il se répandit beaucoup d'excrémeus ces derniers jours dans la cavité du ventre.

Au reste, cette observation deI>odonée fut publiée avec d'au très par lui-même l'année où Acholze recueillit la sienne, en i58i; car une faute a été évidemment commise par les imprimeurs, à l'endroit où il est dit dans la nouvelle édition de Van der Linden , que les observations de cet auteur parurent Tan i5i8 , attendu qu'il est reconnu qu'il naquit l'an i5t7 : ce que je n'aurais nullement noté ici, si je n'avais remarqué que la même erreur s'élait glissée dans la Bibliothèque des écrits mé-r, dicaiix.

Il existait aussi dans Riolan (i) , et ce n'était pas seulement dans les dernières éditions de l'Anlhropographie, une observation relative à de Veûu épanchée entre le péritoine et les muscles de V abdomen. Mais craignant que vous ne disiez peut-être qu'il faut l'expliquer comme j'ai expliqué (2) les paroles de Donatus, j'ai mieux aimé la passer ici sous silence.

49 Enfin l'an i65i la maladie dont je parle fut observée par Tulpius, et annoncée (1) bientôt après sous le titré nouveau d'hjdropisie du péri* toiné; et cet auteur affirma positivement que toute

(1) t^id. siiprà, n. 33 in fin.

(2^ Suprà , n. l\^.

(3) Obs. suprà, ad n. 46 cit.

DE l'hYDKOPISIE 1T DE LA. TYMPANITE. l3l

V accwnulation des eaux était cachée entre les deux tuniques du péritoine ^ qui avaient acquis V épaisseur du doigt annulaire, La même histoire (pour que Yous ne croyez point par hasard, comme quelques-uns, que ce soit une autre observation) Fut pubUée ensuite par celui qui avait disséqué le cadavre, Job. Meekren (i), qui toutefois entra dans plus de détails, et ne passa point sous silence que sur tant de médecins Yalœus fut le seul qui conjectura le véritable siège de cette hydropisie pendant que la malade vivait encore. Cependant Tulpius donne encore quelques renseignemens qu'on ne trouvera pas dans cette description plus détaillée; par conséquent la sienne pouvait aussi être rapportée dans le Sepulchretum , et on pouvait même l'y rapporter à part, plutôt que d'en former une seule de toutes les deux, comme vous verrez que cela a été fait dans Staipart (2), de telle sorte qu'on ignore souvent ce que Tulpius et Meekren ont écrit chacun de leur côté.

Bogdan (3) remarqua aussi sur une femme qu'il disséqua , que le péritoine avait ï épaisseur du pouce ^ et quil était rugueux et endurci; ce qui a été omis mal à propos dans le Sepulchretum (4) , ainsi que les détails qui sont ajoutés immédiate-

(i) Obs. med. chir. , c. 52.

(2) In schol. suprà, ad n. 46 cit.

(3; Obs. ihid. cit.

(4) Sect. hac2i, obs. 12, 5. 4»

l32 TRENÏK-HUITIÈME LETTRE.

ment après sur l'état des viscères. Au reste, il a écrit qu'une humeur semblable à de la lie était renfermée, non pas entre les tuniques du péritoine, mais entre la tunique des muscles de Vahdo' men et le péritoine. C'est que ce que Tuîpius et la plupart des autres qui vinrent ensuite, prirent pour la lame externe du péritoine, lui le prit pour la tunique des rnuscles avec Bérenger (i), qui enseigna autrefois ceci : Ce qui parait au sens est vrai f quil existe une pellicule extrêmement fine entre le véritable siphac ( péritoine) et les muscles larges (trau s verses) du ventre, surtout à la partie charnue des muscles ; cette pellicule est un pannicule qui enveloppe les muscles , etc. Je vois aussi maintenant que beaucoup d'autres médecins composent en partie de cette pellicule le tissu cellulaire du péritoine , dont les cellules venant à se rompre par la distension de l'eau , forment une cavité entre le péritoine et les tendons des muscles transverses , ou , d'après l'expression plus convenable d'autres auteurs, et les muscles transverses. Mais ce n'est pas ici un lieu favorable pour chercher si le périloine n'a, outre ce tissu, aucune lame extérieure, ni si le tissu lui-même ne peut pas être appelé lame. 11 sufht d'avoir fait connaître qu'il exista avant ces derniers temps quelqu'un qui plaça le siège de cette hydropisie entre le péritoine et les muscles. A la vérité je ne sais pas quelle année Bogdan

m* iji il I 1

(i) Comment. 5, in Mundin. anat.

DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPA.K1TE. 1 33

écrivit ce qui a été rapporté; mais ce qu'il y a de cerlain, c'est queBartholiu (i) le publia l'an i665. De plus, Ol. Ruclbeck (2) ne doutait pas douze ans auparavant ç^nune tumeur hydropique ne put se former entre les muscles de r abdomen et le pé^ ritoine. D'un autre côté, l'an 1677, Gér. Bla^ius (3) trouva sur \\n^ fille de l'eau entre les muscles de V abdomen et le péritoine. Cependant, celui-ci pensa que la même chose pouvait avoir lieu aus.si en Ire les deux lames du péritoine. Du reste il faudrait dire que cela eut lieu égalemeut dans la plupart des observations, si ceux qui disent que le tissu cellulaire se rompt ne pouvaient pas répondre que sa partie extérieure qui adhère aux muscles devient souvent alors si épaisse et si dense , qu'elle en impose pour une autre lame du péritoine, et même quelquefois pour tout le péritoine; méprise qui paraît avoir été commise par Hoechstetter (4) et par d'autres, entre autres par Pa. Moth, dont une observation recueillie sur une dame a été rapportée par Bartholin (5) , comme si une grande quasjtité d'eau s'était accumulée entre le péritoine et une membrane plus dense qui couvrait tous les viscères, qui était remplie de vemes

(0 In 2 edit. ciiltri anat. lyser.

(2) Exerc aiiat. exhib. duct. hep. aquos. , c. 9.

(3) p. I, obs. med. 18.

(4) F'id supvà , n. 47*

(5; Cent. 4 ? bist. anat. 25.

l34 TRENTE - HUITIEME LETTRE.

nombreuses et grosses, et à laquelle était attaché un grand abcès à la région du foie, tandis que trois autres abcès plus petits occupaient la partie inférieure de la membrane près des aines. Cette observation fut publiée l'an 1657.

Au surplus j'ai indiqué l'année où chacune des observations citées fut mise au jour, pour vous faire comprendre que la plupart étaient entre les mains de tout le monde avant l'an 1668, où Drelincourl fut nommé professeur public dans la ville où un de ses disciples décrivant longuement une histoire relative à l'hydropisie du péritoine qu'il avait apprise de son maître, et qui a été ajoutée aux suppiémens de cette section du Sepulchretum (i) , a intercalé une chose qui certes n'est pas digne de la grande érudition de Drelincourt : quil n existe ni trace ni vestige cVun pareil és^énement soit dans les anciens , soit dans les modernes , excepté dans le célèbre Tulpius seulement,

5o. Mais actuellement il suffira d'indiquer les autres observations de la même hydropisie qui ont paru depuis cette année 1668 jusqu'en 1692, où Nuck (2)^ successeur de Drelincourt, publia lui-même la sienne qu'il avait communiquée auparavant à Stalpart, et qui avait été mise au jour (3) par celui-ci. Mais outre celles de Hoechstetter et

(i)Obs. 41.

(a") Cit. siiprà, ad n. 46.

(3) Ibid,

DE l'hydropisiiî: et dk la. tympanite. i3d

de Blasius dont il a été parlé plus haut (i), il en exista il trois que vous verrez rapportées dans le Sepulchretum (2) , ainsi que la plupart des autres, d'après Scultel , Helwig et Sponius. A celles-ià vous en ajouterez une de Rnisel (3j, que vous ne serez pas étonné de ne pas trouver dans le Sepulchretum, lorsque vous aurez remarqué que celle de Nuck (4) n'y est pas. Toutefois après que ce dernier eut éclairci cette maladie par son savoir et par son habileté, il en parut d'abord trois observations qui ont été décrites daiis cet otivrage , une de Gahrliep (5) , une autre de Drelincourt que j'ai citée tout à l'heure (f>), et une troisième de Sim Zyl, qui a été réunie à cette dernière. Au reste, toutes les autres observations n'ont pas pu trouver place dans le Sepulchretum , puisqu'elles ont été publiées après la seconde édition de cet ouvrage : ces observations ont été rapportées par les auteurs suivans, une par chacun , d'abord par Littre (7) qui a décrit en outre avec plus de soin que les autres ne l'avaient fait jusqu'à ce tenij)s, la maladie, ses signes, son pronostic et son traitement,

(2) Sect. liac 2\j obs. 12, J. 1 ; et in addit. , obs. 25 et 48.

(3) Apnd Zeller. , diss. de vas. lymp/i. admin. , c. i, n. i3-

(4) C suprà , ad n. 46 cit.

(Siliicit. addit., obs. 81.

(6) N. 4.9 in fin.

ij) JMém. de i'Acad. Roy. des Sc.^ a. 1707.

l36 TRENTE-HUITIÈME LETTRE.

ensuite par Jér. Laubius (i), Luc. Schroecke (a), Je. Palfyn (3) d'après la communication de Favelet, puis par d'autres hommes célèbres, savoir Je.- Georg. Hoyer(4), Je. Hermann, Furstenave (5), Je.- Christ. PohI [6), et enfin par Je.-Henr. Respinger.(7) Ainsi j'avais entre les mains les observations de ces auteurs et de tous ceux qui ont été nommés plus haut, lorsque je vous écrivais ceci, et je ne doutais pas qu'il n'en pût exister encore d'autres appartenant soit à des anciens, soit surtout à des modernes. Et ne croyez pas que j'aie oublié de citer ici parmi ces dernières celle que Chomel (8) a décrite avec un savoir et une habileté dignes d'éloges, et à laquelle il en ajouté une autre, quoique tous les deux aient été recueillies seulement pendant la vie. Mais j'ai négligé à dessein de les compter parmi les autres dans cette revue que j'ai faite selon l'ordre des temps, ainsi que deux que Nuck (9) avait rapportées, l'une d'après Bartholin, comme si elle était de celui-ci et non de Brechtfeld, et l'autre d'après un médecin son ami.

(i) Eph. N. C , cent. 4> obs. 162.

(2) Earumd., cent, b , obs. 23.

(3) Anat. du corps hum. , p. 1, tr. lî , c. 4-

{4) Act. N. C.^ t. 4» obs. 52, et t. 5, in obs. 68.

(5) iiorumd., t. 8, obs. 78.

(6) Jbiri. j obs. II 1.

(7) Act. Helvet. , vol. i.

(8) Mém. de l'Acad. Roy. des Se, ann. 1728.

(9) C. cit.

DE L HYDROPISTE ET DE LA. TYMPANITE. 187

Ce n'est pas que je pense que ces histoires ne soient pas très-utiles à ceux qui traitent de cette maladie (car je me suis servi moi-ménïe plus haut, autant que possible, de quelqu'une d'entre elles, et je m'en servirai peut-être plus bas); mais aucune d'elles n'a été confirmée par l'examen anatomique. Du reste, ces quatre observations et d'autres de la même espèce qui seront citées plus bas, ont été recueillies sur des femmes, ainsi que toutes les autres; et je ne parle pas seulement de celles qui ont été indiquées par Rod.-Ja. Camérarius (i), qui avait fait la même remarque, mais encore de toutes les autres que j'ai rappelées jusqu'ici, ou que je dois rappeler plus tard; en sorte que l'hydropisie du péritoine n'a été encore observée que sur le sexe féminin , excepté (2) tout au plus dans un seul cas. Je dirai bientôt quelque chose de cette circonstance et des autres objets que j'ai particulièrement remarqués, en comparant entre elles un si grand nombre d'histoires , lorsque j'aurai rapporté les deux que j'ai promises. Je serai le premier Italien, que je sache, qui traite ce sujet, et je décrirai ces observations pour que vous ne croyez point par hasard que quoique sur tant de femmes il n'y en ait aucune d'Italie, les Italiennes ne soient pas sujettes à cette maladie, qui est plus rare à la vérité dans notre pays, puisque ni Val-

(1) Biga, obs. med., c, 1.

(2) Vid. n. 69.

l38 TRENTE-HUITIÈME LlîTTRE.

sa! va ni moi ne Tavons encore rencontrée dans nos dissections, mais qui ne Test cependant pas assez pour qu'elle n'ait pas été observée deux fois dans cet hôpital par Mediavia, qui m'a communiqué l'une et l'autre histoire de la manière suivante.

5i. Une femme qui n'était pas encore au déclin de l'âge, iVun bon teint, avait une tuméfaction de tout le ventre. Elle racontait qu'avant que cet accident lui arrivât, elle avait pu sentir au côté gauche de l'ombilic une tumeur inégale d'une telle grosseur, qu'elle était presque égale à la main qu'on appliquait sur elle. Comme les uns la croyaient ascitique à raison même de cette circonstance, et que les autres suspendaient leur assentiment à cause du teint naturel de la face, elle mourut.

Examen du cadai^re.hes muscles transverses de l'abdomen ayant été incisés, il s'échappa une grande quantité d'eau très-fétide, que le péritoine séparait de la cavité du ventre. Après qu'elle se fut entièrement écoulée , la tuineur dont la femme avait parlé se présenta ; elle s'était développée sur le péritoine, et elle était composée de deux ou trois grandes espèces de vessies, dont les parois étaient si épaisses, qu'après l'évacuation de l'eau qu'elles contenaient, elles ne s'affaissèrent point.

5i. Une autre femme vint à cet hôpital environ douze ans après la précédente, c'est-à-dire lan j ^^5; sa maladie était non moins irivétérée, et même plus. En effet, elle disait qu'à l'âge de quarante

DK l'hYDROPïSIE El" DE LA TYMPANJTE. I 89

ans (or elle en avait alors cinquante) il s'était clévelopj3é à la partie supérieure de son ventre, quelques tumeurs éparses , qui n'étaient point indolentes quand on les touchait, et qui avaient grossi malgré l'emplcû d'un grand nombre de remèdes variés soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, et qu'elle s'était toujours trouvée fort mal. On pouvait reconnaître encore alors la tumeur non-seulement au toucher, mais encore à la vue, quoique tout l'abdomen fût distendu; car les tumeurs, séparées auparavant, s'étaient réunies en une seule qui était inégale, douloureuse au toucher, et située entre le cartilage xiphoïde et l'ombilic, de telle sorte cependant qu'elle ne touchait ni Inn ni l'autre. La couleur de la peau n'était pas autre là qu'ailleurs; et quand on voulait la saisir et la soulever avec les doigts, on ne le pouvait pas, ce qui faisait croire à quelques-uns que la tumeur existait dans les muscles mêmes de l'abdomen. D'autres au contraire considérant la couleur de la face qui inclinait vers le jaune, et une très-grande gène dans la respiration dont la femme se plaignait principalement, pensaient que la tumeur appartenait à quelqu'un des viscères; toutefois il n'existait aucun indice d'une lésion de l'estomac ou des intestins. Cependant des vomissemens noirs s'étant joints à une fièvre légère dont elle était attaquée, la mort mit fin à sa misérable vie.

Examen du cadavre. Les tégumens et les muscles du ventre qui paraissait moins gonflé qu'il ne

î4o TRENTE-HUITIÈME LETTRE.

Favait été pendant la vie, ayant été séparés avec soin , ainsi que le tendon même des muscles transverses, il se présenta an-dessous de ce tendon et de la chair de ces muscles, une membrane mince; entre cette membrane et une antre qui avait une ligne de Bologne d'épaisseur, était C(^m prise une cavité qui non-seulement contenait une tumeur développée sur la membrane extérieure, mais encore s'étendait en bas et de chaque côté, de manière qu'elle renfermait beaucoup d'eau qui res-* semblait par sa couleur à celle dans laquelle on a récemment lavé de la chair, et qui avait une odeur très-fétide, et une consistance purulente à l'endroit où elle s'était affaissée. Au reste , la quan titéde cette eau put être estimée à trente livres, moins d'après celle qui fut trouvée dans celte cavité , que d'après celle qui s'était répandue dans le ventre par une érosion de la membrane intérieure de la cavité presque vis-à-vis l'estomac; ce qui avait eu lieu, je pense, vers les derniers temps, et ce qui fit que l'abdomen parut moins gonflé. Du reste, cette tumeur particulière de lepigastre était composée d'une substance ferme et dure, d'un blanc mêlé de jaune, dans laquelle on remarqua un petit nombre de cellules en quelques endroits. Toutefois les membranes qui embrassaient la cavité avaient déjà commencé à se corroder sur plusieurs points, et même à devenir noires dans la face par laquelle elles se regardaient entre elles et où elles étaient inégaies. Mais la membrane intérieure était lisse

DE l'hYDROPISIE ET DE LA TYMPANITE. lf\l

dans la face qui regardait le ventre, si ce n'est aux endroits où quelques parties de répi[)loon et du gros intestin étaient attachées à elle, qnoique d'une manière assez peu ferme. Il y avait aussi une espèce de cordon qui était attaché d'une part à la même membrane, et de l'autre à la vertèbre inférieure des lombes; ce cordon ayant été coupé répandit du sang. D'ailleurs les intestins étaient comme enflammés; mais l'épiploon et les autres viscères du ventre étaient sains, à l'exception du foie qui était pâle et qui résonnait en quelque sorte sous le scalpel, comme si de petites parties de sable se fussent trouvées mêlées dans sa substance.

53. Mjiinlenant que j'ai à comparer entre elles un grand nombre d'observations sur l'hydropisié au péritoine, en mettant de côté celles qui ne sont pas exemptes de quelque doute, il est un peu moins difficile d'entrer dans quelques détails sur ses causes, sur sa nature, sur ses symptômes et sur son traitement. Ainsi, pour ce qui regarde les causes, Nuck (i) après avoir démontré fort clairement que des rameaux des conduits de la lymphe rampent entre les muscles de l'abdomen et le péritoine (ce que Rudbeck (2) avait dit également) et même entre les deux lames du péritoine, et après avoir adopté l'opinion de celui-ci en ce que l'interception des rameaux par quelque obstacle

(1) C. 9 suprà, ad n 46 cit.

(2) C. 9 suprà, ad n. 49 cit.

l42 TRENTE-HUITIÈME LETTRE.

donne lieu à la formation cFhydatides, et la rupture de ces dernières à une hydropisie du péritoine, a ajouté aussitôt que les sujets voraces sont spécialement exposés au danger de cette interception , ainsi que les femmes enceintes. En effet, dit-il, d'un côté les muscles de l'abdomen étant distendus outre mesure chez les uns et chez les autres, résistent, tandis que de l'autre l'estomac et les intestins, ou bien l'utérus, poussent en dehors par leur plénitude, en sorte que les petits vaisseaux lymphatiques se trouvant interceptés entre cette pression et cette résistance , il nous est facile de concevoir que quelques-unes de leurs branches les plus proches puissent quelquefois êtrcL distendues par la lymphe qui y séjourne au point qu'elles se déchirent. Et effectivement nous lisons dans la plupart des observations citées que cette hydropisie survint chez des femmes , mères de plusieurs enfans, et qu'elle se forma même chez quelques-unes peu de temps après un avortement ou un accouchement difficile comme dans l'histoire de Rnisel (i), et même aussitôt ou presque aussi^ tôt après l'accouchement, comme dans celles de Dodonée (2) et de Ghomel. (3)

Mais quoique je mette facilement la grossesse au nombre des causes de cette hydropisie, cepen-

(1) Cit. suprà, ad n. 5o.

(2) Cit. ad n. 48.

(3) lUd,

DE L'IIYDROPISIE ET DE LA. TYMPANJTE. l43

da'nt je ne puis compreiuire par là pourquoi celte maladie a été à peine observée une fois sur des individus autres que des femmes. En effet, toutes n'avaient point été enceintes, et il est certain que celle dont parle Furstenave (f) était stérile; bien plus, un assez grand nombre étaient vierges, comme le prouvent les histoires de Hoechstetter (2), de Stratenus (3), de Drel in court (Zj), de Schroecke (5), de Palfyn (6), de Hoyer (7), et même de Tulpius ((S); car la femme dont ce dernier a fait la description avait toujours vécu dès ses premières années, même avant qu'elle se mariât, avec une grande tuméfaction du ventre, comme le raconte Meekren (9). Imaginerons -nous donc pour revenir à cette autre cause, que toutes ces vierges étaient très-voraces ? Mais d'une part ce défaut ne se rencontre que rarement chez les, femmes, et de l'autre parmi les hommes chez lesquels il est très-commun, on a à peine trouvé un sujet, à ma connaissance, qui ait été attaqué de cette hydropisie.

(i) Ad n. 5a.

(2) Ad n. 47.

(3) Ad n. 46.

(4) Ad n. 49.

(5) Ad n. 5o.

(6) Ibid,

(7) Ibid.

(8) Ad n. 46.

(9) Ibid.

l44 TREIfTE-HtJITiÈME LETTRE.

54. Vous conjecturerez peut-être qu'à ces causes il faut en ajouter une autre particulière aux femmes, surtout celle que Camérarius (1) indique lorsqu'il dit avoir lu dans la plupart des histoires de cette maladie, que l'outre dans laquelle l'eau était contenue se trouvait principalement attachée au côté de l'utérus ou à ses dépendances , et qu'il ajoute que c'est pour cela que sur la femme dont il fait la description il a rapporté à ces parties l'origine de l'outre, qui n'était nulle part aussi bien fixée qu'à l'endroit où avaient eu leur siège l'un des ovaires et l'une des trompes; car ces organes manquaient tous les deux. C'est ainsi également que dans la suite le fils (îi) de cet auteur fit la description d'une autre outre dont le commencement était attaché aux ligamens de l'utérus et à l'ovaire du côté droit, c'est-à-dire à la place que ces parties occupaient ou à leurs restes, parce qu'elles étaient détruites. Mais je vois qu'auparavant Meekren (3) avait noté que le même ovaire manquait, et même qu'il avait représenté dans un dessin la trompe de cet organe se prolongeant avec le péritoine qui formait l'outre, et dégénérant en cette membrane; que Gahrliep (4) s'était servi de ce même mot (dégénérer) pour indiquer

(1) Ad n. 5o.

(2) Act. N. C, tom. i, obs. 160.

(3) Cit. ad n. 46.

(4) Ad n. 5o.

DE l'hYDROPISÏE LT DE LA TYMPANITE. l/p

que les mêmes petites parties et le ligament intermédiaire (le la trompe s'étaient transformés en péritoine avec lequel ils se continuaient, et qui embrassait plusieurs outres.

Je passe sous silence d'autres auteurs, entre autres Laubius (i) qui a décrit un sac du péritoine qu'on pouvait séparer des autres parties avec les doigts seulement, mais qui était très-fortement attaché aux environs du fond de l'utérus. Je ne dis même rien de Littre (2) qui a parlé d'un sac dont la membrane interne n'était adhérente à aucun autre viscère qu'à l'extrémité de la trompe gauche, qui lui était fortement unie, et qu'il avait tellement tiraillée, qu'il l'avait rendue deux fois plus longue. Mais je ne puis omettre Sponius ('3), qui dans l'observation qu'il a donnée a fait mention d'un sac qui non-seulement pouvait se séparer de tous les viscères sans déchirure, aussi-bien que de la même trompe avec laquelle il se continuait, mais encore communiquait avec la cavité de l'utérus, de telle sorte qu'il s'écoulait constamment des parties naturelles de la malade quelque peu de sérosité de la même qualité que celle dont le sac lui-même contenait cent quarante livres; ce qui fit que la communication ayant également été confirmée au moyen d'un stylet, il parut vraisem-

(i)Adn. 5o.

(2) lUd.

(3) Ibid,

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